L’importance de lire un verset dans son contexte pour éviter les dérives théologiques

La Bible ne peut pas être manipulée pour justifier des idées contradictoires. Une lecture sérieuse et contextualisée est essentielle pour en comprendre le sens. Isoler des versets en négligeant leur contexte peut mener à des interprétations erronées. Respecter cette approche assure que la Parole de Dieu conserve sa cohérence et son autorité.

Il arrive souvent qu’on entende cette remarque : « On peut faire dire à la Bible tout ce que l’on veut. » À première vue, cette phrase semble pleine de bon sens, surtout lorsque l’on constate combien certains utilisent les Écritures pour défendre des idées contradictoires. Pourtant, en réalité, cette affirmation est fausse. Ce n’est pas la Bible qui dit tout et son contraire. Ce sont les hommes qui lui font parfois dire ce qu’elle ne dit pas. Un passage ne peut pas signifier autre chose que ce que son contexte autorise. Le problème ne vient donc pas du texte inspiré, mais de la manière dont on le lit.

C’est précisément pour cela que l’étude sérieuse de la Parole de Dieu demande de la rigueur, de l’humilité et de la patience. Lire un verset sans son contexte, c’est prendre le risque de déformer sa pensée. Lire un texte dans son contexte, c’est au contraire chercher à entendre ce que Dieu a réellement voulu dire.

Un verset ne parle jamais seul

Aucun verset de la Bible n’a été donné pour vivre isolé. Chaque parole s’inscrit dans une phrase, chaque phrase dans un paragraphe, chaque paragraphe dans un chapitre, chaque chapitre dans un livre, et chaque livre dans l’ensemble de la révélation biblique. Sortir un verset de cet ensemble, c’est souvent le déraciner de son vrai sens.

Beaucoup citent, par exemple, ce verset : « Je peux tout, grâce à celui qui me fortifie » (Philippiens 4.13). Pris seul, il est parfois utilisé comme une formule de réussite universelle, comme si Paul disait qu’un croyant peut accomplir absolument tout ce qu’il désire. Mais lorsqu’on lit les versets précédents, on découvre que Paul parle de tout autre chose. Il explique qu’il a appris à vivre dans l’abondance comme dans le manque, dans la faim comme dans la satiété, dans l’humiliation comme dans l’aisance (Philippiens 4.11-12). Le sens réel du verset est donc que Christ lui donne la force de demeurer fidèle dans toutes les conditions de la vie.

On retrouve la même erreur avec Jean 14.2 : « Je vais vous préparer une place » (Jean 14.2). Certains présentent ce passage comme la preuve d’un départ prolongé du Seigneur pour préparer des demeures célestes où les croyants seraient emmenés loin de la terre dans un scénario prophétique déjà tout construit. Mais dans le contexte, Jésus console ses disciples à la veille de sa mort. Il les prépare à son départ vers le Père et leur annonce qu’il leur ouvrira l’accès à la maison du Père par son œuvre rédemptrice. Le centre du passage est la communion avec lui, non une théorie prophétique importée dans le texte (Jean 14.1-6).

Un verset n’existe donc jamais seul. Dès qu’on l’isole, on s’expose à l’erreur.

Le contexte immédiat fixe le sens du passage

Le premier contexte à examiner est toujours celui des versets qui précèdent et de ceux qui suivent. Très souvent, l’explication d’un verset se trouve déjà dans son environnement immédiat.

Romains 5.9 en est un bon exemple : « Puisque nous sommes maintenant déclarés justes grâce à son sacrifice, nous serons à plus forte raison sauvés par lui de la colère de Dieu » (Romains 5.9). Certains en concluent que les croyants seraient forcément retirés de la terre avant un temps de jugement final. Pourtant, les versets 8 et 10 montrent clairement que Paul parle ici de la justification, de la réconciliation et du salut face au jugement de Dieu (Romains 5.8-10). Le sujet n’est pas un départ secret avant une période prophétique, mais la certitude que ceux qui sont justifiés par le sang de Christ ne subiront pas la condamnation divine.

Il en va de même pour 1 Thessaloniciens 4.16-17, qui parle des croyants « enlevés » à la rencontre du Seigneur dans les airs (1 Thessaloniciens 4.16-17). Une lecture erronée affirme qu’il s’agirait d’un événement secret, distinct du retour glorieux du Christ, qui aurait lieu plusieurs années auparavant. Mais le contexte dit exactement l’inverse. Paul parle de la venue du Seigneur, d’un cri d’ordre, de la voix d’un archange et de la trompette de Dieu. Rien ici n’évoque la discrétion ou un retour en deux étapes. Le but du passage est de consoler les croyants au sujet des morts en Christ et de rappeler le rassemblement final du peuple de Dieu lors de la venue du Seigneur (1 Thessaloniciens 4.13-18).

Un autre exemple très connu se trouve dans Matthieu 18.20 : « Car là où deux ou trois sont ensemble en mon nom, je suis présent au milieu d’eux » (Matthieu 18.20). Bien sûr, cette parole peut encourager des croyants réunis pour prier. Mais dans son contexte immédiat, Jésus parle d’abord de la discipline fraternelle, du jugement juste au sein de l’assemblée et de l’accord spirituel exercé selon sa volonté (Matthieu 18.15-20). Le contexte n’annule pas l’application spirituelle plus large, mais il fixe le sens premier du passage.

Voilà pourquoi il faut toujours commencer par lire avant et après. Très souvent, l’erreur naît simplement parce que l’on arrête la lecture trop tôt.

Le contexte du livre empêche les mauvaises définitions

Un verset ne dépend pas seulement des phrases qui l’entourent. Il appartient aussi à un livre biblique qui possède un but, un genre, une direction théologique et une audience particulière. Lire correctement un passage, c’est aussi tenir compte de la logique du livre entier.

Jérémie 29.11 est souvent cité ainsi : « Car moi je connais les projets que j’ai conçus en votre faveur, déclare l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous assurer un avenir plein d’espérance » (Jérémie 29.11). Pris isolément, ce verset est parfois présenté comme une promesse individuelle de succès immédiat. Pourtant, dans le livre de Jérémie, cette parole est adressée aux exilés de Juda à Babylone. Dieu parle à un peuple discipliné, déraciné, humilié, mais auquel il promet une restauration future selon son plan (Jérémie 29.4-10). Le verset révèle bien la fidélité de Dieu, mais son sens premier appartient à cette situation historique précise.

On peut observer la même nécessité avec Matthieu 24.40-41 : « Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé » (Matthieu 24.40-41). Une définition erronée affirme souvent que celui qui est « pris » serait le juste emmené pour être épargné, tandis que l’autre resterait pour subir le jugement. Mais le contexte du chapitre renvoie aux jours de Noé. Or, dans ce parallèle, ce sont les impies qui ont été emportés par le déluge, tandis que Noé est resté sur la terre sous la protection de Dieu (Matthieu 24.37-39). Le contexte global du discours oblige donc à revoir cette interprétation.

De même, Luc 23.43, où Jésus dit au brigand repentant : « Je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23.43), se comprend dans la dynamique entière de l’Évangile selon Luc, qui met fortement en lumière la grâce offerte aux pécheurs repentants, aux exclus, aux humbles et à ceux qui se tournent vers Dieu par la foi. Le contexte du livre met en évidence la profondeur de cette parole de salut.

Chaque livre a donc sa propre cohérence. L’ignorer, c’est ouvrir la porte à des définitions qui flottent sans ancrage réel.

Toute la Bible doit rester en harmonie avec elle-même

Le contexte d’un verset ne s’arrête pas au chapitre ou au livre. Il existe aussi un contexte plus vaste, celui de l’ensemble des Écritures. La Bible forme une unité. Elle raconte un seul dessein divin, accompli en Jésus-Christ. Une interprétation qui contredit l’enseignement général de la Bible ne peut pas être juste.

Jacques 2.24 semble, à première vue, poser une difficulté : « Vous le voyez : c’est par les œuvres que l’homme est déclaré juste, et non par la foi seulement » (Jacques 2.24). Pris seul, ce verset pourrait sembler s’opposer à Paul, qui affirme que l’homme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi (Romains 3.28). Mais lorsque l’on considère l’ensemble des Écritures, la tension disparaît. Paul combat l’idée que l’homme pourrait mériter le salut par ses œuvres. Jacques, lui, combat l’illusion d’une foi morte, purement verbale, sans fruit ni obéissance. L’un parle de la racine du salut, l’autre de sa manifestation visible. Ils ne se contredisent pas, ils se complètent.

Daniel 9.27 est également souvent utilisé de manière étrangère à son contexte global. Une définition erronée affirme que ce verset annoncerait un futur dirigeant concluant une alliance de sept ans avant de la rompre à mi-parcours. Mais lorsqu’on lit l’ensemble de la prophétie des soixante-dix semaines, on voit que Daniel parle de l’achèvement de la transgression, de l’expiation du péché, de l’établissement de la justice éternelle et de la venue du Messie (Daniel 9.24-27). Le passage s’inscrit dans une dynamique rédemptrice profonde et ne doit pas être détourné pour servir de base à un scénario spéculatif qui dépasse son intention première.

C’est aussi le cas de nombreux passages prophétiques qui sont parfois arrachés à leur accomplissement en Christ. Pourtant, Jésus lui-même a enseigné que les Écritures rendent témoignage à sa personne (Luc 24.27). Toute lecture fidèle doit donc demeurer en accord avec cette révélation centrale.

Hors contexte, on peut fabriquer des doctrines trompeuses

Lorsque le contexte est négligé, les dérives se multiplient rapidement. Des versets deviennent des slogans. Des promesses particulières deviennent des règles universelles. Des images symboliques deviennent des cartes géopolitiques. Et peu à peu, une doctrine peut être bâtie sur une lecture qui n’est plus gouvernée par le texte, mais par des idées importées.

3 Jean 2 illustre bien ce danger : « Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme » (3 Jean 2). Certains en font une garantie divine de richesse et de parfaite santé pour tous les croyants. Pourtant, dans son contexte, Jean exprime simplement un souhait fraternel à l’égard de Gaïus au début d’une lettre personnelle. En faire une loi générale est un abus du texte.

Matthieu 7.1 est souvent utilisé de la même manière : « Ne jugez pas afin de ne pas être jugés » (Matthieu 7.1). Hors contexte, ce verset devient une interdiction absolue de tout discernement. Mais Jésus condamne ici le jugement hypocrite, non le discernement spirituel. Dans les versets suivants, il appelle à ôter d’abord la poutre de son propre œil pour voir clair, puis il commande aussi de reconnaître les faux prophètes à leurs fruits (Matthieu 7.3-5, 15-20). Le contexte rétablit l’équilibre.

Apocalypse 3.10 est souvent mal défini lui aussi : « Je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier » (Apocalypse 3.10). Une lecture erronée affirme que cette promesse imposerait nécessairement un retrait physique des croyants avant toute épreuve mondiale. Pourtant, dans le contexte de la lettre adressée à l’Église de Philadelphie, Jésus encourage une assemblée appelée à persévérer fidèlement. La promesse met en avant sa garde, sa fidélité, sa protection. Elle n’oblige pas à conclure à une disparition préalable des croyants. Cette idée doit d’ailleurs être comparée avec Jean 17.15, où Jésus prie ainsi : « Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal » (Jean 17.15). Le langage biblique insiste donc fortement sur la préservation dans l’épreuve, et non nécessairement sur l’évacuation avant l’épreuve.

Le même danger apparaît avec 1 Thessaloniciens 5.9 : « Dieu ne nous a pas destinés à subir sa colère » (1 Thessaloniciens 5.9). Certains l’utilisent pour affirmer que les croyants seraient épargnés de toute détresse sur la terre. Mais Paul déclare également que les croyants sont destinés aux afflictions (1 Thessaloniciens 3.3). Le problème disparaît dès que l’on respecte le vocabulaire biblique. La colère divine désigne la condamnation de Dieu contre les impies, tandis que la tribulation désigne les épreuves que les croyants traversent dans ce monde. Le texte ne promet pas l’absence totale de souffrance, mais l’absence de condamnation.

Même un verset vrai peut être mal utilisé

L’exemple le plus frappant est peut-être celui de la tentation de Jésus. Le diable lui-même cite l’Écriture (Matthieu 4.6). Il utilise le Psaume 91 pour pousser Jésus à se jeter du haut du Temple, comme si la promesse de protection divine autorisait une mise à l’épreuve volontaire de Dieu (Psaume 91.11-12). Mais Jésus répond immédiatement par un autre passage : « Tu ne forceras pas la main au Seigneur, ton Dieu » (Matthieu 4.7).

Que nous enseigne cette scène ? Qu’un texte peut être cité correctement dans sa forme, tout en étant utilisé faussement dans son sens. L’erreur ne vient pas toujours d’une citation inventée. Elle vient souvent d’une citation vraie, mais mal appliquée, mal située, mal comprise.

Le même phénomène se retrouve dans la lecture d’Ézéchiel 37. Certains réduisent la vision des ossements desséchés à une simple restauration nationale et politique. Mais le chapitre donne lui-même son explication. Dieu parle d’un peuple qui se croyait perdu, mort, sans espérance, et auquel il redonne la vie par son Esprit (Ézéchiel 37.11-14). Le cœur du passage est la puissance de Dieu qui restaure ce qui était mort. Ignorer cette explication interne, c’est imposer au texte une lecture étrangère à son propre commentaire inspiré.

Lire la Bible avec droiture demande humilité et fidélité

Une approche juste de la Parole de Dieu ne consiste pas à chercher un verset qui semble soutenir une idée déjà formée. Elle consiste à se laisser instruire par le texte lui-même. Cela demande du temps, de la prière, de l’attention, et surtout un cœur prêt à être corrigé.

Les Béréens nous en donnent un bel exemple. Ils recevaient l’enseignement avec empressement, mais ils examinaient chaque jour les Écritures pour vérifier si ce qu’on leur annonçait était exact (Actes 17.11). Ils n’étaient ni fermés ni crédules. Ils honoraient la Parole en la vérifiant avec sérieux.

Esdras offre un autre modèle précieux. Il avait appliqué son cœur à étudier la loi de l’Éternel, à la pratiquer et à l’enseigner (Esdras 7.10). Voilà l’ordre juste. D’abord étudier. Ensuite obéir. Enfin transmettre. Celui qui veut enseigner fidèlement doit d’abord accepter de se laisser gouverner par le sens réel du texte.

C’est seulement ainsi que l’on évite les constructions artificielles, les raccourcis trompeurs et les interprétations imposées de l’extérieur.

Lire la Bible dans son contexte, c’est honorer la vérité de Dieu

La Bible ne peut pas être utilisée loyalement pour dire tout et son contraire. Lorsqu’elle est lue dans son contexte, elle résiste à la manipulation. Elle garde son sens, sa direction, sa cohérence et son autorité.

Respecter le contexte, ce n’est pas une règle froide réservée aux spécialistes. C’est un acte de respect envers la Parole de Dieu. C’est reconnaître que Dieu a parlé avec intention, avec précision, avec sagesse. C’est refuser de faire passer nos idées avant son message.

Celui qui aime la vérité ne cherche donc pas à faire parler la Bible selon ses préférences. Il cherche à entendre ce que Dieu dit réellement. C’est là le vrai travail du disciple, du prédicateur, de l’enseignant, et de tout croyant qui veut marcher droitement devant le Seigneur (2 Timothée 2.15).

Lorsque Philippe rejoint l’eunuque éthiopien, celui-ci lit Ésaïe 53 sans en saisir pleinement le sens (Actes 8.30-35). Philippe lui annonce alors Jésus à partir de ce passage. Pourquoi son explication est-elle juste ? Parce qu’elle respecte le texte, son orientation prophétique et l’accomplissement de toute la révélation en Christ (Luc 24.27). Voilà le modèle biblique. Comprendre un passage, ce n’est pas lui faire dire ce que nous voulons. C’est découvrir ce que Dieu y a réellement placé.

Lire la Bible dans son contexte, c’est finalement la lire comme Dieu veut qu’elle soit comprise.

Les États-Unis sont-ils la Babylone de l’Apocalypse ?

La question de l’identité de Babylone dans l’Apocalypse intrigue, avec des interprétations modernes l’associant parfois aux États-Unis. Cependant, une analyse contextuelle révèle que Babylone symbolise avant tout l’Empire romain et un système humain opposé à Dieu. Le message central appelle à la fidélité face à un monde corrupteur.

La question de l’identité de Babylone dans le livre de l’Apocalypse suscite depuis longtemps de nombreuses spéculations. Certains y voient une puissance politique moderne, d’autres une nation particulière qui dominerait le monde à la fin des temps. Dans certains milieux chrétiens contemporains, les États-Unis sont parfois identifiés à cette « Babylone » décrite dans l’Apocalypse.

Cependant, une lecture attentive des Écritures invite à la prudence. L’Apocalypse appartient au genre apocalyptique. Celui-ci est un langage riche en symboles et en images, souvent enraciné dans les réalités historiques du premier siècle. Pour comprendre Babylone, il est nécessaire d’examiner le contexte biblique, historique et symbolique dans lequel ce terme est utilisé.

Babylone dans l’histoire biblique

Dans l’Ancien Testament, Babylone représente la puissance impériale qui s’oppose au peuple de Dieu. De ce fait, la ville de Babylone devient un symbole puissant après l’exil du peuple d’Israël. Elle incarne l’arrogance humaine, la domination politique et l’oppression spirituelle.

Les prophètes décrivent Babylone comme une puissance orgueilleuse qui se croit invincible mais qui finit par tomber sous le jugement de Dieu. Le prophète Ésaïe annonce ainsi sa chute environ 150 à 200 avant que ça ne se produise :

Et Babylone, le joyau des royaumes, cité splendide qui faisait la fierté des Chaldéens, deviendra semblable à Sodome et à Gomorrhe que Dieu a renversées. Car Babylone ne sera plus jamais habitée et plus jamais peuplée dans toutes les générations. 

Ésaïe 13.19-20

Dans la pensée biblique, Babylone devient donc plus qu’une simple ville : elle devient le symbole d’un système humain opposé à Dieu.

Babylone dans le livre de l’Apocalypse

Dans l’Apocalypse, environ 630 ans après la chute de l’empire babylonien, Babylone apparaît comme une puissance spirituelle, religieuse et économique qui domine les nations. Jean écrit :

Il cria d’une voix forte : Elle est tombée, elle est tombée, la grande Babylone. Et elle est devenue un antre de démons, repaire de tous les esprits impurs, repaire de tous les oiseaux impurs, et détestables. 

Apocalypse 18.2

Plusieurs caractéristiques sont attribuées à cette Babylone :

  • Elle exerce une influence mondiale.
  • Elle séduit les nations.
  • Elle persécute les fidèles.
  • Elle incarne l’opulence, l’idolâtrie et la corruption spirituelle.

Jean ajoute également :

Sur son front, elle portait gravé un nom mystérieux signifiant : « La grande Babylone, la mère des prostituées et des abominations de la terre. »

Apocalypse 17.5

Le mot « mystère » indique que cette Babylone doit être comprise dans un sens symbolique. Parce que le mot « mystère » traduit le grec mystērion, qui dans le Nouveau Testament désigne une réalité spirituelle cachée que Dieu révèle, et non une simple énigme. Ce terme signale donc que ce qui est vu dans la vision doit être compris au-delà du sens littéral. Le livre de l’Apocalypse utilise fréquemment ce procédé symbolique : par exemple, les « sept étoiles » représentent les anges des Églises et les « sept chandeliers » représentent les Églises elles-mêmes (Apocalypse 1.20). C’est parce que ces mystères sont révélés que nous pouvons les comprendre.

De la même manière, lorsque le nom « Babylone » est qualifié de « mystère », cela indique que Jean ne parle pas simplement de la ville historique de Babylone, déjà tombée depuis des siècles, mais d’une réalité symbolique que l’ange va expliquer ensuite. En effet, l’ange déclare : « Je vais te dévoiler le mystère de la femme » (Apocalypse 17.7), puis il interprète les éléments de la vision, montrant que les images représentent des réalités plus profondes.

Ainsi, l’expression « mystère » avertit le lecteur que « Babylone la grande » est une image prophétique représentant une puissance ou un système opposé à Dieu, plutôt qu’une ville contemporaine précise à identifier littéralement.

Pourquoi certains identifient Babylone aux États-Unis

Certains interprètes modernes identifient Babylone à une puissance mondiale contemporaine, souvent les États-Unis. Pour ce faire, ils avancent plusieurs arguments :

  • La puissance économique mondiale.
  • L’influence culturelle internationale.
  • La richesse décrite dans Apocalypse 18.
  • Le rôle dominant dans le commerce mondial.


Cependant, cette interprétation repose principalement sur des ressemblances observées avec des réalités actuelles plutôt que sur le contexte historique et biblique du texte. Elle consiste à lire dans l’Apocalypse des situations propres à notre époque, alors que les premiers lecteurs du livre, au premier siècle, ne pouvaient évidemment pas connaître ces réalités modernes. Une interprétation fidèle doit donc d’abord tenir compte du monde dans lequel Jean et les premières Églises vivaient.

Le contexte du premier siècle

Pour comprendre l’Apocalypse, il est essentiel de considérer le contexte des chrétiens du premier siècle. Les croyants auxquels Jean écrit vivent sous l’autorité de l’Empire romain. Cet empire domine le monde méditerranéen, contrôle le commerce et exige parfois une loyauté religieuse envers l’empereur. Dans ce contexte, Babylone devient un symbole transparent pour désigner Rome. Plusieurs indices bibliques le suggèrent :

  • La femme est assise sur sept montagnes (Apocalypse 17.9). Or, Rome est connue dans l’Antiquité comme la ville bâtie sur sept collines.
  • La puissance décrite règne sur les rois de la terre (Apocalypse 17.18), ce qui correspond à l’influence de l’Empire romain.
  • Babylone est responsable du sang des prophètes et des saints (Apocalypse 18.24), ce qui rappelle les persécutions subies par les chrétiens sous l’autorité romaine.

Ce qui fait que dans le contexte historique du premier siècle, les indices fournis par l’Apocalypse correspondent clairement à la réalité de l’Empire romain. Pour les premiers lecteurs, le symbole de « Babylone » évoquait naturellement cette puissance dominante qui persécutait les croyants et exerçait son autorité sur les nations. L’image utilisée par Jean permettait donc de dénoncer spirituellement le système impérial sans le nommer directement, tout en rappelant que toute puissance opposée à Dieu est destinée à tomber sous son jugement (Apocalypse 18.2).

Babylone comme symbole d’un système opposé à Dieu

Cependant, l’image de Babylone dépasse également la seule ville de Rome. Dans l’Apocalypse, Babylone représente plus largement un système mondial caractérisé par l’orgueil humain, l’idolâtrie et la rébellion contre Dieu.

Ce système peut se manifester à travers différentes puissances au cours de l’histoire. Babylone devient ainsi le symbole de la civilisation humaine qui s’organise sans Dieu et qui séduit les nations par la richesse, le pouvoir et le compromis spirituel. C’est pourquoi l’Apocalypse appelle les croyants à s’en séparer.

Sortez du milieu d’elle, membres de mon peuple, afin de ne pas participer à ses péchés et de ne pas être frappés avec elle des fléaux qui vont l’atteindre.

Apocalypse 18.4

Dans ce contexte, il devient impossible d’associer Babylone de l’Apocalypse à une ville contemporaine ou encore à un empire moderne. Le choix devient difficile parce que tous sont corrompus et éloignés de Dieu.

Conclusion

Identifier Babylone de l’Apocalypse à une nation moderne comme les États-Unis repose davantage sur des spéculations contemporaines que sur le contexte biblique du texte. Dans le cadre historique de l’Apocalypse, Babylone désigne principalement la puissance impériale de Rome, qui dominait le monde et persécutait les croyants.

Toutefois, le symbole dépasse également cette réalité historique. Babylone représente le système humain rebelle à Dieu, caractérisé par la séduction, la richesse corruptrice et l’idolâtrie.

Le message central de l’Apocalypse n’est pas de désigner une nation particulière, mais d’appeler le peuple de Dieu à rester fidèle au Seigneur Jésus-Christ au milieu d’un monde qui s’oppose à son règne.

La chute de Babylone annonce finalement une vérité fondamentale : tous les empires humains passent, mais le royaume de Dieu demeure éternellement (Apocalypse 11.15).

Comment reconnaître une fausse doctrine

Dans un monde rempli de diverses interprétations des Écritures, il est essentiel pour les croyants de discerner la vérité des enseignements erronés. Les fausses doctrines se propagent souvent en manipulant subtilement les Écritures, sortant un verset de son contexte pour lui faire dire quelque chose qu’il ne dit pas réellement. Ces distorsions peuvent conduire à des croyances dangereuses, déformant le caractère de Dieu et les enseignements bibliques fondamentaux.

L’apôtre Paul avertit dans 2 Timothée 4.3-4 : « Car le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement sain. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. » Ces paroles soulignent l’importance d’un examen attentif des Écritures pour éviter d’être égaré. Cette vigilance implique de comprendre comment certains versets sont manipulés pour promouvoir des doctrines erronées. Voici quelques exemples.

Un exemple courant de mauvaise interprétation se trouve dans Jean 14.14, où Jésus déclare : « Je le répète : si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » Ce verset est souvent utilisé pour affirmer que Dieu exauce automatiquement toutes les prières faites « au nom de Jésus », indépendamment de leur nature. Pourtant, replacé dans son contexte, ce passage concerne les disciples et leurs prières alignées sur la volonté de Dieu, dans le cadre de leur mission. Cette interprétation abusive détourne l’attention de la soumission à la volonté divine, clairement exprimée dans 1 Jean 5.14 : « Nous avons auprès de lui cette assurance : si nous demandons quelque chose conformément à sa volonté, il nous écoute. »

Un autre exemple concerne 3 Jean 1.2, où il est écrit : « Cher ami, je souhaite que tu prospères à tous égards et que tu sois en aussi bonne santé physique que tu l’es spirituellement. » Ce verset est souvent cité par les promoteurs de l’Évangile de prospérité pour enseigner que Dieu promet richesse et santé à tous les croyants. Cependant, dans son contexte, ce passage est simplement d’une salutation personnelle de l’apôtre Jean à son destinataire, et non d’une promesse universelle. Les Écritures enseignent clairement que la véritable prospérité est spirituelle et non matérielle, comme le souligne Matthieu 6.19-20 : « Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler. »

Un autre passage fréquemment mal utilisé est Matthieu 7.1 : « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. » D’autres version ont « ne jugez pas » Certains s’appuient sur ce verset pour prétendre que les croyants ne doivent jamais émettre de jugement, même lorsqu’il s’agit de discerner des comportements ou de fausses doctrines. Cependant, replacé dans son contexte, Jésus condamne l’hypocrisie dans le jugement, pas le discernement spirituel. En effet, un peu plus loin, dans Matthieu 7.15-16, il déclare : « Gardez-vous des faux prophètes ! Lorsqu’ils vous abordent, ils se donnent l’apparence d’agneaux mais, en réalité, ce sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Est-ce que l’on cueille des raisins sur des buissons d’épines ou des figues sur des ronces ? » Il nous faut donc ici exercer un certain jugement envers ces personnes et leur oeuvre.

Enfin, un exemple majeur concerne l’enlèvement avant la période des tribulations. Ce concept, défendu par plusieurs, repose sur plusieurs passages. Par exemple, 1 Thessaloniciens 4.17 : « Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. » Ils interprètent ce passage comme une preuve que les croyants seront enlevés avant la périodes des tribulations. Cependant, ce verset, pris hors de son contexte, ne mentionne pas explicitement le moment de cet enlèvement. Une lecture attentive de Matthieu 24.29-31 montre que le rassemblement des élus a lieu « après ces jours de détresse », réfutant ainsi l’idée d’un enlèvement prétribulationnel.

En conclusion, la meilleure défense contre les fausses doctrines est une connaissance approfondie et équilibrée des Écritures. Les distorsions se produisent souvent lorsque des passages sont isolés de leur contexte ou interprétés à la lumière d’intérêts personnels. Comme les Béréens dans Actes 17.11, les croyants, tout comme les Béréens, « examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était juste ». Cela demande de lire attentivement les textes, de considérer le contexte historique et spirituel, et de prier pour recevoir la sagesse du Saint-Esprit.

Les fausses doctrines, bien qu’elles puissent sembler attrayantes ou flatteuses, détournent de la vérité du Christ. Elles mettent souvent l’accent sur des promesses immédiates ou des interprétations simplifiées, au détriment de l’appel à la repentance, à l’obéissance, et à la persévérance dans la foi. En demeurant ancrés dans la Parole de Dieu, les croyants peuvent non seulement éviter d’être égarés, mais aussi guider d’autres vers la vérité, tout en témoignant de l’amour et de la grâce de Christ. Gardons à l’esprit que la vérité biblique, bien que parfois exigeante, est toujours porteuse de vie et d’espérance pour ceux qui la recherchent avec sincérité.

Démasquer le prémillénarisme dispensationaliste : un appel à revenir à la vérité biblique

S’il y a un constat que nous pouvons faire aujourd’hui  c’est que les croyants sont profondément endoctrinés par toutes ces fausses doctrines qui sont aujourd’hui enseignées dans l’Église et acceptés comme étant la vérité. L’une d’elles est cette doctrine fantaisiste du prémillénarisme dispensationaliste. Ce sont des contes, aussi farfelus les uns que les autres, se succédant pour former une grande mosaïque complètement fausse. Cette imbrication séduit les croyants au point que ceux-ci ne font plus la différence entre ce qui est vrai, la Parole de Dieu, et ce qui est faux, les fausses doctrines, particulièrement pour celle-ci.

Chaque jour, des croyants sont séduits et amenés à adhérer à cette fausse doctrine par ces enseignants de mensonges, ces marchands de bonheur, ces loups déguisés en agneaux. Leurs mensonges, remplit d’incohérences et sans soutient biblique se répand dans la chrétienté au point d’égarer les croyants et les privés de la vie éternelle.

Pourquoi cela en est-il ainsi ? La raison est simple. Il y a un scénario des événements de la fin qui est écrit et propagé et qui n’est absolument pas soutenu par les écritures. Chaque faux enseignement en appelle un autre et ainsi de suite éloignant les croyants du fondement des Écritures. 

Par exemple, la semaine manquante de Daniel, la période des tribulations de 7 ans. Puis vient le règne de Christ pour une période de mille ans littérale. Accompagnée de la reconstruction d’un troisième temple. Finalement, l’enlèvement des croyants pour les amener au ciel avant que ne commence cette soi-disant période de 7 ans de tribulations. Toutes ces choses qui sont avancées sont tout aussi fausses les unes que les autres. Pourtant elles sont enseignées dans toutes les églises comme étant la vérité de la Parole de Dieu. De brillants pasteurs ne s’apercevant pas des erreurs doctrinales fondamentales de cette fausse doctrine.

J’ai moi-même été séduit par tous ces contes fantastiques parce qu’ils semblaient cohérents avec la Bible. Je dis bien « semblait cohérent ». Cependant, en réalité, rien, de ce que je viens de mentionner, n’est corroboré par les Écritures d’aucune façon. Tout ce qui semble être logique est en fait incohérent et sans fondement biblique. Les appuis bibliques ne sont que des versets sortis de leurs contextes. Ce sont des contes fantastiques qui ne font que fasciner l’imaginaire. Chacune de ces théories ne fait qu’éloigner les croyants du fondement des Écritures. 

Il y a des temps difficiles qui arrivent. Lorsque les croyants, tels les deux témoins, vont commencer à répandre la bonne nouvelle, il va s’élever une grande tribulation contre eux. C’est la même chose qui va se produire comme lors du premier siècle. Ceux-ci, comme les croyants du premier siècle, vont être mis à mort pour leur foi. C’est en quelque sorte la même histoire qui va se répéter. Malheureusement, tous ces croyants ayant été dupés par cette fausse doctrine vont se retrouver sans moyens de défense dans la tourmente devant la bête. 

Quelqu’un a dit un jour : « Une personne intelligente change d’avis si de nouvelles informations contredisent ses convictions. Tandis qu’une personne endoctrinée n’a pas cette capacité, elle est conditionnée à rejeter les faits. » C’est ce que nous voyons en ce moment. Les croyants endoctrinés, plutôt que de changer d’avis lorsque la vérité leur est présentée, vont réfuter cette vérité et n’accepteront pas de changer d’avis. C’est le signe d’une personne endoctrinée et cela, il y en a beaucoup de nos jours. Ces chrétiens ne voyant pas les incohérences frappantes choisissent de fermer les yeux sur la vérité de la Parole de Dieu. Nous en sommes rendus là dans la chrétienté aujourd’hui. 

L’apôtre Paul avait bien raison lorsqu’il disait : « Car le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement sain. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. Ils détourneront l’oreille de la vérité pour écouter des récits de pure invention. » (2 Timothée 2.3-4)

Il est temps d’ouvrir les yeux à la vérité de la Parole de Dieu, car nous risquons d’être emportés par la faiblesse de notre foi.

Ésaïe 25.9 : Une prophétie de réjouissance pour l’Église le peuple de Dieu et non pour le peuple d’Israël uniquement

Le passage d’Ésaïe 25.9 est souvent cité pour soutenir l’idée que, lors du retour de Jésus, une grande joie sera ressentie par le peuple d’Israël. Cependant, pour comprendre la véracité de cette affirmation, il est essentiel d’examiner le contexte de ce passage.

Le chapitre 25 du livre d’Ésaïe décrit un événement prophétique majeur où Dieu célèbre la victoire sur les nations et la délivrance de son peuple, mais il est crucial de noter que ce peuple n’est pas limité à Israël seul.

Le verset utilisé pour appuyer ce propos est celui-ci: « Et l’on dira en ce jour-là : voyez, c’est notre Dieu en qui nous espérions, il nous a délivrés. Oui, c’est en l’Éternel que nous avons placé notre espérance. Maintenant, jubilons et réjouissons-nous puisqu’il nous a sauvés. » (Ésaïe 25.9)

Pour comprendre si cet énoncé est vrai, il nous faut regarder le contexte de ce passage. Celui-ci nous dit qu’Ésaïe 25.9 fait partie d’un passage prophétique où le prophète célèbre la victoire de Dieu sur les nations et la délivrance de son peuple. Le chapitre 25 d’Ésaïe décrit un festin eschatologique que l’Éternel préparera pour tous les peuples, symbolisant la fin de la mort et la restauration complète de son peuple. Le verset 9 exprime la joie et la reconnaissance du peuple qui voit enfin l’accomplissement des promesses divines. Ils proclament que Dieu est leur salut, soulignant la foi et l’espérance en la fidélité de Dieu.

Certes, ce passage est un passage relatant des événements concernant le retour de Christ, mais le peuple dont il est question n’est pas le peuple d’Israël à proprement parler. Il est dit au verset 6 que « Le Seigneur des armées célestes préparera lui-même pour tous les peuples là, sur cette montagne, un festin de vins vieux, et de mets succulents, des mets tout pleins de moelle, arrosés de vins vieux et dûment clarifiés. » (Ésaïe 25.6) que le Seigneur « préparera lui-même pour tous les peuples ». Dans son contexte, ce passage ne décrit pas uniquement du peuple d’Israël. 

Le peuple de Dieu aujourd’hui est le corps des croyants qui est composés de tous ceux et celles, de toutes les nations qui ont reconnu Jésus comme étant le messie et cela inclus les juifs qui ont cru en Jésus. C’est ce que l’apôtre Paul nous enseigne en disant qu’il « n’y a plus ni Juifs ni non-Juifs, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un. » (Galates 3.28) Comme j’ai mentionné dans un article précédent, Israël n’a pas de privilèges particuliers. Le peuple de Dieu de la nouvelle alliance est le corps de Christ ou l’Église si vous préférez. 

Cette prophétie du prophète Ésaïe ne concerne pas le peuple d’Israël. D’ailleurs, le mot Israël n’est pas mentionné dans tout le chapitre 25. Comment faire concorder ce passage uniquement avec le peuple d’Israël alors que les mots « de toutes les nations » sont mentionnés. 

Le verset 8 nous dit que l’Éternel « fera disparaître l’opprobre pesant sur son peuple ». (Ésaïe 25.8) Dieu n’a pas deux peuples. Il a un seul peuple. Dans l’Ancien Testament, ce peuple était le peuple d’Israël. Seulement dans le Nouveau Testament, dans la nouvelle alliance, le peuple est l’Église. L’apôtre Jean au début du récit de l’Apocalypse va dire: « Il nous aime, il nous a délivrés de nos péchés par son sacrifice, il a fait de nous un peuple de rois, des prêtres au service de Dieu, son Père : à lui donc soient la gloire et le pouvoir pour l’éternité ! Amen. » (Apocalypse 1.5-6) Ce passage confirme que Dieu a fait des croyants son peuple. D’autres passages confirment ce fait. Paul va écrire: « Il (Jésus) s’est donné lui-même pour nous, afin de nous libérer de toute forme de mal et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple qui lui appartienne, zélé pour accomplir le bien. » (Tite 2.14) Il dit aussi: « Or, vous êtes le corps de Christ, et chacun de vous en particulier est un membre de ce corps. » (1 Corinthiens 12.27) Puis il ajoute: « Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers ni des résidents temporaires : vous êtes concitoyens des membres du peuple saint et vous appartenez à la famille de Dieu. » (Éphésiens 2.19) L’apôtre Pierre va aussi mentionner: « Quant à vous, vous êtes une race élue, une communauté de rois-prêtres, une nation sainte, un peuple que Dieu a libéré pour que vous proclamiez les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1 Pierre 2.9) 

Ces passages nous démontrent bien que l’Église est le peuple de Dieu et que ce peuple souffrira beaucoup avant la venue du Seigneur Jésus, mais combien sera grande sa joie lorsqu’ils seront rassemblés avec le Seigneur sur sa montagne sainte à Jérusalem et que Dieu « déchirera là, sur cette montagne, le voile de tristesse qui couvre tous les peuples, la couverture recouvrant toutes les nations. Il fera disparaître la mort à tout jamais. Et de tous les visages, le Seigneur, l’Éternel, effacera les larmes, et sur toute la terre, il fera disparaître l’opprobre pesant sur son peuple. L’Éternel a parlé. Et l’on dira en ce jour-là : voyez, c’est notre Dieu en qui nous espérions, il nous a délivrés. Oui, c’est en l’Éternel que nous avons placé notre espérance. Maintenant, jubilons et réjouissons-nous puisqu’il nous a sauvés. Car, sur cette montagne, la main de l’Éternel se posera comme une protection. » (Ésaïe 25.7-10)