Comprendre pour mieux discerner : l’héritage du dispensationalisme

L’article questionne la prédominance du dispensationalisme dans les églises actuelles, malgré son origine récente au 19e siècle. Il décrit l’influence de figures comme John Nelson Darby et la Bible annotée de Scofield, ainsi que les facteurs historiques et culturels qui ont facilité son adoption. L’auteur conclut en appelant à un enseignement plus centré sur Christ et la Parole de Dieu.

La question que je me suis demandé est pourquoi le dispensationalisme est-il majoritairement enseigné dans nos églises aujourd’hui ? Chaque fois que j’entends un message sur le retour de Jésus, le millénium, la fin des temps, l’antichrist, etc. celui-ci est toujours teinté de la doctrine du dispensationalisme sans exception. Pourquoi est-ce que c’en est ainsi? C’est ce que je vais tenter d’analyser dans cet article aujkourd’hui.

En introduction, mentionnons que le dispensationalisme, bien qu’apparu relativement tard dans l’histoire de l’Église soit au 19e siècle, est devenu au fil du temps une doctrine dominante dans plusieurs milieux évangéliques, y compris dans les églises du Québec, du Canada francophone et de la francophonie évangélique. Mais comment une interprétation aussi récente, non scripturaire et controversée a-t-elle pu s’imposer aussi largement ? Il y a plusieurs facteurs historiques, théologiques et culturels qui peuvent expliquer cette situation.

1. L’influence de John Nelson Darby et des Frères de Plymouth

D’abord, le dispensationalisme est né avec John Nelson Darby (1800-1882), un ancien prêtre anglican irlandais devenu l’un des leaders du mouvement des Frères de Plymouth. Darby introduit l’idée que Dieu agit selon des dispensations ou périodes distinctes dans l’histoire, séparant Israël et l’Église, et affirmant que l’enlèvement de l’Église aura lieu avant la grande tribulation.

Darby voyagea aux États-Unis et ses enseignements influencèrent plusieurs pasteurs, théologiens et instituts bibliques, notamment à Dallas Theological Seminary et dans plusieurs mouvements évangéliques américains de l’époque.

2. La Bible annotée de Scofield (1909, 1917)

Le véritable accélérateur du dispensationalisme fut la Bible annotée de Scofield (C.I. Scofield), qui inséra les doctrines de Darby directement dans les notes explicatives de la Bible. Pour des générations de croyants, ces notes furent perçues comme des vérités au même titre que le texte biblique.

Cette Bible a été massivement diffusée dans les pays anglophones puis traduite, influençant puissamment la manière dont les pasteurs, enseignants et croyants comprenaient l’eschatologie sans tenir compte du contexte réel des Écritures.

3. L’attrait de la clarté et du sensationnalisme

Le dispensationalisme offre une chronologie nette et simple des événements de la fin : enlèvement secret, tribulation de sept ans, retour visible de Christ, millénium terrestre, etc. Pour beaucoup, cette structure semblait rassurante et facile à enseigner. De plus, elle est souvent accompagnée de spéculations sensationnalistes sur l’Antichrist, Israël moderne, les catastrophes mondiales, les puces électroniques, etc.

Ce sensationnalisme a trouvé un écho favorable dans les médias chrétiens, les films (comme Left Behind), les romans, les livres sur le sujet, les conférences prophétiques et les prédications populaires.

4. L’implantation dans les instituts bibliques et écoles de formation

De nombreuses écoles bibliques, en particulier en Amérique du Nord, ont adopté une théologie dispensationaliste comme cadre d’enseignement. Les pasteurs formés dans ces milieux ont ensuite reproduit ces doctrines dans leurs églises, souvent sans les remettre en question.

En francophonie, plusieurs ministères influents, comme certains mouvements pentecôtistes, baptistes ou charismatiques, ont adopté ces schémas enseignés dans les manuels d’enseignement ou importés des États-Unis.

5. La confusion entre Israël selon la chair et Israël spirituel

Le dispensationalisme repose sur une séparation rigide entre Israël et l’Église, allant jusqu’à dire que les promesses de l’Ancien Testament s’accompliront littéralement en Israël ethnique, même après l’établissement de l’Église. Cette vision va à l’encontre de l’enseignement du Nouveau Testament selon lequel tous les croyants en Christ, Juifs et non-Juifs, forment un seul peuple de Dieu (Éphésiens 2.14-18 ; Galates 3.28-29 ; Romains 2.28-29).

Mais cette distinction artificielle continue d’être véhiculée, nourrissant une théologie eschatologique centrée sur Israël national au lieu du Royaume de Dieu spirituel et universel.

6. Le manque d’enseignement critique et d’alternative biblique solide

Dans bien des églises, le dispensationalisme est enseigné par défaut, comme s’il s’agissait de la seule lecture possible de l’Apocalypse ou du livre de Daniel. Peu de croyants savent qu’il existe une perspective biblique fidèle, comme une lecture symbolique et spirituelle du livre de l’Apocalypse, enracinée dans la tradition des Pères de l’Église et des Réformateurs.

Conclusion : Un appel au discernement biblique

Le fait que le dispensationalisme soit majoritairement enseigné aujourd’hui ne signifie pas qu’il est juste. Sa popularité tient plus à des circonstances historiques, culturelles et pédagogiques qu’à sa fidélité aux Écritures. Il est temps que les églises chrétiennes retrouvent un enseignement eschatologique centré sur Christ, enraciné dans l’ensemble de la révélation biblique, et non dans des systèmes construits sur des hypothèses modernes.

Il ne faut jamais oublier que l’autorité repose sur la Parole de Dieu seule (2 Timothée 3.16-17), et non sur les notes d’une Bible d’étude, ni sur des traditions importées. Ce retour aux Écritures est essentiel pour que l’Église demeure fidèle, éveillée et prête pour le véritable retour du Seigneur. Non pas dans un enlèvement secret, mais dans sa gloire visible pour juger et régner éternellement.

Comment les fausses doctrines, notamment celle de l’enlèvement prétribulationnel, affaiblissent-elles la foi des croyants et les détournent-elles des vérités bibliques dans ces derniers jours?

Il y a beaucoup de fausses doctrines dans l’Église en ces jours de la fin. Par ailleurs, il ne faut pas beaucoup de discernement pour s’apercevoir que celles-ci tarissent et affaiblissent la foi des croyants. Chacune d’elles, ancrée dans le mensonge, détourne les chrétiens de la parole de Dieu. Elles diluent les vérités bibliques pour les adapter à notre monde actuel. 

Quelqu’un a dit un jour qu’il : « est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été trompés. » C’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui dans l’Église. Les croyants ont été trompés par de multiples fausses doctrines. De faux enseignements qui se sont introduits subtilement. Le constat est qu’il est très difficile de convaincre les chrétiens séduits du contraire. Ils ont les évidences sous les yeux et ils refusent de voir la vérité préférant croire leur mensonge plutôt que de s’en détourner. Malheureusement, cela détruit la foi saine et induit les croyants dans l’erreur. C’est ce phénomène qui se produit avec la fausse doctrine de l’enlèvement prétribulationnel c’est-à-dire avant la période des tribulations. 

Cette fausse doctrine trouve son origine au début du XIXe siècle, principalement à travers les enseignements de John Nelson Darby (1800-1882). C’était un théologien britannique et l’un des principaux leaders du mouvement des Frères de Plymouth. Aujourd’hui, les défendeurs de cette fausse doctrine vont jusqu’à affirmer, par des affirmations mensongères et sans aucun fondement, que cette doctrine était déjà promue par les pères de l’Église chrétienne. Disons-le franchement, il n’y a aucune trace de la doctrine de l’enlèvement prétribulationnel chez les Pères de l’Église des premiers siècles du christianisme. Cette idée n’apparaît que bien plus tard, comme mentionné précédemment, au XIXe siècle avec John Nelson Darby et la théologie dispensationaliste. Il ne faut pas prendre les croyants pour des ignares en pensant leur faire croire n’importe quoi. Plusieurs ont un esprit de discernement et s’aperçoivent du mensonge qui est véhiculé par ces faux enseignants des temps modernes. Hélas, d’autres refusent obstinément de voir la vérité et cela même avec les preuves du contraire. Cependant, ignorer la vérité ne rend personne non coupable.

Darby a commencé à formuler la doctrine de l’enlèvement prétribulationnel dans les années 1830. Il a intégré cette idée dans sa théologie dispensationaliste. Celle-ci divisant l’histoire biblique en différentes époques ou dispensations avec des plans spécifiques de Dieu pour Israël, l’Église et les nations. Il a enseigné que l’Église serait enlevée avant les tribulations laissant Israël et le reste du monde subir les jugements divins. Un concept qui ne trouve aucun appui dans les Écritures d’aucune façon. Sauf si l’on change le sens des Écritures pour leur faire dire ce qu’elles ne mentionnent pas. 

Puis,la doctrine s’est répandue rapidement grâce aux écrits et aux conférences de Darby, particulièrement en Angleterre et aux États-Unis. Elle a été intégrée dans la Scofield Reference Bible (1909), une Bible annotée par C.I. Scofield, qui a popularisé la théologie dispensationaliste et l’enlèvement prétribulationnel parmi les chrétiens évangéliques.

Au XXe siècle, des prédicateurs évangéliques influents, comme Hal Lindsey (avec son livre The Late Great Planet Earth, 1970) et des films comme A Thief in the Night (1972), ont renforcé cette croyance chez les Anglo-saxons. Chemin faisant, elle fut importée dans la francophonie par des évangélistes qui étaient particulièrement fascinés par cette doctrine. 

De plus, la série de livres et de films Left Behind (laissé derrière), publiée dans les années 1990 par Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins, a également contribué à la diffusion de cette idée dans la sphère chrétienne. 

Cette doctrine a depuis été critiquée par de nombreux théologiens pour son manque de fondement biblique solide, sa distorsion de l’enseignement biblique sur la tribulation, et son impact sur la perception de l’Église face à la souffrance et au jugement. 

Nous vivons vraisemblablement les jours de la fin. Les leaders mondiaux s’orientent vers un gouvernement mondial qui contrôlera chaque individu sur cette planète. Ceci apportera son lot de souffrance aux disciples du Seigneur Jésus. Ceux-ci seront persécutés pour leur refus de se conformer aux exigences de ce gouvernement antichristique. Il nous est dit que la bête fera la guerre aux croyants et qu’elle les vaincra. (Dn 7.21, 8.24; Ap 11.7, 13.7) Il ne faut jamais ignorer ce que la Parole de Dieu nous dit et faire comme si ce n’était pas écrit tout comme c’est le cas avec cette doctrine de l’enlèvement prétribulationnel.

Il y a des temps de grandes souffrances qui arrivent pour les véritables croyants et personne ne va y échapper. Cependant, ce que la Bible nous enseigne, c’est que plusieurs abandonneront la foi (Mt 24.10-12) lorsque ces moments vont commencer à arriver. Pour en ajouter une couche à la souffrance des croyants, qui semblent-ils que ceux, qui auront abandonné la foi, vont se retourner contre les croyants pour les haïr et les trahir. (Mt 24.10-12)

C’est là que les membres du peuple saint, les véritables disciples de Jésus doivent faire preuve d’endurance et de foi. (Ap 13.10) Comme, nous dit si bien le Seigneur Jésus, mais que plusieurs refusent de considérer : « celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera sauvé. » (Mt 24.13) À quel bout Jésus fait-il allusion ici ? C’est le moment de son retour qui se fera le dernier jour soit après la période des tribulations. Il n’y a aucune autre résurrection des morts de mentionnée dans la Bible que celle qui se produira au retour du Seigneur Jésus. Aucune autre. C’est un mensonge de prétendre qu’il y en aura un enlèvement avant la période des tribulations et une résurrection uniquement des saints laissant les autres dans le séjour des morts jusqu’au second retour de Jésus qui encore une fois est une pure invention tirée de l’imaginaire.

Revenons à la vérité de la Parole de Dieu. Réagissons contre ces fausses doctrines parce qu’elles détruisent la foi et affaiblissent le corps de Christ. Il y a un proverbe africain qui dit : « Le mensonge donne des fleurs, mais pas de fruits. » Tirez-en les conclusions que vous voulez, mais n’oubliez jamais que nous devrons un jour tous rendre compte devant Dieu de ce que nous avons dit et fait de même que ce que nous n’avons pas dit ni fait.