Introduction – Quand le pain devient un luxe et la justice un combat
Après la séduction du premier cavalier et la violence du second, le troisième sceau est brisé. Et ce que Jean voit maintenant, c’est un cavalier chevauchant un cheval noir. Sa présence n’est pas bruyante, mais son effet est ravageur. Il ne brandit ni épée ni arc, mais tient une balance, symbole d’une famine redoutable, d’un rationnement dur, d’une économie en crise.
Cette vision parle de disette, d’injustice économique, de bouleversement social. Elle nous enseigne que les crises alimentaires et financières ne sont pas de simples accidents de l’histoire. Elles s’inscrivent dans un plan plus vaste, souvent incompris, mais souverainement orchestré. Et au cœur même de cette obscurité, Dieu continue de parler. Il secoue les puissants, réveille les endormis et rappelle à son peuple qu’il est le seul vrai pourvoyeur.
L’Agneau ouvre le troisième sceau
Apocalypse 6.5 — « Quand l’Agneau ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième être vivant dire : Viens ! Et je vis venir un cheval noir. Son cavalier tenait une balance dans la main.
Encore une fois, c’est Jésus-Christ, l’Agneau, qui ouvre le sceau. Il ne délègue pas ce geste. Il en est l’unique dépositaire. Il est celui qui exécute, avec sagesse et autorité, le dessein de Dieu pour l’humanité.
Et comme pour les sceaux précédents, l’un des êtres vivants proclame d’une voix puissante : « Viens ! » Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas le chaos. C’est un jugement permis par Dieu. Un appel céleste qui met en mouvement un nouveau temps prophétique sur la terre.
Même dans les moments où l’histoire semble échapper à toute maîtrise humaine, nous devons nous rappeler que l’Agneau n’a jamais quitté le trône. Il règne, même quand la terre gémit.
Le cheval est noir. Il évoque le deuil, la misère, la disette. C’est la couleur des temps sombres, des ventres creux, des cœurs inquiets. Dans Lamentations 5.10, Jérémie décrit une famine si intense que la peau devient noire comme un four.
Le cavalier tient une balance. Non pas une arme, mais un instrument de mesure. Cela indique que la nourriture sera pesée, rationnée, comptée au grain près. Il ne s’agit plus d’abondance, mais de survie. Ce détail évoque une époque où chaque portion devient précieuse, où le moindre aliment est compté.
Dans les Écritures, la balance symbolise souvent la justice. Mais ici, elle évoque aussi l’injustice : celle d’un monde où l’on vend l’essentiel au prix fort, où les riches gardent leur vin et leur huile, pendant que les pauvres pèsent leur pain.
L’impact économique et social de la famine
Apocalypse 6.6 — « Et j’entendis comme une voix venant du milieu des quatre êtres vivants ; elle disait : Un litre de blé au prix d’une journée de travail et trois litres d’orge pour le même prix. Quant à l’huile et au vin, épargne-les ! »
Un denier, dans la culture de l’époque, représentait le salaire d’un jour de travail (Matthieu 20.2). Une mesure de blé, c’était tout juste de quoi nourrir une seule personne. En d’autres termes, un homme devra travailler toute une journée pour se nourrir lui seul, sans pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.
Trois mesures d’orge pour un denier indiquent une option moins chère, mais aussi de moindre qualité. L’orge, réservée aux animaux ou aux pauvres, devient l’alternative alimentaire pour survivre.
Et puis vient cette parole étrange : « Ne fais pas de mal à l’huile et au vin. » L’huile et le vin, symboles de luxe ou de richesse, ne sont pas affectés. Cela révèle une injustice : certains produits restent accessibles aux riches pendant que le peuple souffre. Cela illustre une fracture sociale, un monde déséquilibré où la famine n’est pas équitable. Certains interprètent aussi ce détail comme un signe de la grâce de Dieu qui, même dans le jugement, met une limite.
Qui est ce cavalier noir ? Que symbolise-t-il ?
Ce cavalier peut représenter les famines économiques que l’histoire humaine a connues après chaque guerre, chaque effondrement politique, chaque crise mondiale. Il peut aussi annoncer une famine future, une disette globale précédant le retour de Christ. D’autres encore y voient une critique prophétique d’un monde dominé par l’injustice économique, où les plus riches deviennent plus riches, et les pauvres sombrent dans l’oubli.
Quelle que soit l’interprétation retenue, une vérité demeure : ce cavalier révèle l’insécurité de notre système terrestre. Il nous montre que la sécurité matérielle est fragile, que l’abondance d’aujourd’hui peut s’évaporer demain.
Conclusion – Où plaçons-nous notre confiance ?
Ce sceau brisé est un signal. Il nous rappelle que les ressources de cette terre sont limitées, vulnérables, soumises à l’épreuve du jugement. Il nous pousse à ne pas mettre notre foi dans l’économie, ni dans la richesse accumulée, mais dans le Dieu vivant qui pourvoit.
Jésus nous a dit : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez… Cherchez d’abord le royaume de Dieu. » (Matthieu 6.31–33)
Nous vivons peut-être déjà les prémices de ce jugement. L’inflation, les ruptures d’approvisionnement, les inégalités croissantes, tout cela sont des échos du troisième sceau comme ce fut le cas également dans les siècles passés. Mais pour ceux qui appartiennent à Christ, ce n’est pas un message de peur, c’est un appel à la foi. Une invitation à vivre autrement. À partager. À dépendre de Dieu.
Le pain qui rassasie ne vient pas d’un marché, mais du ciel.
