Nous entrons ici dans une nouvelle étape du livre de l’Apocalypse : celle des sept derniers fléaux, qui marquent l’achèvement de la colère de Dieu. Avant que ces jugements ne soient déversés sur la terre, Jean reçoit une vision céleste pleine de gloire et d’espérance : celle des vainqueurs qui se tiennent debout devant Dieu, chantant la justice et la sainteté de l’Éternel. Cette scène rappelle que, même lorsque Dieu exerce ses jugements, sa gloire demeure parfaite et sa justice irréprochable.
Ce passage nous enseigne que le jugement final de Dieu est un acte de justice, que les rachetés triomphent et louent Dieu avant l’exécution de sa colère, et que la sainteté de Dieu mérite l’adoration de toutes les nations.
Nous étudierons ce texte en deux volets :
- L’annonce des sept derniers fléaux : la fin de la colère divine (v.1)
- Le chant de victoire des rachetés devant Dieu (v.2-4)
L’annonce des sept derniers fléaux : la fin de la colère divine
Puis je vis dans le ciel un autre signe grandiose qui me remplit d’étonnement : sept anges portant sept fléaux, les sept derniers par lesquels se manifeste la colère de Dieu. (Apocalypse 15.1)
Ce « signe grand et merveilleux » manifeste la souveraineté et la justice de Dieu. L’expression « grandiose » souligne la portée cosmique et définitive de ce qui va suivre ; « remplit d’étonnement » indique la perfection du plan divin, même lorsqu’il se manifeste dans le jugement.
Les sept anges tiennent « sept fléaux », les derniers. Le chiffre sept évoque la plénitude et l’achèvement. Ces fléaux représentent la conclusion du plan de Dieu sur l’histoire humaine. Ils ne sont pas arbitraires ni cruels, mais justes et nécessaires. Par eux, s’accomplit la colère de Dieu. Ce n’est une colère impulsive, mais la juste réponse du Créateur face au péché persistant et à la rébellion du monde.
Ce verset nous rappelle que Dieu est patient, mais que sa justice finira par s’exercer. Le temps de la grâce aura une fin, et chaque être humain devra comparaître devant le tribunal du Christ.
Ainsi, avant que ne s’ouvrent les coupes de la colère divine, Jean contemple la gloire de Dieu et la fidélité de ceux qui ont vaincu. Dieu ne commence jamais son jugement sans révéler sa justice et manifester sa miséricorde.
Sommes-nous abrités sous la grâce de Christ, ou exposés à la colère à venir ? Ce verset nous invite à la repentance et à la foi avant que le temps du jugement n’arrive.
Le chant de victoire des rachetés devant Dieu
Je vis aussi comme une mer cristalline mêlée de feu. Ceux qui avaient vaincu la bête, son image et le nombre de son nom se tenaient sur la mer de cristal. S’accompagnant de harpes divines, ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau. Ils chantaient : Seigneur, Dieu, Tout-Puissant, tes œuvres sont grandes et admirables. Roi de tous les peuples, ce que tu fais est juste et conforme à la vérité ! Qui oserait, Seigneur, refuser de te craindre et de te rendre gloire ? Car toi seul tu es saint ; tous les peuples viendront pour se prosterner devant toi, car il deviendra manifeste que tes actions sont justes. (Apocalypse 15.2-4)
La « cristalline mêlée de feu » évoque à la fois la transparence (cristaline) et la pureté (feu). Elle rappelle la vision de Moïse sur le mont Sinaï, où le sol sous les pieds de Dieu ressemblait à un pavé de saphir (Exode 24.10). Ce lieu symbolise la majesté divine et la stabilité du trône céleste. Le feu mêlé à cette mer cristaline annonce, quant à lui, le jugement imminent : Dieu va manifester sa sainteté contre le mal.
Les rachetés se tiennent debout sur cette mer de cristal. Ce sont ceux qui ont vaincu la bête, son image et le nombre de son nom. Autrement dit, ceux qui ont résisté à la séduction du monde et à la persécution du système antichristique. Leur fidélité leur a valu d’être introduits dans la présence de Dieu.
Ils tiennent des « harpes divines », instruments de louange céleste, symbole de la joie parfaite et de l’adoration éternelle. Le combat est maintenant terminé et ils chantent la victoire de Dieu.
Jean précise qu’ils chantaient « le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau ». Le cantique de Moïse (Exode 15) fut chanté après la traversée de la mer Rouge, en souvenir de la délivrance d’Israël. Le cantique de l’Agneau, lui, célèbre la rédemption éternelle accomplie par Jésus-Christ. Ensemble, ces deux chants unissent l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. La délivrance d’Égypte annonçait déjà la délivrance définitive en Christ.
Les paroles du chant expriment l’adoration et la reconnaissance : « tes œuvres sont grandes et admirables. Roi de tous les peuples, ce que tu fais est juste et conforme à la vérité ». Les saints glorifient Dieu non seulement pour sa puissance, mais pour la perfection morale de ses jugements. Chez Dieu, la justice et la miséricorde ne s’opposent pas. Elles s’unissent dans l’accomplissement de son plan.
« Qui oserait, Seigneur, refuser de te craindre et de te rendre gloire ? Car toi seul tu es saint ; tous les peuples viendront pour se prosterner devant toi, car il deviendra manifeste que tes actions sont justes. » Ce passage prophétise le règne de Christ. Toutes les nations reconnaîtront un jour la souveraineté de Dieu, et sa sainteté sera universellement honorée (Philippiens 2.10-11, Zacharie 14.16).
Ainsi, les vainqueurs célèbrent la sainteté de Dieu avant même que ses jugements ne tombent. Leur adoration précède l’action divine. Ils voient déjà la justice parfaite de l’Éternel et s’en réjouissent.
Conclusion : la gloire de Dieu avant l’exécution des jugements
Le chapitre 15 ouvre la scène des derniers jugements, mais il débute par une vision de victoire et de gloire. Dieu montre d’abord que son trône demeure inébranlable et que ses jugements sont justes. Les saints, délivrés et glorifiés, se tiennent devant lui, chantant la justice éternelle de son règne.
Les sept fléaux qui s’apprêtent à être déversés ne sont pas une vengeance aveugle, mais la manifestation finale de la sainteté divine. Avant de frapper le mal, Dieu révèle sa gloire à ceux qui lui appartiennent.
Les véritables croyants sont appelés à persévérer dans la fidélité, sachant que leur victoire est déjà acquise en Christ. Ils peuvent adorer Dieu avec confiance, même lorsque le monde chancelle, car ils savent que la justice divine triomphera.
Sommes-nous du côté de ceux qui chantent le cantique de l’Agneau, ou de ceux qui redoutent le jugement à venir ? Dieu nous appelle à lui rendre gloire dès maintenant, à demeurer fermes dans la foi et à reconnaître sa souveraineté avant que s’accomplisse son jugement final.
