Après la deuxième coupe, qui annonçait la mort spirituelle des nations représentées par la mer, la troisième coupe touche maintenant les rivières et les sources d’eau. Ces eaux, symbole de pureté et de vie, deviennent du sang. Ce passage n’évoque pas une catastrophe matérielle, mais un jugement spirituel : les sources de vérité et d’enseignement qui devaient nourrir les âmes humaines sont désormais corrompues. Dieu révèle ici la conséquence d’un monde qui a rejeté la Parole vivifiante pour se tourner vers des doctrines mensongères et des idéologies impures.
Ce passage nous enseigne que Dieu répond à la corruption spirituelle par une juste rétribution, que la vérité abandonnée devient une source d’erreur et de mort, et que le jugement de Dieu manifeste toujours sa justice parfaite.
Nous allons examiner ce passage en trois parties :
- L’exécution du jugement : les rivières et les sources deviennent du sang (v.4)
- L’explication de l’ange : la justice divine manifestée (v.5-6)
- L’approbation de l’autel : la réponse céleste à la justice de Dieu (v.7)
L’exécution du jugement : les rivières et les sources deviennent du sang
Le troisième versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources d’eaux, et ils devinrent du sang. (Apocalypse 16.4)
Dans le symbolisme biblique, les fleuves et les sources représentent les courants spirituels et doctrinaux qui irriguent la pensée et la conscience humaine. Lorsque Jean voit ces eaux devenir du sang, cela exprime la corruption des sources de vérité. Ce qui devait désaltérer les âmes devient désormais une source d’empoisonnement spirituel. Les enseignements qui s’écoulent de ces fleuves ne communiquent plus la vie, mais la mort.
Cette image évoque aussi la première plaie d’Égypte (Exode 7.17-21), lorsque le Nil, source de fertilité, fut transformé en sang. L’Égypte, symbole du monde idolâtre, fut frappée dans ce qu’elle considérait comme sa plus grande force.
De même, l’humanité contemporaine est jugée dans ce qu’elle pensait maîtriser : la connaissance, la philosophie, la religion et la culture. Les sources intellectuelles et spirituelles du monde, ayant rejeté la vérité de Dieu, deviennent impures et destructrices.
Ce jugement révèle une vérité profonde. Lorsqu’on se détourne de la Parole de Dieu, les sources de sagesse deviennent des canaux de confusion. L’homme boit alors le fruit de son propre mensonge.
L’explication de l’ange : la justice divine manifestée
Et j’entendis l’ange des eaux dire : Tu es juste, toi qui es, et qui étais, toi le Saint, parce que tu as exercé ce jugement. Car ils ont versé le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire : ils en sont dignes. (Apocalypse 16.5-6)
L’ange des eaux symbolise l’autorité spirituelle de Dieu sur les courants de la vérité. Il proclame la justice de Dieu. Ce jugement n’est pas arbitraire, il est la conséquence logique du péché. Ceux qui ont rejeté la vérité et persécuté les témoins de Dieu récoltent ce qu’ils ont semé.
Les hommes ont versé le sang des saints en rejetant la Parole vivante, et Dieu les livre maintenant à des doctrines de mort. Ce « sang à boire » représente une inversion spirituelle. Ce qui devait nourrir devient un poison, ce qui devait vivifier devient un instrument de jugement.
Cette image fait écho à Romains 1.24-26, où Paul explique que Dieu livre les hommes à leurs propres passions lorsqu’ils rejettent la vérité. De la même manière, ici, Dieu permet que les nations se nourrissent de leurs propres mensonges jusqu’à en mourir spirituellement.
La justice divine ne consiste donc pas seulement à punir, mais à révéler la nature réelle du mal. L’humanité récolte, en quelque sorte, les fruits amers de son apostasie.
L’approbation de l’autel : la réponse céleste à la justice de Dieu
Et j’entendis l’autel qui disait : Oui, Seigneur Dieu Tout-Puissant, tes jugements sont véritables et justes. (Apocalypse 16.7)
L’autel, dans l’Apocalypse, représente la prière des saints et le témoignage des martyrs (Apocalypse 6.9-10). Ces voix célestes qui avaient crié : « Jusques à quand, Seigneur ? » reconnaissent maintenant que le temps de la justice est venu. Ce verset souligne que le ciel entier approuve les jugements de Dieu, car ils manifestent sa vérité et sa fidélité.
Ceux qui se confient en Dieu n’ont rien à craindre de ses jugements, car ils sont l’expression de sa sainteté. Mais ceux qui ont méprisé ses voies découvrent que la source qu’ils ont rejetée était la seule qui pouvait les sauver.
La terre devient alors le miroir d’un monde où la Parole de Dieu n’est plus entendue, où les fleuves de la vérité sont taris, et où les hommes boivent des eaux amères, conséquence de leur propre rébellion.
Conclusion : la corruption des sources spirituelles du monde
Le message symbolique d’Apocalypse 16.4-7 est clair : lorsque les nations se détournent de Dieu, leurs sources spirituelles se corrompent. Les fleuves de vérité deviennent des rivières de mensonge, et les hommes, croyant s’abreuver de sagesse, boivent le sang de leur propre idolâtrie.
Ce jugement n’est pas seulement punitif, il est révélateur. Il dévoile la nature du monde sans Dieu : un univers où la vérité est altérée, où la lumière est remplacée par l’obscurité et où la connaissance devient folie.
Les saints dans le ciel confessent que Dieu est juste. Sa justice ne détruit pas, elle restaure l’ordre moral de l’univers. Le monde boit le fruit de ses choix, mais ceux qui ont soif de Dieu trouvent encore, en Christ, une source d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle (Jean 4.14).
Ainsi, ce texte appelle à la vigilance spirituelle : à ne pas boire aux sources polluées du monde, mais à revenir à la Parole pure de Dieu, seule capable de donner la vie et de préserver nos âmes dans un monde en pleine corruption spirituelle.
