Introduction : Pourquoi cette lettre est-elle importante ?
L’Église d’Éphèse est la première des sept Églises à recevoir une lettre de la part du Seigneur Jésus dans Apocalypse 2 et 3. Il s’agissait d’une Église influente, fondée par l’apôtre Paul (voir Actes 19), dirigée un temps par Timothée (1 Timothée 1.3), et probablement aussi par l’apôtre Jean lui-même. Cette lettre nous enseigne une vérité fondamentale : l’amour pour Christ est plus important que les œuvres et la connaissance doctrinale. Jésus souligne à la fois les forces et les faiblesses de cette Église, et il l’appelle à la repentance et à retrouver son premier amour.
Ce message de Christ à l’Église d’Éphèse est un appel vibrant au réveil. Il ne s’adresse pas seulement à une communauté du passé, mais à toute Église — et à tout croyant — dont le feu intérieur s’est refroidi. Il nous rappelle que le réveil spirituel ne commence pas par de nouvelles œuvres… mais par un retour à l’amour.
L’identité de Christ (Apocalypse 2.1)
« À l’ange de l’Église qui est à Éphèse, écris : “Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite et qui marche au milieu des sept chandeliers d’or.” »
Jésus se présente comme celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite – une image de sa souveraineté sur les messagers ou responsables spirituels des Églises – et celui qui marche au milieu des sept chandeliers, c’est-à-dire au milieu des Églises elles-mêmes (cf. Apocalypse 1.20). Il est présent, actif, impliqué, et pleinement conscient de l’état spirituel de son peuple. Il n’est pas un Dieu lointain ou indifférent : il marche au milieu de son Église.
Cela nous rappelle que Christ connaît parfaitement son Église, ses œuvres, ses combats et ses intentions profondes.
Les éloges de Christ (Apocalypse 2.2-3)
« Je connais ta conduite, la peine que tu prends et ta persévérance. Je sais que tu ne peux pas supporter les méchants : tu as mis à l’épreuve ceux qui se prétendent apôtres et qui ne le sont pas, et tu as décelé qu’ils mentaient. Tu as de la persévérance, tu as souffert à cause de moi et tu ne t’es pas lassé. »
Jésus adresse plusieurs éloges à cette Église :
- Son travail : un service fidèle, persévérant et actif.
- Sa persévérance : elle a tenu bon face aux épreuves.
- Son discernement doctrinal : elle a su identifier les faux apôtres et les rejeter.
- Son intolérance face au mal : elle refuse les compromis avec le péché.
- Sa résistance dans la souffrance : elle est restée fidèle malgré les persécutions.
Il s’agit d’une Église solide, bien fondée, engagée, orthodoxe. Mais cette apparence d’efficacité cache un problème plus profond que Jésus va révéler.
Une Église active n’est pas toujours une Église vivante. Le réveil ne se mesure pas d’abord à l’intensité des activités, mais à la profondeur de la passion pour Jésus. Travailler pour Dieu sans brûler d’amour pour Lui peut rapidement devenir un piège de l’activisme religieux.
Le reproche de Christ : l’amour perdu (Apocalypse 2.4)
« J’ai cependant un reproche à te faire : tu as abandonné l’amour que tu avais au début. »
Malgré sa fidélité doctrinale et son zèle dans l’œuvre, l’Église d’Éphèse a perdu son premier amour. L’amour fervent et passionné pour Jésus qui caractérisait ses débuts s’est affaibli. Elle a conservé la vérité, mais perdu la flamme. Elle est devenue correcte… mais froide.
Elle n’a pas abandonné la foi, ni la doctrine, mais la relation : le cœur n’est plus aussi vibrant. L’amour de Christ n’est plus la motivation première. C’est là une réalité dangereuse : une Église peut avoir une bonne théologie, mais perdre sa puissance spirituelle si elle perd l’amour.
Le véritable réveil commence ici : reconnaître que notre cœur s’est refroidi, que l’amour s’est étiolé dans les habitudes, et que le feu du début s’est éteint. Jésus ne reproche pas à Éphèse son orthodoxie, mais son cœur absent. Le réveil consiste à raviver ce cœur.
L’appel à la repentance (Apocalypse 2.5-6)
« Rappelle-toi d’où tu es tombé ! Change et reviens à ta conduite première ! Sinon, je viendrai à toi, et je déplacerai ton chandelier si tu ne changes pas. Voici pourtant une chose que tu as en ta faveur : tu détestes les œuvres des Nicolaïtes, tout comme moi. »
Jésus donne à l’Église trois étapes de restauration :
- Se souvenir : revenir à la conscience de ce qu’elle a perdu.
- Se repentir : changer de cœur et d’attitude.
- Revenir aux premières œuvres : retrouver la joie de servir Dieu par amour, et non par devoir.
Mais l’avertissement est sérieux : si l’Église ne se repent pas, elle perdra son chandelier, c’est-à-dire sa lumière et son impact spirituel dans le monde. Une Église sans amour pour Christ peut continuer à exister… mais sans puissance, sans témoignage, sans vie.
Toutefois, Jésus reconnaît encore un point positif : elle rejette les œuvres des Nicolaïtes, un groupe hérétique qui semble avoir promu le compromis moral et doctrinal. Cela montre que malgré la perte d’amour, cette Église conserve une vigilance théologique – ce qui est précieux, mais insuffisant.
Le déplacement du chandelier est l’une des images les plus solennelles du Nouveau Testament. Elle nous rappelle que sans amour, il n’y a plus de lumière, plus de puissance, plus de témoignage vivant. Le réveil spirituel n’est pas une option, mais une question de survie pour l’Église. Jésus ne cherche pas une Église brillante, mais une Église brûlante.
La promesse de Christ : l’arbre de vie (Apocalypse 2.7)
« Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Églises. Au vainqueur, je donnerai à manger du fruit de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. »
Jésus termine cette lettre par une promesse pour les vainqueurs. Ceux qui entendent l’appel, qui se repentent, qui ravivent leur amour pour Christ, auront accès à l’arbre de vie, ce symbole de la vie éternelle et de la pleine communion avec Dieu.
Cet arbre, présent dans le jardin d’Éden (Genèse 2.9), réapparaît à la fin de l’Apocalypse (22.2), montrant que le but du salut est la restauration de la relation entre Dieu et l’homme.
Ce message est adressé à toutes les Églises : « Que celui qui a des oreilles écoute… ». Ce n’est pas une option, mais un appel universel à entendre et obéir à la voix de l’Esprit.
Cette promesse nous montre que le retour à l’amour n’est pas une perte, mais un chemin vers la vie. Le réveil ne prive pas, il restaure. Il ramène les croyants à la source de la vraie joie, à l’intimité avec Dieu, à la fraîcheur de la vie éternelle vécue dès maintenant.
Conclusion : Que devons-nous retenir ?
L’Église d’Éphèse avait de grandes qualités : elle travaillait, elle persévérait, elle discernait… mais elle avait perdu ce qui comptait le plus : l’amour. Et sans l’amour, tout devient vide, mécanique, stérile. Ce message nous concerne aujourd’hui plus que jamais.
Voici ce que nous devons retenir :
- Travaillons pour Dieu, oui, mais ne perdons jamais la relation avec Lui.
- Gardons la doctrine, mais avec un cœur brûlant d’amour.
- Repentons-nous rapidement si notre amour faiblit.
- Recherchons la présence de Jésus, non pas uniquement son approbation.
Question pour la réflexion :
Notre relation avec Dieu est-elle encore marquée par un amour sincère, ou est-elle devenue une simple routine religieuse ?
Le message à Éphèse est un message de réveil pour notre génération. Il ne nous suffit pas d’être fidèles aux bonnes doctrines ou aux bonnes œuvres si le feu de notre amour pour Jésus ne brûle plus. Le plus grand danger pour une Église n’est pas l’erreur… mais la tiédeur. Christ veut ranimer notre flamme.
Christ nous appelle aujourd’hui à retrouver notre premier amour !
