Une mise en garde pastorale contre un enseignement séduisant mais trompeur
Depuis plusieurs décennies, un enseignement largement répandu dans certaines sphères chrétiennes affirme que le retour de Jésus se fera en deux étapes : d’abord un enlèvement « secret » de l’Église, puis, après une période de tribulations de sept ans, un retour visible et glorieux du Christ. Ce scénario, souvent popularisé dans les romans, films et prédications spectaculaires, séduit de nombreux croyants. Mais cette conception du « retour secret » de Jésus est-elle vraiment soutenue par les Écritures ? En tant que pasteur soucieux de rester fidèle à la Parole de Dieu, il est de mon devoir de vous guider avec douceur mais fermeté vers ce que dit réellement la Bible.
Un retour visible, audible et glorieux
La Bible enseigne clairement que le retour de Jésus sera un événement public, visible de tous, et non une apparition secrète ou invisible selon quelque scénario que ce soit. Jésus dit : « En effet, lorsque le Fils de l’homme viendra, ce sera comme l’éclair : il brille d’un bout à l’autre du ciel et tout le monde le voit. » (Matthieu 24.27)
Ce verset est sans ambiguïté : le retour du Seigneur sera aussi manifeste qu’un éclair traversant le ciel. Jésus lui-même l’affirme dans le contexte de son retour à la fin des temps, contredisant directement l’idée d’une venue secrète et discrète.
Un autre passage va dans ce même sens : « Le voici qui vient parmi les nuées du ciel. Tout le monde le verra, même ceux qui l’ont transpercé. » (Apocalypse 1.7) Ces deux passage sont tout de même explicite. Malheureusement, aucun passage, dans les Écritures, n’annonce un retour secret.
Comment peut-on parler de secret lorsque « tout le monde le verra » ? La nature universellement visible du retour de Christ est une constante dans les Écritures. Une venue secrète n’est pas validé d’aucune manière par les Écritures sauf si quelques passages sont sortis de leur contexte. Ce qui est malheureusement le cas pour toute la théorie dispensationaliste.
Un seul retour et non deux
Ceux qui enseignent un enlèvement secret affirment que Jésus reviendra d’abord « pour » son Église, puis dans un second temps « avec » son Église. Mais cette distinction est absente du Nouveau Testament. Il n’y a qu’un seul retour, glorieux, qui marquera à la fois la résurrection des morts, la transformation des vivants et le jugement final. L’apôtre Paul déclare : « Le Seigneur lui-même descendra du ciel, on entendra un cri de commandement, la voix de l’archange et le son de la trompette de Dieu. Ceux qui sont morts unis au Christ ressusciteront d’abord. Ensuite, nous qui serons encore vivants à ce moment-là, nous serons enlevés avec eux dans les nuées pour rencontrer le Seigneur dans les airs. » (1 Thessaloniciens 4.16-17)
Ici, dans ce passage, comme nous pouvons le constater, l’enlèvement est tout sauf secret. Il est précédé du cri de commandement, de la voix de l’archange et du son de la trompette ! De plus, ce passage ne parle pas d’un enlèvement distinct du retour du Seigneur, mais bien de l’unique moment où Jésus revient pour chercher les siens. Cependant, comment peut-on tordre les Écritures à ce point pour échafauder des théories que la Parole de Dieu ne confirme d’aucune façon ?
Le retour de Christ marque la fin, pas un nouveau délai
Le retour de Jésus est décrit comme l’événement final qui introduira le jugement et l’établissement définitif de son règne. Paul écrit aux Thessaloniciens : « Quand le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec ses anges puissants, dans une flamme de feu, il punira ceux qui ne connaissent pas Dieu et n’obéissent pas à la Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus. » (2 Thessaloniciens 1.7-8)
Ce passage montre que le retour de Jésus n’est pas suivi d’une période de sept ans de chaos sur terre avant le jugement : c’est au moment même de sa venue que le jugement tombe. Par ailleurs, la période de chaos de 7 ans est, elle aussi, une mauvaise interprétation de la prophétie de Daniel 9.24-27.
Les écritures nous enseignent que le « dernier jour », non pas sept ans avant, non pas, non plus, une phase intermédiaire, mais le dernier jour, est celui qui marquera la fin de l’histoire telle que nous la connaissons. (Jean 6.39-40, 44, 54) Ici, cela est répété quatre fois par Jésus. Si notre Seigneur mentionne que c’est au dernier jour qu’il revient, comment pouvons-nous affirmer autre chose ?
Une fausse doctrine née de l’histoire moderne
Il est également utile de rappeler que cette idée d’un retour secret ne faisait pas partie de l’enseignement de l’Église primitive ni de la Réforme. Elle est apparue au XIXe siècle, avec des figures comme John Nelson Darby et le mouvement dispensationaliste. Ce n’est donc pas un enseignement enraciné dans la tradition apostolique, mais une interprétation récente, influencée par des lectures littérales et sensationnalistes de certaines prophéties.
Cependant, il convient de mentionner qu’un texte souvent invoqué pour appuyer l’idée de deux venues distinctes de Jésus est attribué à Éphrem le Syrien. On y lit que les saints seraient « rassemblés avant la tribulation ». Toutefois, ce document n’est pas reconnu comme un écrit authentique d’Éphrem, mais comme un texte de “Pseudo-Éphrem”, donc d’attribution douteuse. Il ne peut donc pas servir de preuve solide qu’un Père de l’Église enseignait clairement deux retours de Jésus.
Le danger de la fuite plutôt que de la fidélité
L’enseignement d’un enlèvement secret peut involontairement cultiver une mentalité de fuite chez les croyants : « Pourquoi souffrir ou persévérer si nous allons être enlevés avant les difficultés ? » Pourtant, Jésus a averti ses disciples qu’ils seraient persécutés, qu’ils devraient veiller et tenir ferme. Il dit: « Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les garder du mal. » (Jean 17.15) Le Seigneur ne nous a jamais promis d’échapper aux tribulations du monde, mais de recevoir la force de les traverser fidèlement.
Un autre passage qui contredit la fuite est celui-ci : « Il lui fut permis de faire la guerre aux membres du peuple saint et de les vaincre. » (Apocalypse 13.7) Ce passage démontre explicitement que l’Antichrist combattra les saints et qu’il va les vaincre. Mais cela, le dispensationalisme est incapable de concevoir cette réalité de la parole de Dieu. Comment est-il possible que les croyants puissent subir les assauts de l’Antichrist si ceux-ci ont été déjà enlevés ?
Conclusion : Veillons et restons fermes jusqu’à la fin
Chers frères et sœurs, ne vous laissez pas séduire par des récits de disparitions soudaines et d’un retour de Jésus qui se ferait dans le secret. La Parole de Dieu est claire : Jésus reviendra une seule fois, dans la gloire, au vu et au su de tous. Ce sera un jour de lumière, de trompettes, de résurrection et de jugement. Il n’y aura pas deux retours, pas de phase secrète.
Ne fondons pas notre espérance sur une échappatoire illusoire, mais sur la promesse certaine du Christ qui a dit : « Voici, je viens bientôt. Restez fidèles jusqu’à la fin. »
L’enjeu est trop grand pour se reposer sur une fausse assurance. Préparons-nous, sanctifions-nous, persévérons dans la foi. Car celui qui tiendra bon jusqu’à la fin sera sauvé (Matthieu 24.13). Et lorsque Jésus reviendra, ce ne sera pas en cachette, mais dans une gloire telle que nul ne pourra l’ignorer.
Maranatha — Viens, Seigneur Jésus !
