La fumisterie du dispensationalisme et les dégâts qu’elle cause sur la foi

Le dispensationalisme, apparu récemment, se présente comme une doctrine structurée, mais il détourne de l’Évangile, fragilise la foi et affaiblit l’Église. En séparant ce que Dieu a uni, il crée illusion, confusion et attente d’une évasion plutôt que l’appel biblique à la persévérance.

Il existe des doctrines qui se présentent comme savantes, structurées, séduisantes par leur apparente clarté chronologique. Mais derrière cette façade se cache une logique dangereuse, une vision qui détourne des fondements mêmes de l’Évangile et le dispensationalisme en fait partie.

Né au XIXᵉ siècle, popularisé par des auteurs modernes, cette doctrine n’a jamais fait partie de l’enseignement historique de l’Église. Elle n’est pas issue de l’étude fidèle des Écritures, mais d’une construction théologique récente, appuyé sur des suppositions, articulée autour de schémas humains, de découpages artificiels et d’une obsession du sensationnel.

Aujourd’hui, cette pensée exerce encore une influence considérable dans de nombreuses communautés chrétiennes, produisant confusion, division et malheureusement illusion spirituelle. Il est temps d’en démonter les mécanismes et d’exposer les dégâts que cette doctrine cause sur la foi.

1. Une doctrine qui fragmente la Parole de Dieu

Le premier problème du dispensationalisme est sa manière de découper la Bible en périodes hermétiques, comme si Dieu changeait de plan ou de méthode selon les époques.

Ce système, totalement absent de l’Écriture, amène à croire que certains passages ne s’adressent pas à l’Église mais uniquement à Israël, ou que le Sermon sur la montagne n’est pas pour les croyants d’aujourd’hui, ou encore que Jésus aurait annoncé deux retours distincts. Toutefois, l’apôtre Paul affirme au contraire :

Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et former à la justice.

2 Timothée 3.16

Christ a renversé le mur de séparation.

Éphésiens 2.14

De ce fait, le dispensationalisme remet ce mur en place. Puis, en voulant trop distinguer, il finit par déchirer l’unité de la révélation. L’Écriture n’est plus un tout harmonieux, mais un puzzle de compartiments étanches où chacun choisit ce qui lui convient.

2. Une erreur qui affaiblit la foi et produit un christianisme infantile

Le dispensationalisme est basé sur une idée fausse mais séduisante : l’Église serait épargnée de la souffrance finale et enlevée avant les temps difficiles ou la période des tribulations.

Ce message, absent des écritures, rassure, mais il endort. Il fabrique un peuple spirituellement faible, fragile, incapable de tenir ferme face à l’épreuve, croyant que Dieu empêcherait ses enfants de traverser la période des tribulations, alors que l’Écriture enseigne exactement l’inverse. Jesus dit clairement :

Dans le monde vous aurez à souffrir; mais prenez courage, moi j’ai vaincu le monde.

Jean 16.33

Il nous faut passer par beaucoup de détresses pour entrer dans le royaume de Dieu.

Actes 14.22

L’apôtre Jean dans le livre de l’Apocalypse dit :

Il (la Bête) lui fut même permis de faire la guerre aux membres du peuple saint et de les vaincre.

Apocalypse 13.7 

Si quelqu’un doit aller en captivité, il ira certainement en captivité. Si quelqu’un doit périr par l’épée, il périra certainement par l’épée. C’est là que les membres du peuple saint doivent faire preuve d’endurance et de foi. 

Apocalypse 13.10 

Le prophète Daniel a aussi dit :

Sa puissance ira en croissant, mais non par sa propre force. Il causera d’incroyables ravages et réussira dans ce qu’il entreprendra ; il (antichrist) exterminera de puissants adversaires et décimera les membres du peuple saint

Daniel 8.24 

Alors l’homme vêtu de lin qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve leva sa main droite et sa main gauche vers le ciel et je l’entendis déclarer : Je le jure par celui qui vit à jamais : ce sera dans un temps, deux temps et la moitié d’un temps. Quand la force du peuple saint sera entièrement brisée, alors toutes ces choses s’achèveront. 

Daniel 12.7 

Malheureusement, le dispensationalisme a remplacé l’appel au courage par l’attente d’une fuite. Il a remplacé le combat de la foi par le confort spirituel. Il a remplacé la persévérance par l’évasion. Ce qui a pour résultat : une Église fragile, craintive, accrochée à des dates, des conférences prophétiques, des spéculations géopolitiques plutôt qu’à la croix de Christ.

3. Une vision qui détourne les regards de Jésus

L’un des plus grands dégâts du dispensationalisme est son obsession des événements, des chronologies, des guerres, des liens politiques, des spéculations mondiales. Le cœur du message biblique est obscurci par une avalanche de diagrammes, d’interprétations sensationnalistes et de scénarios qui ne ressemblent en rien au langage biblique.

Toutefois, l’Apocalypse, si souvent récupérée par les dispensationalistes, n’a jamais été un agenda géopolitique. C’est une révélation de Jésus-Christ (Apocalypse 1.1). Son but est d’encourager les croyants à persévérer au milieu des épreuves en leur démontrant que Dieu à tout en contrôle et que rien ne lui échappe.

Le dispensationalisme, en mettant au centre Israël politique, le troisième temple, les signes mondiaux, finit par reléguer Christ en arrière-plan. Le livre qui révèle Jésus devient un manuel de spéculations terriennes. La foi passe alors d’une relation vivante avec Christ à une fascination malsaine pour les journaux, les complots et les chronologies.

4. Une doctrine qui détruit l’unité du peuple de Dieu

Le dispensationalisme enseigne que Dieu aurait deux peuples distincts :

  1. Israël terrestre
  2. L’Église céleste

Cette idée est étrangère à toute la Bible.

Par contre, le Nouveau Testament affirme sans ambiguïté que Dieu n’a qu’un seul peuple : ceux qui appartiennent à Christ.

Il a fait des deux un seul homme nouveau.

Éphésiens 2.15

Il n’y a plus ni Juif ni Grec… vous êtes tous un en Jésus-Christ.

Galates 3.28

Nous sommes greffés sur le même olivier.

Romains 11

Malheureusement, le dispensationalisme divise ce que Dieu a uni. Il introduit un schisme artificiel dans la pensée de Dieu. Il crée un peuple privilégié pour les bénédictions terrestres, et un autre pour les bénédictions célestes. En d’autres mots, c’est une trahison de l’Évangile.

5. Une vision contraire au témoignage historique de l’Église

Contrairement à ce que certains croient, le dispensationalisme n’a jamais été enseigné par Jésus, les apôtres, l’Église primitive, les Pères de l’Église, la Réforme ni les réformateurs. Les quelques traces que nous en trouvons proviennent d’enseignants très controversés à leur époque et, de ce fait, sans aucune crédibilité.

L’idée d’un enlèvement secret, d’un retour de Jésus en deux phases ou d’un plan distinct pour Israël et l’Église n’apparaît dans aucun écrit chrétien avant le XIXᵉ siècle. Ce n’est donc pas une redécouverte de la vérité, mais plutôt une fabulation tardive, étrangère à la foi qui fait du tort au corps de Christ.

6. Les dégâts spirituels visibles aujourd’hui

Voici quelques conséquences concrètes, observables dans les Églises influencées par cette doctrine :

Une perte de vigilance : les croyants n’attendent plus le retour de Christ comme la Bible le décrit, mais l’enlèvement secret. Ils ne veillent plus, ils spéculent.

Une foi fragile face à la souffrance : beaucoup s’effondreront dès que la crise frappera, parce qu’ils ont été conditionnés à croire qu’ils ne verraient jamais la détresse.

Une fascination malsaine pour le sensationnel : chaque crise mondiale devient un signe, chaque événement politique une prophétie imminente. La spiritualité se déplace de la Parole à l’actualité.

Une mauvaise lecture de l’Apocalypse : le livre qui appelle au courage, à la fidélité, à la sainteté devient un puzzle ésotérique d’événements futurs.

Une perte de profondeur spirituelle : quand l’Église se focalise sur les scénarios, elle abandonne l’essentiel : la repentance, la sainteté, le réveil, la consécration à Jésus.

Conclusion : Revenir à l’Évangile, pas aux schémas humains

Le dispensationalisme est une fumisterie spirituelle, non parce qu’il s’oppose à certaines traditions, mais parce qu’il s’oppose à l’Écriture elle-même.

Il fragilise la foi. Il détourne de Jésus. Il affaiblit l’Église. Il produit un peuple dépendant des théories plutôt que de la Parole. Dieu nous appelle à revenir à la simplicité et à la puissance de l’Évangile. L’Église n’a pas besoin d’une nouvelle chronologie. Elle a besoin de Christ. Elle a besoin de se réveiller, de se préparer, de persévérer, d’annoncer la vérité avec courage. L’avenir ne nous est pas caché derrière des schémas compliqués. Il se résume en une seule affirmation : Jésus revient et son peuple doit être prêt.