À Pâques, nous ne célébrons pas seulement un tombeau vide. Nous proclamons un trône occupé. Jésus n’est pas seulement celui qui a souffert, qui est mort et qui est ressuscité. Il est aussi celui qui règne. La résurrection n’est pas simplement la preuve qu’il est vivant, elle est la déclaration divine qu’il est roi.
Le monde a vu une croix, mais le ciel a proclamé un roi. Les hommes ont fermé un sépulcre, mais Dieu a ouvert l’éternité. Les autorités ont cru faire taire Jésus, mais le troisième jour, le Père l’a relevé avec puissance, et il a reçu toute autorité dans le ciel et sur la terre (Matthieu 28.6, 18). Pâques nous rappelle donc cette vérité glorieuse : Christ est roi.
Quelques instants avant sa mort, Jésus l’avait lui-même déclaré devant Pilate : « Tu le dis toi-même : je suis roi ! Si je suis né et si je suis venu dans ce monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité. Celui qui appartient à la vérité écoute ce que je dis » (Jean 18.37). Cette parole n’était pas symbolique au sens faible du terme. Elle annonçait une royauté véritable, une royauté que la croix n’allait pas annuler, mais révéler d’une manière plus profonde et plus glorieuse encore.
Christ est roi parce qu’il a vaincu la mort
La mort est le plus grand ennemi de l’homme. L’apôtre Paul dit qu’elle sera le dernier ennemi à être détruit (1 Corinthiens 15.26), et l’Apocalypse nous révèle qu’à la fin elle sera jetée dans l’étang de feu (Apocalypse 20.14). Aucun roi terrestre, aucun empire, aucune richesse, aucune science humaine n’a pu l’abolir. La mort fait tomber les puissants comme les faibles, les riches comme les pauvres, les jeunes comme les vieux. Elle rappelle à toute l’humanité sa fragilité et son impuissance.
Mais à Pâques, Jésus a traversé la mort et en est sorti vainqueur. Il n’a pas seulement survécu à la croix. Il a brisé la puissance de la mort. La résurrection est la preuve qu’il n’est pas un simple prophète du passé. Il est le Fils de Dieu déclaré avec puissance (Romains 1.4). Lui-même a dit : « Moi, je suis le premier et le dernier, le vivant. J’ai été mort, et voici : je suis vivant pour l’éternité ! Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts » (Apocalypse 1.17-18). Voilà le langage d’un roi. Il ne subit pas l’histoire, il la domine. Il ne tremble pas devant la mort, il la tient dans sa main.
La résurrection a produit cela chez les disciples. Le jour de la crucifixion, ils étaient dispersés, troublés, accablés. Mais lorsque Jésus s’est manifesté vivant, l’espérance est revenue. La peur a commencé à reculer. Ce qui semblait terminé a soudain été rouvert par la puissance de Dieu. Et c’est encore ce que la résurrection produit aujourd’hui dans le cœur des croyants. Même au milieu des tribulations, même dans un monde hostile, même lorsque l’Église est traquée ou méprisée, l’espérance demeure vivante, parce que le Roi est vivant. Comme l’a résumé John Piper : « Dieu l’a ressuscité d’entre les morts pour régner à jamais. »
Pâques nous dit donc que notre foi repose sur un Sauveur vivant. Notre roi n’est pas dans un monument. Il n’est pas enfermé dans un souvenir. Il n’est pas prisonnier d’un système religieux. Il vit, et parce qu’il vit, notre espérance vit aussi (1 Pierre 1.3).
Christ est roi parce qu’il a reçu toute autorité
Après sa résurrection, Jésus ne dit pas seulement : « Je suis revenu. » Il déclare : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28.18). Voilà le message central de Pâques que les hommes ne peuvent faire taire. Celui qui a été rejeté par les hommes a été élevé par Dieu. Celui qui a été couronné d’épines a été couronné de gloire. Celui qu’on a condamné au bois est maintenant assis à la droite de la majesté divine (Hébreux 1.3). Celui qui est mort dans une apparente défaite aux yeux des hommes est maintenant couronné Roi des rois.
Cela signifie que Christ règne maintenant. Son règne n’est pas seulement futur, il est déjà réel. Il n’est pas roi en attente, il est roi en exercice. Les événements du monde ne lui échappent pas. Les nations s’agitent, les hommes complotent, les empires se succèdent, mais le Seigneur siège sur son trône (Psaume 2.1-6). Pâques est la réponse de Dieu à la rébellion humaine. Les hommes ont voulu rejeter le Fils, mais Dieu l’a établi publiquement comme Seigneur.
La résurrection est en quelque sorte le sceau du Père sur l’œuvre du Fils. Elle est la déclaration céleste irrévocable que Jésus est bien celui que Dieu a approuvé. Ce que les hommes ont rejeté, Dieu l’a justifié. Ce qu’ils ont voulu enterrer, Dieu l’a exalté. N. T. Wright l’exprime par cette formule simple et forte : « Jésus crucifié et ressuscité est Seigneur. »
Cette seigneurie de Jésus change tout. Elle change notre lecture de l’histoire. Elle change notre manière de vivre l’épreuve. Elle change notre adoration. Nous ne servons pas un Christ vaincu, ni un roi absent, ni un maître impuissant. Nous servons le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Apocalypse 19.16).
Christ est roi parce qu’il transforme son peuple et appelle à la fidélité
Le règne de Christ ne consiste pas seulement à dominer de loin. Il sauve, il relève, il transforme, il envoie. Un roi terrestre impose sa loi de l’extérieur. Christ, lui, règne dans le cœur des hommes par son Esprit. Sa royauté ne se voit pas seulement dans le ciel, mais aussi dans la vie de ceux qu’il rachète.
Lorsque Jésus est ressuscité, les disciples n’ont pas simplement reçu une nouvelle doctrine. Ils ont été bouleversés. Pierre le craintif devient un témoin courageux. Thomas le douteur tombe à ses pieds. Marie de Magdala passe des larmes à l’adoration. Ceux qui étaient enfermés dans la peur deviennent des messagers du royaume. Voilà ce que fait de Christ le Roi vivant.
Un roi humain peut donner des ordres à son peuple, mais il ne peut pas changer leur cœur. Il peut exiger l’obéissance sans produire l’amour. Jésus, lui, fait davantage. Il pardonne, il purifie, il renouvelle, il donne une vie nouvelle. Là où Christ règne, ce qui était mort recommence à vivre (2 Corinthiens 5.17). Là où il règne, le pécheur repentant trouve la grâce, le cœur brisé retrouve l’espérance, et le croyant fatigué reçoit une force nouvelle. Christine Caine l’a bien exprimé : « Le message de Pâques ne s’arrête pas au samedi. Il y a toujours un dimanche de résurrection ! »
Voilà pourquoi Pâques est aussi un appel. Si Christ est roi, il ne veut pas seulement être admiré, il veut être reçu. Il ne veut pas seulement être célébré une fois l’an, il veut régner chaque jour. Il appelle les pécheurs à la repentance, les croyants à la fidélité, l’Église à l’obéissance, et les cœurs brisés à l’espérance (Actes 2.36-38).
Une vérité à recevoir aujourd’hui
Pâques proclame une vérité glorieuse que rien ni personne ne pourra jamais étouffer : Christ est roi. Le tombeau est vide, la mort a été vaincue, et le Fils de Dieu règne maintenant avec toute autorité dans le ciel et sur la terre (Matthieu 28.6, 18). Celui que les hommes ont rejeté, Dieu l’a élevé. Celui qu’ils ont crucifié, Dieu l’a couronné. Celui qui est mort est maintenant vivant pour l’éternité (Apocalypse 1.18).
Voilà pourquoi notre espérance est ferme. Nous ne suivons pas un souvenir, mais un Sauveur vivant. Nous ne servons pas un roi absent, mais un Seigneur présent. Nous ne marchons pas vers l’incertitude, mais sous le regard de celui qui règne sur l’histoire, sur son Église et sur nos vies.
En cette fête de Pâques, ne regardons donc pas seulement au tombeau vide. Regardons au trône. Ne nous arrêtons pas seulement à la croix. Regardons aussi à la couronne. Et posons-nous cette question essentielle : Christ règne-t-il réellement dans mon cœur ?
Car Pâques n’est pas seulement une bonne nouvelle à entendre. C’est un appel à croire, à se repentir, à adorer et à vivre pour le Roi ressuscité (Actes 2.36-38). Que chacun entende donc cette vérité avec sérieux et avec joie : Christ est roi sur la mort, Christ est roi sur l’histoire, Christ est roi sur les nations, Christ est roi sur son Église, Christ est roi aujourd’hui, Christ est roi pour l’éternité. Et parce qu’il vit, l’espérance du peuple de Dieu est vivante elle aussi (1 Pierre 1.3).
