Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 7 – Le peuple de Dieu dans la nouvelle alliance

Le peuple de Dieu, selon la nouvelle alliance, est défini par la foi en Jésus-Christ, qui apporte le pardon et la transformation intérieure par l’Esprit. Cette alliance, promise par les prophètes et scellée par le sang de Jésus, unit Juifs et non-Juifs dans un seul corps, sans distinction culturelle ou ethnique.

Pour comprendre qui est le peuple de Dieu aujourd’hui, il faut comprendre la nouvelle alliance. La Bible ne nous laisse pas dans le flou. Dieu avait annoncé par les prophètes qu’un jour viendrait où il établirait une alliance nouvelle, non seulement avec des règles gravées sur des tables de pierre, mais avec sa loi inscrite dans les cœurs, avec le pardon des péchés, avec une relation renouvelée entre Dieu et son peuple (Jérémie 31.31-34).

Cette nouvelle alliance n’est pas une idée abstraite. Elle n’est pas un simple prolongement religieux. Elle n’est pas une alliance encore en attente d’un accomplissement principal futur séparé de Christ. Jésus lui-même a déclaré, lors du dernier repas : « Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous » (Luc 22.20). Voilà le centre. La nouvelle alliance est scellée par le sang de Jésus. Elle ne repose pas sur une identité ethnique, sur un territoire, sur un temple terrestre ou sur un système sacrificiel ancien. Elle repose sur l’œuvre parfaite du Fils de Dieu.

Cela signifie que le peuple de Dieu, dans la nouvelle alliance, est le peuple racheté par le sang de Christ. Ce peuple est composé de Juifs et de non-Juifs qui croient en Jésus, qui reçoivent le pardon des péchés, qui sont habités par l’Esprit et qui appartiennent au même Seigneur.

Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est l’enseignement même de Jésus et des apôtres. Ce n’est pas rejeter les Juifs. C’est annoncer que les Juifs comme les non-Juifs doivent entrer dans la nouvelle alliance par le même Messie, le même sang, la même grâce et la même foi.

1. Dieu avait annoncé une nouvelle alliance

Le prophète Jérémie a annoncé une parole majeure : « Mais des jours viennent, déclare l’Eternel, où moi, je conclurai avec le peuple d’Israël et celui de Juda une alliance nouvelle » (Jérémie 31.31). Il faut remarquer que cette promesse est d’abord annoncée dans le contexte d’Israël et de Juda. Dieu parle à son peuple historique. Il annonce qu’il va intervenir d’une manière nouvelle, plus profonde, plus décisive.

Mais cette nouvelle alliance ne sera pas simplement une répétition de l’ancienne. Dieu dit : « Elle ne sera pas comme celle que j’ai conclue avec leurs pères quand je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Egypte, car cette alliance-là, ils l’ont rompue » (Jérémie 31.32). L’ancienne alliance avait été brisée par l’infidélité du peuple. Elle avait révélé le péché, la désobéissance, l’incapacité du cœur humain à demeurer fidèle à Dieu par ses propres forces. Elle avait aussi préparé le besoin d’une œuvre plus profonde.

La nouvelle alliance annoncée par Jérémie ne se limite donc pas à un changement extérieur. Elle vise le cœur. Elle vise la transformation intérieure. Elle vise le pardon véritable. Elle vise une relation renouvelée avec Dieu. Dieu déclare : « je placerai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je la graverai sur leur cœur » (Jérémie 31.33).

La nouvelle alliance est donc marquée par une œuvre intérieure de Dieu. Ce n’est pas seulement une appartenance extérieure. C’est une transformation du cœur.

2. La nouvelle alliance apporte le pardon des péchés

Le cœur de la nouvelle alliance se trouve dans cette promesse : « je pardonnerai leurs fautes, je ne tiendrai plus compte de leur péché » (Jérémie 31.34). Voilà ce que l’ancienne alliance annonçait sans pouvoir l’accomplir définitivement par ses sacrifices répétés. Les sacrifices d’animaux rappelaient le péché, mais ils ne pouvaient pas ôter définitivement les péchés (Hébreux 10.1-4). Ils pointaient vers un sacrifice meilleur, parfait, suffisant. Ce sacrifice, c’est celui de Jésus-Christ.

L’auteur de l’épître aux Hébreux explique que Christ est le médiateur d’une alliance meilleure, fondée sur de meilleures promesses (Hébreux 8.6). Il cite longuement Jérémie 31 pour montrer que cette nouvelle alliance trouve son accomplissement en Christ (Hébreux 8.8-13). Puis il affirme : Ainsi il abolit le premier état des choses pour établir le second. Et c’est en raison de cette volonté de Dieu que nous sommes purifiés du péché, grâce au sacrifice de son propre corps que Jésus-Christ a offert une fois pour toutes » (Hébreux 10.9-10). La nouvelle alliance repose donc sur un pardon réel, obtenu par un sacrifice parfait. Jésus n’a pas simplement amélioré l’ancien système. Il a accompli ce vers quoi l’ancien système pointait.

Cela signifie que le peuple de Dieu est maintenant le peuple pardonné par le sang de Christ. Personne n’entre dans ce peuple par mérite, par héritage naturel ou par appartenance extérieure. On y entre par la grâce de Dieu, au moyen de la foi en Jésus-Christ.

3. Jésus a scellé la nouvelle alliance par son sang

Lors du dernier repas, Jésus a pris la coupe et a déclaré : « Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous » (Luc 22.20). Cette parole est capitale. Jésus ne dit pas simplement qu’il annonce une alliance future indépendante de sa mort. Il dit que la nouvelle alliance est scellée par son sang. Sa mort est donc le fondement de cette alliance.

Le sang de Jésus accomplit ce que les sacrifices de l’ancienne alliance annonçaient.

  • Il obtient le pardon.
  • Il purifie la conscience.
  • Il ouvre l’accès à Dieu.
  • Il établit une relation nouvelle entre Dieu et son peuple.

L’auteur de l’épître aux Hébreux dit : « Voilà pourquoi il (Jésus) est le médiateur d’une alliance nouvelle » (Hébreux 9.15). Jésus est le médiateur. Cela signifie que personne n’entre dans la nouvelle alliance en dehors de lui. Il n’y a pas une nouvelle alliance pour les non-Juifs et un autre chemin d’alliance pour les Juifs. Il y a un seul médiateur, un seul sacrifice, un seul sang, une seule grâce, un seul chemin. Pierre dira aussi : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12).

Le peuple de la nouvelle alliance est donc le peuple qui vient à Dieu par Jésus-Christ.

4. La nouvelle alliance n’est pas fondée sur la chair, mais sur la foi en Christ

Sous l’ancienne alliance, l’appartenance extérieure au peuple d’Israël avait une dimension nationale, familiale et visible. On naissait dans le peuple. On recevait les signes de l’alliance. On participait au culte, aux fêtes, aux sacrifices et aux institutions données par Dieu. Néanmoins, les prophètes avaient déjà annoncé que cela ne suffisait pas. Dieu voulait un cœur circoncis, un peuple transformé de l’intérieur (Deutéronome 10.16 ; Jérémie 4.4). Paul reprend cette vérité lorsqu’il écrit : « Car ce n’est pas ce qui est visible qui fait le Juif, ni la marque visible dans la chair qui fait la circoncision, mais ce qui fait le Juif c’est ce qui est intérieur, et la vraie circoncision est celle que l’Esprit opère dans le cœur et non celle que l’on pratique en obéissant à la lettre de la Loi » (Romains 2.28-29).

Dans la nouvelle alliance, l’appartenance au peuple de Dieu est marquée par l’œuvre de l’Esprit dans le cœur, par la foi en Jésus-Christ et par le pardon reçu en lui. Cela ne signifie pas que Dieu méprise l’histoire d’Israël. Cela signifie que ce vers quoi l’histoire d’Israël pointait est maintenant accompli en Christ. Le peuple de Dieu n’est plus défini par les signes extérieurs de l’ancienne alliance, mais par l’union avec le Médiateur de la nouvelle alliance. Paul le dit clairement : « Car, par la foi en Jésus-Christ, vous êtes tous fils et filles de Dieu » (Galates 3.26). Et encore : « Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29).

5. La nouvelle alliance rassemble Juifs et non-Juifs dans un seul peuple

La nouvelle alliance ne crée pas deux peuples séparés. Elle rassemble en Christ tous ceux qui croient. C’est exactement ce que Paul enseigne dans Éphésiens 2. Les non-Juifs étaient autrefois éloignés, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde (Éphésiens 2.12). Mais maintenant, par l’union avec Jésus-Christ, ils ont été rapprochés par son sang (Éphésiens 2.13).

Puis Paul déclare que Christ a détruit le mur de séparation et a créé, à partir du Juif et du non-Juif, « une seule et nouvelle humanité » (Éphésiens 2.14-15). Il les a réconciliés avec Dieu « en un seul corps » par la croix (Éphésiens 2.16). Voilà le peuple de la nouvelle alliance : un seul corps, formé de Juifs et de non-Juifs croyants, réconciliés par la même croix, ayant accès au même Père par le même Esprit (Éphésiens 2.18).

Cette vérité est fondamentale. La nouvelle alliance n’est pas une alliance qui maintient les croyants dans des catégories spirituelles séparées. Elle les unit en Christ.

Un Juif croyant n’a pas besoin d’un autre salut. Un non-Juif croyant n’a pas besoin de devenir ethniquement juif.

  • Tous deux doivent être unis à Christ.
  • Tous deux doivent être pardonnés par son sang.
  • Tous deux reçoivent l’Esprit.
  • Tous deux appartiennent à la famille de Dieu.

6. Le peuple de Dieu est le peuple pardonné, régénéré et habité par l’Esprit

Les prophètes n’ont pas seulement annoncé le pardon. Ils ont aussi annoncé une transformation intérieure. Ézéchiel écrit : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau » (Ézéchiel 36.26). Puis Dieu ajoute : « Je mettrai en vous mon propre Esprit et je ferai de vous des gens qui vivent selon mes lois et qui obéissent à mes commandements pour les appliquer » (Ézéchiel 36.27). Ces promesses sont profondément liées à la nouvelle alliance. Dieu ne voulait pas seulement former un peuple extérieurement marqué par des rites. Il voulait un peuple transformé, renouvelé, animé par son Esprit.

Dans le Nouveau Testament, cette réalité s’accomplit par Jésus-Christ. À la Pentecôte, l’Esprit est répandu sur les disciples, et Pierre explique cet événement à la lumière des promesses prophétiques (Actes 2.16-21). Puis il appelle ses auditeurs à la repentance et à la foi : « Changez, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Alors vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.38). Le peuple de la nouvelle alliance est donc le peuple qui reçoit le pardon des péchés et le don du Saint-Esprit par Jésus-Christ. Ce peuple n’est pas défini par la chair, mais par l’œuvre de Dieu dans le cœur.

Voilà pourquoi Paul peut écrire : « Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8.14).

7. La nouvelle alliance rend caduc l’ancien système sacrificiel

L’un des points les plus importants de l’épître aux Hébreux est que le sacrifice de Jésus est définitif. Il n’a pas besoin d’être répété. Il accomplit ce que les sacrifices de l’ancienne alliance ne pouvaient pas accomplir pleinement. Hébreux déclare : « Or, lorsque les péchés ont été pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les ôter » (Hébreux 10.18). Cette phrase a des conséquences énormes. Si le pardon définitif est obtenu par Jésus, il n’y a plus de retour à un système sacrificiel comme moyen d’accès à Dieu. Le temple, les prêtres et les sacrifices de l’ancienne alliance annonçaient Christ. Maintenant que Christ est venu, le sacrifice parfait a été offert une fois pour toutes (Hébreux 10.10-14).

Cela signifie que toute théologie qui attendrait une restauration spirituellement nécessaire des sacrifices ou d’un temple comme centre du plan de Dieu doit être examinée très sérieusement à la lumière de l’épître aux Hébreux. Christ n’est pas un simple intermède entre deux systèmes sacrificiels. Il est l’accomplissement final.

Le peuple de la nouvelle alliance ne se rassemble pas autour d’un autel terrestre où l’on répéterait des sacrifices. Il se rassemble autour du Christ crucifié et ressuscité, dont le sang a obtenu une rédemption éternelle (Hébreux 9.12).

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, certaines initiatives encouragent les leaders chrétiens à affirmer leur solidarité avec le peuple juif et à lutter contre l’antisémitisme. Lorsqu’il s’agit de refuser la haine, la violence et la discrimination, cette solidarité est juste. Le chrétien doit aimer son prochain et rejeter tout mépris envers les Juifs.

Mais la vigilance devient nécessaire lorsque cette solidarité glisse vers une pression doctrinale. Si l’on demande aux chrétiens de parler du peuple juif, des alliances ou de la Loi d’une manière qui affaiblit l’accomplissement de la nouvelle alliance en Christ, alors l’Église doit s’arrêter et revenir à la Parole.

La nouvelle alliance n’est pas définie par une organisation religieuse, une déclaration publique ou une sensibilité politique. Elle est définie par Jésus lui-même : « Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous » (Luc 22.20).

Un pasteur peut condamner l’antisémitisme avec fermeté. Il doit le faire. Mais il ne doit pas laisser entendre que l’ancienne alliance demeure comme un chemin parallèle d’appartenance à Dieu en dehors de Christ. Il ne doit pas enseigner que les Juifs auraient accès à Dieu autrement que par le sang de la nouvelle alliance. Il ne doit pas taire que la nouvelle alliance rassemble Juifs et non-Juifs croyants dans un seul peuple.

La fidélité pastorale exige de parler avec amour, mais aussi avec clarté et fidélité sans compromis à la Parole de Dieu.

9. La nouvelle alliance ne permet pas de séparer le peuple de Dieu de Jésus-Christ

Le danger de certaines lectures modernes est de parler du peuple de Dieu d’une manière qui finit par le détacher de Jésus-Christ. On parle d’Israël, de l’alliance, de l’élection, des promesses, mais Christ devient secondaire ou simplement ajouté à côté d’un autre cadre.

Le Nouveau Testament ne permet pas cela.

  • Jésus est le médiateur de la nouvelle alliance (Hébreux 9.15).
  • Son sang scelle cette alliance (Luc 22.20).
  • Son sacrifice obtient le pardon définitif (Hébreux 10.10-18).
  • Son Esprit transforme le cœur (Romains 8.9-14).
  • Son Évangile est le même pour les Juifs et pour les non-Juifs (Romains 1.16 ; Romains 10.12-13).
  • Son corps réunit ceux qui étaient séparés (Éphésiens 2.16).

On ne peut donc pas définir le peuple de Dieu en marge de Christ. Le peuple de Dieu est le peuple qui appartient à Christ. C’est pourquoi Jean écrit : « Certains pourtant l’ont accueilli ; ils ont cru en lui. A tous ceux-là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu » (Jean 1.12).

L’appartenance à Dieu passe par la réception du Fils.

10. Ce que l’Église doit proclamer

  • L’Église doit proclamer que l’antisémitisme est un péché.
  • Elle doit proclamer que les Juifs doivent être aimés comme notre prochain.
  • Elle doit proclamer que Dieu a parlé à travers Israël, les prophètes, les alliances et les promesses.
  • Mais elle doit aussi proclamer que la nouvelle alliance est scellée par le sang de Jésus-Christ.
  • Elle doit proclamer que le pardon des péchés ne se trouve qu’en lui.
  • Elle doit proclamer que Juifs et non-Juifs doivent venir au même Sauveur.
  • Elle doit proclamer que le peuple de Dieu est le peuple racheté par le sang de Christ.
  • Elle doit proclamer que la Loi est écrite dans le cœur par l’Esprit, non par une simple appartenance extérieure.
  • Elle doit proclamer que le mur de séparation est détruit et que Dieu forme un seul peuple en Jésus.
  • Cette proclamation n’est pas une haine des Juifs. Elle est le témoignage de la nouvelle alliance.

Conclusion

Le peuple de Dieu dans la nouvelle alliance est le peuple racheté par le sang de Jésus-Christ. Cette alliance avait été annoncée par les prophètes. Elle promettait le pardon des péchés, la transformation du cœur, la connaissance de Dieu et l’œuvre intérieure de l’Esprit (Jérémie 31.31-34 ; Ézéchiel 36.26-27).

Jésus a déclaré que cette nouvelle alliance était scellée par son sang (Luc 22.20). L’épître aux Hébreux affirme qu’il en est le médiateur et que son sacrifice parfait accomplit ce que l’ancienne alliance annonçait (Hébreux 8.6-13 ; Hébreux 10.10-18).

Ainsi, le peuple de Dieu ne peut pas être défini en dehors de Jésus-Christ. Il est composé de tous ceux qui croient en lui, qui reçoivent son pardon, qui sont unis à lui, qui reçoivent son Esprit, et qui ont accès au Père par lui.

Nous devons donc aimer les Juifs, rejeter toute haine envers eux et prier pour leur salut. Mais nous devons aussi refuser toute pression qui voudrait nous faire taire sur la nouvelle alliance accomplie en Christ.

  • Il n’y a pas deux médiateurs.
  • Il n’y a pas deux sangs d’alliance.
  • Il n’y a pas deux peuples sauvés par deux chemins différents.
  • Il y a Jésus-Christ, le Médiateur de la nouvelle alliance.
  • Il y a son sang, versé pour le pardon des péchés.
  • Il y a son Esprit, donné à ceux qui croient.
  • Il y a un seul peuple, composé de Juifs et de non-Juifs, rachetés par grâce et réunis dans le même Seigneur.

C’est cette vérité que l’Église doit garder, enseigner et proclamer avec courage, humilité et fidélité sans compromis.

Série Jésus revient – Article 7 : Un seul peuple de Dieu en Jésus-Christ

L’article 7 souligne l’idée que, selon les Écritures, Dieu ne divise pas l’humanité en deux peuples distincts, Israël et l’Église. En Jésus-Christ, tous, Juifs et non-Juifs, sont réunis en un seul peuple par la grâce et la foi. Ce message d’unité et de réconciliation est au cœur du plan divin.

Pourquoi cette question est essentielle

L’une des idées les plus influentes dans certaines lectures prophétiques est celle d’une séparation durable entre Israël et l’Église dans le plan de Dieu. Selon cette manière de voir, Dieu aurait deux peuples distincts avec deux programmes distincts, deux destinées distinctes et, parfois même, deux calendriers prophétiques distincts.

Mais lorsque nous revenons au témoignage global des Écritures, nous découvrons une vérité beaucoup plus glorieuse. En Jésus-Christ, Dieu ne construit pas deux peuples parallèles. Il rassemble un seul peuple racheté, formé de Juifs et de non-Juifs, réconciliés avec Dieu et unis dans le même Sauveur.

Cette question n’est pas secondaire. Elle influence profondément notre manière de comprendre les promesses bibliques, le retour du Seigneur, la résurrection, l’espérance chrétienne et la nature même de l’Église.

Le mur de séparation a été renversé

L’un des textes les plus clairs sur ce sujet se trouve dans Éphésiens 2.14-16. Paul y déclare que Jésus-Christ « est lui-même notre paix ». Il ajoute qu’il a fait des deux un seul peuple, qu’il a renversé le mur qui les séparait, et qu’il a voulu créer en lui-même, avec les deux, « un seul homme nouveau » (Éphésiens 2.14-15).

Le langage de Paul est d’une puissance remarquable. Il ne dit pas que Jésus a seulement rapproché deux peuples qui resteraient éternellement séparés. Il dit qu’il a fait des deux un seul peuple. Il ne dit pas qu’il a harmonisé deux programmes parallèles comme le stipule le dispensationalisme. Il dit qu’il a créé un seul homme nouveau.

Cela signifie que l’œuvre de Christ ne maintient pas la division. Elle accomplit la réconciliation. Elle ne perpétue pas le mur. Elle l’abat.

Juifs et non-Juifs sont sauvés de la même manière

Le Nouveau Testament enseigne constamment qu’il n’y a qu’un seul moyen de salut pour tous. Juifs et non-Juifs sont sauvés par la grâce, par la foi, en Jésus-Christ (Romains 3.22-24, 29-30). Il n’existe pas deux portes, deux médiateurs ou deux alliances de salut parallèles.

Paul affirme qu’il n’y a pas de différence, car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23). De même, il n’y a qu’un seul Seigneur, riche pour tous ceux qui l’invoquent (Romains 10.12-13).

Si le salut est un, si le Sauveur est un, si la foi est une, il devient très difficile de soutenir que Dieu poursuit finalement deux peuples séparés dans deux plans distincts comme certains prédicateurs aiment le proclamer haut et fort.

Abraham est le père de tous les croyants

Dans Galates 3, Paul montre que la vraie descendance d’Abraham n’est pas définie d’abord par la chair, mais par la foi. Il dit que ceux qui croient sont fils d’Abraham (Galates 3.7). Il ajoute que l’Écriture avait prévu que Dieu justifierait les non-Juifs par la foi, et qu’elle a annoncé d’avance cette bonne nouvelle à Abraham en disant qu’il serait : « une source de bénédictions pour tous les peuples. » (Galates 3.8).

Puis Paul atteint le cœur de son argument en déclarant que la promesse a été faite à Abraham et à sa descendance, c’est-à-dire à Christ (Galates 3.16). Enfin, il conclut : « Si vous appartenez à Christ, alors vous êtes la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates 3.29). Boum !

Voilà une vérité capitale. En Christ, les croyants deviennent héritiers des promesses. Cela ne veut pas dire que Dieu oublie ses paroles anciennes. Cela veut dire qu’il les accomplit en son Fils, et qu’il y fait entrer tous ceux qui lui appartiennent.

L’olivier de Romains 11 montre une continuité, pas deux peuples séparés

Romains 11 est souvent mal compris. Pourtant, l’image choisie par Paul est très parlante. Il ne parle pas de deux arbres. Il parle d’un seul olivier (Romains 11.17-24). Certaines branches ont été retranchées à cause de l’incrédulité, et des branches d’olivier sauvage ont été greffées parmi les autres.

L’image ne présente donc pas deux peuples de Dieu totalement distincts. Elle présente un seul peuple dans la continuité du dessein divin, avec un seul arbre, une seule racine, une seule sève nourricière.

Les non-Juifs croyants ne remplacent pas orgueilleusement les Juifs. Ils sont greffés par grâce. Et les Juifs incrédules peuvent être greffés de nouveau s’ils ne demeurent pas dans l’incrédulité (Romains 11.23). Le point de Paul est l’unité du dessein de Dieu en Christ, non l’existence de deux programmes séparés et définitifs.

Les promesses trouvent leur accomplissement en Christ

Le Nouveau Testament insiste sur ce fait : les promesses de Dieu trouvent leur « oui » en Jésus-Christ (2 Corinthiens 1.20). Cela veut dire que Christ est le centre de l’accomplissement. Les promesses ne flottent pas indépendamment de lui. Elles convergent vers lui, s’accomplissent en lui et sont reçues en lui.

C’est pourquoi il faut se garder de lire l’Ancien Testament comme si les promesses étaient destinées à s’accomplir en dehors ou à côté de Jésus. Toute lecture fidèle doit être christocentrique. Jésus lui-même a enseigné que les Écritures rendent témoignage de lui (Jean 5.39), et après sa résurrection, il a expliqué à ses disciples dans toute l’Écriture ce qui le concernait (Luc 24.27).

Le plan de Dieu n’est donc pas fragmenté comme l’enseigne le dispensationalisme. Il est unifié en Christ comme enseigné par la Parole de Dieu.

L’Église n’est pas un accident dans le plan de Dieu

Certaines approches donnent l’impression que l’Église serait une sorte de parenthèse imprévue entre Israël ancien et un futur programme distinct. Mais le Nouveau Testament parle de l’Église comme d’une réalité voulue de Dieu, révélée selon son dessein éternel en Jésus-Christ (Éphésiens 3.10-11).

L’Église n’est pas un plan de rechange. Elle n’est pas un détour. Elle est l’assemblée des rachetés unis au Messie, le fruit de l’œuvre de la croix, le temple spirituel de Dieu, l’expression de son dessein révélé dans le temps.

Cela ne diminue pas la place historique d’Israël dans les Écritures. Au contraire, cela montre que l’histoire d’Israël trouve son accomplissement dans la venue du Messie et dans la formation d’un peuple rassemblé en lui.

Un seul troupeau, un seul berger

Jésus lui-même a parlé en ces termes. Dans Jean 10.16, il dit : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger ».

Cette parole est magnifique. Jésus n’annonce pas deux troupeaux éternellement séparés sous une administration commune. Il annonce un seul troupeau. Le berger est un, et le peuple rassemblé par sa voix est un.

Cette unité ne supprime pas l’histoire, ni les différences d’origine, ni les parcours particuliers. Mais elle affirme avec force que la finalité du salut est l’unité du peuple de Dieu sous l’autorité de Jésus-Christ.

Pourquoi cette vérité change notre lecture de la fin des temps

Dès que l’on comprend que Dieu rassemble un seul peuple en Christ, beaucoup de constructions artificielles perdent leur force. Il devient beaucoup plus difficile de séparer radicalement les élus de Matthieu 24 des croyants du Nouveau Testament. Il devient aussi difficile de multiplier des plans parallèles pour différents groupes du peuple de Dieu.

L’espérance finale apparaît alors dans sa simplicité biblique. Jésus revient pour son peuple. Les morts ressuscitent. Les vivants sont transformés. Les rachetés sont rassemblés. Le jugement vient. Le royaume est manifesté dans sa plénitude.

Plus nous plaçons Christ au centre, moins nous avons besoin de compartiments compliqués.

Ce que l’Église doit retenir

L’Église doit retenir qu’elle n’existe pas en marge du dessein de Dieu, mais au cœur de son accomplissement en Christ. Elle doit retenir que les croyants issus des nations ne sont pas des étrangers tolérés, mais des concitoyens des saints et des membres de la famille de Dieu (Éphésiens 2.19).

Elle doit retenir aussi que l’humilité est nécessaire. Les nations ne doivent pas s’enorgueillir. Tout est grâce. Mais elles doivent aussi se réjouir : en Jésus-Christ, elles ont été approchées, réconciliées et intégrées pleinement au peuple de Dieu.

Conclusion

La Bible ne révèle pas deux peuples de Dieu poursuivant deux destins séparés dans deux plans distincts. Elle révèle un seul peuple rassemblé en Jésus-Christ, formé de Juifs et de non-Juifs réconciliés dans le même corps par la croix (Éphésiens 2.16).

C’est une vérité profonde, belle et puissante. Elle nous ramène au centre du plan de Dieu : non pas une fragmentation des promesses, mais leur accomplissement glorieux en Jésus-Christ.

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si Matthieu 24 parle d’un autre peuple que l’Église, ou si Jésus y décrit au contraire le rassemblement de ses élus au moment de sa venue glorieuse (Matthieu 24.29-31).