L’Apocalypse parle encore de l’Église après le chapitre 4 et non, elle n’a pas été enlevée.

Voici une réflexion biblique importante pour répondre à l’idée que l’Église disparaîtrait de l’Apocalypse après le chapitre 4. Le livre montre au contraire que les croyants y sont encore présents, notamment sous l’expression « les membres du peuple saint », fidèles à Jésus jusqu’à la victoire finale.

Une affirmation souvent répétée, mais difficile à soutenir bibliquement

Dans certains milieux dispensationalistes, on affirme que l’Église disparaît du livre de l’Apocalypse à partir du chapitre 4. Selon cette lecture, les chapitres 2 et 3 concerneraient l’Église, puis, à partir de la vision céleste de Jean en Apocalypse 4, le texte ne parlerait plus d’elle jusqu’à son retour supposé plus tard dans le livre.

Cette idée est souvent répétée comme une évidence, mais lorsqu’on lit attentivement l’Apocalypse, elle ne résiste pas à l’examen du texte. Certes, le mot « Église » n’apparaît plus avec la même fréquence après les lettres aux sept assemblées, mais cela ne signifie pas que les croyants ont disparu du récit. En réalité, ils sont encore présents à plusieurs reprises sous d’autres désignations, notamment par l’expression « les membres du peuple saint », ou plus simplement « les saints » selon plusieurs traductions (Apocalypse 13.7, 10 ; 14.12 ; 16.6 ; 17.6 ; 18.24).

L’argument dispensationaliste repose donc sur une confusion grave : il suppose que si le mot « Église » n’est plus employé, alors l’Église n’est plus là. Mais la Bible n’enseigne nulle part qu’un même peuple de Dieu doit toujours être désigné par le même mot pour être reconnu. Dans l’Apocalypse, les croyants fidèles sont décrits par plusieurs expressions complémentaires, et « les membres du peuple saint » en fait clairement partie.

Le peuple saint dans l’Apocalypse désigne les croyants fidèles

L’un des textes les plus explicites se trouve en Apocalypse 13.7. On y lit : « Il (la bête qui monte de la mer) lui fut même permis de faire la guerre aux membres du peuple saint et de les vaincre. Elle reçut autorité sur tout peuple, toute tribu, toute langue et toute nation. » (Apocalypse 13.7)

Qui sont ces « membres du peuple saint » ? Le contexte ne permet pas d’y voir un groupe distinct de l’Église, ni une catégorie religieuse séparée des croyants en Jésus-Christ. Surtout pas des croyants restés après l’enlèvement comme le prétend le dispensationalisme. Il s’agit des fidèles persécutés par la bête, c’est-à-dire du peuple de Dieu demeuré attaché au Seigneur au milieu de l’oppression.

Le verset 10 confirme cette lecture : « C’est là que les membres du peuple saint doivent faire preuve d’endurance et de foi. » (Apocalypse 13.10)

La persévérance et la foi sont précisément les marques des vrais croyants. Ce langage est le même que celui utilisé ailleurs dans le Nouveau Testament pour désigner les disciples du Christ appelés à tenir ferme jusqu’à la fin (Matthieu 24.13 ; Romains 5.3-4 ; Hébreux 10.36). Rien, absolument rien, ne permet d’affirmer qu’il s’agirait d’un peuple différent de l’Église.

Le même constat apparaît en Apocalypse 14.12 : « C’est là que les membres du peuple saint, ceux qui obéissent aux commandements de Dieu et vivent selon la foi en Jésus, doivent faire preuve d’endurance. » (Apocalypse 14.12)

Ce verset est crucial. Les « membres du peuple saint » ou « saints », selon d’autres traductions, sont décrits comme ceux qui demeurent fidèles à Jésus. Il ne s’agit donc pas d’un groupe juif distinct ni d’une catégorie de croyants séparée de l’Église. Ce sont des disciples de Jésus-Christ, car l’idée d’un enlèvement avant la période des tribulations est une invention sans fondement biblique solide. Ils appartiennent au Seigneur, obéissent à ses commandements et lui demeurent fidèles, incarnant ainsi l’Église fidèle.

Dire que l’Église n’est plus présente après Apocalypse 4 devient alors intenable. Comment pourrait-on soutenir cela, alors qu’Apocalypse 14.12 parle encore de croyants fidèles à Jésus au cœur même du livre ?

Le dispensationalisme impose au texte une séparation que celui-ci ne fait pas

Le problème fondamental de la lecture dispensationaliste est qu’elle arrive avec une grille déjà construite. Elle suppose d’avance qu’il doit y avoir une distinction rigide entre Israël, l’Église et les croyants de la tribulation. Ensuite, elle lit l’Apocalypse à travers cette séparation artificielle.

Mais le texte, lui, ne parle pas ainsi. Il ne dit jamais : « Voici maintenant un autre peuple de Dieu qui ne serait pas l’Église. » Il montre au contraire un seul peuple fidèle, persécuté par le dragon, attaqué par la bête, appelé à la persévérance, gardant les commandements de Dieu et demeurant attaché à Jésus (Apocalypse 12.17 ; 13.10 ; 14.12).

Apocalypse 12.17 est particulièrement important à ce moment-ci : « le dragon s’en alla faire la guerre au reste de ses enfants, c’est-à-dire à ceux qui obéissent aux commandements de Dieu et qui s’attachent au témoignage rendu par Jésus. » (Apocalypse 12.17)

Qui sont ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus ? Ce sont les croyants. Ce sont les disciples de Jésus. Ce sont ceux que le monde persécute parce qu’ils appartiennent au Seigneur. Là encore, nous sommes devant la réalité même de l’Église fidèle, même si le mot « Église » n’est pas employé dans ce verset.

Le dispensationalisme veut faire croire que l’Église aurait été retirée, puis que Dieu traiterait ensuite avec un autre groupe de croyants sur la terre. Mais l’Apocalypse ne présente pas deux peuples fidèles successifs. Elle présente un même peuple saint, uni par la foi, persécuté par les puissances du mal, gardé par Dieu et appelé à vaincre.

Dans tout le Nouveau Testament, « saints » désigne normalement les croyants

L’expression « les membres du peuple saint » ne tombe pas du ciel dans l’Apocalypse. Elle s’inscrit dans le langage habituel du Nouveau Testament. Les croyants sont appelés « saints » de manière constante.

Paul écrit « à tous ceux qui sont à Rome et que Dieu aime, qu’il a appelés à faire partie de son peuple saint » (Romains 1.7). Il parle aussi des « saints » à Corinthe, à Éphèse, à Philippes, à Colosses et ailleurs (1 Corinthiens 1.2 ; Éphésiens 1.1 ; Philippiens 1.1 ; Colossiens 1.2). Le mot ne désigne pas une élite spéciale, mais l’ensemble des croyants consacrés à Dieu en Jésus-Christ.

Ainsi, lorsque l’Apocalypse parle des « membres du peuple saint », elle utilise un vocabulaire parfaitement cohérent avec le reste du Nouveau Testament. Vouloir en faire un groupe différent de l’Église, dans le livre de l’Apocalypse, n’est pas une lecture naturelle du texte. C’est une interprétation imposée de l’extérieur.

D’ailleurs, Apocalypse 16.6 déclare au sujet des jugements divins : « Parce qu’ils ont versé le sang des membres du peuple saint et des prophètes, tu leur as aussi donné à boire du sang. Ils reçoivent ce qu’ils méritent. » (Apocalypse 16.6)

Apocalypse 17.6 ajoute : « Je vis qu’elle était ivre du sang des membres du peuple saint et des témoins de Jésus. » (Apocalypse 17.6) Et cela bouleversa l’apôtre Jean lorsqu’il vit cela.

Et Apocalypse 18.24 dit encore : « on a vu couler le sang des prophètes et des membres du peuple saint, ainsi que de tous ceux qu’on a égorgés sur la terre. » (Apocalypse 18.24)

Dans tous ces passages, les « membres du peuple saint » sont clairement ceux qui appartiennent à Dieu et qui rendent témoignage à Jésus. Ce sont les croyants persécutés. Ce sont les témoins fidèles. Ce sont les disciples du Christ. Le livre ne les présente jamais comme un peuple étranger à l’Église.

L’absence d’un mot ne prouve pas l’absence d’une réalité

Il faut ici rappeler une règle élémentaire d’interprétation biblique : l’absence d’un mot ne signifie pas l’absence de la réalité qu’il désigne.

Par exemple, dans plusieurs passages du Nouveau Testament, le mot « croix » n’apparaît pas, alors même que l’œuvre rédemptrice de Christ y est pleinement présente. De même, dans l’Apocalypse, l’absence relative du mot « Église » après le chapitre 3 ne signifie pas que les croyants ont disparu.

Au contraire, le livre continue de parler des serviteurs de Dieu, des témoins de Jésus, des saints, des vainqueurs, de ceux qui gardent les commandements de Dieu et de ceux qui lavent leurs robes. Toutes ces expressions renvoient au même peuple racheté, sous différents angles.

Apocalypse 7 montre une grande foule innombrable venant de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, se tenant devant le trône et devant l’Agneau (Apocalypse 7.9-14). Peut-on sérieusement soutenir que cette foule rachetée par l’Agneau ne ferait pas partie de l’Église au sens spirituel du peuple de Dieu en Christ ? Certainement pas.

L’Apocalypse montre l’Église persévérante, souffrante et victorieuse

L’un des grands thèmes du livre est justement la persévérance des croyants au sein de l’épreuve. L’Apocalypse n’enseigne pas la disparition de l’Église, mais sa fidélité au milieu de la tribulation spirituelle du monde présent.

Jean se présente lui-même comme « votre frère, qui prends part avec vous à la détresse, au règne et à la persévérance en communion avec Jésus » (Apocalypse 1.9). Dès le début, le livre place les croyants dans la souffrance, dans la fidélité et dans l’espérance. Ce fil conducteur se poursuit jusqu’à la fin.

Les croyants sont encore là quand la bête fait la guerre aux saints (Apocalypse 13.7). Ils sont encore là quand leur persévérance est mise en avant (Apocalypse 13.10 ; 14.12). Ils sont encore là quand Babylone est jugée pour avoir versé leur sang (Apocalypse 17.6 ; 18.24). Ils sont encore là quand il est question des témoins de Jésus et des serviteurs de Dieu.

L’idée selon laquelle l’Église aurait disparu du livre après le chapitre 4 n’est donc pas seulement fragile. Elle contredit directement les multiples passages où les croyants sont encore clairement présents.

« Les membres du peuple saint » est une preuve forte contre cette lecture

L’expression « les membres du peuple saint » est particulièrement importante, car elle détruit l’argument dispensationaliste à sa racine. On ne peut pas dire honnêtement que l’Église est absente, alors que le livre mentionne encore ceux qui appartiennent à Dieu, croient en Jésus, gardent ses commandements, souffrent pour son nom et persévèrent jusqu’à la fin.

Le dispensationalisme cherche à découper artificiellement le peuple de Dieu pour préserver son système. Mais le texte biblique montre la continuité du témoignage des croyants à travers tout le livre.

Le point essentiel est donc celui-ci : dans l’Apocalypse, les croyants ne disparaissent pas après le chapitre 4. Ils continuent d’être présents sous plusieurs désignations, et l’expression « les membres du peuple saint » en est l’une des plus claires. Elle désigne les fidèles du Seigneur Jésus, cibles de la persécution, appelés à la persévérance, gardés par Dieu jusqu’à la victoire finale.

Conclusion

L’Apocalypse ne soutient pas l’idée que l’Église serait absente de la scène terrestre après le chapitre 4. Cette affirmation provient d’un système théologique importé dans le texte, non du texte lui-même. Le livre continue de parler du peuple de Dieu tout au long de son déroulement, notamment par l’expression « les membres du peuple saint », mais aussi par d’autres désignations comme les témoins de Jésus, les serviteurs de Dieu et ceux qui gardent ses commandements.

En réalité, l’Apocalypse présente un seul peuple fidèle, uni à Jésus-Christ, persécuté dans le monde, appelé à tenir ferme, puis finalement glorifié par la victoire de l’Agneau. Loin de faire disparaître l’Église, le livre la montre dans sa fidélité, dans son combat et dans son espérance.

La vraie question n’est donc pas de savoir où l’Église aurait disparu. La vraie question est de savoir si nous reconnaissons encore, dans « les membres du peuple saint », le visage du peuple de Dieu en Jésus-Christ, appelé à persévérer jusqu’au bout (Apocalypse 14.12).

L’Israël géopolitique est-il l’Israël de Dieu ?

L’Israël de Dieu, selon les Écritures, désigne un peuple spirituel composé de croyants en Jésus-Christ, plutôt qu’une nation géopolitique. L’apôtre Paul souligne que seule la foi en Christ permet d’appartenir à ce peuple. L’État moderne d’Israël, bien qu’important politiquement, n’est pas l’Israël de Dieu au sens biblique.

Une réponse fondée sur les Écritures

Depuis la recréation de l’État moderne d’Israël en 1948, plusieurs chrétiens soutiennent que cette nation représente toujours l’Israël de Dieu. On affirme souvent que les promesses de l’Ancien Testament s’appliquent encore à l’Israël national, et que Dieu a un plan prophétique spécifique pour cette entité géopolitique. Malheureusement cela vient d’une mauvaise interprétation des Écritures.

Mais que disent réellement les Écritures ? Quand le Nouveau Testament parle de l’Israël de Dieu, s’agit-il du pays Israël géopolitique moderne, ou d’autre chose ? La Bible donne une réponse claire à ce sujet.

D’abord, l’Israël de Dieu n’est pas une nation, mais un peuple spirituel

Dans Galates 6.15-16, l’apôtre Paul écrit ceci :

« Ce qui importe, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision, mais une création nouvelle. Que la paix et la compassion soient sur tous ceux qui suivent cette règle, et sur l’Israël de Dieu. » — Galates 6.15-16

Ici, Paul ne parle pas de l’Israël physique ou géopolitique, mais de ceux qui vivent selon la nouvelle création en Christ. L’Israël de Dieu, selon Paul, est l’ensemble des croyants nés de nouveau, qu’ils soient Juifs ou non-Juifs.

Puis, tous ceux qui descendent d’Abraham selon la chair ne sont pas Israël

Paul souligne ce point important de manière très claire dans sa lettre aux Romains :

« Ce n’est pas parce qu’ils sont issus d’Israël qu’ils sont tous Israël. […] Ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse. » — Romains 9.6-8

Autrement dit, il existe un Israël selon la chair, et un Israël selon l’Esprit. L’Israël de Dieu (le peuple de Dieu) aujourd’hui n’est pas déterminé par l’ascendance biologique, mais par la foi en la promesse accomplie en Jésus-Christ. La réalité actuelle est que nous vivons maintenant sous la nouvelle alliance et non plus sous l’ancienne. L’Église est maintenant le peuple de Dieu que Paul appelle l’Israël de Dieu. (Galates 6.16)

Ensuite, l’Israël géopolitique actuel rejette le Messie

Le peuple juif, dans sa majorité aujourd’hui, rejette encore Jésus comme étant le Messie. Or, les Écritures sont claires : nul ne peut faire partie du peuple de Dieu sans passer par la foi en Jésus-Christ.

« Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. » — 1 Jean 5.12

« Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés. » — Actes 4.12

Le rejet du Messie exclut, même un Juif selon la chair, de l’alliance de grâce. Le véritable peuple de Dieu est défini non par l’ethnie, mais par l’union à Christ.

Après, l’Église est le peuple de Dieu aujourd’hui

Le Nouveau Testament enseigne que l’Église, composée de Juifs et de non-Juifs croyants, est la nation sainte, le peuple acquis, que Dieu s’est choisi pour lui appartenir.

« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis. » — 1 Pierre 2.9

« Vous étiez autrefois sans Messie, exclus du droit de cité en Israël […]. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été rapprochés par le sang du Christ. » — Éphésiens 2.12-13

En Christ, Dieu a abattu le mur de séparation entre Juifs et non-Juifs. Il a formé un seul peuple, un seul corps et celui-ci est l’Église. Elle est le peuple de Dieu selon les Écritures. Dieu n’a pas deux peuples. Il n’en a qu’un seul. Ce sont tous ceux qui par la foi ont mis leur confiance en Jésus. Dans le cas contraire, ils ne peuvent pas être le peuple de Dieu.

L’Israël géopolitique est une nation comme les autres

L’État moderne d’Israël, bien qu’il soit un fait politique et historique important, n’est pas le peuple de Dieu au sens biblique du terme comme nous le démontre clairement les écrits de l’apôtre Paul. L’État d’Israël géopolitique est une nation souveraine comme les autres, avec des droits et des responsabilités, mais elle n’est pas en alliance avec Dieu tant qu’elle ne reconnaît pas le Messie.

« Le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en produira les fruits. » — Matthieu 21.43

Jésus est tout de même clair sur le sujet. Pourquoi sommes-nous incapable de reconnaître se fait clairement enseigner dans les Écritures ? Et pourquoi rejetons-nous cet enseignement de Jésus ?

Conclusion : l’Israël de Dieu, c’est le peuple uni à Christ

Loin de rejeter Israël selon la chair, Dieu ouvre la porte du salut à tous, y compris aux Juifs. Il y a, selon les Écritures, un reste fidèle qui croira en Jésus (Romains 11.5), mais cela ne signifie pas que l’ensemble de l’Israël politique ou ethnique est automatiquement l’Israël de Dieu.

L’Israël de Dieu, ce sont les croyants en Jésus-Christ, nés de nouveau, qui vivent par l’Esprit et produisent les fruits du Royaume.


« Car ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse. » — Romains 9.8

« Si vous appartenez à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse. » — Galates 3.29