Sept années de tribulations : un concept non biblique

L’idée de sept années de tribulations, issue du dispensationalisme moderne, ne repose sur aucun fondement scripturaire clair. Les Écritures, notamment Daniel et l’Apocalypse, ne soutiennent pas cette doctrine. La tribulation est une réalité continue pour les chrétiens, et l’espérance chrétienne se fonde sur la fidélité à Christ, non sur des spéculations chronologiques.

L’idée largement répandue selon laquelle l’humanité vivrait une période future et strictement limitée à sept années de tribulations ne provient pas d’un enseignement clair et direct des Écritures. Ce concept, popularisé par le dispensationalisme moderne, repose sur une lecture fragmentée et spéculative de certains passages bibliques, plutôt que sur l’ensemble cohérent du témoignage scripturaire. Une lecture attentive de la Bible montre que cette construction doctrinale ne repose sur aucun texte affirmant explicitement l’existence de « sept années de tribulations » réservées à la fin des temps. C’est un mensonge qui doit être dénoncé.

L’origine du chiffre sept et la mauvaise utilisation de Daniel 9

Le fondement principal de cette doctrine est tiré de Daniel 9.24-27, où il est question de soixante-dix semaines décrétées pour le peuple de Dieu. Or, le texte précise que ces semaines sont symboliques et concernent l’œuvre rédemptrice de Christ à venir, culminant dans la venue du Messie. Jamais cette prophétie ne fait aucunement. allusion à l’antichrist de quelque façon que ce soit. Daniel 9.26 affirme clairement que le Messie sera retranché avant la fin de la soixante-neuvième semaine, ce qui oriente l’accomplissement vers la première venue de Jésus-Christ.

Nulle part le texte n’indique une interruption prophétique de deux mille ans ni une reprise future de la soixante-dixième semaine sous la forme de sept années de tribulations mondiales. C’est une manipulation malhonnête des Écritures. Cette coupure artificielle est imposée au texte, et non tirée du texte. La Bible ne parle jamais de sept années de tribulations, mais de l’accomplissement du dessein de Dieu en Christ.

La tribulation selon Jésus et les apôtres

Lorsque Jésus parle de la tribulation, il ne la limite pas à une période de sept ans. Dans Jean 16.33, il déclare clairement : « Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions ». La tribulation est présentée comme une réalité normale de la vie chrétienne dans ce monde déchu, et non comme un événement futur réservé à une génération précise.

Dans Matthieu 24.21, Jésus évoque une grande détresse, mais le contexte montre qu’il parle d’événements liés au jugement historique et à la persécution du peuple de Dieu, sans jamais en fixer la durée à sept années. De plus, Jésus avertit ses disciples que ces choses commenceraient de leur vivant, ce qui exclut une application exclusivement future. Également, nulle part dans le Nouveau Testament il n’est question, sous quelque forme que ce soit, d’une période de tribulations de sept ans.

Les apôtres confirment cette compréhension. Actes 14.22 déclare : « C’est par beaucoup de détresses qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu ». La tribulation n’est donc pas une parenthèse finale, mais une condition permanente de l’Église fidèle tout au long de l’histoire.

L’Apocalypse ne parle pas de sept années littérales

Le livre de l’Apocalypse est souvent invoqué pour soutenir la doctrine des sept années de tribulations. Pourtant, ce livre utilise un langage symbolique, rempli d’images, de cycles et de répétitions. Les périodes de « quarante-deux mois », de « mille deux cent soixante jours » ou de « un temps, des temps et la moitié d’un temps » ne sont jamais assemblées par le texte pour former une période unique de sept ans.

Ces expressions symbolisent une durée limitée, sous le contrôle de Dieu, durant laquelle le peuple de Dieu est éprouvé mais préservé. Apocalypse 1.1 précise que ces choses devaient arriver bientôt, ce qui s’oppose à une projection exclusivement future et mathématique des événements.

Une seule période des derniers temps

Le Nouveau Testament enseigne que les derniers temps ont commencé avec la première venue de Jésus-Christ. Par exemple, Hébreux 1.2 affirme que Dieu nous a parlé « en ces jours qui sont les derniers » par le Fils. Il n’existe donc pas deux phases distinctes des derniers temps, l’une paisible pour l’Église et l’autre catastrophique pour le monde, mais une seule période marquée à la fois par la proclamation de l’Évangile et par l’opposition.

La tribulation accompagne cette période entière. Elle culmine, en s’accentuant, avant le retour glorieux de Christ, mais elle n’est jamais définie comme une séquence de sept années distinctes et chronométrées.

Une espérance biblique recentrée sur Christ

La Bible n’appelle pas les croyants à spéculer sur des calendriers prophétiques, mais à demeurer fidèles à Christ. Jésus avertit dans Matthieu 24.42 : « Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra ». Cette exhortation perd son sens si tout est censé être connu et planifié à l’avance sur une période de sept ans.

L’espérance chrétienne n’est pas fondée sur l’évitement d’une prétendue période de tribulations, mais sur la persévérance dans la foi et l’attente du retour glorieux de Jésus-Christ. La tribulation est réelle, mais elle fait partie du combat présent de l’Église, depuis le venue de Jésus jusqu’à aujourd’hui, sous la souveraineté de Dieu et jusqu’à la victoire finale de l’Agneau.

Ainsi, l’idée de sept années de tribulations ne repose pas sur un enseignement biblique clair, mais sur une fausse construction doctrinale tardive. Revenir aux Écritures permet de retrouver une espérance solide, centrée sur Christ, et non sur des scénarios prophétiques spéculatifs.

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