L’erreur du sionisme, dans sa lecture théologique, ne réside pas d’abord dans son attachement à la terre ou à l’histoire d’Israël, mais dans son refus de reconnaître Jésus comme l’accomplissement ultime des promesses de Dieu. Cette non reconnaissance entraîne une série de décalages majeurs avec la révélation biblique centrée sur Christ.
Le Messie attendu alors qu’il est déjà venu
Le sionisme affirme que le Messie n’est pas encore venu. Il attend un libérateur futur, descendant de David, qui instaurera la paix, rétablira la souveraineté d’Israël et fera observer la Torah à l’échelle mondiale.
Or, selon les Écritures, Jésus est ce Messie. Il n’est pas un prétendant parmi d’autres, mais celui en qui toutes les promesses trouvent leur accomplissement. En rejetant Jésus, le sionisme maintient une attente messianique ouverte, comme si l’histoire du salut n’avait pas encore atteint son point culminant.
Cette attente perpétuelle empêche de voir que le Royaume de Dieu a déjà été inauguré et que la rédemption a déjà été accomplie.
Une lecture des promesses détachée de leur accomplissement
Le sionisme lit les promesses faites à Abraham, à David et aux prophètes comme des réalités encore essentiellement futures, nationales et territoriales.
Le Nouveau Testament, au contraire, montre que ces promesses convergent vers Christ. La bénédiction d’Abraham s’étend aux nations par la foi. Le trône de David est établi en Jésus ressuscité. L’héritage promis dépasse la terre pour embrasser la nouvelle création.
L’erreur du sionisme est de lire les promesses sans passer par Christ, comme si elles pouvaient s’accomplir indépendamment de lui.
La centralité de la terre au détriment de la personne
Dans le sionisme, la terre d’Israël demeure le centre théologique. Elle est le lieu privilégié de l’accomplissement final et le signe principal de la fidélité de Dieu.
Dans l’Évangile, le centre n’est plus un lieu, mais une personne. Jésus déplace la question du lieu vers celle de la relation. L’accès à Dieu ne passe plus par une géographie sacrée, mais par le Fils.
En maintenant la terre comme pivot eschatologique, le sionisme reste attaché à une logique ancienne alliance, là où l’Écriture révèle un accomplissement christocentrique.
Le Temple attendu alors que le vrai Temple est révélé
Le sionisme attend la reconstruction du Temple comme étape nécessaire de la rédemption finale.
Or, Jésus se présente comme le véritable Temple, le lieu définitif de la rencontre entre Dieu et l’humanité. La présence de Dieu ne réside plus dans un bâtiment, mais en Christ et dans ceux qui lui appartiennent.
Attendre un Temple futur revient à ignorer que Dieu a déjà donné le lieu parfait de sa présence.
Une justice fondée sur la Torah plutôt que sur la grâce
L’ère messianique, selon le sionisme, sera marquée par l’observance universelle de la Torah.
L’Évangile annonce que la justice véritable est donnée par la foi en Christ, non par l’obéissance à la Loi. La Loi a conduit jusqu’au Messie. Elle ne constitue pas l’horizon final du salut.
En maintenant la Torah comme fondement de la restauration finale, le sionisme ne reconnaît pas la suffisance de l’œuvre rédemptrice de Jésus.
Une espérance encore projetée alors que l’accomplissement est déjà là
Le sionisme regarde l’avenir comme le lieu exclusif de l’intervention décisive de Dieu.
L’Évangile affirme que cette intervention a déjà eu lieu. La croix et la résurrection ne sont pas des étapes secondaires, mais l’événement central de l’histoire.
L’erreur n’est donc pas seulement de se tromper sur Jésus, mais de déplacer l’espérance hors de lui.
Synthèse théologique
Le sionisme fait erreur par rapport à Jésus en ce qu’il attend encore ce que Dieu a déjà donné.
- Il attend un Messie que Dieu a envoyé.
- Il attend un Royaume que Christ a inauguré.
- Il attend un Temple que Dieu a révélé en son Fils.
- Il attend une justice que la croix a déjà accomplie.
Conclusion
Le désaccord entre le sionisme et l’Évangile n’est pas politique, mais profondément christologique. Tant que Jésus n’est pas reconnu comme le Messie accompli, l’histoire du salut reste inachevée, les promesses restent suspendues et l’espérance reste reportée.
La foi chrétienne affirme au contraire que Dieu a parlé définitivement en son Fils, et que toute espérance authentique ne regarde pas vers une restauration future indépendante de lui, mais vers celui qui a dit « Tout est accompli ».
