Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 4 – En Christ, le mur de séparation est détruit

Éphésiens 2 souligne que, par la croix, Christ a éliminé la séparation entre Juifs et non-Juifs, créant une nouvelle humanité unie. L’apprentissage de cette vérité est crucial aujourd’hui, l’Église doit rejeter la haine envers les Juifs tout en affirmant l’unité spirituelle en Christ, sans céder aux pressions sociopolitiques.

Il y a des textes bibliques qu’il faut laisser parler avec toute leur force. Éphésiens 2 en fait partie. Si nous voulons comprendre ce que Dieu a fait en Jésus-Christ concernant les Juifs et les non-Juifs, nous ne pouvons pas contourner ce passage. L’apôtre Paul y explique avec une clarté remarquable que Christ n’a pas simplement rapproché deux groupes tout en les laissant séparés. Il a détruit le mur de séparation. Il a mis fin à l’hostilité. Il a créé, à partir du Juif et du non-Juif, un seul homme nouveau (Éphésiens 2.14-16).

Cette vérité est centrale pour notre époque. Beaucoup de discours religieux ou politiques veulent aujourd’hui pousser les chrétiens à parler d’Israël et de l’Église comme s’il s’agissait de deux peuples distincts, deux programmes différents, deux destinées séparées. Mais le Nouveau Testament affirme autre chose : par la croix, Dieu a réconcilié Juifs et non-Juifs en un seul corps.

Il faut donc le dire avec douceur, mais avec fermeté : affirmer cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est l’enseignement apostolique. Ce n’est pas nier la place historique d’Israël dans le plan de Dieu. Ce n’est pas mépriser les Juifs. Ce n’est pas effacer les promesses. C’est reconnaître que les promesses trouvent leur accomplissement dans le Messie, et que ce Messie a rassemblé en lui un peuple unique, racheté par son sang.

L’Église doit rejeter toute haine envers les Juifs. Mais elle doit aussi refuser toute pression qui voudrait lui faire taire ce que la croix a accompli.

1. Les non-Juifs étaient autrefois éloignés

Paul commence par rappeler aux croyants d’origine non juive leur ancienne condition : « C’est pourquoi, vous qui portez, dans votre corps, la preuve que vous n’êtes pas des Juifs et qui donc êtes traités d’« incirconcis » par ceux qui se disent « les circoncis » à cause d’un rite accompli sur leur corps et par des hommes, rappelez-vous quelle était votre situation autrefois. En ce temps-là, vous étiez sans Messie, vous n’aviez pas le droit de faire partie du peuple d’Israël, vous étiez étrangers aux alliances conclues par Dieu pour garantir sa promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éphésiens 2.11-12). Paul ne minimise pas la situation des non-Juifs avant Christ. Ils étaient éloignés. Ils étaient étrangers aux alliances de la promesse. Ils n’étaient pas membres de la citoyenneté d’Israël. Ils vivaient sans l’espérance biblique donnée à travers les promesses de Dieu.

Ce rappel est important, car il empêche toute arrogance des croyants d’origine non juive. Les nations n’ont pas à se glorifier contre Israël. Elles n’ont pas à mépriser le peuple par lequel Dieu a donné les alliances, les promesses, les prophètes et le Messie selon la chair (Romains 9.4-5). Les non-Juifs croyants ne sont pas arrivés dans le plan de Dieu par mérite, par supériorité ou par remplacement charnel. Ils ont été introduits par grâce.

L’Évangile humilie tout orgueil. Il humilie l’orgueil religieux du Juif qui se confierait dans la chair, mais il humilie aussi l’orgueil du non-Juif qui se croirait supérieur. Tout est grâce. Tout vient de Christ. Tout est fondé sur son sang.

Paul veut donc que les croyants des nations se souviennent de leur ancienne distance afin de mieux comprendre la grandeur de ce que Christ a accompli.

2. Le sang de Christ a rapproché ceux qui étaient loin

Après avoir décrit l’éloignement des non-Juifs, Paul annonce la grande nouvelle : « Mais maintenant, par votre union avec Jésus-Christ, vous qui, autrefois, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce au sacrifice de Christ » (Éphésiens 2.13). Cette phrase est magnifique. Le changement ne vient pas d’une réforme politique. Il ne vient pas d’une stratégie interreligieuse. Il ne vient pas d’une alliance humaine. Il vient du sang de Christ. Ceux qui étaient loin sont devenus proches. Non pas proches d’un système religieux, mais proches de Dieu. Non pas par adhésion à une identité nationale, mais par union avec Jésus-Christ. Non pas par la chair, mais par la croix.

Le sang de Christ est donc le fondement de la nouvelle proximité. C’est par lui que les non-Juifs croyants entrent dans les bénédictions promises. C’est par lui qu’ils deviennent membres de la famille de Dieu. C’est par lui qu’ils sont intégrés au peuple saint. Il est essentiel de voir que Paul ne dit pas : « Vous êtes devenus un second peuple à côté d’Israël ». Il dit : « Vous êtes devenus proches » et la suite montrera que cette proximité va jusqu’à l’unité d’un seul corps.

Cela signifie que la croix n’a pas seulement sauvé des individus isolés. Elle a créé une nouvelle humanité en Christ. Elle a réconcilié avec Dieu ceux qui étaient séparés. Elle a fait tomber les barrières qui divisaient Juifs et non-Juifs.

Voilà pourquoi toute théologie qui maintient une séparation spirituelle permanente entre Juifs et non-Juifs croyants affaiblit la portée de la croix.

3. Christ est lui-même notre paix

Paul poursuit : « Car nous lui devons notre paix. Il a, en effet, instauré l’unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait : en livrant son corps à la mort, il a annulé les effets de ce qui faisait d’eux des ennemis » (Éphésiens 2.14).

Remarquons d’abord que Paul ne dit pas simplement que Christ donne la paix. Il dit que Christ est notre paix. La paix n’est pas seulement un sentiment. Elle est une personne. Elle est Jésus lui-même.

Christ est la paix entre Dieu et l’homme. Mais il est aussi la paix entre les croyants issus du peuple juif et les croyants issus des nations. Là où la Loi marquait une séparation, là où les ordonnances distinguaient Israël des peuples, là où l’hostilité avait grandi, Christ est venu accomplir ce que Dieu avait prévu : former en lui un peuple réconcilié.

Le mur de séparation est abattu. Cette image est puissante. Un mur sépare. Un mur empêche l’accès. Un mur divise les espaces. Un mur crée une distance. Or Paul affirme que Christ a abattu ce mur. Il ne l’a pas simplement décoré. Il ne l’a pas déplacé. Il ne l’a pas rendu plus acceptable. Il l’a détruit.

C’est pourquoi l’Église doit être prudente lorsqu’elle adopte des discours qui reconstruisent ce que Christ a détruit. Si la croix a abattu le mur, qui sommes-nous pour le relever ?

Relever ce mur, c’est dire en pratique que la chair continue de définir des catégories spirituelles distinctes dans le peuple de Dieu. Mais Paul dit exactement l’inverse : Christ a établi l’unité.

4. La Loi comme barrière a été accomplie en Christ

Paul explique comment le mur a été abattu : « Il voulait ainsi créer une seule et nouvelle humanité à partir des Juifs et des non-Juifs qu’il a unis à lui-même, en établissant la paix » (Éphésiens 2.15). Ce passage ne signifie pas que la Loi de Dieu était mauvaise. Paul dit ailleurs que la Loi est sainte, et que le commandement est saint, juste et bon (Romains 7.12). Mais la Loi donnée à Israël comportait des commandements qui distinguaient Israël des nations : circoncision, règles alimentaires, calendriers, sacrifices, puretés rituelles, sacerdoce, temple. Ces éléments avaient un rôle pédagogique et provisoire. Ils mettaient Israël à part jusqu’à la venue du Christ.

Mais maintenant que Christ est venu, ces distinctions ne peuvent plus définir le peuple de Dieu. Elles ont été accomplies en lui. Le sacrifice parfait a été offert. Le vrai temple est apparu. La purification définitive a été obtenue. La circoncision du cœur par l’Esprit est devenue la réalité décisive (Romains 2.28-29 ; Colossiens 2.11-12 ; Hébreux 10.10-14). Cela ne signifie pas que Dieu a échoué avec Israël. Cela signifie que Dieu a amené son plan à son accomplissement.

Les anciennes séparations avaient leur place dans l’histoire du salut. Mais en Christ, elles ne peuvent plus servir à maintenir une division spirituelle entre Juifs et non-Juifs croyants.

C’est pourquoi Paul résistera avec tant de force à ceux qui voulaient imposer la circoncision aux croyants d’origine non juive. Ce n’était pas un simple détail culturel. C’était une menace contre la suffisance de Christ et contre l’unité du peuple de Dieu (Galates 5.1-6).

5. Un seul homme nouveau

Voici le cœur du passage : « Il voulait ainsi créer une seule et nouvelle humanité à partir des Juifs et des non-Juifs qu’il a unis à lui-même, en établissant la paix » (Éphésiens 2.15).

Paul ne dit pas que Dieu a créé deux hommes nouveaux. Il ne dit pas que Dieu a un peuple terrestre et un peuple céleste séparés. Il ne dit pas que les Juifs croyants et les non-Juifs croyants ont deux statuts spirituels distincts. Il dit : « une seule et nouvelle humanité ». Cette expression est décisive. Elle montre que l’œuvre de Christ ne se contente pas de juxtaposer deux groupes. Elle crée une nouvelle humanité. Cette nouvelle humanité n’est pas définie par la chair, mais par Christ. Elle n’est pas fondée sur l’ethnicité, mais sur la croix. Elle n’est pas un compromis politique, mais une création divine.

Le Juif croyant ne cesse pas d’avoir une histoire juive. Le non-Juif croyant ne devient pas ethniquement juif. Mais spirituellement, ils sont un en Christ. Ils appartiennent au même Seigneur, au même corps, à la même famille, à la même promesse, au même héritage.

C’est ici que l’Évangile renverse les catégories humaines. Le monde veut souvent enfermer les gens dans leur origine, leur appartenance nationale, leur identité communautaire ou leur mémoire historique. Christ, lui, rassemble des hommes et des femmes de toutes les nations dans une réalité nouvelle : un peuple racheté, uni, réconcilié.

Ce peuple n’est pas contre Israël. Il est l’accomplissement du dessein de Dieu en Christ.

6. Réconciliés en un seul corps par la croix

Paul poursuit : « Il voulait aussi les réconcilier les uns et les autres avec Dieu et les unir en un seul corps, en supprimant, par sa mort sur la croix, ce qui faisait d’eux des ennemis » (Éphésiens 2.16). Le texte, ici, est limpide : un seul corps. La croix réconcilie les uns et les autres avec Dieu, et elle les unit en un seul corps. L’unité du peuple de Dieu n’est donc pas une idée secondaire. Elle est un fruit direct de la croix. Celui qui divise ce que la croix a uni affaiblit la proclamation apostolique.

Il ne s’agit pas ici d’un simple appel à la tolérance. Il s’agit d’une réalité spirituelle accomplie par Christ. Dieu a détruit l’hostilité. Dieu a réconcilié. Dieu a uni. Cela doit façonner notre manière de parler d’Israël, de l’Église, des nations et des promesses. Nous ne pouvons pas construire une doctrine qui traite les Juifs croyants et les non-Juifs croyants comme deux peuples séparés devant Dieu. Le texte dit qu’ils sont un seul corps.

Ce seul corps est le corps de Christ. Il est formé de tous ceux qui sont unis à lui par la foi. Il ne nie pas les histoires particulières, mais il les soumet à une réalité plus grande : la réconciliation en Jésus.

Voilà pourquoi la fidélité biblique nous oblige à dire que le peuple de Dieu est un en Christ.

7. Tous ont accès au Père par le même Esprit

Paul ajoute : « Car, grâce à lui, nous avons accès, les uns comme les autres, auprès du Père, par le même Esprit » (Éphésiens 2.18). Cette phrase résume toute la beauté de l’Évangile. Les uns comme les autres. Juifs et non-Juifs. Par le même Christ. Auprès du même Père. Par le même Esprit.

Il n’y a pas deux accès à Dieu. Il n’y a pas deux chemins de salut. Il n’y a pas deux alliances salvatrices parallèles. Il n’y a pas deux peuples ayant chacun leur relation séparée avec Dieu. Il y a un seul accès au Père : Jésus-Christ.

Cette vérité rejoint l’ensemble du Nouveau Testament. Jésus dit : « Le chemin, répondit Jésus, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi » (Jean 14.6).

Pierre déclare : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12).

Paul affirme : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui. En effet, il est écrit : Tous ceux qui invoqueront le Seigneur seront sauvés » (Romains 10.12).

L’Évangile ne connaît donc pas un salut pour les nations et un autre pour Israël. Il connaît un seul Sauveur, un seul accès, une seule grâce.

C’est pourquoi aimer les Juifs ne peut jamais signifier leur annoncer un chemin sans Christ. Ce serait manquer d’amour. Le véritable amour chrétien prie pour leur salut et leur annonce le Messie avec respect et vérité (Romains 10.1).

8. Les croyants des nations sont devenus concitoyens du peuple saint

Paul conclut cette section avec une déclaration magnifique : « Voilà pourquoi vous n’êtes plus des étrangers ou des résidents temporaires, vous êtes concitoyens des membres du peuple saint, vous faites partie de la famille de Dieu » (Éphésiens 2.19). Les non-Juifs croyants ne restent pas à la porte. Ils ne sont pas des invités de seconde classe. Ils ne sont pas un peuple parallèle. Ils sont concitoyens. Ils font partie de la famille de Dieu. Le langage est familial et citoyen. Il parle d’appartenance, de proximité, d’héritage, de pleine intégration.

C’est ici que l’on voit combien l’Évangile est puissant. Ceux qui étaient autrefois étrangers aux alliances de la promesse sont maintenant membres de la famille de Dieu. Non parce qu’ils auraient remplacé Israël selon la chair, mais parce qu’ils ont été unis au Messie d’Israël. Leur statut repose sur Christ. Leur paix repose sur Christ. Leur accès au Père repose sur Christ. Leur appartenance repose sur Christ.

Cela signifie que l’Église n’est pas une parenthèse sans rapport avec Israël. Elle est la famille de Dieu bâtie sur le fondement des apôtres et des prophètes, avec Jésus-Christ lui-même comme pierre angulaire (Éphésiens 2.20).

9. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, l’Église doit être attentive. Plusieurs initiatives publiques encouragent les leaders chrétiens à se mobiliser contre l’antisémitisme. Lorsqu’il s’agit de rejeter la haine, la violence, les menaces et la discrimination envers les Juifs, il faut répondre clairement : oui. Le chrétien doit aimer son prochain et refuser toute déshumanisation.

Toutefois, il y a une limite que l’Église ne doit pas franchir. Elle ne doit pas laisser une cause publique, même légitime dans son intention première, devenir un instrument de pression doctrinale.

Si l’on demande aux pasteurs de condamner la haine, ils peuvent le faire avec conviction. Mais si l’on demande aux pasteurs de parler d’Israël comme d’un peuple spirituellement séparé de l’Église, ayant une destinée parallèle en dehors de l’unité accomplie par Christ, alors il faut répondre par l’Écriture.

Si l’on demande aux pasteurs d’enseigner à leurs assemblées que toute affirmation de l’unité du peuple de Dieu en Christ serait suspecte ou hostile au peuple juif, alors il faut refuser.

Éphésiens 2 ne peut pas être mis entre parenthèses pour satisfaire un discours public. Le mur de séparation a été détruit. Le Juif croyant et le non-Juif croyant sont réconciliés en un seul corps. Tous ont accès au Père par le même Esprit. Cette vérité n’est pas négociable.

Un pasteur ne doit pas laisser la peur d’être accusé l’empêcher de proclamer ce que la croix a accompli.

10. La véritable paix ne vient pas de la pression, mais de la croix

Le monde parle souvent de paix, mais il cherche cette paix par des alliances humaines, des déclarations communes, des stratégies d’influence et des équilibres politiques. Certaines démarches peuvent avoir une utilité sociale lorsqu’elles protègent des personnes contre la haine. Mais elles ne doivent jamais remplacer la paix que Christ a établie par sa croix.

La paix biblique ne consiste pas à éviter les sujets difficiles. Elle ne consiste pas à taire l’Évangile pour ne pas offenser. Elle ne consiste pas à édulcorer la doctrine pour préserver une image publique acceptable. La vraie paix vient de Christ. Paul dit : « Car nous lui devons notre paix » (Éphésiens 2.14). L’Église doit donc être un peuple de paix, mais d’une paix enracinée dans la vérité. Une paix qui aime les Juifs et les non-Juifs. Une paix qui refuse la haine. Une paix qui annonce le même Sauveur à tous. Une paix qui ne reconstruit pas le mur que Jésus a abattu.

La croix ne produit pas une paix superficielle. Elle produit une réconciliation profonde, coûteuse, fondée sur le sang du Fils de Dieu.

Voilà pourquoi l’Église ne doit jamais accepter une paix qui exige le silence sur Christ.

11. Ce que l’Église doit proclamer aujourd’hui

  • L’Église doit proclamer que toute haine envers les Juifs est un péché.
  • L’Église doit proclamer que les Juifs, comme tous les êtres humains, sont créés à l’image de Dieu et doivent être aimés comme notre prochain (Genèse 1.27 ; Matthieu 22.39).
  • L’Église doit proclamer que Jésus est le Messie promis à Israël et le Sauveur des nations (Luc 2.30-32).
  • L’Église doit proclamer que le salut est offert aux Juifs et aux non-Juifs par le même Évangile (Romains 1.16).
  • L’Église doit proclamer que le mur de séparation a été détruit par Christ (Éphésiens 2.14).
  • L’Église doit proclamer que Dieu crée un seul homme nouveau en Jésus-Christ (Éphésiens 2.15).
  • L’Église doit proclamer que les croyants sont réconciliés en un seul corps par la croix (Éphésiens 2.16).
  • L’Église doit proclamer que les uns comme les autres ont accès au Père par le même Esprit (Éphésiens 2.18).

Cette proclamation est biblique. Elle est apostolique. Elle est nécessaire. Elle n’est pas antisémite. Elle est profondément chrétienne.

Conclusion

Éphésiens 2 nous oblige à regarder à la croix. Là, le mur de séparation est détruit. Là, l’hostilité est vaincue. Là, Juifs et non-Juifs croyants sont réconciliés avec Dieu. Là, Dieu crée un seul homme nouveau. Là, le peuple de Dieu apparaît dans sa beauté : non pas un peuple défini par la chair, mais un peuple racheté par le sang de Christ. Cette vérité doit être proclamée avec humilité, mais aussi avec courage.

Nous ne devons jamais haïr les Juifs. Nous ne devons jamais les mépriser. Nous ne devons jamais parler d’eux comme d’un bloc uniforme à soupçonner. Nous devons les aimer, prier pour leur salut et témoigner de Jésus avec respect.

Mais nous ne devons pas non plus laisser les pressions contemporaines nous faire taire sur l’œuvre accomplie par Christ.

Le mur est tombé.

Le sang a été versé.

La paix a été faite.

Un seul corps a été formé.

Le Père est accessible par le même Esprit.

Voilà la vérité de l’Évangile.

Et cette vérité, l’Église doit la garder fermement, non par esprit de polémique, mais par fidélité à celui qui a donné sa vie pour rassembler en un seul peuple tous ceux qui croient en lui, Juifs et non-Juifs, jusqu’au jour où toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Philippiens 2.10-11).

Série Jésus revient – Article 7 : Un seul peuple de Dieu en Jésus-Christ

L’article 7 souligne l’idée que, selon les Écritures, Dieu ne divise pas l’humanité en deux peuples distincts, Israël et l’Église. En Jésus-Christ, tous, Juifs et non-Juifs, sont réunis en un seul peuple par la grâce et la foi. Ce message d’unité et de réconciliation est au cœur du plan divin.

Pourquoi cette question est essentielle

L’une des idées les plus influentes dans certaines lectures prophétiques est celle d’une séparation durable entre Israël et l’Église dans le plan de Dieu. Selon cette manière de voir, Dieu aurait deux peuples distincts avec deux programmes distincts, deux destinées distinctes et, parfois même, deux calendriers prophétiques distincts.

Mais lorsque nous revenons au témoignage global des Écritures, nous découvrons une vérité beaucoup plus glorieuse. En Jésus-Christ, Dieu ne construit pas deux peuples parallèles. Il rassemble un seul peuple racheté, formé de Juifs et de non-Juifs, réconciliés avec Dieu et unis dans le même Sauveur.

Cette question n’est pas secondaire. Elle influence profondément notre manière de comprendre les promesses bibliques, le retour du Seigneur, la résurrection, l’espérance chrétienne et la nature même de l’Église.

Le mur de séparation a été renversé

L’un des textes les plus clairs sur ce sujet se trouve dans Éphésiens 2.14-16. Paul y déclare que Jésus-Christ « est lui-même notre paix ». Il ajoute qu’il a fait des deux un seul peuple, qu’il a renversé le mur qui les séparait, et qu’il a voulu créer en lui-même, avec les deux, « un seul homme nouveau » (Éphésiens 2.14-15).

Le langage de Paul est d’une puissance remarquable. Il ne dit pas que Jésus a seulement rapproché deux peuples qui resteraient éternellement séparés. Il dit qu’il a fait des deux un seul peuple. Il ne dit pas qu’il a harmonisé deux programmes parallèles comme le stipule le dispensationalisme. Il dit qu’il a créé un seul homme nouveau.

Cela signifie que l’œuvre de Christ ne maintient pas la division. Elle accomplit la réconciliation. Elle ne perpétue pas le mur. Elle l’abat.

Juifs et non-Juifs sont sauvés de la même manière

Le Nouveau Testament enseigne constamment qu’il n’y a qu’un seul moyen de salut pour tous. Juifs et non-Juifs sont sauvés par la grâce, par la foi, en Jésus-Christ (Romains 3.22-24, 29-30). Il n’existe pas deux portes, deux médiateurs ou deux alliances de salut parallèles.

Paul affirme qu’il n’y a pas de différence, car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23). De même, il n’y a qu’un seul Seigneur, riche pour tous ceux qui l’invoquent (Romains 10.12-13).

Si le salut est un, si le Sauveur est un, si la foi est une, il devient très difficile de soutenir que Dieu poursuit finalement deux peuples séparés dans deux plans distincts comme certains prédicateurs aiment le proclamer haut et fort.

Abraham est le père de tous les croyants

Dans Galates 3, Paul montre que la vraie descendance d’Abraham n’est pas définie d’abord par la chair, mais par la foi. Il dit que ceux qui croient sont fils d’Abraham (Galates 3.7). Il ajoute que l’Écriture avait prévu que Dieu justifierait les non-Juifs par la foi, et qu’elle a annoncé d’avance cette bonne nouvelle à Abraham en disant qu’il serait : « une source de bénédictions pour tous les peuples. » (Galates 3.8).

Puis Paul atteint le cœur de son argument en déclarant que la promesse a été faite à Abraham et à sa descendance, c’est-à-dire à Christ (Galates 3.16). Enfin, il conclut : « Si vous appartenez à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates 3.29). Boum !

Voilà une vérité capitale. En Christ, les croyants deviennent héritiers des promesses. Cela ne veut pas dire que Dieu oublie ses paroles anciennes. Cela veut dire qu’il les accomplit en son Fils, et qu’il y fait entrer tous ceux qui lui appartiennent.

L’olivier de Romains 11 montre une continuité, pas deux peuples séparés

Romains 11 est souvent mal compris. Pourtant, l’image choisie par Paul est très parlante. Il ne parle pas de deux arbres. Il parle d’un seul olivier (Romains 11.17-24). Certaines branches ont été retranchées à cause de l’incrédulité, et des branches d’olivier sauvage ont été greffées parmi les autres.

L’image ne présente donc pas deux peuples de Dieu totalement distincts. Elle présente un seul peuple dans la continuité du dessein divin, avec un seul arbre, une seule racine, une seule sève nourricière.

Les non-Juifs croyants ne remplacent pas orgueilleusement les Juifs. Ils sont greffés par grâce. Et les Juifs incrédules peuvent être greffés de nouveau s’ils ne demeurent pas dans l’incrédulité (Romains 11.23). Le point de Paul est l’unité du dessein de Dieu en Christ, non l’existence de deux programmes séparés et définitifs.

Les promesses trouvent leur accomplissement en Christ

Le Nouveau Testament insiste sur ce fait : les promesses de Dieu trouvent leur « oui » en Jésus-Christ (2 Corinthiens 1.20). Cela veut dire que Christ est le centre de l’accomplissement. Les promesses ne flottent pas indépendamment de lui. Elles convergent vers lui, s’accomplissent en lui et sont reçues en lui.

C’est pourquoi il faut se garder de lire l’Ancien Testament comme si les promesses étaient destinées à s’accomplir en dehors ou à côté de Jésus. Toute lecture fidèle doit être christocentrique. Jésus lui-même a enseigné que les Écritures rendent témoignage de lui (Jean 5.39), et après sa résurrection, il a expliqué à ses disciples dans toute l’Écriture ce qui le concernait (Luc 24.27).

Le plan de Dieu n’est donc pas fragmenté comme l’enseigne le dispensationalisme. Il est unifié en Christ comme enseigné par la Parole de Dieu.

L’Église n’est pas un accident dans le plan de Dieu

Certaines approches donnent l’impression que l’Église serait une sorte de parenthèse imprévue entre Israël ancien et un futur programme distinct. Mais le Nouveau Testament parle de l’Église comme d’une réalité voulue de Dieu, révélée selon son dessein éternel en Jésus-Christ (Éphésiens 3.10-11).

L’Église n’est pas un plan de rechange. Elle n’est pas un détour. Elle est l’assemblée des rachetés unis au Messie, le fruit de l’œuvre de la croix, le temple spirituel de Dieu, l’expression de son dessein révélé dans le temps.

Cela ne diminue pas la place historique d’Israël dans les Écritures. Au contraire, cela montre que l’histoire d’Israël trouve son accomplissement dans la venue du Messie et dans la formation d’un peuple rassemblé en lui.

Un seul troupeau, un seul berger

Jésus lui-même a parlé en ces termes. Dans Jean 10.16, il dit : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger ».

Cette parole est magnifique. Jésus n’annonce pas deux troupeaux éternellement séparés sous une administration commune. Il annonce un seul troupeau. Le berger est un, et le peuple rassemblé par sa voix est un.

Cette unité ne supprime pas l’histoire, ni les différences d’origine, ni les parcours particuliers. Mais elle affirme avec force que la finalité du salut est l’unité du peuple de Dieu sous l’autorité de Jésus-Christ.

Pourquoi cette vérité change notre lecture de la fin des temps

Dès que l’on comprend que Dieu rassemble un seul peuple en Christ, beaucoup de constructions artificielles perdent leur force. Il devient beaucoup plus difficile de séparer radicalement les élus de Matthieu 24 des croyants du Nouveau Testament. Il devient aussi difficile de multiplier des plans parallèles pour différents groupes du peuple de Dieu.

L’espérance finale apparaît alors dans sa simplicité biblique. Jésus revient pour son peuple. Les morts ressuscitent. Les vivants sont transformés. Les rachetés sont rassemblés. Le jugement vient. Le royaume est manifesté dans sa plénitude.

Plus nous plaçons Christ au centre, moins nous avons besoin de compartiments compliqués.

Ce que l’Église doit retenir

L’Église doit retenir qu’elle n’existe pas en marge du dessein de Dieu, mais au cœur de son accomplissement en Christ. Elle doit retenir que les croyants issus des nations ne sont pas des étrangers tolérés, mais des concitoyens des saints et des membres de la famille de Dieu (Éphésiens 2.19).

Elle doit retenir aussi que l’humilité est nécessaire. Les nations ne doivent pas s’enorgueillir. Tout est grâce. Mais elles doivent aussi se réjouir : en Jésus-Christ, elles ont été approchées, réconciliées et intégrées pleinement au peuple de Dieu.

Conclusion

La Bible ne révèle pas deux peuples de Dieu poursuivant deux destins séparés dans deux plans distincts. Elle révèle un seul peuple rassemblé en Jésus-Christ, formé de Juifs et de non-Juifs réconciliés dans le même corps par la croix (Éphésiens 2.16).

C’est une vérité profonde, belle et puissante. Elle nous ramène au centre du plan de Dieu : non pas une fragmentation des promesses, mais leur accomplissement glorieux en Jésus-Christ.

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si Matthieu 24 parle d’un autre peuple que l’Église, ou si Jésus y décrit au contraire le rassemblement de ses élus au moment de sa venue glorieuse (Matthieu 24.29-31).