Le dispensationalisme, qu’est-ce que c’est ?

Le dispensationalisme est une méthode d’interprétation des prophéties qui divise l’histoire du salut en périodes distinctes, entraînant des erreurs dans la compréhension biblique. Cette approche accentue des séparations entre Israël et l’Église et favorise une lecture futuriste, éloignant les croyants du message central du Christ accomplissement des Écritures.

Le dispensationalisme est une manière d’interpréter les prophéties de la fin des temps qui, selon moi, se trompe dans sa lecture des Écritures et finit par conduire des croyants dans l’erreur. Il ne s’agit pas seulement d’une opinion secondaire sur quelques détails prophétiques, mais d’un système complet qui influence la façon de lire la Bible, de comprendre l’Église, et d’attendre le retour de Jésus.

Une méthode de lecture, pas seulement une opinion

Le dispensationalisme n’est pas d’abord une simple croyance sur les prophéties de la fin des temps. C’est une grille de lecture. Il découpe l’histoire du salut en plusieurs « dispensations » et qui affirme que Dieu agirait de manière différente selon ces périodes. Jusque-là, l’idée peut sembler neutre. Mais le problème apparaît quand cette grille impose au texte biblique des séparations et des scénarios qui ne viennent pas du texte lui-même. En d’autres mots, qui fait dire au texte ce qu’il ne dit pas fondamentalement.

Dans cette approche, les prophéties sont souvent lues comme si elles parlaient presque exclusivement de notre futur immédiat, en particulier d’une période de tribulation à venir, d’un Antichrist final, et d’un programme distinct pour Israël et pour l’Église. Le résultat est une lecture qui devient sensationnaliste, morcelée, et déconnectée de la réalité de l’Évangile.

Les idées centrales qui orientent ce système

On reconnaît généralement le dispensationalisme à quelques affirmations récurrentes.

Premièrement, une séparation très marquée entre Israël et l’Église. Israël serait un peuple avec des promesses terrestres, l’Église un peuple avec des promesses célestes. Cette distinction finit souvent par produire deux récits parallèles dans la Bible, comme si Dieu menait deux plans distincts. C’est ce qui fait que plusieurs croyants ont les yeux tournés vers un Israël géopolitique, attendant la réalisation des prophéties plutôt que sur le Seigneur Jésus.

Deuxièmement, une lecture futuriste des prophéties. Beaucoup de passages prophétiques sont projetés presque entièrement dans un futur encore à venir, même lorsque le Nouveau Testament les applique déjà à Jésus, à sa première venue, à la croix, à la résurrection, à l’envoi de l’Esprit, et à la vie de l’Église.

Troisièmement, un scénario de fin des temps très précis, avec des étapes figées. On cherche à faire entrer Daniel, Matthieu 24, 2 Thessaloniciens 2 et l’Apocalypse dans une chronologie unique, Toujours au prix d’interprétations forcées par des passages sortis de leur contexte.

Quatrièmement, dans certaines versions populaires, l’idée d’un enlèvement avant la période des tribulations devient une pièce maîtresse. Cette attente déplace l’accent biblique, en remplaçant l’appel à la persévérance et à la fidélité par une espérance d’évitement. C’est l’une des déformations majeures de la prophétie biblique.

Pourquoi cela conduit dans l’erreur

Le danger n’est pas seulement intellectuel, mais il est spirituel et pastoral.

D’abord, ce système affaiblit la lecture christocentrique des Écritures. Or, Jésus est la clé des prophéties. Quand une lecture met davantage l’accent sur des calendriers, un Israël géopolitique, ou des scénarios détaillés que sur la personne et l’œuvre de Christ, elle décentre la foi.

Ensuite, le dispensationalisme encourage souvent une interprétation fragmentée. On lit les prophètes, Daniel et l’Apocalypse comme des pièces séparées, puis on tente de les assembler en puzzle. Mais la prophétie biblique n’est pas un code secret à déchiffrer. Elle est une révélation qui appelle le peuple de Dieu à la repentance, à la fidélité, et à l’espérance.

Enfin, certaines applications pratiques deviennent lourdes de conséquences. On voit parfois des croyants vivre dans la peur, l’obsession des signes, la recherche de conspirations, ou une curiosité qui nourrit l’anxiété plutôt que la sainteté. Au lieu d’être fortifié. L’Église est ainsi distraite.

Un repère simple pour revenir à une lecture saine

Pour discerner une interprétation, une question suffit souvent : est-ce que cette lecture honore l’unité du message biblique en Jésus-Christ, ou est-ce qu’elle construit des séparations et des scénarios que le Nouveau Testament ne soutient pas clairement ? En bref, est-ce que les versets utilisés sont sortis de leurs contextes ?

Une lecture fidèle cherche à laisser le texte parler, à respecter le contexte, et à reconnaître comment les apôtres relisent l’Ancien Testament à la lumière de Christ. Elle prend au sérieux les symboles, les images, et le but spirituel de la prophétie : réveiller, affermir, avertir, consoler, et appeler à la persévérance.

Conclusion

Le dispensationalisme se présente comme une lecture « littérale » et évidente des prophéties. Pourtant, dans la pratique, il impose une grille qui déforme le sens, déplace l’Évangile du centre, et conduit des croyants dans l’erreur en plaçant leur confiance en un scénario prophétique fabriqué de toutes pièces plutôt que sur la personne du Seigneur Jésus. Revenir aux Écritures, c’est revenir à Jésus comme accomplissement des promesses, et lire la prophétie comme Dieu l’a donnée : pour former un peuple saint, vigilant, et rempli d’espérance jusqu’au retour glorieux du Seigneur.

Qu’est-ce que le dispensationalisme ?

Le dispensationalisme, une doctrine théologique influente, divise l’histoire du salut en différentes dispensations, établissant une distinction entre Israël et l’Église. Ce système, né au XIXe siècle, est critiqué pour sa séparation entre les peuples de Dieu et son interprétation des prophéties, contredisant l’unité prônée par le Nouveau Testament.

Le mot dispensationalisme peut sembler complexe, mais il désigne un système théologique très influent, particulièrement dans le monde évangélique anglo-saxon depuis le XIXe siècle. Il a été popularisé par des figures comme John Nelson Darby, C.I. Scofield (à travers la « Bible Scofield ») et, plus récemment, par des auteurs comme Tim LaHaye (série Left Behind) et plusieurs autres évangélistes à travers le monde. Que dit réellement ce système, et surtout, est-il fidèle à la révélation biblique ?

1. Le dispensationalisme en résumé

Le dispensationalisme enseigne que l’histoire du salut est divisée en plusieurs « dispensations », au cours desquelles Dieu traite différemment avec l’humanité. L’élément central de ce système repose sur une distinction absolue entre Israël et l’Église. Selon cette doctrine :

  • Israël est le peuple terrestre de Dieu, avec des promesses politiques, territoriales et nationales.
  • L’Église est un peuple céleste, formé de croyants nés de nouveau, mais distinct d’Israël.
  • Ces deux peuples auraient deux destins, deux alliances et deux plans de Dieu.
  • Un enlèvement secret de l’Église avant la tribulation marquerait le retour de Dieu à son plan avec Israël.
  • Le millénium serait un règne terrestre de Christ exclusivement pour l’accomplissement des promesses faites à Israël.

Cet état de fait crée beaucoup de confusion en regard avec l’Israël géopolitique établit en Palestine aujourd’hui.

Les origines du dispensationalisme

Ce système ne provient ni des Pères de l’Église, ni de la Réforme, mais d’un mouvement né au XIXe siècle dans le cadre des Frères de Plymouth avec John N. Darby. Il s’est largement propagé dans le monde protestant via :

  • La Bible annotée de Scofield (1909),
  • Les séminaires évangéliques américains,
  • Les prophéties sensationnalistes (Hal Lindsey, Tim LaHaye),
  • Le soutien politique et religieux à l’État moderne d’Israël.

En quoi le dispensationalisme est-il incompatible avec le message du Nouveau Testament ?

D’abord, il divise ce que Dieu a uni

Le Nouveau Testament enseigne que Dieu a abattu le mur de séparation entre Juifs et non-Juifs, pour créer un seul peuple en Christ :

« Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation. » — Éphésiens 2.14

« Il n’y a plus ni Juif ni non-Juif […] car vous êtes tous un en Jésus-Christ. » — Galates 3.28

De cette façon, le dispensationalisme, en affirmant une distinction permanente entre Israël et l’Église, va à l’encontre du cœur de l’Évangile, qui unit tous les croyants dans un même corps appelé l’Église.

Ensuite, il introduit deux voies de salut (implicitement)

Même si les dispensationalistes modernes affirment croire en un seul salut par la foi, leur système fonctionne comme s’il existait deux salut : un salut terrestre pour Israël, et un salut céleste pour l’Église. Bien évidemment, cela contredit les Écritures :

« Il n’y a de salut en aucun autre [que Jésus], car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés. » — Actes 4.12

Puis, il fait de l’Église un « plan de secours »

Pour les dispensationalistes, l’Église est une parenthèse temporaire ou un « plan B » survenu après le rejet du Messie par Israël. Mais la Bible enseigne que l’Église fait partie du plan éternel de Dieu :

« C’est ainsi qu’il a voulu faire connaître maintenant, par l’Église, aux puissances célestes sa sagesse infiniment variée. » — Éphésiens 3.10

Enfin, il attend un royaume terrestre et politique pour Israël

Le dispensationalisme attend un rétablissement du royaume national d’Israël, avec sacrifices, temple reconstruit, etc. Pourtant, le Royaume que Jésus a annoncé est spirituel, déjà inauguré, et non terrestre.

« Mon royaume n’est pas de ce monde. » — Jean 18.36

Le vrai enseignement biblique c’est un seul peuple, un seul salut et une seule espérance

Le plan de Dieu a toujours visé un seul peuple uni en Christ qui est l’Église, composée de Juifs et de non-Juifs, régénérés par la foi. Il n’y a pas de salut différent. Il n’y a pas deux espérances. De même, il n’y a pas deux peuples de Dieu avec des dessins différents. Il n’ya a qu’un seil peuple, un seul salut et une seule espérance.

« Si vous appartenez à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse. » — Galates 3.29

« Vous, autrefois, vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. » — 1 Pierre 2.10

« Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs. » — 1 Corinthiens 12.13


Conclusion : le dispensationalisme est une construction humaine, non une révélation biblique

Le dispensationalisme repose sur une mauvaise lecture des prophéties et une séparation artificielle entre Israël et l’Église. Il détourne les croyants de la vérité selon laquelle il n’y a désormais qu’un seul peuple de Dieu et c’est ceux qui sont en Christ.

Nous devons donc rejeter toute théologie qui divise ce que Dieu a uni, et revenir à l’Évangile du Royaume, proclamé par Jésus et confirmé par les apôtres. Uun seul Seigneur, une seule foi, un seul peuple.