Comment reconnaître une fausse doctrine

Dans un monde rempli de diverses interprétations des Écritures, il est essentiel pour les croyants de discerner la vérité des enseignements erronés. Les fausses doctrines se propagent souvent en manipulant subtilement les Écritures, sortant un verset de son contexte pour lui faire dire quelque chose qu’il ne dit pas réellement. Ces distorsions peuvent conduire à des croyances dangereuses, déformant le caractère de Dieu et les enseignements bibliques fondamentaux.

L’apôtre Paul avertit dans 2 Timothée 4.3-4 : « Car le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement sain. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. » Ces paroles soulignent l’importance d’un examen attentif des Écritures pour éviter d’être égaré. Cette vigilance implique de comprendre comment certains versets sont manipulés pour promouvoir des doctrines erronées. Voici quelques exemples.

Un exemple courant de mauvaise interprétation se trouve dans Jean 14.14, où Jésus déclare : « Je le répète : si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » Ce verset est souvent utilisé pour affirmer que Dieu exauce automatiquement toutes les prières faites « au nom de Jésus », indépendamment de leur nature. Pourtant, replacé dans son contexte, ce passage concerne les disciples et leurs prières alignées sur la volonté de Dieu, dans le cadre de leur mission. Cette interprétation abusive détourne l’attention de la soumission à la volonté divine, clairement exprimée dans 1 Jean 5.14 : « Nous avons auprès de lui cette assurance : si nous demandons quelque chose conformément à sa volonté, il nous écoute. »

Un autre exemple concerne 3 Jean 1.2, où il est écrit : « Cher ami, je souhaite que tu prospères à tous égards et que tu sois en aussi bonne santé physique que tu l’es spirituellement. » Ce verset est souvent cité par les promoteurs de l’Évangile de prospérité pour enseigner que Dieu promet richesse et santé à tous les croyants. Cependant, dans son contexte, ce passage est simplement d’une salutation personnelle de l’apôtre Jean à son destinataire, et non d’une promesse universelle. Les Écritures enseignent clairement que la véritable prospérité est spirituelle et non matérielle, comme le souligne Matthieu 6.19-20 : « Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler. »

Un autre passage fréquemment mal utilisé est Matthieu 7.1 : « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. » D’autres version ont « ne jugez pas » Certains s’appuient sur ce verset pour prétendre que les croyants ne doivent jamais émettre de jugement, même lorsqu’il s’agit de discerner des comportements ou de fausses doctrines. Cependant, replacé dans son contexte, Jésus condamne l’hypocrisie dans le jugement, pas le discernement spirituel. En effet, un peu plus loin, dans Matthieu 7.15-16, il déclare : « Gardez-vous des faux prophètes ! Lorsqu’ils vous abordent, ils se donnent l’apparence d’agneaux mais, en réalité, ce sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Est-ce que l’on cueille des raisins sur des buissons d’épines ou des figues sur des ronces ? » Il nous faut donc ici exercer un certain jugement envers ces personnes et leur oeuvre.

Enfin, un exemple majeur concerne l’enlèvement avant la période des tribulations. Ce concept, défendu par plusieurs, repose sur plusieurs passages. Par exemple, 1 Thessaloniciens 4.17 : « Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. » Ils interprètent ce passage comme une preuve que les croyants seront enlevés avant la périodes des tribulations. Cependant, ce verset, pris hors de son contexte, ne mentionne pas explicitement le moment de cet enlèvement. Une lecture attentive de Matthieu 24.29-31 montre que le rassemblement des élus a lieu « après ces jours de détresse », réfutant ainsi l’idée d’un enlèvement prétribulationnel.

En conclusion, la meilleure défense contre les fausses doctrines est une connaissance approfondie et équilibrée des Écritures. Les distorsions se produisent souvent lorsque des passages sont isolés de leur contexte ou interprétés à la lumière d’intérêts personnels. Comme les Béréens dans Actes 17.11, les croyants, tout comme les Béréens, « examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était juste ». Cela demande de lire attentivement les textes, de considérer le contexte historique et spirituel, et de prier pour recevoir la sagesse du Saint-Esprit.

Les fausses doctrines, bien qu’elles puissent sembler attrayantes ou flatteuses, détournent de la vérité du Christ. Elles mettent souvent l’accent sur des promesses immédiates ou des interprétations simplifiées, au détriment de l’appel à la repentance, à l’obéissance, et à la persévérance dans la foi. En demeurant ancrés dans la Parole de Dieu, les croyants peuvent non seulement éviter d’être égarés, mais aussi guider d’autres vers la vérité, tout en témoignant de l’amour et de la grâce de Christ. Gardons à l’esprit que la vérité biblique, bien que parfois exigeante, est toujours porteuse de vie et d’espérance pour ceux qui la recherchent avec sincérité.