Les sept Églises de l’Apocalypse : lettres prophétiques à l’Église entière, et non à sept époques successives

Les lettres aux sept Églises, dans l’Apocalypse, ne représentent pas des périodes historiques successives mais sont des messages prophétiques à des communautés réelles confrontées à diverses réalités spirituelles. Elles appellent chaque génération à la fidélité et à la repentance, illustrant la continuité du message divin à travers l’histoire.

Au fil des siècles, de nombreuses interprétations ont été proposées concernant les lettres adressées aux sept Églises d’Apocalypse chapitre 2 et 3. Parmi elles, l’une des plus répandues dans les milieux dispensationalistes affirme que ces Églises symboliseraient sept grandes périodes successives de l’histoire de l’Église, depuis l’ère apostolique jusqu’à aujourd’hui. Puis, selon cette lecture historiciste, chaque Église représenterait un âge ecclésiastique particulier, culminant dans notre époque actuelle identifiée à Laodicée.

Mais cette théorie, bien qu’attrayante pour certains par son aspect chronologique, n’a aucun fondement solide dans le texte biblique lui-même. Celle-ci repose que sur des suppositions externes. Elle projette des schémas humains sur une révélation divine et détourne le lecteur de l’objectif principal du message de Christ qui est d’interpeller chaque Église, de chaque génération, à la fidélité, à la vigilance et à la repentance.

Les sept lettres ne sont donc pas une chronologie cachée à déchiffrer, mais plutôt un miroir spirituel pour toute l’Église soit celles d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Elles sont une parole prophétique de Jésus glorifié, adressée à son Corps tout entier, dans toutes les nations, à travers les âges tout comme la Bible elle-même.

Dans cette étude, nous allons démontrer, à la lumière des Écritures, que ces Églises étaient d’abord des communautés locales réelles, que le chiffre sept représente la plénitude spirituelle et non une succession historique, que l’Apocalypse est un livre symbolique et prophétique, et que l’interprétation en sept âges ou dispensations est arbitraire, non biblique et historiquement fragile si confronté au texte biblique.

1. Les sept Églises : des Églises réelles au moment de la révélation

L’Apocalypse commence par ces paroles :

Ces destinataires sont clairement sept communautés réelles, localisées dans des villes d’Asie Mineure qui est l’actuelle Turquie. Des églises qui existaient à l’époque de l’apôtre Jean. Les lettres répondent à des réalités spirituelles concrètes qu’elles vivaient. Rien dans le texte ne suggère qu’elles symboliseraient des époques distinctes de l’histoire de l’Église.

2. Le chiffre sept : symbole de plénitude, non de chronologie

Dans la Bible, le chiffre sept évoque la plénitude et la complétude spirituelle.

Ces sept Églises représentent l’Église dans sa globalité de par son nombre sept. Des Églises confrontée à diverses réalités spirituelles : fidélité, persécution, tiédeur, compromis, fausse doctrine, etc. Elles reflètent des types d’Églises que l’on retrouve à toutes les époques de l’histoire, y compris aujourd’hui.

3. L’Apocalypse : une révélation prophétique, pas une chronologie historique

Le dispensationalisme impose à l’Apocalypse une lecture linéaire et historique, alors que le livre est avant tout symbolique et cyclique. L’idée de sept périodes historiques successives est étrangère au genre apocalyptique.

Jean précise :

Ces messages sont donc des exhortations spirituelles immédiates, destinées à toute l’Église, depuis le premier siècle jusqu’à aujourd’hui. Ce passage n’aurait pas été cohérent ni pertinent si les Églises avaient représenté des périodes de l’histoire. De plus, est-ils possible que nous vivions tous la même chose à la même époque ? Bien sûr que la réponse est non. Ce que nous découvrons dans ces lettres est le lots de défi rencontrer par nombre d’Églises au cours de leur existence.

4. « Celui qui a des oreilles » : un appel universel et intemporel

Chaque lettre se termine par l’exhortation :

Le message s’adresse à chaque croyant, dans chaque génération, et non à une époque particulière. L’Esprit parle aux Églises au pluriel, ce qui confirme l’application universelle et permanente de ces lettres.

5. L’interprétation historiciste : une construction arbitraire

Le dispensationalisme attribue arbitrairement les sept Églises à des périodes. Par exemple, Éphèse à l’Église apostolique, Smyrne à l’Église persécutée, Pergame à l’Église impériale, etc. Ce découpage ne repose sur aucune base biblique et ignore la diversité des Églises locales à toutes les époques.

Dire que nous vivons aujourd’hui dans « l’époque de Laodicée » nie l’existence actuelle d’Églises persécutées fidèles comme Smyrne, que l’on retrouve encore dans certaines parties du monde.

6. Un seul Esprit, un seul message pour toute l’Église

Les lettres des chapitres 2 et 3 sont un appel direct du Seigneur ressuscité à son Église universelle. Ce sont des avertissements et des encouragements à la fidélité pour chaque croyant, en tout temps et en tout lieu tout comme le reste du contenu de la Bible qui s’adresse liui aussi aux gens de toutes les époques et l’Apocalypse ne fait pas exception à la règle.

Conclusion

L’idée selon laquelle les sept Églises d’Apocalypse 2 et 3 représenteraient sept périodes distinctes est une construction humaine, sans fondement dans le texte inspiré. Ces lettres sont des messages prophétiques, destinés à interpeller l’Église de tous les temps à la repentance, à la vigilance et à la sainteté.

Plutôt que de chercher une chronologie imaginaire, il nous faut entendre aujourd’hui la voix de l’Esprit qui parle à l’Église et nous appelle à la fidélité.