Le dispensationalisme, apparu au XIXᵉ siècle avec John Nelson Darby, a profondément influencé une partie du monde évangélique, surtout dans le monde anglophone. Présenté comme une clé pour comprendre la prophétie biblique, il séduit par ses schémas détaillés et ses scénarios spectaculaires. Mais derrière ses promesses de clarté se cache un système dangereux qui déforme la Parole de Dieu et détourne le cœur des croyants de l’espérance véritable.
Loin d’être un simple débat théologique. Il s’agit plutôt d’une question vitale pour la santé spirituelle de l’Église. Examinons pourquoi le dispensationalisme est un poison pour l’âme.
1. Il divise le peuple de Dieu
Le dispensationalisme sépare Israël et l’Église comme deux peuples distincts, avec deux plans de salut et deux destinées différentes. Cette distinction est étrangère aux Écritures.
D’ailleurs, la Parole de Dieu enseigne au contraire que tous ceux qui croient en Jésus-Christ sont un seul peuple :
« Il n’y a plus ni Juif ni non-Juif, esclave ni homme libre, homme ni femme : car vous êtes tous un en Jésus-Christ. Et si vous appartenez à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse. » (Galates 3.28-29)
En enseignant deux voies et deux espérances, le dispensationalisme divise ce que Dieu a uni et prive les croyants de la compréhension que les promesses d’Israël sont accomplies en Christ et partagées avec l’Église.
2. Il nourrit une espérance illusoire
L’une des doctrines les plus populaires du dispensationalisme est l’enlèvement pré-tribulationnel (avant la période des tribulations). C’est l’idée que l’Église sera retirée de la terre avant la période des tribulations. Ce message, séduisant pour la chair, promet un billet de sortie avant les épreuves, alors que Jésus a clairement averti ses disciples :
« Vous aurez à souffrir dans le monde. Mais prenez courage : moi, j’ai vaincu le monde. » (Jean 16.33)
Et encore :
« C’est par beaucoup de souffrances qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. » (Actes 14.22)
Ce qui signifie que la souffrance est l’apanage du croyant. Cette fausse espérance endort la vigilance spirituelle et prépare mal les croyants à la persévérance dans l’épreuve à venir qui s’étendra sur tous les habitants de la terre.
« Tu as gardé le commandement de persévérer que je t’ai donné. C’est pourquoi, à mon tour, je te garderai à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier pour éprouver tous les habitants de la terre. » (Apocalypse 3.10)
3. Il détourne les regards de Christ vers des signes politiques
Le dispensationalisme lie souvent l’accomplissement prophétique à des événements politiques contemporains, notamment autour de l’État moderne d’Israël. Cette approche pousse les croyants à scruter les journaux plutôt que les Écritures, à attendre des événements terrestres plutôt que le retour glorieux de Christ.
Pourtant, Jésus a déclaré :
« Mon royaume n’est pas de ce monde. » (Jean 18.36)
Et l’apôtre Paul rappelle :
« Attendez des cieux son Fils… Jésus, qui nous délivre de la colère à venir. » (1 Thessaloniciens 1.10)
L’espérance chrétienne n’est pas fondée sur des frontières politiques, mais sur la venue du Roi des rois.
4. Il ramène à un culte dépassé
Certains dispensationalistes attendent la reconstruction d’un temple à Jérusalem et le rétablissement des sacrifices d’animaux. Une telle attente contredit frontalement l’Évangile, car :
« Nous avons été rendus saints par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. » (Hébreux 10.10)
Revenir aux sacrifices animaux reviendrait à dire que l’œuvre de Christ est incomplète. C’est une grave erreur qui attaque le cœur même de la foi chrétienne.
Conclusion : Rompre avec le poison
Le dispensationalisme est séduisant parce qu’il promet des certitudes, des repères visuels et des scénarios détaillés. Mais il déforme la vision biblique, affaiblit la foi et détourne du centre de l’Évangile qui est Jésus-Christ crucifié, ressuscité et revenant pour juger et régner.
La saine doctrine appelle à fixer nos yeux sur Christ seul, à marcher dans la persévérance et la sainteté, et à comprendre l’histoire biblique comme un seul plan de salut accompli en Jésus et offert à tous les peuples.
« Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contraires à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux. » (Romains 16.17)
L’Église a besoin de retrouver une espérance pure, libérée des illusions, ancrée dans la vérité immuable de la Parole de Dieu.
