L’origine du prétérisme : Une doctrine née de la controverse et de la stratégie

Le prétérisme, apparu au XVIe siècle comme réponse catholique à la Réforme, soutient que les prophéties de l’Apocalypse se sont réalisées dans les premiers siècles du christianisme. Bien qu’une forme modérée se soit popularisée au XXe siècle, le prétérisme complet est considéré comme hérétique, dénaturant l’espérance chrétienne du retour de Jésus.

Le prétérisme, tel qu’on le connaît aujourd’hui, n’a pas été enseigné dans les Écritures par les apôtres ni par les premiers Pères de l’Église. Il a émergé bien plus tard, dans un contexte très particulier de controverse théologique et de lutte contre la Réforme protestante.

Une invention de la Contre-Réforme catholique

L’origine du prétérisme remonte au XVIe siècle, en pleine Réforme protestante. Alors que des réformateurs comme Martin Luther et Jean Calvin identifiaient l’Église catholique romaine et la papauté comme étant liées à « Babylone la grande » et à « l’Antichrist » décrits dans l’Apocalypse, l’Église romaine s’est vue contrainte de réagir pour détourner cette accusation.

C’est dans ce contexte que Luis de Alcasar (1554–1613), un prêtre jésuite espagnol, a proposé une nouvelle lecture de l’Apocalypse. Dans son ouvrage « Vestigatio Arcani Sensus in Apocalypsi », publié en 1614, a défendu l’idée que toutes les prophéties de l’Apocalypse s’étaient accomplies au cours des premiers siècles de l’histoire chrétienne, notamment jusqu’à la chute de Jérusalem en l’an 70 ou sous l’Empire romain païen.

Cette lecture prétériste visait clairement à neutraliser les accusations des protestants : si l’Apocalypse était déjà accomplie, alors les prophéties ne visaient pas le pape, et la papauté ne pouvait pas être l’Antichrist.

Ainsi, le prétérisme est né comme un outil apologétique au service de Rome, une stratégie jésuite destinée à détourner les critiques des réformateurs.

Une diffusion progressive et marginale

Pendant longtemps, cette vision prétériste est restée marginale et peu influente, même dans le monde catholique. Elle n’a pas été adoptée officiellement par l’Église romaine, mais elle a contribué à la diversification des interprétations eschatologiques.

Au XIXe siècle, certains théologiens protestants, notamment dans le mouvement libéral ou rationaliste, ont repris et adapté le prétérisme, y voyant une façon de lire les Écritures dans leur contexte historique, tout en rejetant l’aspect surnaturel ou futuriste des prophéties bibliques.

Le prétérisme moderne

C’est à partir du XXe siècle que le prétérisme a commencé à se répandre davantage, surtout dans le monde évangélique, sous une forme plus « modérée » appelée prétérisme partiel. Des auteurs comme R.C. Sproul, Kenneth Gentry ou Hank Hanegraaff et d’autres, ont popularisé cette approche, en insistant sur l’accomplissement de nombreuses prophéties dans le passé, mais en maintenant la croyance au retour futur de Jésus et à la résurrection finale.

Cependant, certains sont allés plus loin. Des auteurs comme Max R. King (considéré comme le fondateur du prétérisme complet moderne), Don K. Preston (auteur de nombreux livres défendant la résurrection passée, l’accomplissement complet de l’Apocalypse et la fin du système lévitique en 70 ap. J.-C.), Ed Stevens (a dirigé des discussions et conférences sur le sujet) et d’autres encore. Ils ont adopté un prétérisme complet (ou « hyper-prétérisme »), qui enseigne que toutes les prophéties bibliques ont été accomplies, y compris le retour de Christ et la résurrection, ce qui constitue une négation des fondements de la foi chrétienne et a été condamné comme hérésie par la majorité des théologiens bibliques, aussi bien protestants qu’évangéliques.

Conclusion

Le prétérisme est une doctrine née de la stratégie humaine, non de la révélation divine. Sa racine historique — une tentative jésuite pour défendre la papauté contre la Réforme — devrait déjà suffire à éveiller la vigilance de tout croyant fidèle aux Écritures. Mais plus encore, son contenu dénature la Parole de Dieu, éteint l’espérance vivante de l’Église, et détourne les regards du retour glorieux de notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est une doctrine séduisante pour l’intellect, mais perverse dans ses fruits. Elle prétend honorer l’histoire, mais elle trahit l’espérance. Elle veut rendre les prophéties bibliques « accessibles », mais en réalité, elle en arrache la puissance spirituelle, le sérieux du jugement à venir et la joie promise de la résurrection.

Frères et sœurs, n’oublions jamais cette exhortation de Paul :

« Que personne ne vous séduise d’aucune manière. Car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché… » (2 Thessaloniciens 2.3)

L’Église de Jésus-Christ n’a pas été établie pour vivre dans la nostalgie d’un accomplissement passé, mais pour veiller dans la foi, persévérer dans la prière, et proclamer avec ferveur que le « Le Seigneur vient ! »

Refusons toute théologie qui enlève au peuple de Dieu sa vigilance, son espérance et sa mission. Car une Église qui ne croit plus au retour de son Maître est une Église endormie, vulnérable, et en grand danger.

« Heureux ceux qui attendent et qui persévèrent » (Daniel 12.12)

« Maranatha ! » — que notre cœur reste tourné vers le ciel.

Qu’est-ce que le prétérisme ?

Le prétérisme est une interprétation biblique affirmant que les prophéties du Nouveau Testament, notamment celles liées aux derniers temps, ont déjà été réalisées dans le passé, spécifiquement au premier siècle. Il existe deux types, partiel et complet; cette dernière est rejetée par l’Église pour sa négation du retour futur de Christ, nécessaire à l’espérance chrétienne.

Le prétérisme est une approche d’interprétation de la prophétie biblique qui enseigne que la majorité, voire la totalité, des prophéties du Nouveau Testament concernant les derniers temps ont déjà été accomplies dans le passé, notamment au premier siècle après Jésus-Christ. Bien entendu, vous conviendrez avec moi que ce n’est pas le cas pour plusieurs prophéties. Le mot « prétérisme » vient du latin praeter, qui signifie « passé ».

Selon cette vision, les événements comme la grande tribulation, la venue du Fils de l’homme sur les nuées, et même l’Apocalypse de Jean, se seraient accomplis principalement autour de la chute de Jérusalem en l’an 70 après J.-C., lorsque le temple fut détruit par les Romains. Ainsi, pour un prétériste, ces prophéties ne sont pas en attente d’un accomplissement futur, mais sont déjà accomplies dans l’histoire.

Deux formes de prétérisme

Il existe deux grandes variantes :

  1. Le prétérisme partiel : Cette version enseigne que la plupart des prophéties apocalyptiques (comme Matthieu 24, l’Apocalypse, etc.) ont été accomplies au premier siècle, mais que certaines, comme la résurrection finale, le jugement dernier et le retour visible de Jésus, sont encore à venir. Cette forme est la plus répandue parmi les prétéristes évangéliques modérés.
  2. Le prétérisme complet (ou radical) : Il enseigne que toutes les prophéties, y compris la résurrection des morts et le retour de Christ, ont été entièrement accomplies au premier siècle. Cette position est largement considérée comme hérétique par l’Église historique, car elle nie un retour corporel futur de Christ et une résurrection physique des croyants.

Les fondements du prétérisme

Le prétérisme s’appuie sur plusieurs passages clés :

  • Matthieu 24.34 : « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive. »
  • Apocalypse 1.1 : « Révélation de Jésus-Christ […] pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. »
  • Apocalypse 22.10 : « Le temps est proche. »

Les prétéristes comprennent ces expressions comme des indications claires que les événements prophétiques décrits devaient se produire rapidement après leur annonce, et non des siècles plus tard. Ce qui est une fois de plus soit une mauvaise compréhension des Écritures ou pis encore une falsification intellectuelle de celles-ci.

Réfutation et mise en garde

Bien que le prétérisme soulève des questions pertinentes sur le contexte historique des Écritures, plusieurs éléments bibliques s’opposent à cette interprétation :

  • L’Écriture enseigne que le retour du Christ sera visible, glorieux et mondial (Matthieu 24.30 ; Actes 1.11 ; Apocalypse 1.7), ce qui ne s’est pas produit en l’an 70.
  • La résurrection des morts est décrite comme un événement corporel et universel à venir (1 Corinthiens 15 ; Jean 5.28-29), non comme un symbole d’un changement spirituel déjà passé.
  • L’Église a toujours attendu le retour de Jésus comme un événement futur, ce que le prétérisme complet nie.

Conclusion

Frères et sœurs, ne nous laissons pas séduire par des enseignements qui effacent l’espérance de l’Évangile et vident de leur puissance les promesses de Dieu. Le prétérisme, surtout dans sa forme complète, est une déviation grave qui nie des vérités fondamentales : le retour visible de Christ, la résurrection des morts, et le jugement à venir. En affirmant que tout est déjà accompli, cette doctrine prive l’Église de sa vigilance, affaiblit sa mission, et trompe les croyants sur leur avenir éternel.

Ce n’est pas un simple désaccord théologique : c’est une falsification de l’espérance chrétienne. Car si Christ est déjà revenu, alors nous n’avons plus rien à attendre. S’il n’y a plus de résurrection à venir, alors notre foi est vaine. Si le jugement est déjà passé, alors pourquoi prêcher la repentance ? Cette pensée conduit à l’indifférence, à la passivité et, pire encore, à l’abandon de la vérité biblique.

La Parole est claire : « Ne vous laissez pas troubler… plusieurs viendront sous mon nom… » (Matthieu 24.4-5). Les fausses doctrines pullulent dans les temps de la fin. Et le prétérisme en est une, séduisante pour l’intellect, mais destructrice pour l’âme.

Tenons ferme la saine doctrine. Aimons l’apparition de notre Seigneur. Veillons avec persévérance. Et proclamons sans relâche : « Maranatha ! Seigneur Jésus, reviens ! »