Prédestination calviniste : une doctrine en contradiction avec la Bible ?

Introduction

La question de la prédestination est l’un des débats les plus anciens et les plus complexes de la théologie chrétienne. Au cœur de ce sujet se trouve une tension apparente entre la souveraineté absolue de Dieu et le libre arbitre humain. La doctrine calviniste de la prédestination, en particulier sous sa forme de “double prédestination”, affirme que Dieu a déterminé, avant même la création du monde, qui serait sauvé et qui serait condamné, sans égard à la foi ou aux œuvres de l’individu. Une telle vision, bien qu’elle prétende refléter la grandeur de la souveraineté divine, soulève des questions profondes sur le caractère de Dieu et la nature de Sa relation avec l’humanité.

Pourquoi cette doctrine est-elle si controversée ? D’un côté, elle repose sur des interprétations spécifiques de certains passages bibliques, souvent tirés de leur contexte. De l’autre, elle semble contredit des vérités fondamentales des Écritures, notamment l’amour universel de Dieu, le libre arbitre, et l’offre ouverte du salut à tous. Les partisans de cette doctrine soulignent la puissance et l’autorité de Dieu, mais à quel prix ? La présentation d’un Dieu qui choisit arbitrairement qui sera sauvé et qui sera damné semble incompatible avec Sa nature aimante et juste révélée dans la Bible.

Cette réflexion invite à un examen attentif des Écritures et à une remise en question de toute doctrine qui pourrait déformer le caractère de Dieu. Sommes-nous prêts à remettre en cause des interprétations théologiques si elles semblent en contradiction avec l’ensemble du témoignage biblique ? Plus encore, comment comprenons-nous le salut : comme une grâce souveraine imposée, ou comme une invitation universelle à laquelle chaque individu est libre de répondre ? En explorant ces questions, nous cherchons à mieux comprendre non seulement ce que Dieu a fait pour l’humanité, mais aussi qui Il est dans Son essence même.

La fausse doctrine de la prédestination, particulièrement sous sa forme calviniste, enseigne que Dieu a souverainement choisi, avant la fondation du monde, qui serait sauvé et qui serait condamné. Elle repose sur une interprétation biaisée de certains passages bibliques et est souvent associée à la théologie réformée et au calvinisme. Voici une présentation des principaux éléments de cette doctrine et de ses faiblesses :

1. La définition de la prédestination selon le calvinisme

La doctrine calviniste enseigne une « double prédestination » :

  • Prédestination au salut : Dieu choisit souverainement certains individus pour être sauvés, sans considération de leur foi ou de leurs œuvres.
  • Prédestination à la damnation : Dieu décrète également que d’autres individus seront condamnés, toujours sans lien avec leurs actions ou leurs choix.

Ce point de vue repose sur l’idée de la souveraineté absolue de Dieu et sur une vision déterministe de l’histoire humaine.

2. Passages bibliques souvent utilisés pour soutenir la prédestination

Les partisans de cette doctrine s’appuient principalement sur :

  • Romains 8.29-30 : « Ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi destinés d’avance à devenir semblables à son Fils. »
  • Éphésiens 1.4-5 : « Dieu nous a choisis avant la création du monde. »
  • Jean 6.44 : « Personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire. »
  • Romains 9.16 : « Cela ne dépend donc ni de la volonté ni des efforts de l’homme, mais de Dieu qui a compassion. »

Ces passages, souvent sortis de leur contexte, sont interprétés pour affirmer que Dieu choisit de manière arbitraire qui sera sauvé.

3. Problèmes avec cette doctrine

  1. Contradiction avec le caractère de Dieu :
    • Cette doctrine contredit les attributs bibliques de Dieu comme son amour et sa justice. Dieu est présenté dans la Bible comme désirant que tous soient sauvés (2 Pierre 3.9 ; 1 Timothée 2.3-4).
  2. Refus du libre arbitre humain :
    • Le calvinisme nie ou minimise la responsabilité et le choix de l’homme, ce qui est contraire à de nombreux passages bibliques où Dieu appelle les hommes à faire un choix libre (Deutéronome 30.19, Josué 24.15).
  3. Mauvaise exégèse des textes :
    • Les textes utilisés pour soutenir la prédestination sont souvent interprétés sans tenir compte du contexte global de la Bible, qui met en avant l’offre universelle du salut.

4. Doctrine biblique alternative : la grâce pour tous

La Bible enseigne que :

  • Le salut est offert à tous (Jean 3.16).
  • Dieu ne fait pas de favoritisme (Actes 10.34-35).
  • Chacun est responsable de répondre à l’appel de Dieu par la foi (Romains 10.9-10).

5. Ceux qui la promeuvent aujourd’hui

La doctrine calviniste est aujourd’hui promue principalement par :

  • Des théologiens réformés contemporains comme John Piper, R.C. Sproul, ou Al Mohler.
  • Des mouvements comme The Gospel Coalition et des églises affiliées aux courants presbytériens et réformés.

6. Versets qui réfutent la fausse doctrine

2 Pierre 3.9 « Il ne veut qu’aucun périsse, mais que tous arrivent à changer de vie. »

  • Dieu désire le salut pour tous, ce qui contredit une prédestination exclusive.

1 Timothée 2.3-4 « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à connaître pleinement la vérité. »

  • Cela montre que le salut n’est pas limité à un groupe prédéterminé.

Jean 3.16 « Quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »

  • Le salut est offert à quiconque croit, non à un groupe particulier.

Deutéronome 30.19 « Choisis la vie, afin que toi et tes descendants vous viviez. »

  • La responsabilité humaine de choisir Dieu est clairement affirmée.

7. Synthèse

La doctrine calviniste de la prédestination repose sur une mauvaise compréhension de la souveraineté de Dieu et une lecture sélective des Écritures. Elle contredit le témoignage global de la Bible qui révèle un Dieu aimant, juste, et désireux que tous les hommes soient sauvés. Les enseignements bibliques sur le libre arbitre, l’amour universel de Dieu et l’offre ouverte du salut réfutent cette fausse doctrine.

Conclusion

La doctrine calviniste de la prédestination pose une question fondamentale : quel est le véritable cœur de Dieu envers l’humanité ? Si cette doctrine présente un Dieu souverain, elle semble en même temps réduire Sa justice et Son amour à une réalité arbitraire et sélective. Pourtant, le témoignage global de la Bible peint un tableau bien différent : un Dieu dont l’amour s’étend à tous, qui invite chaque individu à choisir la vie et qui offre un salut universel à travers Jésus-Christ.

Les Écritures sont claires sur le fait que Dieu ne fait pas de favoritisme (Actes 10:34) et qu’Il veut que tous parviennent à la repentance (2 Pierre 3:9). La doctrine de la prédestination, dans sa forme calviniste, semble contredire ces vérités essentielles en suggérant que certains sont prédestinés à être sauvés et d’autres à être damnés, sans aucun rôle pour le libre arbitre humain. Une telle vision réduit non seulement la responsabilité de l’homme, mais limite également l’amour infini de Dieu, qui transcende nos compréhensions humaines.

Cette réflexion nous invite à examiner la manière dont nous comprenons et proclamons Dieu. Proclamons-nous un Dieu qui restreint Son amour à un groupe choisi, ou un Dieu qui appelle tous les hommes et femmes à se tourner vers Lui, dans un acte de foi libre et volontaire ? Plus encore, notre compréhension de la souveraineté divine reflète-t-elle un Dieu qui impose ou un Dieu qui invite ?

Le défi pour chaque croyant est de rester fidèle à l’ensemble du témoignage des Écritures, en évitant les interprétations qui déséquilibrent l’image de Dieu. Nous devons proclamer un Évangile qui honore à la fois la souveraineté de Dieu et le libre arbitre humain, tout en reflétant un Dieu aimant et juste. Alors que nous avançons dans notre foi, la question demeure : sommes-nous prêts à accepter un Dieu dont l’amour et la justice dépassent nos limites humaines et qui invite chacun, sans exception, à entrer dans Sa grâce ? Cette invitation universelle est au cœur du véritable Évangile, et elle reste un appel à la fois profond et transformateur.