L’évangile de la prospérité : une dérive de la foi ou une promesse divine ?

La doctrine de la prospérité, aussi connue sous le nom d’« évangile de la prospérité », est une croyance qui affirme que Dieu promet des bénédictions matérielles et financières à ceux qui exercent suffisamment de foi et qui font preuve de générosité envers les ministères religieux, souvent par des dons financiers. Cette doctrine repose sur l’idée que la prospérité physique et financière est un signe de la bénédiction de Dieu et que chaque croyant, s’il suit certains principes, peut la recevoir. Cependant, de nombreux chrétiens et théologiens considèrent cet enseignement comme une fausse doctrine, car il déforme les enseignements bibliques et risque de détourner les croyants du véritable message de l’Évangile. Voici plusieurs points clés où la doctrine de la prospérité entre en conflit avec l’enseignement biblique :

1. Une vision déformée de la bénédiction

La doctrine de la prospérité réduit souvent la bénédiction divine à des aspects purement matériels, alors que la Bible parle d’une bénédiction plus vaste, comprenant la paix, la joie, la communion avec Dieu et la croissance spirituelle. Jésus a enseigné que la vie d’un croyant ne consiste pas dans l’abondance de ses biens, comme nous le mentionne Jésus : « Gardez-vous avec soin du désir de posséder, sous toutes ses formes, car la vie d’un homme, si riche soit-il, ne dépend pas de ses biens. » (Luc 12.15) Jésus nous apprend aussi que les valeurs spirituelles sont supérieures aux richesses matérielles : « Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. » (Matthieu 6.19-21)

2. Une mauvaise interprétation de la foi

Selon l’évangile de la prospérité, la foi est perçue comme une « clé » pour ouvrir les portes des richesses terrestres. Cette vision est problématique, car elle fait de la foi un moyen d’obtenir ce que l’on désire au lieu d’une relation de confiance et de soumission envers Dieu, même dans les épreuves. Or, dans la Bible, la foi est l’assurance des choses que l’on espère comme nous l’enseigne l’épitre aux Hébreux « La foi est une façon de posséder ce qu’on espère, c’est un moyen d’être sûr des réalités qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11.1) Malheureusement, certains utilisent la foi comme un outil pour acquérir des biens, plutôt qu’un abandon total à la volonté divine.

3. Un détournement de l’enseignement sur la générosité

La doctrine de la prospérité encourage souvent les dons financiers en promettant que ces dons seront multipliés et rapporteront des bénédictions matérielles en retour. Or, la Bible enseigne que les dons doivent être faits avec un cœur sincère, sans rien attendre en retour. Jésus lui-même a mis en garde contre l’accumulation de richesses et a appelé ses disciples à une vie de service et de générosité désintéressée.

4. Une ignorance du sacrifice et des souffrances chrétiennes

L’évangile de la prospérité néglige le thème des épreuves et du sacrifice, pourtant central dans l’Évangile. Les Écritures montrent que de nombreux croyants, y compris les apôtres, ont connu des souffrances, des persécutions et la pauvreté comme nous le raconte l’apôtre Paul lorsqu’il fait part de son témoignage : « Car j’ai travaillé davantage, j’ai été plus souvent en prison, j’ai essuyé infiniment plus de coups ; plus souvent, j’ai vu la mort de près. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les « quarante coups moins un ». Trois fois, j’ai été fouetté, une fois lapidé, j’ai vécu trois naufrages, j’ai passé un jour et une nuit dans la mer. Souvent en voyage, j’ai été en danger au passage des fleuves, en danger dans des régions infestées de brigands, en danger à cause des Juifs, mes compatriotes, en danger à cause des païens, en danger dans les villes, en danger dans les contrées désertes, en danger sur la mer, en danger à cause des faux frères. J’ai connu bien des travaux et des peines, de nombreuses nuits blanches, la faim et la soif, de nombreux jeûnes, le froid et le manque d’habits. Et sans parler du reste, je porte un fardeau quotidien, le souci de toutes les Églises. (2 Corinthiens 11.23-28)

Jésus a dit que suivre Dieu impliquait de porter sa croix (Luc 9.23), et Paul a enseigné que « tous ceux qui sont décidés à vivre dans la piété par leur union avec Jésus-Christ connaîtront la persécution » (2 Timothée 3.12). La vie chrétienne est donc souvent marquée par des difficultés et des épreuves, qui fortifient notre foi et nous rapprochent de Dieu.

5. Le danger de transformer Dieu en un « génie » obéissant à nos désirs

Dans cette doctrine, Dieu est parfois présenté comme un être dont le rôle est d’accomplir les désirs matériels de ses enfants, en réponse à des prières ou à des actes de foi spécifiques. Cette vision est réductrice et éloigne des attributs de Dieu : il est souverain, et ses voies sont plus élevées que les nôtres comme nous enseigne Ésaïe : « Car vos pensées ne sont pas mes pensées, et vos voies ne sont pas les voies que j’ai prescrites, déclare l’Eternel ; autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant les voies que je vous ai prescrites sont élevées au-dessus de vos voies, et autant mes pensées sont élevées loin au-dessus des vôtres. (Ésaïe 55.8-9). Au lieu de voir Dieu comme un serviteur de nos besoins, l’Évangile nous appelle à adorer et à servir Dieu de manière humble, quelle que soit notre situation.

Conclusion

L’Évangile de la prospérité peut séduire par ses promesses de bien-être matériel, mais il risque de détourner de la vérité essentielle de l’Évangile : le salut en Jésus-Christ, le développement d’une foi sincère, et l’espérance d’une vie éternelle avec Dieu. Le vrai christianisme appelle à une vie de service, de sacrifice, et de sanctification, tout en promettant des bénédictions spirituelles éternelles. Jésus a mis en garde contre le fait de servir à la fois Dieu et l’argent (Matthieu 6.24) et a enseigné que la vraie richesse se trouve dans notre relation avec lui, qui est le véritable trésor éternel des croyants.

Ésaïe 25.9 : Une prophétie de réjouissance pour l’Église le peuple de Dieu et non pour le peuple d’Israël uniquement

Le passage d’Ésaïe 25.9 est souvent cité pour soutenir l’idée que, lors du retour de Jésus, une grande joie sera ressentie par le peuple d’Israël. Cependant, pour comprendre la véracité de cette affirmation, il est essentiel d’examiner le contexte de ce passage.

Le chapitre 25 du livre d’Ésaïe décrit un événement prophétique majeur où Dieu célèbre la victoire sur les nations et la délivrance de son peuple, mais il est crucial de noter que ce peuple n’est pas limité à Israël seul.

Le verset utilisé pour appuyer ce propos est celui-ci: « Et l’on dira en ce jour-là : voyez, c’est notre Dieu en qui nous espérions, il nous a délivrés. Oui, c’est en l’Éternel que nous avons placé notre espérance. Maintenant, jubilons et réjouissons-nous puisqu’il nous a sauvés. » (Ésaïe 25.9)

Pour comprendre si cet énoncé est vrai, il nous faut regarder le contexte de ce passage. Celui-ci nous dit qu’Ésaïe 25.9 fait partie d’un passage prophétique où le prophète célèbre la victoire de Dieu sur les nations et la délivrance de son peuple. Le chapitre 25 d’Ésaïe décrit un festin eschatologique que l’Éternel préparera pour tous les peuples, symbolisant la fin de la mort et la restauration complète de son peuple. Le verset 9 exprime la joie et la reconnaissance du peuple qui voit enfin l’accomplissement des promesses divines. Ils proclament que Dieu est leur salut, soulignant la foi et l’espérance en la fidélité de Dieu.

Certes, ce passage est un passage relatant des événements concernant le retour de Christ, mais le peuple dont il est question n’est pas le peuple d’Israël à proprement parler. Il est dit au verset 6 que « Le Seigneur des armées célestes préparera lui-même pour tous les peuples là, sur cette montagne, un festin de vins vieux, et de mets succulents, des mets tout pleins de moelle, arrosés de vins vieux et dûment clarifiés. » (Ésaïe 25.6) que le Seigneur « préparera lui-même pour tous les peuples ». Dans son contexte, ce passage ne décrit pas uniquement du peuple d’Israël. 

Le peuple de Dieu aujourd’hui est le corps des croyants qui est composés de tous ceux et celles, de toutes les nations qui ont reconnu Jésus comme étant le messie et cela inclus les juifs qui ont cru en Jésus. C’est ce que l’apôtre Paul nous enseigne en disant qu’il « n’y a plus ni Juifs ni non-Juifs, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un. » (Galates 3.28) Comme j’ai mentionné dans un article précédent, Israël n’a pas de privilèges particuliers. Le peuple de Dieu de la nouvelle alliance est le corps de Christ ou l’Église si vous préférez. 

Cette prophétie du prophète Ésaïe ne concerne pas le peuple d’Israël. D’ailleurs, le mot Israël n’est pas mentionné dans tout le chapitre 25. Comment faire concorder ce passage uniquement avec le peuple d’Israël alors que les mots « de toutes les nations » sont mentionnés. 

Le verset 8 nous dit que l’Éternel « fera disparaître l’opprobre pesant sur son peuple ». (Ésaïe 25.8) Dieu n’a pas deux peuples. Il a un seul peuple. Dans l’Ancien Testament, ce peuple était le peuple d’Israël. Seulement dans le Nouveau Testament, dans la nouvelle alliance, le peuple est l’Église. L’apôtre Jean au début du récit de l’Apocalypse va dire: « Il nous aime, il nous a délivrés de nos péchés par son sacrifice, il a fait de nous un peuple de rois, des prêtres au service de Dieu, son Père : à lui donc soient la gloire et le pouvoir pour l’éternité ! Amen. » (Apocalypse 1.5-6) Ce passage confirme que Dieu a fait des croyants son peuple. D’autres passages confirment ce fait. Paul va écrire: « Il (Jésus) s’est donné lui-même pour nous, afin de nous libérer de toute forme de mal et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple qui lui appartienne, zélé pour accomplir le bien. » (Tite 2.14) Il dit aussi: « Or, vous êtes le corps de Christ, et chacun de vous en particulier est un membre de ce corps. » (1 Corinthiens 12.27) Puis il ajoute: « Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers ni des résidents temporaires : vous êtes concitoyens des membres du peuple saint et vous appartenez à la famille de Dieu. » (Éphésiens 2.19) L’apôtre Pierre va aussi mentionner: « Quant à vous, vous êtes une race élue, une communauté de rois-prêtres, une nation sainte, un peuple que Dieu a libéré pour que vous proclamiez les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1 Pierre 2.9) 

Ces passages nous démontrent bien que l’Église est le peuple de Dieu et que ce peuple souffrira beaucoup avant la venue du Seigneur Jésus, mais combien sera grande sa joie lorsqu’ils seront rassemblés avec le Seigneur sur sa montagne sainte à Jérusalem et que Dieu « déchirera là, sur cette montagne, le voile de tristesse qui couvre tous les peuples, la couverture recouvrant toutes les nations. Il fera disparaître la mort à tout jamais. Et de tous les visages, le Seigneur, l’Éternel, effacera les larmes, et sur toute la terre, il fera disparaître l’opprobre pesant sur son peuple. L’Éternel a parlé. Et l’on dira en ce jour-là : voyez, c’est notre Dieu en qui nous espérions, il nous a délivrés. Oui, c’est en l’Éternel que nous avons placé notre espérance. Maintenant, jubilons et réjouissons-nous puisqu’il nous a sauvés. Car, sur cette montagne, la main de l’Éternel se posera comme une protection. » (Ésaïe 25.7-10)