La troisième coupe : le jugement symbolique des rivières et des sources (Apocalypse 16.4-7)

Le texte explore le jugement divin à travers la transformation des rivières en sang, symbolisant la corruption des sources spirituelles dans un monde qui a rejeté Dieu. Il souligne que cette rétribution révèle la nature du mal, avec des conséquences pour ceux qui s’éloignent de la vérité, tout en appelant à revenir à la Parole divine.

Après la deuxième coupe, qui annonçait la mort spirituelle des nations représentées par la mer, la troisième coupe touche maintenant les rivières et les sources d’eau. Ces eaux, symbole de pureté et de vie, deviennent du sang. Ce passage n’évoque pas une catastrophe matérielle, mais un jugement spirituel : les sources de vérité et d’enseignement qui devaient nourrir les âmes humaines sont désormais corrompues. Dieu révèle ici la conséquence d’un monde qui a rejeté la Parole vivifiante pour se tourner vers des doctrines mensongères et des idéologies impures.

Ce passage nous enseigne que Dieu répond à la corruption spirituelle par une juste rétribution, que la vérité abandonnée devient une source d’erreur et de mort, et que le jugement de Dieu manifeste toujours sa justice parfaite.

Nous allons examiner ce passage en trois parties :

  1. L’exécution du jugement : les rivières et les sources deviennent du sang (v.4)
  2. L’explication de l’ange : la justice divine manifestée (v.5-6)
  3. L’approbation de l’autel : la réponse céleste à la justice de Dieu (v.7)

L’exécution du jugement : les rivières et les sources deviennent du sang

Le troisième versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources d’eaux, et ils devinrent du sang. (Apocalypse 16.4)

Dans le symbolisme biblique, les fleuves et les sources représentent les courants spirituels et doctrinaux qui irriguent la pensée et la conscience humaine. Lorsque Jean voit ces eaux devenir du sang, cela exprime la corruption des sources de vérité. Ce qui devait désaltérer les âmes devient désormais une source d’empoisonnement spirituel. Les enseignements qui s’écoulent de ces fleuves ne communiquent plus la vie, mais la mort.

Cette image évoque aussi la première plaie d’Égypte (Exode 7.17-21), lorsque le Nil, source de fertilité, fut transformé en sang. L’Égypte, symbole du monde idolâtre, fut frappée dans ce qu’elle considérait comme sa plus grande force.

De même, l’humanité contemporaine est jugée dans ce qu’elle pensait maîtriser : la connaissance, la philosophie, la religion et la culture. Les sources intellectuelles et spirituelles du monde, ayant rejeté la vérité de Dieu, deviennent impures et destructrices.

Ce jugement révèle une vérité profonde. Lorsqu’on se détourne de la Parole de Dieu, les sources de sagesse deviennent des canaux de confusion. L’homme boit alors le fruit de son propre mensonge.

L’explication de l’ange : la justice divine manifestée

Et j’entendis l’ange des eaux dire : Tu es juste, toi qui es, et qui étais, toi le Saint, parce que tu as exercé ce jugement. Car ils ont versé le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire : ils en sont dignes. (Apocalypse 16.5-6)

L’ange des eaux symbolise l’autorité spirituelle de Dieu sur les courants de la vérité. Il proclame la justice de Dieu. Ce jugement n’est pas arbitraire, il est la conséquence logique du péché. Ceux qui ont rejeté la vérité et persécuté les témoins de Dieu récoltent ce qu’ils ont semé.

Les hommes ont versé le sang des saints en rejetant la Parole vivante, et Dieu les livre maintenant à des doctrines de mort. Ce « sang à boire » représente une inversion spirituelle. Ce qui devait nourrir devient un poison, ce qui devait vivifier devient un instrument de jugement.

Cette image fait écho à Romains 1.24-26, où Paul explique que Dieu livre les hommes à leurs propres passions lorsqu’ils rejettent la vérité. De la même manière, ici, Dieu permet que les nations se nourrissent de leurs propres mensonges jusqu’à en mourir spirituellement.

La justice divine ne consiste donc pas seulement à punir, mais à révéler la nature réelle du mal. L’humanité récolte, en quelque sorte, les fruits amers de son apostasie.

L’approbation de l’autel : la réponse céleste à la justice de Dieu

Et j’entendis l’autel qui disait : Oui, Seigneur Dieu Tout-Puissant, tes jugements sont véritables et justes. (Apocalypse 16.7)

L’autel, dans l’Apocalypse, représente la prière des saints et le témoignage des martyrs (Apocalypse 6.9-10). Ces voix célestes qui avaient crié : « Jusques à quand, Seigneur ? » reconnaissent maintenant que le temps de la justice est venu. Ce verset souligne que le ciel entier approuve les jugements de Dieu, car ils manifestent sa vérité et sa fidélité.

Ceux qui se confient en Dieu n’ont rien à craindre de ses jugements, car ils sont l’expression de sa sainteté. Mais ceux qui ont méprisé ses voies découvrent que la source qu’ils ont rejetée était la seule qui pouvait les sauver.

La terre devient alors le miroir d’un monde où la Parole de Dieu n’est plus entendue, où les fleuves de la vérité sont taris, et où les hommes boivent des eaux amères, conséquence de leur propre rébellion.

Conclusion : la corruption des sources spirituelles du monde

Le message symbolique d’Apocalypse 16.4-7 est clair : lorsque les nations se détournent de Dieu, leurs sources spirituelles se corrompent. Les fleuves de vérité deviennent des rivières de mensonge, et les hommes, croyant s’abreuver de sagesse, boivent le sang de leur propre idolâtrie.

Ce jugement n’est pas seulement punitif, il est révélateur. Il dévoile la nature du monde sans Dieu : un univers où la vérité est altérée, où la lumière est remplacée par l’obscurité et où la connaissance devient folie.

Les saints dans le ciel confessent que Dieu est juste. Sa justice ne détruit pas, elle restaure l’ordre moral de l’univers. Le monde boit le fruit de ses choix, mais ceux qui ont soif de Dieu trouvent encore, en Christ, une source d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle (Jean 4.14).

Ainsi, ce texte appelle à la vigilance spirituelle : à ne pas boire aux sources polluées du monde, mais à revenir à la Parole pure de Dieu, seule capable de donner la vie et de préserver nos âmes dans un monde en pleine corruption spirituelle.

L’ouverture du cinquième sceau : la vision des martyrs (Apocalypse 6.9-11)

Le cinquième sceau de l’Apocalypse révèle les âmes des martyrs, tués pour leur foi. Leur cri pour justice ne vise pas la vengeance, mais l’appel à Dieu pour un jugement divin. En réponse, Dieu leur offre des robes blanches et demande patience, soulignant l’importance de leur fidélité face aux persécutions à venir.

Introduction – Une scène céleste qui secoue la terre

Alors que les quatre premiers sceaux dévoilaient des fléaux frappant la terre — la conquête, la guerre, la famine et la mort — le cinquième sceau ouvre une toute autre perspective. Cette fois, le regard de Jean se détourne des cavaliers pour se porter vers le ciel, vers un autel où reposent les âmes de ceux qui ont été tués à cause de leur fidélité à la Parole de Dieu.

Ce sceau ne parle pas de désastres naturels ou de jugements visibles, mais d’un sacrifice silencieux, celui de ceux qui ont payé le prix ultime pour suivre Christ. Leur cri n’est pas de désespoir, mais une prière de justice. Et leur récompense n’est pas terrestre, mais céleste.

Ce texte nous enseigne que le martyre est une réalité spirituelle inscrite dans le plan de Dieu. Il rappelle que la fidélité dans la souffrance est honorée dans le ciel, et que Dieu n’oublie jamais le sang versé de ses serviteurs. C’est un appel à la persévérance, à une foi qui résiste même face à la mort, et à une Église qui demeure debout dans l’épreuve.


1. La vision des âmes sous l’autel

Apocalypse 6.9 — « Quand l’Agneau ouvrit le cinquième sceau, je vis, sous l’autel, les âmes de ceux qui avaient été égorgés à cause de leur fidélité à la Parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient rendu. »

L’Agneau brise le cinquième sceau, et cette fois, Jean ne voit pas un cavalier, mais une vision céleste. Sous l’autel divin, il aperçoit les âmes des martyrs — ceux qui ont été immolés, mis à mort pour leur fidélité à la Parole et pour le témoignage de Jésus-Christ.

L’autel évoque le lieu du sacrifice dans le Temple. Dans l’Ancien Testament, le sang des sacrifices coulait au pied de l’autel. Ici, les âmes de ceux qui ont souffert pour Christ sont vues comme des offrandes vivantes, précieuses aux yeux de Dieu.

Le mot utilisé pour « immolés » est fort : il décrit un acte de violence, un égorgement, comme celui d’un agneau offert. Ces croyants ne sont pas morts par hasard, mais parce qu’ils ont refusé de renier leur foi. Ils ont tenu ferme, proclamé la vérité, et ont souffert jusqu’au bout.

Ceux que Jean voit sont les témoins fidèles à travers les siècles : les martyrs de l’Église primitive, les réformateurs, les anonymes massacrés dans l’ombre, et même les croyants persécutés aujourd’hui dans de nombreuses régions du monde.


2. Le cri des martyrs pour la justice

Apocalypse 6.10 — « Ils s’écrièrent d’une voix forte : Maître saint et véritable, jusques à quand tarderas-tu à juger les habitants de la terre et à leur demander compte de notre mort ? »

Les martyrs ne se taisent pas. Leur sang crie, comme celui d’Abel. Leur prière s’élève, intense, sincère : « Jusques à quand, Seigneur ? » Ce n’est pas un cri de vengeance personnelle, mais un appel à la justice divine. Ils s’adressent à Dieu comme au Maître saint et véritable — ils reconnaissent sa souveraineté, mais ils expriment leur attente.

Ils ne veulent pas une revanche, mais que la vérité triomphe. Leur supplication est semblable à celle du Psalmiste : « Pourquoi les nations diraient-elles : Où est leur Dieu ? » (Psaume 79.10). Et elle rejoint l’enseignement de Jésus qui disait que Dieu fera justice à ceux qui crient à lui jour et nuit (Luc 18.7–8).

Ce cri, c’est aussi le nôtre, face à l’injustice du monde. Un appel à Dieu pour qu’il intervienne, qu’il rétablisse l’ordre, qu’il vienne juger avec droiture. Et la réponse ne tarde pas à venir.


3. La réponse de Dieu : une robe blanche et un temps d’attente

Apocalypse 6.11 — « Alors chacun d’eux reçut une tunique blanche, et il leur fut dit de patienter encore un peu de temps jusqu’à ce que soit au complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui allaient être mis à mort comme eux. »

Dieu ne reste pas silencieux. Il honore chacun de ces martyrs en leur donnant une robe blanche — symbole de pureté, de victoire et de justice. C’est la tenue des vainqueurs, de ceux qui ont combattu le bon combat.

Mais, il leur est aussi demandé de patienter. Le temps du jugement final n’est pas encore venu. D’autres frères doivent encore témoigner, d’autres voix doivent s’élever, d’autres vies seront encore données. Dieu ne précipite rien. Son plan est parfait. Le nombre des témoins n’est pas encore complet.

Cela signifie que la persécution ne prendra pas fin immédiatement. Que le sang des saints coulera encore. Mais cela veut aussi dire que rien n’échappe à Dieu. Il voit, il compte, il se souvient, et il rendra justice.


Conclusion – La fidélité jusqu’à la fin

Le cinquième sceau nous montre que le véritable triomphe ne se mesure pas en conquêtes terrestres, mais en fidélité céleste. Le martyre n’est pas une défaite, c’est un témoignage. Une proclamation silencieuse mais puissante que Jésus-Christ est digne d’être suivi, même jusqu’à la mort.

Dieu honore ceux qui lui sont restés fidèles. Il recueille leurs prières. Il les couvre de justice. Il leur promet le repos et la gloire. Mais il appelle aussi son Église à persévérer. À ne pas s’endormir. À se préparer à souffrir, s’il le faut, avec espérance.

Le martyre n’est pas seulement une réalité passée. C’est une vérité actuelle. Et c’est aussi une prophétie : jusqu’au retour de Christ, ceux qui veulent vivre pieusement seront persécutés.

Alors la question demeure : sommes-nous prêts à rester fidèles, même quand le monde s’oppose ? Sommes-nous disposés à vivre — et à mourir — pour celui qui nous a donné la vie éternelle ?

Doctrine de la prédestination

Introduction

La prédestination, telle qu’enseignée dans la théologie calviniste, soulève des questions profondes sur la nature de Dieu, la responsabilité humaine et la compréhension du salut. Cette doctrine affirme que Dieu a, avant même la création du monde, prédéterminé le destin éternel de chaque individu, certains étant choisis pour le salut et d’autres pour la damnation. Une telle vision, bien qu’elle s’appuie sur certains textes bibliques, suscite des débats théologiques intenses et interpelle sur le caractère même de Dieu.

Au cœur de cette controverse se trouve une tension entre la souveraineté divine et le libre arbitre humain. Comment concilier un Dieu d’amour, qui désire que tous soient sauvés, avec une doctrine qui semble limiter cette grâce à un groupe prédéterminé ? Les partisans de la prédestination calviniste s’appuient sur des passages comme Romains 8:29 ou Éphésiens 1:4 pour justifier leur position, mais ces interprétations résistent-elles à l’examen global des Écritures ?

Cette réflexion invite à une exploration profonde des enseignements bibliques concernant la souveraineté de Dieu, le libre arbitre de l’homme, et l’universalité de l’offre de salut. L’enjeu n’est pas seulement théologique, mais spirituel : il s’agit de comprendre pleinement l’amour et la justice de Dieu, tout en répondant à Son appel avec un cœur libre et responsable. Que nous révèle réellement la Bible sur le plan de Dieu pour l’humanité et la nature de Son appel à la foi ?

Origine de la doctrine de la prédestination

La doctrine de la prédestination trouve ses racines dans les enseignements d’Augustin d’Hippone (354-430 apr. J.-C.), qui a développé cette idée en réaction à Pélage, un moine britannique. Augustin a mis en avant l’idée que Dieu choisit souverainement ceux qui seront sauvés, indépendamment de leurs œuvres ou de leur foi.

Plus tard, Jean Calvin (1509-1564), un théologien de la Réforme, a systématisé cette doctrine dans son ouvrage L’Institution chrétienne. Il a popularisé la doctrine sous la forme de la « double prédestination », affirmant que Dieu a prédestiné certains à la vie éternelle et d’autres à la damnation.

Promoteurs contemporains de cette doctrine

Aujourd’hui, cette doctrine est promue principalement par des églises et des courants réformés ou calvinistes. Parmi les figures modernes qui défendent cette position, on trouve :

  • John Piper
  • R.C. Sproul
  • Timothy Keller
  • Les mouvements tels que The Gospel Coalition et Desiring God.

Références bibliques utilisées pour appuyer la doctrine de la prédestination

  1. Romains 8.29-30 « Car ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi destinés d’avance à devenir semblables à son Fils, afin que celui-ci soit l’aîné de nombreux frères. Ceux qu’il a destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a aussi déclarés justes ; et ceux qu’il a déclarés justes, il leur a aussi accordé la gloire. »
    • Mauvaise interprétation : Ces versets sont interprétés pour signifier que Dieu a choisi d’avance certains individus pour le salut, sans considération de leur foi ou de leur choix personnel.
  1. Éphésiens 1.4-5 « En lui, Dieu nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour, il nous a destinés d’avance à être ses enfants qu’il voulait adopter par Jésus-Christ. Voilà ce qu’il a voulu dans sa bonté. »
    • Mauvaise interprétation : Les calvinistes affirment que ce passage prouve que Dieu a souverainement choisi certaines personnes pour être sauvées avant la fondation du monde.
  1. Jean 6.44 « Personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
    • Mauvaise interprétation : Ce verset est utilisé pour soutenir que Dieu n’attire qu’un groupe particulier de personnes, excluant les autres.

Passages bibliques qui réfutent cette doctrine

  1. 2 Pierre 3.9 « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, comme certains le pensent. Mais il fait preuve de patience envers vous : il ne veut qu’aucun périsse, mais que tous arrivent à changer de vie. »
    • Réfutation : Dieu désire que tous soient sauvés et n’a pas prédestiné certains à la damnation. Cela contredit l’idée de la « double prédestination ».
  1. 1 Timothée 2.3-4 « Voilà ce qui est bon et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à connaître pleinement la vérité. »
    • Réfutation : Dieu veut que tous soient sauvés, ce qui est incompatible avec l’idée que certains seraient exclus d’avance.
  1. Jean 3.16 « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »
    • Réfutation : Le salut est ouvert à quiconque croit, et non limité à un groupe prédestiné.
  1. Deutéronome 30.19 « Aujourd’hui, je prends le ciel et la terre à témoin : je mets devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que toi et tes descendants vous viviez. »
    • Réfutation : Ce verset souligne la responsabilité humaine dans le choix de la vie ou de la mort.

Jumelage des passages

Passages qui promeuvent la doctrinePassages qui la réfutent
Romains 8.29-302 Pierre 3.9 : Dieu ne veut qu’aucun périsse.
Éphésiens 1.4-51 Timothée 2.3-4 : Dieu veut que tous soient sauvés.
Jean 6.44Jean 3.16 : Le salut est offert à quiconque croit.

Deutéronome 30.19 : L’homme a le choix de suivre Dieu.

Conclusion

La doctrine de la prédestination repose sur une interprétation erronée de certains passages bibliques, qui ignorent souvent le contexte et les enseignements globaux de l’Écriture. En examinant attentivement les versets, on constate que Dieu offre son salut à tous, laissant à chaque individu le choix de croire ou non.

La doctrine calviniste de la prédestination pose une question centrale : quel est le cœur de Dieu envers l’humanité ? En affirmant que Dieu choisit souverainement qui sera sauvé et qui sera condamné, sans considération pour la foi ou les choix des individus, cette doctrine semble peindre une image d’un Dieu arbitraire, distant, et sélectif. Pourtant, le témoignage global des Écritures offre une perspective différente : celle d’un Dieu aimant, juste, et désireux que tous parviennent au salut.

Des versets comme 2 Pierre 3:9 et Jean 3:16 témoignent de l’universalité de l’amour divin et de l’offre de salut. Dieu ne fait pas acception de personnes et appelle chaque homme et chaque femme à répondre librement à son invitation. Si le salut est une grâce imméritée, il implique aussi une réponse active de foi et d’obéissance. Ce que la prédestination calviniste néglige, c’est l’équilibre entre la souveraineté de Dieu et la responsabilité humaine, un équilibre que la Bible met en lumière de manière cohérente.

Cette réflexion nous pousse à examiner la manière dont nous comprenons Dieu et Sa relation avec l’humanité. Sommes-nous prêts à voir Dieu comme un Père aimant, offrant une véritable liberté à Ses enfants, ou sommes-nous tentés par une vision qui réduit l’homme à un spectateur passif de son propre salut ? Plus encore, sommes-nous capables de proclamer un Évangile qui reflète pleinement le caractère de Dieu : sa justice, son amour, et son désir de voir tous les hommes et femmes sauvés ?

Alors que nous cherchons à comprendre ces vérités profondes, la question demeure : comment pouvons-nous vivre et partager un message de grâce universelle, tout en restant fidèles à la révélation biblique ? Ce défi nous invite à approfondir notre foi, à rester ancrés dans la Parole et à proclamer avec assurance un Dieu dont l’amour dépasse toutes nos compréhensions humaines.

Il y a une tempête qui arrive

Pendant la saison hivernale, au Québec, il est normal d’entendre dire qu’une tempête approche.  À juste titre, nous ne pouvons pas nous tromper parce que l’hiver, les tempêtes de neige sont fréquentes. Si je vous prédisais que cet hiver, nous allons avoir des tempêtes de neige, personne ne remettrait en question mes affirmations. Pourquoi ? Parce que nous savons par expérience que la saison froide apporte toujours son lot de mauvais temps et cela depuis que le monde est monde. 

Il y a un passage dans la Bible qui nous dit ceci : « 23 Voici que la tempête de l’Éternel se lève, sa fureur se déchaîne, l’orage tourbillonne, il se déverse sur la tête  de ceux qui font le mal. 24 La colère de l’Éternel ne se calmera pas avant qu’il ait agi et qu’il ait accompli les desseins de son cœur. Dans les jours à venir, vous vous en rendrez compte. » (Jérémie 30.23-24) Ce passage est particulièrement révélateur pour la saison dans laquelle nous vivons maintenant. Cependant, pour bien comprendre ce passage et pouvoir faire un lien avec ce qui se déroule sous nos yeux, il est important de connaître le contexte dans lequel ces versets sont écrits.

L’environnement de ces passages s’inscrit dans un contexte prophétique où Dieu annonce le jugement sur les nations et la restauration d’Israël. Ces deux versets, à la fin du chapitre trente, décrivent la colère de Dieu qui s’abattra sur les méchants sous la forme d’une « tempête » ou d’un « tourbillon. » Ce langage symbolique exprime la puissance et l’inévitabilité du jugement divin. Cette tempête représente une intervention divine qui détruira les ennemis de Dieu et de son peuple. Jérémie souligne que ce jugement ne sera ni interrompu ni détourné avant que la volonté de Dieu ne soit pleinement réalisée.

La phrase « dans les jours à venir », d’autres versions ont « dans la suite des temps ». Indique que la pleine compréhension de ces événements se fera ultérieurement. Elle renvoie à un accomplissement prophétique qui pourrait aller au-delà du retour de l’exil babylonien pour inclure un jugement final sur les nations hostiles et la rédemption finale d’Israël.

Ces versets reflètent donc à la fois la justice de Dieu envers les méchants et sa fidélité envers son peuple. C’est un thème récurrent dans les prophéties de Jérémie. Ces passages invitent les croyants à se confier dans le plan divin, même s’il semble parfois mystérieux ou difficile à comprendre immédiatement.

Il y a une tempête spirituelle qui arrive. Celle-ci s’appelle la période des tribulations. C’est le moment où Dieu manifestera sa colère envers ceux qui font le mal. (Colossiens 3.5-6) Plusieurs croyants pensent qu’ils auront été enlevés lorsque ce jugement s’abattra comme un filet sur tout les habitants de la terre. (Luc 21.35) Cette idéologie est une très mauvaise interprétation des Écritures. D’ailleurs, celles-ci amènent les croyants dans une fausse espérance et leur cache la vérité de la Parole de Dieu.

Certes, la colère à venir n’est pas pour les croyants, mais plutôt pour ceux qui font le mal. Cependant, le fait que nous ne sommes pas destinés à cette colère (1 Thessaloniciens 5.9) ne signifie pas que, nous, les croyants ne seront pas sur la terre lorsque cette tempête spirituelle s’abattra. 

Encore une fois, ce passage de 1 Thessaloniciens 5.9 n’a aucun rapport avec un enlèvement qui surviendrait avant la période des tribulations. C’est encore une fois, un passage qui est sorti de son contexte et qui induit les gens en erreur leur laissant présager qu’ils seront exempts de cette tempête spirituelle qui arrive.

Ainsi, il nous faut nous préparer. Les jours à venir seront mauvais. Par exemple, à l’annonce d’une tornade, les gens barricadent les fenêtres de leur maison pour éviter qu’il n’y ait des dommages à leur résidence. En quelque sorte, il se prépare à affronter cette tempête. C’est la même chose avec les croyants. Si on leur dit de ne pas s’inquiéter, qu’ils seront enlevés avant que la tempête arrive, ils ne prendront pas soin de se préparer spirituellement pour ces jours mauvais.

Malheureusement, nombre de prédicateurs enseignent cette fausse doctrine et mentionnent aux gens qu’il n’est pas nécessaire de se préparer parce qu’ils seront enlevés auparavant. C’est une falsification de la parole de Dieu. C’est un mensonge qui est enseigné parce que la Bible ne parle aucunement d’enlèvement auparavant, mais plutôt de protection pendant cette période d’épreuves qui va venir sur le monde entier. (Apocalypse 3.10)

Alors, frères et sœurs, ne croyez plus ceux qui vous prêchent une évasion, mais plutôt plongez vos regards dans la Parole de Dieu et demander au Saint-Esprit de vous éclairer. Il l’a fait pour moi et pour plusieurs autres. Il le fera aussi pour vous assurément.