Lettre à l’Église de Philadelphie (Apocalypse 3.7-13)

L’Église de Philadelphie, malgré sa faiblesse apparente, se distingue par sa fidélité envers Christ. Jésus, qui détient autorité divine, lui promet une « porte ouverte » pour le service et la protection dans les épreuves. Sa constance sera récompensée par un renversement des oppositions et une sécurité éternelle. La fidélité attire les bénédictions divines.

Introduction : Une Église sans reproche, mais pas sans défis

Parmi les sept Églises auxquelles le Christ s’adresse, Philadelphie occupe une place particulière. Avec Smyrne, elle est la seule à ne recevoir aucun reproche. Et pourtant, cette Église n’était ni puissante, ni influente. Ce que le Seigneur approuve ici, ce n’est pas la grandeur, mais la fidélité. Il met en valeur une communauté faible en apparence, mais riche en persévérance.

Dans cette lettre, nous découvrons que la force de l’Église ne repose pas sur ses ressources, mais sur son attachement à la Parole et au nom de Christ. C’est un encouragement pour toutes les communautés qui avancent modestement mais sincèrement.

1. L’identité de Christ : Le Saint, le Vrai, le Maître des portes (v. 7)

« A l’ange de l’Eglise qui est à Philadelphie, écris : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui tient la clé de David, celui qui ouvre et nul ne peut fermer, qui ferme, et nul ne peut ouvrir : »

Jésus se présente ici avec des titres désignant sa nature divine et son autorité messianique. Il est « le Saint », séparé du péché. Il est « le Vrai », l’authentique, en opposition à tout ce qui est superficiel ou mensonger.

Il détient « la clef de David », symbole de souveraineté sur le Royaume. Il ouvre les portes de service, de salut et d’accès à Dieu. Ce qu’il ouvre, nul ne peut le refermer.

Dans les temps d’incertitude, il est rassurant de savoir que le Christ contrôle les portes de nos vies, de notre ministère, de notre avenir.

2. Une porte ouverte et une foi constante (v. 8)

« Je connais ta conduite. Voici : j’ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer. Je le sais : tu n’as que peu de puissance, tu as obéi à ma Parole et tu ne m’as pas renié. »

Philadelphie n’avait pas la force des grandes Églises, mais elle avait ce que Dieu attend : la fidélité. Elle gardait la Parole. Elle ne reniait pas le nom de Christ, même sous pression.

La « porte ouverte » que le Seigneur place devant elle peut être comprise comme une opportunité d’évangélisation, de service, ou encore d’accès renouvelé à la présence de Dieu. Il s’agit d’une promesse d’efficacité spirituelle, non pas par la force humaine, mais par la grâce divine.

3. La promesse de renversement : les ennemis se prosterneront (v. 9)

« Eh bien, je te donne des membres de la synagogue de Satan. Ils se disent juifs, mais ne le sont pas : ils mentent. Je les ferai venir se prosterner à tes pieds et reconnaître que moi, je t’ai aimé. »

La persécution venait ici de juifs opposés à l’Évangile. Mais Christ promet un renversement : ceux qui rejettent aujourd’hui reconnaîtront un jour que l’Église était aimée de Dieu.

Il ne s’agit pas d’orgueil spirituel, mais d’un encouragement profond : l’opposition actuelle ne durera pas. La vérité sera un jour pleinement manifestée.

4. Une protection dans l’épreuve (v. 10)

« Tu as gardé le commandement de persévérer que je t’ai donné. C’est pourquoi, à mon tour, je te garderai à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier pour éprouver tous les habitants de la terre. »

Cette promesse n’est pas celle d’une fuite devant l’épreuve, mais d’une garde divine dans l’épreuve. Le Seigneur protège ceux qui ont appris à persévérer. Il entoure de sa faveur ceux qui l’honorent dans la difficulté.

C’est une réponse directe à la fidélité : Dieu n’oublie pas les Églises fidèles. Il les couvre au moment où le monde est ébranlé.

5. L’appel à tenir ferme (v. 11)

« Je viens bientôt, tiens ferme ce que tu as pour que personne ne te ravisse ta couronne. »

Le Christ revient. Et son retour est présenté ici comme imminent. L’enjeu, c’est de ne pas perdre ce qui a été acquis. Il ne s’agit pas ici de conquérir davantage, mais de conserver ce qui est déjà reçu.

Tenir ferme est un appel silencieux mais déterminé. Cela demande vigilance et espérance.

6. La promesse aux vainqueurs : Stabilisés pour toujours (v. 12-13)

« Du vainqueur, je ferai un pilier dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus jamais. Je graverai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem, qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. 13 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. » 

Celui qui tient ferme devient comme une colonne dans la maison de Dieu : solide, inébranlable, honoré. À l’instabilité présente répond une promesse d’établissement définitif.

Dieu écrit son nom sur les siens : image d’appartenance, d’identité, de sécurité éternelle.

Conclusion : La force tranquille de la fidélité

Philadelphie nous rappelle que la grandeur spirituelle ne se mesure pas à la puissance extérieure, mais à la constance du cœur. Cette Église discrète a reçu des promesses immenses parce qu’elle a tenu bon.

Ceux qui gardent la Parole, même avec peu de moyens, touchent le cœur de Dieu et Dieu leur ouvre des portes que personne ne peut fermer.

Les chrétiens ne seront pas enlevés avant la période des tribulations , mais plutôt gardés jusqu’au dernier jour et voici pourquoi !

La doctrine de l’enlèvement prétribulationnel est un sujet de débat parmi les chrétiens, particulièrement en ce qui concerne la question de savoir si les croyants seront enlevés avant la grande tribulation. Deux passages bibliques sont souvent cités pour soutenir cette doctrine : Apocalypse 3.10 et Sophonie 2.3. Cependant, une analyse approfondie de ces versets dans leur contexte nous amène à remettre en question cette interprétation. Ce message se propose d’examiner de manière détaillée ces passages afin de déterminer s’ils justifient réellement l’idée d’un enlèvement de l’Église avant la période des tribulations.

Un des arguments de la doctrine de l’enlèvement prétribulationnel est que les chrétiens seront enlevés avant que ne commence la période des tribulations. Pour appuyer ce point, le passage d’Apocalypse 3.10 et celui de Sophonie 2.3 sont utilisés. Maintenant, regardons si ces passages mentionnent bien ce qu’ils prétendent qu’ils disent.


Protégé, mais pas enlevé (Apocalypses 3.10)

Voici Apocalypse 3.10 dans la version de la Bible du Semeur (BDS) dit : « Parce que tu as gardé ma parole avec persévérance, moi aussi je te garderai à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier pour mettre à l’épreuve les habitants de la terre. » (Apocalypse 3.10) Intéressant, ce passage parle bien de « garder à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier ». 

D’ailleurs, le contexte de ce verset fait partie du message adressé à l’église de Philadelphie, l’une des sept églises de l’Apocalypse, située en Asie Mineure. La ville de Philadelphie était connue pour ses tremblements de terre, et ses habitants vivaient dans une certaine insécurité matérielle. Spirituellement, l’église de Philadelphie est louée pour sa fidélité et sa persévérance. 

Contrairement à certaines autres églises mentionnées dans l’Apocalypse, l’église de Philadelphie ne reçoit aucun reproche. Pour cause, parce que lorsque nous sommes dans l’épreuve, ce ne sont pas des reproches que nous avons besoin, mais plutôt des encouragements. Cela Jésus le sait et c’est ce qu’il fait avec cette église de Philadelphie. D’ailleurs, Jésus les encourage en reconnaissant leur fidélité dans l’obéissance à sa parole malgré les pressions et les difficultés. Leur peu de puissance (v. 8) ne les a pas empêchés de rester fidèles.

Jésus promet de garder ou protéger cette église « à l’heure de l’épreuve » qui viendra sur « le monde entier ». Garder est la traduction du mot grec «tereo» et il signifie, selon le dictionnaire Strong’s, « S’occuper soigneusement, prendre soin de, garder » et de façon métaphorique, il veut dire « maintenir quelqu’un dans l’état où il est ». Le sens du mot « garder » ne signifie pas enlever. C’est ce qu’ils prétendent, les adeptes de l’enlèvement prétribulationnel. Ils affirment que Jésus va venir chercher son Église avant la période des tribulations, et de cette façon, il va les garder. C’est de la fabulation et rien d’autre, parce que ce n’est pas le sens original du mot.

Le verset parle aussi d’un temps d’épreuve « qui va venir sur le monde entier ». Cela suggère donc une période de tribulation ou de difficulté à venir, qui aura une portée globale. C’est ce que la Bible prédit comme étant la grande tribulation. Sous le règne de l’antichrist elle va s’étendre sur tout les habitants de la terre et particulièrement sur les croyants. Comme il est dit dans le live de Daniel : « En ce temps-là se lèvera Michel, le grand chef qui a pour mission d’aider ton peuple. Ce sera un temps de détresse tel qu’il n’y en a jamais eu depuis que des nations existent jusqu’à ce moment-là. En ce temps-là seront sauvés ceux de ton peuple dont le nom est inscrit dans le livre. » (Daniel 12.1) La promesse de Jésus est de les garder durant cette épreuve, pas de les  enlever. 

Enfin, ce verset est souvent interprété dans un contexte eschatologique (concernant les événements de la fin des temps). Beaucoup y voient une allusion à la grande tribulation, une période de souffrance mondiale décrite plus en détail dans d’autres parties de l’Apocalypse. La promesse de Jésus de garder les fidèles peut être vue comme une assurance qu’ils seront protégés des jugements divins à venir durant cette période de ténèbres.

En résumé, Apocalypse 3.10, dans la Bible du Semeur, est un verset qui offre un réconfort aux chrétiens de Philadelphie, leur promettant la protection divine en raison de leur fidélité, face à une épreuve future qui touchera le monde entier. C’est une reconnaissance de leur persévérance et une assurance que leur foi sera récompensée par la protection de Dieu. C’est aussi une promesse pour les croyants en vie qui passeront par la période des tribulations. C’est un encouragement à persévérer et à rester attaché au Seigneur Jésus à travers toutes les épreuves que va vivre le peuple de Dieu.


L’histoire se répète (Sophonie 2.3)

L’autre verset qui est utilisé comme arguments est Sophonie 2.3 : «  3 Tournez-vous donc vers l’Éternel, vous tous les humbles du pays, vous qui faites ce qui est droit, cherchez à accomplir ce qui est juste. Efforcez-vous d’être humbles ; peut-être serez-vous mis à l’abri au jour de la colère de l’Éternel. » (Sophonie 2.3) Maintenant, regardons ce que dit ce passage dans son contexte pour vérifier s’il parle bien d’un enlèvement de l’Église qui aurait lieu avant la période des tribulations. 

D’abord, le prophète Sophonie a exercé son ministère pendant le règne du roi Josias, un roi de Juda connu pour ses réformes religieuses, un bon roi.  Ainsi, le contexte historique est celui d’une période de grande apostasie en Juda, avec une nation plongée dans l’idolâtrie et l’injustice, malgré les efforts de Josias pour ramener le peuple à l’adoration de l’Éternel.

Le livre de Sophonie est essentiellement un avertissement du jugement imminent de Dieu sur Juda et les nations environnantes à cause de leur péché. C’est ce qui s’est produit lors que Nabuchodonosor a envahi Juda et déporté ses habitants à Babylone entre 605 et 586 av. J.-C. Sophonie annonçait le « Jour de l’Éternel », un jour de colère divine, de jugement et de destruction pour ceux qui ne se repentent pas. On voit bien que ce que les prophètes ont annoncé de la part de l’Éternel s’est bien réalisé. 

Ensuite, Sophonie 2.3 fait partie d’un appel pressant au repentir, adressé aux « humbles du pays », ceux qui restent fidèles à Dieu malgré l’état de déchéance de la nation. C’est un appel à chercher l’Éternel, la justice et l’humilité comme une voie possible pour échapper au jugement à venir. C’est plutôt ce que nous devrions faire pendant qu’il est encore temps. Appeler les chrétiens à chercher l’Éternel de tous leur cœur et non pas de les pleurer avec un enlèvement qui ne se produira pas avant la période des tribulations.

L’expression « peut-être serez-vous épargnés » suggère une lueur d’espoir, bien que le jugement soit certain, il y a une possibilité de miséricorde pour ceux qui se tournent sincèrement vers Dieu.

Le « jour de la colère de l’Éternel » est une référence au jugement divin qui va frapper Juda et les nations. Sophonie décrit ce jour comme un temps de grande détresse, de ténèbres, et de malheur pour ceux qui persévèrent dans le péché. C’est ce qui va se passer lors de la période des tribulations pour ceux qui rejettent Dieu. Ce sera un temps de grande détresse dont personne ne pourra échapper, non personne. Même les croyants tièdes vont souffrir les mêmes maux. Parce que le but de Dieu c’est que les gens se tournent vers lui et cessent de pratiquer le péché.

Le verset 3 de ce chapitre contraste avec les annonces de jugement en soulignant que ceux qui recherchent Dieu avec sincérité et humilité pourraient trouver refuge en lui, échappant ainsi à la destruction. Ici, ce passage est un complément d’Apocalypse 3.10.

Puis, spirituellement, ce verset met en lumière l’importance de l’humilité et de la recherche de la justice comme voies de salut. Dans un monde corrompu, ce sont les humbles, ceux qui pratiquent le droit et cherchent Dieu avec sincérité, qui peuvent espérer être protégés.

En résumé, Sophonie 2.3 est un appel à la repentance et à la recherche de Dieu, de la justice, et de l’humilité en vue d’échapper au jugement divin imminent. C’est un verset qui offre un message d’espoir dans un contexte de jugement, soulignant que ceux qui se tournent vers Dieu peuvent trouver grâce même au milieu de la colère divine. Ce n’est absolument pas un verset qui vient appuyer de quelque façon que ce soit un soi-disant enlèvement de l’Église avant la période des tribulations.

Le jour de l’Éternel arrive et il est encore temps de revenir à l’Éternel. Ne croyez plus ceux qui vous disent que vous ne vivrez pas cette période de détresse parce que vous serez enlevé et amené au ciel pendant cette période de sept ans. C’est une fausse espérance. C’est ce que faisaient les faux prophètes du temps de Jérémie. Ils donnaient de faux espoirs aux habitants de Juda. Malheureusement, ça s’est retourné contre eux. Dans ce que nous venons de voir, rien ne mentionne ou ne laisse croire à un éventuel enlèvement de l’Église avant la période des tribulations. 

Revenez, revenez à votre bon sens. Ne vous laissez plus leurrer par ces fausses croyances qui ne sont absolument pas bibliques. Oui, Jésus reviendra, mais ce sera au dernier jour. C’est que la Bible affirme : « Oui, telle est la volonté de mon Père : que tous ceux qui tournent leurs regards vers le Fils et qui croient en lui, possèdent la vie éternelle, et moi, je les ressusciterai au dernier jour. » (Jean 6.40) Le dernier jour est le jour du retour du Seigneur Jésus. Il ne peut pas y avoir de retour avant le dernier jour et une première résurrection des morts et ensuite un autre retour sept ans plus tard. Ce n’est pas cohérent avec la Bible parce que Jésus a toujours parlé de résurrection au dernier jour. (Jean 6.39, 40, 44, 54; 11.24; 12.48) C’est une fausse doctrine qui endort les gens et qui les empêche de se préparer pour cette période de souffrance sans précédent. 

Conclusion

Après avoir examiné les passages d’Apocalypse 3.10 et de Sophonie 2.3, il devient clair que ces versets ne soutiennent pas l’idée d’un enlèvement de l’Église avant la période des tribulations. Apocalypse 3.10, loin d’indiquer une fuite avant les épreuves, parle de la protection divine pendant ces moments difficiles. De même, Sophonie 2.3 invite à la repentance et à la recherche de Dieu, suggérant que ceux qui sont humbles et justes trouveront refuge en Lui, mais sans mentionner d’enlèvement avant les tribulations.

Ces versets nous rappellent que, bien que des temps difficiles soient à venir, la fidélité et la persévérance en Dieu sont la clé pour traverser ces épreuves. Il est donc crucial de rester attaché à la vérité biblique et de ne pas se laisser séduire par des doctrines qui offrent de faux espoirs. Jésus nous a promis d’être avec nous dans les épreuves, et notre confiance doit reposer sur cette promesse, en étant prêts à affronter ce qui viendra avec foi et courage.

« Revenez à moi, dit le Seigneur des armées célestes, et je reviendrai à vous, a dit le Seigneur des armées célestes. » (Zacharie 1.3)