La fin d’un monde n’est pas la fin du monde

Les disciples de Jésus avaient du mal à comprendre la destruction du temple de Jérusalem, semblable à nos doutes face aux événements actuels. Bien que nous assistions à des crises, cela ne signifie pas la fin imminente. Nous devons rester vigilants et accomplir notre mission, en gardant l’espoir en le retour de Jésus-Christ.

Les disciples de Jésus avaient-ils les mêmes difficultés que nous à comprendre la fin des temps ?

« Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? » (Matthieu 24.3, LSG 1910)

Depuis des générations, les chrétiens cherchent à comprendre les événements qui précéderont le retour de Jésus-Christ. Les guerres, les catastrophes et les bouleversements politiques alimentent régulièrement les spéculations sur la fin du monde. Pourtant, nous oublions parfois que les disciples de Jésus eux-mêmes avaient de la difficulté à comprendre les événements qui allaient bouleverser leur époque.

Lorsque Jésus annonça la destruction du temple de Jérusalem, les disciples furent confrontés à une réalité qu’ils avaient probablement du mal à imaginer. Comment un édifice aussi important dans la vie religieuse d’Israël pouvait-il disparaître ? Pour eux, la destruction du temple semblait annoncer la fin de tout un monde. Toutefois, cette situation ressemble étrangement à la nôtre.

La destruction du temple : la fin d’un monde

Lorsque Jésus déclara qu’il ne resterait pas pierre sur pierre du temple (Matthieu 24.2), il annonçait un événement qui allait profondément bouleverser le peuple juif. Le temple représentait le centre de sa vie religieuse, et sa disparition semblait presque inconcevable.

C’est dans ce contexte que les disciples demandèrent à Jésus quand ces choses arriveraient et quel serait le signe de son avènement et de la fin de l’âge (Matthieu 24.3).

En l’an 70, les armées romaines détruisirent Jérusalem et son temple. Pour le peuple juif, ce fut une catastrophe historique. Un monde venait de disparaître, mais ce n’était pas encore la fin du monde.

La destruction du temple avait accompli les paroles de Jésus, sans entraîner pour autant son retour glorieux ni la résurrection des morts.

Nous ressemblons parfois aux disciples

Aujourd’hui, nous pouvons commettre une erreur semblable. Devant les guerres, les crises économiques, les catastrophes naturelles et les transformations de notre société, nous sommes parfois tentés de croire que chaque événement annonce immédiatement la fin. Pourtant, Jésus avait averti ses disciples :

« Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. » (Matthieu 24.6)

Ces paroles devraient nous inviter à davantage de prudence. Jésus ne nous demande pas d’ignorer les événements du monde, mais de ne pas les transformer systématiquement en signes annonçant son retour immédiat. Tout comme les disciples, nous regardons parfois l’avenir à travers nos propres attentes et notre compréhension limitée des prophéties.

Nous vivons déjà dans les derniers temps

Le Nouveau Testament nous enseigne que les derniers temps ont commencé avec la venue de Jésus-Christ.

« Dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. » (Hébreux 1.2)

Le jour de la Pentecôte, Pierre annonçait également l’accomplissement de la prophétie de Joël concernant les derniers jours (Actes 2.16-17).

Cela signifie que nous vivons dans les derniers temps depuis près de deux mille ans. Nous attendons l’accomplissement final du règne de Jésus-Christ, mais nous ne connaissons ni le jour ni l’heure de son retour (Matthieu 24.36). Nous devons donc éviter de chercher dans chaque événement d’actualité la confirmation de nos scénarios prophétiques.

Ce qui compte véritablement

Lorsque Jésus parle de son retour, il ne cherche pas simplement à satisfaire la curiosité de ses disciples. Il les invite surtout à demeurer vigilants et fidèles.

« Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. » (Matthieu 24.42)

Notre responsabilité n’est pas de prédire la fin du monde, mais de vivre chaque jour dans l’attente de Jésus-Christ, en accomplissant la mission qu’il nous a confiée. L’Église n’a pas reçu pour mission de déchiffrer tous les bouleversements politiques de notre époque, mais d’annoncer l’Évangile, de faire des disciples et de témoigner de Jésus-Christ (Matthieu 28.19-20).

Ce qui marquera véritablement la fin de l’âge présent

La Bible nous enseigne que ce ne sont ni les guerres, ni les catastrophes, ni les bouleversements politiques qui marqueront véritablement la fin de l’âge présent, mais le retour glorieux de Jésus-Christ, la résurrection des morts et le jugement dernier.

Jésus lui-même associe la résurrection et le jugement à une même heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix (Jean 5.28-29). L’apôtre Paul confirme que les morts en Christ ressusciteront lors de son avènement (1 Thessaloniciens 4.16-17) et que la fin viendra lorsque Christ aura remis le royaume à Dieu le Père, après avoir anéanti toute domination et vaincu le dernier ennemi, la mort (1 Corinthiens 15.23-26).

L’Écriture nous présente donc un accomplissement définitif, et non une succession interminable de scénarios catastrophiques. Avant le retour de Jésus-Christ, la résurrection des morts et le jugement final, l’âge présent n’aura pas atteint son terme. Voilà pourquoi nous devons garder les yeux fixés sur Jésus plutôt que sur les événements qui bouleversent notre monde.

Conclusion

Les disciples avaient de la difficulté à imaginer la disparition du temple de Jérusalem. Nous avons parfois la même difficulté à comprendre ce qui nous attend à la fin de l’âge présent. Mais leur expérience devrait nous enseigner l’humilité. Ce qui nous semble aujourd’hui annoncer la fin du monde pourrait simplement être un autre bouleversement dans l’histoire humaine.

Une chose demeure certaine : Jésus-Christ reviendra, et sa promesse s’accomplira et en attendant, notre espérance ne doit pas reposer sur les événements du monde, mais sur celui qui règne déjà et qui reviendra dans sa gloire.

La question la plus importante n’est donc pas : « Sommes-nous capables de reconnaître tous les signes de la fin ? » Mais plutôt : « Lorsque Jésus reviendra, nous trouvera-t-il fidèles à la mission qu’il nous a confiée ? » (Matthieu 24.45-46)