Série Jésus revient – Article 5 : Pourquoi plusieurs séparent l’enlèvement et le retour glorieux de Christ

L’article 5 présente la séparation entre l’enlèvement et le retour glorieux de Jésus souvent due à une interprétation doctrinale qui déforme les textes bibliques. Le Nouveau Testament présente un retour unique, lié à la résurrection et au jugement, ne soutenant pas la théorie des deux événements distincts. L’espérance chrétienne repose sur la fidélité à Christ et son retour magistral.

D’où vient cette séparation entre deux venues

Quand on aborde la question du retour du Seigneur, plusieurs croyants ont appris à distinguer fortement « l’enlèvement » et « le retour glorieux » comme deux événements séparés. Dans cette manière de voir, Jésus viendrait d’abord secrètement pour prendre l’Église, puis il reviendrait plus tard publiquement pour juger le monde et établir son règne.

Cette distinction est devenue très répandue dans plusieurs milieux évangéliques. Pourtant, lorsqu’on revient simplement au texte biblique, on remarque rapidement que cette séparation ne s’impose pas d’elle-même. Elle vient surtout d’une construction doctrinale qui organise les passages prophétiques selon un schéma préalable, plutôt que de laisser les textes parler dans leur simplicité.

Autrement dit, ce n’est pas la lecture naturelle des grands passages sur le retour de Christ qui produit cette division en deux étapes. C’est un système d’interprétation, appelé dispensationalisme, qui relit ensuite ces passages à travers cette grille.

Le problème d’une lecture gouvernée par un système

Le danger d’un système est qu’il finit par diriger la lecture des l’Écritures au lieu d’être corrigé par elles. On commence avec l’idée qu’il doit y avoir deux phases dans le retour du Seigneur. Ensuite, on cherche dans les textes des éléments qui pourraient entrer dans ce modèle. Puis on attribue certains versets à une venue secrète, et d’autres à une venue visible.

Mais une telle méthode force indument les passages. Elle sépare artificiellement ce que l’Écriture présente ensemble. Elle donne à des détails secondaires une importance que le texte lui-même ne leur donne pas.

La bonne approche consiste plutôt à demander : que dit réellement le passage ? Que met-il en avant ? Que relie-t-il explicitement ? Que ne dit-il pas ?

Les grands textes unissent ce que plusieurs séparent

Quand on lit les principaux passages du Nouveau Testament sur la venue du Seigneur, on observe une constante. La venue de Christ est liée à la résurrection, au rassemblement des croyants, à la transformation des vivants, au jugement des impies et à la manifestation publique de la gloire du Seigneur.

Jésus parle du rassemblement des élus après la détresse, au moment où le Fils de l’homme paraît avec puissance et gloire (Matthieu 24.29-31). Paul relie le soulagement des croyants et le jugement des persécuteurs à la révélation de Jésus du ciel avec les anges de sa puissance (2 Thessaloniciens 1.7-10). Il relie aussi « l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ » et « notre rassemblement auprès de lui » dans un même cadre (2 Thessaloniciens 2.1). Jean annonce une venue visible : « Tout homme le verra » (Apocalypse 1.7). Cette venue est annoncée au « dernier jour » (Jean 6.39, 40, 44, 54; 11.24). 

Ces textes ne donnent pas spontanément l’image de deux venues séparées par plusieurs années. Ils parlent d’un même grand accomplissement final.

Pourquoi certains insistent malgré tout sur deux étapes

Si plusieurs maintiennent cette distinction, c’est souvent parce qu’ils veulent préserver certaines idées déjà adoptées. Par exemple, ils veulent que l’Église soit retirée avant toute grande détresse. Ils veulent aussi maintenir une chronologie prophétique très compartimentée, avec des groupes séparés, des moments distincts et des programmes parallèles.

Dans cette logique, il devient nécessaire de distinguer fortement Israël, l’Église et les croyants d’une future tribulation. Il devient aussi nécessaire de multiplier les étapes : un retour pour l’Église, puis une période de jugements, puis un retour avec l’Église.

Mais plus on multiplie ces distinctions, plus on s’éloigne de la simplicité du témoignage apostolique. Le Nouveau Testament met l’accent sur Christ, sur sa victoire, sur la fidélité de son peuple, sur la résurrection et sur l’espérance finale. Il ne cherche pas à nourrir une curiosité excessive pour des découpages complexes.

La venue du Seigneur est décrite comme publique et glorieuse

Un autre problème majeur de la séparation entre deux venues, c’est qu’elle entre difficilement en harmonie avec la manière dont le Nouveau Testament parle du retour de Jésus.

Jésus compare sa venue à l’éclair qui traverse le ciel (Matthieu 24.27). Paul parle de la manifestation glorieuse du Seigneur (Tite 2.13). Il évoque aussi la voix d’archange et la trompette de Dieu (1 Thessaloniciens 4.16). L’Apocalypse affirme que tout homme le verra (Apocalypse 1.7). Rien de tout cela ne suggère un événement secret, discret ou invisible au monde.

Bien sûr, tous ne comprendront pas de la même manière tous les détails prophétiques. Mais il demeure que la tonalité générale du Nouveau Testament est celle d’une venue éclatante, décisive et universelle.

L’enjeu pastoral de cette question

Cette question n’est pas seulement théorique. Elle a aussi des conséquences pastorales. Lorsqu’on enseigne aux croyants qu’ils seront nécessairement retirés avant toute épreuve mondiale, on risque de les préparer à une espérance mal fondée. Si l’épreuve vient, plusieurs peuvent être profondément déstabilisés, pensant que quelque chose ne s’est pas passé comme prévu.

À l’inverse, le Nouveau Testament prépare l’Église à la persévérance, à la vigilance, à la fidélité dans l’épreuve et à l’attente confiante du Seigneur. Jésus n’a pas promis à son peuple une exemption de toute détresse terrestre. Il a promis sa présence, sa grâce, sa fidélité et la victoire finale (Jean 16.33).

L’espérance chrétienne n’est donc pas de fuir nécessairement la souffrance historique, mais d’être trouvé fidèle lorsque le Seigneur se manifestera au dernier jour.

Une lecture plus simple, plus forte et plus biblique

La lecture la plus simple est souvent la plus solide. Jésus reviendra. À sa venue, les morts ressusciteront, les croyants vivants seront transformés, les siens seront rassemblés, les impies seront jugés, et le règne de Dieu sera manifesté dans sa plénitude. Cette lecture respecte le mouvement naturel des textes.

Elle ne prétend pas résoudre toutes les difficultés. Mais elle a l’avantage de ne pas imposer au texte ce qu’il ne dit pas clairement. Elle s’accorde avec l’espérance chrétienne classique : attendre non pas un schéma compliqué, mais le Seigneur lui-même.

Ce que l’Église doit attendre avant tout

L’Église n’est pas appelée à vivre dans l’obsession des chronologies. Elle est appelée à attendre Jésus-Christ. Elle veille, elle prie, elle persévère, elle souffre parfois, elle rend témoignage, elle garde la foi, et elle lève les yeux vers son Seigneur.

Le centre de l’espérance chrétienne n’est pas une mécanique prophétique. Le centre, c’est Christ. C’est lui qui revient. C’est lui qui ressuscite les morts. C’est lui qui transforme les siens. C’est lui qui juge avec justice. C’est lui qui fait entrer son peuple dans la gloire.

Conclusion

Plusieurs opposent l’enlèvement et le retour glorieux de Christ parce qu’ils lisent les Écritures à travers un système qui exige cette distinction. Mais les grands textes du Nouveau Testament unissent bien plus qu’ils ne séparent. Ils présentent le retour du Seigneur comme un événement glorieux, public, décisif, lié à la résurrection, au rassemblement des croyants et au jugement.

L’Église n’a rien à gagner à compliquer ce que Dieu a révélé avec assez de clarté pour nourrir sa foi. Elle a tout à gagner à revenir à la simplicité biblique : Jésus revient, et son peuple doit se tenir prêt, fidèle et attaché à lui jusqu’à la fin (Matthieu 24.42-44).

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si la Bible enseigne vraiment que l’Église doit être retirée de la terre avant la grande détresse, ou si elle montre plutôt que le peuple de Dieu est appelé à être gardé au milieu de l’épreuve (Jean 17.15).