Les dispensationalistes enseignent que la dernière semaine de la prophétie de Daniel 9.24-27 ne s’est pas accomplie au premier siècle, mais qu’elle concerne une période future appelée grande tribulation, généralement comprise comme une période de sept ans précédant le retour de Jésus. Leur raisonnement repose sur plusieurs arguments principaux.
D’abord, ils affirment qu’il existe une pause prophétique entre la 69ᵉ et la 70ᵉ semaine. Selon eux, après la 69ᵉ semaine (liée à la venue de Jésus), l’horloge prophétique se serait arrêtée. Cette pause correspondrait à l’ère de l’Église, période qu’ils considèrent comme une parenthèse non révélée dans l’Ancien Testament. Toutefois, cette théorie n’est absolument pas confirmé par les Écritures. C’est une invention imaginaire fabriqué de toute pièces.
Ensuite, ils soutiennent que les événements décrits dans Daniel 9.27 ne se sont pas accomplis historiquement. Ils interprètent l’alliance d’une semaine comme un traité futur entre l’Antichrist et Israël, et « l’abomination de la désolation » comme un événement encore à venir dans un temple reconstruit à Jérusalem. Ce qui est faux parce que cette prophétie converge vers Christ.
Enfin, ils distinguent fortement Israël et l’Église. Selon ce système, les soixante-dix semaines concernent exclusivement Israël national. L’Église étant un peuple distinct, la dernière semaine devrait se dérouler après son enlèvement, lorsque Dieu reprendra son plan spécifique pour Israël. Encore une fois, cet argument n’est absolument pas soutenu de quelque manière que ce soit par les Écritures. C’est de la fabulation prophétique et rien d’autre.
Ainsi, leur conclusion est que la 70ᵉ semaine est entièrement future et correspond à une période mondiale de tribulation précédant le retour visible de Christ. Ce qui n’est pas biblique du tout.
Les difficultés de cette interprétation
Plusieurs problèmes majeurs apparaissent dans cette lecture.
D’abord, le texte de Daniel ne mentionne aucune interruption entre la 69ᵉ et la 70ᵉ semaine. Les soixante-dix semaines sont présentées comme une période continue déterminée par Dieu. Introduire un intervalle de milliers d’années n’est pas indiqué dans le passage ni ailleurs dans les Écritures.
De plus, le texte ne parle jamais d’un Antichrist futur concluant une alliance avec Israël. Le sujet du verset 27 est naturellement relié au personnage mentionné auparavant, le Messie, et non un dirigeant futur éloigné. D’associé le personnage du messie à l’Antichrist est une honte pour les Écritures et un manque de connaissance frappant de la prophétie.
Enfin, l’idée que l’ère de l’Église serait une parenthèse imprévue contredit l’enseignement du Nouveau Testament, qui affirme que le plan de salut en Christ était prévu avant la fondation du monde et annoncé par les prophètes.
L’accomplissement biblique des soixante-dix semaines
L’interprétation historique classique voit l’accomplissement de la 70ᵉ semaine dans l’œuvre de Jésus-Christ et aux événements du premier siècle.
Selon cette lecture, les soixante-dix semaines conduisent à plusieurs accomplissements précis annoncés dans Daniel 9.24 :
- mettre fin au péché
- expier l’iniquité
- amener la justice éternelle
- sceller la vision et la prophétie
- oindre le Saint des saints
Le Nouveau Testament attribue ces réalités directement à l’œuvre de Christ par sa mort et sa résurrection.
Dans cette perspective, la 70ᵉ semaine correspond au ministère de Jésus et à ses conséquences immédiates.
- L’alliance confirmée pendant une semaine correspond à la nouvelle alliance établie par Christ.
- Le fait de faire cesser le sacrifice renvoie à son sacrifice unique qui rend caducs les sacrifices du temple.
- La destruction de Jérusalem et du temple en l’an 70 constitue l’aboutissement du jugement annoncé.
Cette lecture voit donc l’accomplissement de la prophétie dans l’histoire rédemptrice centrée sur Christ, sans projection dans un futur lointain.
La cohérence avec l’ensemble des Écritures
L’Écriture présente Jésus comme l’accomplissement des promesses prophétiques. Jésus lui-même affirme que les prophéties s’accomplissent en lui. Les apôtres annoncent que les temps annoncés par les prophètes ont commencé avec sa venue. Le Nouveau Testament ne parle jamais d’un report de la dernière semaine de Daniel vers une période future séparée de milliers d’années.
Ce qui signifie que la prophétie des soixante-dix semaines pointe vers l’œuvre du Messie et l’établissement de la nouvelle alliance, non vers un scénario futur détaché de l’Évangile.
Conclusion
L’argument dispensationaliste repose principalement sur l’idée d’une pause prophétique non mentionnée dans le texte et sur une séparation stricte entre Israël et l’Église. Malheureusement, ceux qui prône le dispensationalisme ne voudront jamais admettre que leur argumentation ne tient pas la route face à la vérité des Écritures. Cette construction permet de projeter la 70ᵉ semaine dans un futur lointain.
Cependant, la lecture biblique centrée sur l’ensemble des Écritures montre plutôt une prophétie continue accomplie dans la venue, le sacrifice et l’œuvre de Jésus-Christ, ainsi que dans les événements du premier siècle.
La prophétie de Daniel ne pointe pas d’abord vers un scénario futur complexe, mais vers l’accomplissement du plan de Dieu en Christ, centre et clé de toute la révélation biblique.
Ce qui veut dire que la semaine de tribulations annoncée par les dispensationalistes n’est rien d’autre qu’une très mauvaise interprétation de la prophétie de Daniel 9.24-27. Par le fait même, c’est un mythe popularisé comme s’il s’agissait d’une vérité biblique, alors que ce n’est pas le cas.
