Les trous exposés de la doctrine de l’enlèvement prétribulationnel : Une analyse de 1 Thessaloniciens 1.10 et 5.9

L’énoncée est le suivant : « L’enlèvement délivre l’Église de la Tribulation (1 Thessaloniciens 1.10 ; 5.9) tandis que le second avènement délivre Israël de Satan, de l’Antéchrist et des armées de la Tribulation. »

C’est intéressant de voir comment la fausse doctrine de l’enlèvement avant la période des tribulations est parsemée de trous. Pour cela, j’ai plusieurs exemples. 

Tout d’abord, il est dit, dans l’énoncé, que l’enlèvement délivre de la période des tribulations. Les versets utilisés sont 1 Thessaloniciens 1.10 et 5.9. Puis que le second avènement délivre Israël de Satan, de l’antichrist et des armées de la tribulation. Malheureusement, pour ce second avènement, il n’y a aucun passage de mentionné pour soutenir ce point. C’est là un trou important de cette doctrine. On ne peut pas affirmer une chose comme étant biblique sans avoir de passage qui soutient nos dires. 

Quoi qu’il en soit, maintenant, regardons ce que nous enseigne 1 Thessaloniciens 1.10 et 5.9 pour voir s’ils corroborent bien ce qui est avancé par les adeptes de cette fausse doctrine.

Mentionnons que ces deux passages sont souvent cités dans le débat sur l’enlèvement de l’Église, en particulier dans le cadre d’une interprétation prétribulationnistes. Cependant, un examen attentif de leur contexte et de leur contenu montre qu’ils n’affirment pas explicitement une telle doctrine. Regardons. en premier lieu, 1 Thessaloniciens 1.10 :

« et pour attendre que revienne du ciel son Fils qu’il a ressuscité, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir. » (1 Thessaloniciens 1.10)

Ce texte, au premier abord, nous parle de deux choses : la colère à venir et la délivrance. 

  • La colère à venir fait référence au jugement divin qui sera exécuté lors du « jour du Seigneur » comme nous le mentionne 1 Thessaloniciens 5.2-3 et à la condamnation finale des impies.

« vous savez fort bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra de façon aussi inattendue qu’un voleur en pleine nuit. Lorsque les gens diront : « Paix et sécurité ! », alors la ruine fondra subitement sur eux, comme les douleurs saisissent la femme enceinte, et aucun n’échappera. » (1 Thessaloniciens 5.2-3)

  • La délivrance ne désigne pas spécifiquement un enlèvement, mais le salut offert par Jésus-Christ à ses disciples, les épargnant du jugement divin grâce à leur foi en lui.

Maintenant, si l’on regarde le contexte élargi, nous constatons que l’apôtre Paul rappelle aux Thessaloniciens que leur foi en Christ les préserve de la colère divine. Puis, ce verset s’inscrit dans une perspective eschatologique générale, sans préciser le moment exact où cette délivrance se produira. Il n’affirme pas un enlèvement avant une période de tribulations terrestres. C’est complètement faux d’affirmer cela et d’utiliser ce passage pour appuyer le fait que l’enlèvement délivre les croyants de la période des tribulations parce que ni le passage ni le contexte ne fait mentionnions de cela d’aucune manière. C’est un bel exemple de la façon dont on peut sortir un passage de son contexte pour lui faire dire une chose qu’il ne dit pas réellement. D’ailleurs, toutes les fausses doctrines peuvent être aisément identifiées, avec un peu de discernement, parce qu’elles utilisent toujours ce même modus operandi.

L’autre passage utilisé pour appuyer que l’enlèvement délivre de la période des tribulations est 1 Thessaloniciens 5.9.

« Car Dieu ne nous a pas destinés à connaître sa colère, mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5.9)

Faisons le même exercice que le passage précédent puisque ceux-ci sont utilisés pour appuyer le fait que l’enlèvement délivre l’église de la période des tribulations. Tout comme l’autre passage, il y a deux choses que nous pouvons voir : la colère et les croyants destinés à posséder le salut.

  • La colère, mentionnée ici, fait référence au jugement final réservé aux impies (1 Thessaloniciens 5.3 : « Ils ne pourront y échapper »).

« Lorsque les gens diront : « Paix et sécurité ! », alors la ruine fondra subitement sur eux, comme les douleurs saisissent la femme enceinte, et aucun n’échappera. » (1 Thessaloniciens 5.3)

  • Les croyants, au contraire, sont destinés au salut, une réalité déjà acquise par leur foi en Christ et qui se manifestera pleinement lors de son retour.

Tout comme l’autre passage, regardons maintenant le contexte élargi pour voir s’il mentionne bien, de quelque manière que ce soit, que l’enlèvement se produirait avant la période des tribulations. Dans ce contexte, Paul parle du « jour du Seigneur » comme d’un événement soudain et inéluctable, qui surprendra les incrédules, mais non les croyants, car ils sont des « enfants de lumière » (5.4-5). L’accent est mis sur leur préparation spirituelle et non sur un calendrier détaillé des événements. Rien dans ce texte n’indique un enlèvement avant les tribulations.

À ce moment-ci, la question que nous pouvons nous poser est, pourquoi ces versets ne soutiennent-ils pas explicitement un enlèvement prétribulationnistes ? Il y a trois raisons à cela. 

  1. Le concept de la « colère » :
    • Dans le contexte biblique, la « colère » désigne souvent le jugement final de Dieu, et non exclusivement une période spécifique de tribulations sur terre.
    • Ces versets ne décrivent pas un enlèvement préalable pour échapper aux épreuves terrestres, mais la délivrance spirituelle des croyants face au jugement éternel.
  2. Absence d’un calendrier clair :
    • Les passages n’établissent pas de chronologie précise concernant le retour de Christ ou la manière dont il protégera ses disciples.
    • Ils appellent les croyants à une vigilance constante, non à une attente passive d’un enlèvement imminent avant les tribulations.
  3. Thème principal :
    • Le but principal, de ces versets, est d’encourager les croyants à tenir ferme dans l’espérance du salut en Christ et à ne pas craindre le jugement à venir, grâce à leur foi en lui.

En conclusion,1 Thessaloniciens 1.10 et 5.9 parlent de la délivrance des croyants face à la colère divine et au jugement final, mais ils ne soutiennent pas explicitement l’idée d’un enlèvement de l’Église avant une période de tribulations terrestres. Ces versets doivent être compris dans le cadre plus large de l’espérance chrétienne et de l’appel à la vigilance. Ils ne devraient pas être interprétés comme une preuve définitive d’une doctrine prétribulationnistes, mais plutôt comme une assurance que, en Christ, les croyants sont préservés de la condamnation éternelle.

Église du 21e siècle : À quand le réveil face aux faux enseignements ?

Par Denis Thibeault
30 novembre 2024

Pourquoi l’Église, au 21e siècle, tolère-t-elle les fausses doctrines en son sein ? C’est une excellente question qui mérite que nous y arrêtions pour y réfléchir quelque peu.  

Selon moi, le problème que nous rencontrons aujourd’hui avec les fausses doctrines c’est qu’elles sont acceptées comme étant la vérité de la Parole de Dieu. Il n’est pas rare d’entendre des gens, qui prônent une fausse doctrine, dire que c’est ce que la Parole de Dieu dit, alors que c’est totalement faux. Ce sont généralement des versets tirés hors de leur contexte pour leur faire dire une chose qu’ils ne disent pas. Par exemple, la fausse doctrine de l’Hyper-Grâce mentionne qu’il n’est plus nécessaire de demander pardon pour nos péchés parce que selon leur déclaration, nos péchés passés, présents et futurs sont tous pardonnés. Ils utilisent le passage de Romains 8.1 qui dit qu’ « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ. » En réalité, ce passage affirme la justification par la foi en Christ, mais il ne supprime pas l’appel à la repentance. Paul lui-même insiste sur la nécessité de vivre selon l’Esprit et non selon la chair (Romains 8.4-6). Puis, l’apôtre Jean nous mentionne que si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner. (1 Jn 1.9) Si nos péchés sont déjà pardonnés, alors pourquoi Jean mentionne-t-il de confesser nos péchés. Il y a véritablement contradiction avec la Parole de Dieu c’est évident.

Il y a cette autre fausse doctrine de la sécurité éternelle « un jour sauvé, toujours sauvé » très fortement répandue dans les courants baptistes. Les promoteurs de cette fausse doctrine mentionnent qu’un croyant est à jamais sécurisé dans le salut, peu importe ses actions ou son rejet ultérieur de Dieu. Ils utilisent le passage de Jean 10.28-29 qui dit : « Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les arracher de la main du Père. » Ce passage est utilisé pour affirmer qu’un croyant est à jamais sécurisé dans le salut, peu importe ses actions ou son rejet ultérieur de Dieu. Cependant, Jean 15.6 montre que cette sécurité est conditionnée à notre persévérance en Christ. Si nous choisissons de ne pas demeurer en lui, nous risquons d’être rejetés comme des sarments inutiles. Ce n’est ici que deux exemples, mais il y en a des milliers d’autres.

En ces temps de la fin, alors que la séduction est grandissante, les dirigeants de l’Église, ne sont plus à l’affut de faux enseignements comme l’étaient les chrétiens du premier siècle. Aujourd’hui, l’Église accepte et cautionne les fausses doctrines parce que ses dirigeants ne savent plus faire la différence en la saine doctrine et une fausse doctrine. L’attrait croissant a pris au piège plusieurs pasteurs et enseignants qui ne veulent plus réfuter les hérésies parce qu’il cherche la paix avec tous et cela laisse toute la liberté d’action de ces charlatans pour promouvoir leurs fausses doctrines. L’apôtre Paul va dire à Timothée : « Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines et ne se conforme pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à l’enseignement qui est conforme à la piété, il est aveuglé par l’orgueil et ne sait rien. […] Éloigne-toi de ces gens-là. » (1 Tm 6.3-5)

Aujourd’hui, les gens ne font plus la différence entre une fausse doctrine et la vérité pure de la Parole de Dieu. Celle-là étant présentée dans un emballage convaincant aura séduit un bon nombre de leaders et de fidèles qui seront prêts à défendre ces faux enseignements tellement ils sont convaincus que c’est ce que la Parole de Dieu enseigne.

J’ai entendu des commentaires qui m’ont été faits comme quoi ce n’était pas grave. Ou encore qu’il ne fallait pas être dogmatique. Mais, bon sang, quand allons-nous nous réveiller et dénoncer toutes ces fausses doctrines qui causent un tort sans commune mesure au corps de Christ ? Quand allons-nous avoir le courage de nous tenir debout devant tous ces faux enseignants qui entraine les croyants à la dérive ? Au lieu de cela, les croyants qui dénoncent ces faux enseignements sont persécutés par leur pasteur et les membres de leurs congrégations. Ils sont vus comme les trouble-fête parce qu’ils réfutent ces faux enseignements. C’est véritablement le monde à l’envers.

Je ne veux pas être pessimiste, mais je ne crois pas qu’un jour les dirigeants d’église vont se lever pour dénoncer parce que nous avons accepté les fausses doctrines comme étant la vérité de la Parole de Dieu. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de les dénoncer parce que c’est devenu normal. C’est encore une prophétie d’Ésaïe, un homme, qui n’avait pas peur de confronter ses contemporains, qui s’accomplit sous nos yeux aujourd’hui lorsqu’il disait : « Malheur à vous qui nommez le mal bien et le bien mal » (És 5.20). C’est ce qui se passe, ceux qui enseignent de fausses doctrines sont accueillis et élevés au sein même de l’Église tandis que ceux qui réfutent ces fausses doctrines sont rabaissés et persécutés.

En réalité, ce n’est absolument pas normal. C’est même ahurissant de voir la prolifération de ces fausses doctrines dans le corps de Christ parce que ces faux enseignants ne sont jamais confrontés dans leur déprédation. Je rêve du jour, ou un pasteur va prendre position et dénoncer toute cette fourberie et identifier ces faux enseignants à cause du mal qu’ils font aux croyants leur donnant de faux espoirs.

Il y a plus de 50 fausses doctrines qui sont enseignées et cautionnées dans nos Églises. Chacune d’elles est très bien installée dans le corps de Christ. Personne ne s’inquiète du mal qu’elles puissent faire aux croyants. C’est devenu une normalité qui fait honte lorsque le Seigneur nous ouvre les yeux sur toute cette malversation.

Mais, il n’est pas trop tard pour revenir et changer les choses. Nous pouvons encore demander au Seigneur de nous ouvrir les yeux pour que nous puissions voir. Il n’est pas encore trop tard pour mettre fin à toute cette fourberie dans nos Églises. Il suffit seulement d’un peu de courage pour prendre position et nous tenir debout pour confronter ces fausses doctrines et ceux qui les enseignent. Pasteurs, il y a dans vos églises des gens qui réfutent ces faux enseignants, prenez le temps de les écouter.