Série : Une espérance inébranlable dans un monde troublé
L’une des grandes questions qui surgissent lorsqu’on parle de tribulation est celle-ci : si l’Église demeure sur la terre jusqu’au retour de Jésus, comment pourra-t-elle tenir ? Comment traversera-t-elle l’opposition, la séduction, la pression et les ténèbres sans être anéantie ?
La réponse de l’Écriture est glorieuse. Le peuple de Dieu n’est pas abandonné dans le monde. Il y est gardé par le Père. Jésus a dit dans sa prière sacerdotale : « Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du diable » (Jean 17.15). Cette parole est essentielle. Elle nous rappelle que la volonté de Dieu n’est pas nécessairement de soustraire immédiatement les siens à la scène du combat, mais de les garder au milieu même de ce combat. Voilà une vérité qui fortifie l’âme. Le croyant n’avance pas seul. Il marche dans un monde hostile, certes, mais sous la garde fidèle du Père céleste.
Ce message est donc un message de consolation et de préparation. Il ne nie pas la réalité de la tribulation. Il ne minimise pas la violence du conflit spirituel. Mais il proclame que le peuple de Dieu est gardé. Non pas par sa propre force, non pas par sa propre intelligence, non pas par sa propre capacité à résister, mais par le Père lui-même, au nom de Jésus-Christ. Jésus a déclaré : « …ils vont rester dans le monde. Père saint, garde-les par le pouvoir de ton nom… » (Jean 17.11).
1. Jésus n’a pas prié pour que les siens soient retirés du monde, mais pour qu’ils y soient gardés
La parole de Jésus est d’une clarté remarquable : « Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du diable » (Jean 17.15). Cela renverse bien des conceptions humaines. Nous aurions peut-être prié ainsi : « Seigneur, enlève-nous des difficultés, fais-nous sortir du monde avant l’épreuve, place-nous immédiatement hors d’atteinte. » Mais Jésus prie autrement. Il demande non le retrait, mais la préservation.
Cela signifie que la présence de l’Église dans le monde fait partie du plan de Dieu. Le croyant n’est pas laissé ici par oubli, ni par défaut. Il demeure dans le monde parce que Dieu a encore un dessein pour lui. Il doit briller, témoigner, persévérer, glorifier Christ et montrer la puissance de la grâce divine au milieu même des ténèbres. Paul écrit que nous sommes appelés à être « des enfants de Dieu sans tache au sein d’une humanité corrompue et perverse » (Philippiens 2.15).
Il faut bien comprendre ceci : être gardé dans le monde n’est pas une protection faible ou partielle. C’est une garde réelle, active, constante et divine. Jésus ne dit pas que le monde cessera d’être hostile. Il ne dit pas que ses disciples ne souffriront pas. Il dit qu’ils y seront gardés. Ils ne seront pas épargnés de toute pression, mais ils ne seront pas livrés sans secours à la puissance du malin.
J.C. Ryle l’a exprimé avec force : « Une religion qui ne coûte rien ne vaut rien ! Un christianisme à bon marché, sans croix, se révélera à la fin un christianisme inutile, sans couronne. » Cette pensée nous rappelle qu’on ne peut pas suivre réellement Jésus sans renoncement, sans obéissance et sans persévérance, parce qu’une foi qui refuse la croix ne conduira jamais à la gloire avec Christ (Matthieu 16.24 ; Romains 8.17).
Imagine un père qui envoie son fils accomplir une mission difficile dans un environnement hostile. Il ne le retire pas de la mission au premier danger. Mais il veille sur lui, il lui donne des ressources, il l’entoure, il l’assiste et il ne le perd pas de vue un seul instant. Le fils est réellement dans le champ de bataille, mais il n’est jamais abandonné. Ainsi en est-il des disciples de Jésus dans ce monde. Ils y sont envoyés, mais ils y sont gardés.
Dans l’Apocalypse, Jésus dit à l’Église de Smyrne : « N’aie pas peur des souffrances qui t’attendent. Voici, le diable va jeter plusieurs d’entre vous en prison, pour vous tenter, et vous connaîtrez dix jours de détresse. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la vie pour couronne » (Apocalypse 2.10). Cette expression des « dix jours » ne doit pas être comprise comme un chiffre nécessairement littéral, mais comme l’annonce d’une période limitée, réelle, intense, mais sous la souveraineté de Dieu.
Frères et sœurs, cessons de penser que la seule preuve de l’amour de Dieu serait de nous éviter toute difficulté. Parfois, son amour se manifeste autrement : en nous gardant au milieu même de l’épreuve. Si vous traversez un combat, n’en concluez pas trop vite que Dieu vous a oubliés. Souvenez-vous de la prière de Jésus. Vous êtes encore dans le monde, mais vous êtes gardés par le Père.
2. La garde du Père n’élimine pas le combat, mais elle assure la victoire spirituelle des siens
La Bible ne promet pas au croyant une vie sans conflit. Jésus dit au contraire : « Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage ! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16.33). Voilà l’équilibre biblique. Il y aura affliction, mais il y aura aussi victoire en Christ. La garde du Père ne signifie pas l’absence de combat. Elle signifie que le combat ne pourra pas finalement détruire ceux qui appartiennent à Jésus.
Dans Jean 17.12, Jésus déclare : « Aussi longtemps que j’étais parmi eux, je les ai gardés par le pouvoir de ton nom, ce nom que tu m’as donné ; je les ai protégés et aucun d’eux ne s’est perdu » (Jean 17.12). Quelle sécurité dans ces mots. Les disciples ont été gardés par Jésus durant son ministère terrestre, et maintenant Jésus demande au Père de poursuivre cette garde. Le croyant est donc enveloppé dans une fidélité divine qui dépasse tout ce qu’il peut voir ou sentir.
Cette garde se manifeste de plusieurs manières.
- Dieu garde ses enfants dans la vérité, afin qu’ils ne soient pas emportés par l’erreur (Jean 17.17).
- Il les garde dans la foi, afin qu’ils ne succombent pas totalement sous la pression (1 Pierre 1.5).
- Il les garde dans l’épreuve, afin que celle-ci ne les détruise pas spirituellement (1 Corinthiens 10.13).
- Il les garde aussi pour le jour final, afin qu’ils paraissent devant lui en Christ (Jude 24).
Thomas Brooks a écrit : « Que les épreuves, les tentations et les afflictions surviennent, le cœur droit tient ferme et demeure inébranlable. » Cette pensée souligne que la présence du combat n’annule pas la fidélité de Dieu, mais qu’au milieu même de l’épreuve, le croyant gardé par le Seigneur demeure ferme jusqu’au bout (Jean 17.12 ; 1 Pierre 1.5).
Pense à un navire dans une tempête. Le capitaine ne peut pas empêcher la mer de se déchaîner, ni le vent de souffler, ni les vagues de se lever. Mais tant qu’il tient fermement la barre et que le navire reste sous son contrôle, la tempête ne décide pas de la destination finale. Ainsi en est-il de la vie du croyant. Les vents peuvent être violents, les vagues impressionnantes, mais le Père tient la barre. Et ce qu’il garde, il le mène jusqu’au bout.
Peut-être traverses-tu aujourd’hui une saison de combat intense. Tu vois la tempête, mais tu as du mal à voir la main de Dieu. Souviens-toi que la garde du Père ne se mesure pas à l’absence de vent, mais à la fidélité de sa main sur ta vie. Même dans la lutte, tu n’es pas livré à toi-même. Si tu appartiens à Christ, tu es gardé par la puissance de Dieu (1 Pierre 1.5).
3. Être gardé dans le monde implique de demeurer dans la vérité, la prière et la consécration
La garde de Dieu ne rend pas le croyant passif. Au contraire, elle l’amène à demeurer dans les moyens de grâce que le Seigneur lui donne. Dans Jean 17, Jésus prie : « Consacre-les par la vérité. Ta Parole est la vérité » (Jean 17.17). Cela signifie que Dieu garde son peuple notamment en le sanctifiant par sa Parole. Un croyant négligent, détaché de l’Écriture, relâché dans la prière et insensible à la sainteté devient plus vulnérable dans le combat.
Être gardé par le Père ne veut donc pas dire vivre dans la légèreté spirituelle. Cela veut dire vivre dans une dépendance profonde. Le croyant garde son cœur près de Dieu. Il veille. Il prie. Il se nourrit de la Parole. Il se tient dans l’obéissance. Il ne se protège pas lui-même comme s’il était sa propre forteresse, mais il demeure dans la forteresse de Dieu.
Jésus dit aussi : « Veillez et priez, pour ne pas céder à la tentation » (Matthieu 26.41). Voilà notre responsabilité. Non pas fabriquer notre propre sécurité, mais veiller et prier dans une attitude de dépendance. Dieu garde les siens, et cette garde se manifeste dans une vie spirituelle réelle, vivante, sobre et attachée à Christ.
R.A. Torrey a écrit : « La prière favorisera notre sainteté personnelle comme rien d’autre, à part l’étude de la Parole de Dieu. » Cette parole rappelle que notre sécurité profonde ne vient pas d’un changement de décor, mais de la présence de Christ en nous et de notre attachement à lui.
Imagine un enfant marchant avec son père dans une forêt sombre. L’enfant n’a pas la force d’affronter seul les dangers du chemin. Sa sécurité ne vient ni de son âge, ni de son expérience, ni de son courage. Elle vient du fait qu’il tient la main de son père. Mais pour avancer en sécurité, il doit continuer à marcher avec lui, à écouter sa voix et à ne pas s’éloigner. Ainsi en est-il du croyant. Dieu garde les siens, mais il les garde dans une relation vivante de dépendance, d’écoute et de communion.
Frères et sœurs, si nous voulons expérimenter concrètement cette garde divine, demeurons près du Seigneur. Ouvrons sa Parole. Persévérons dans la prière. Refusons le compromis. Recherchons la sanctification. Ce n’est pas un fardeau légaliste. C’est la posture normale de ceux qui savent qu’ils sont gardés par le Père au milieu d’un monde hostile.
Conclusion
Gardés dans le monde par le Père. Quelle vérité précieuse pour l’Église de Jésus-Christ. Le Seigneur n’a pas prié pour que les siens soient retirés du monde, mais pour qu’ils y soient préservés du malin (Jean 17.15). La garde du Père n’enlève pas nécessairement le combat, mais elle assure que ses enfants ne seront pas finalement vaincus (1 Pierre 1.5). Et cette garde nous appelle à demeurer dans la vérité, la prière et la consécration (Jean 17.17).
Ce message doit fortifier notre cœur. Peut-être regardes-tu aux ténèbres du monde, à la montée du mal, à la pression spirituelle, et tu te demandes comment tu tiendras. La réponse n’est pas en toi. Elle est en Dieu. Si tu appartiens à Jésus-Christ, le Père te garde. Il te gardera dans la vérité, il te soutiendra dans l’épreuve, et il te conduira jusqu’au jour de Christ.
Si ton cœur est fatigué, viens te reposer de nouveau dans cette fidélité divine. Si tu t’es éloigné, reviens aujourd’hui sous la garde du bon Berger. Si tu as vécu dans la peur, écoute cette parole de Jésus : le Père veille sur les siens.
Et si tu n’as pas encore donné ta vie à Jésus-Christ, comprends bien ceci : il n’existe aucune sécurité véritable en dehors de lui. Le monde ne peut pas te garder. Tes forces ne peuvent pas te garder. Ta religion ne peut pas te garder non plus. Mais Jésus sauve parfaitement ceux qui viennent à Dieu par lui (Hébreux 7.25). Viens donc à lui aujourd’hui. Mets ta confiance en son nom. Et tu découvriras qu’au milieu d’un monde instable, il y a une sécurité éternelle dans les mains du Père.
