Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 12 – L’Église n’est pas un accident dans le plan de Dieu

L’Église n’est pas une parenthèse dans le plan de Dieu, mais une réalité centrale, bâtie par Christ. Elle rassemble Juifs et non-Juifs, faisant d’eux un seul corps, participant aux promesses divines. L’Église manifeste la sagesse de Dieu et reste inséparable de l’œuvre de Christ, appelant tous à l’unité et à la proclamation de l’Évangile.

Une des grandes erreurs de certaines lectures modernes de la Bible consiste à présenter l’Église comme une sorte de parenthèse dans le plan de Dieu. Selon cette manière de voir, Dieu aurait d’abord eu un programme principal avec Israël, puis, à cause du rejet de Jésus par une partie du peuple juif, il aurait introduit l’Église comme une solution temporaire, en attendant de reprendre plus tard son véritable programme avec Israël national.

Mais cette vision ne correspond pas à l’enseignement du Nouveau Testament. L’Église n’est pas une improvisation. Elle n’est pas un plan de remplacement. Elle n’est pas un accident de parcours. Elle n’est pas une parenthèse sans lien profond avec les promesses de Dieu. Elle est le peuple que Christ bâtit, le corps qu’il a racheté par son sang, la famille de Dieu composée de Juifs et de non-Juifs unis en lui, et l’expression du dessein éternel de Dieu.

Jésus a déclaré : « je bâtirai mon Eglise, contre laquelle la mort elle-même ne pourra rien » (Matthieu 16.18). Cette parole est fondamentale. L’Église appartient à Christ. Elle est bâtie par Christ. Elle repose sur Christ. Elle ne peut donc pas être traitée comme une réalité secondaire, provisoire ou marginale dans le plan de Dieu.

Le Nouveau Testament présente l’Église comme une réalité centrale dans l’accomplissement du dessein divin. En elle, Dieu manifeste sa sagesse. En elle, les croyants issus des Juifs et des nations sont réconciliés. En elle, Christ est reconnu comme la tête. En elle, Dieu rassemble son peuple par l’Évangile.

Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. Ce n’est pas mépriser Israël. C’est reconnaître que les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ, et que l’Église est le peuple racheté qui naît de cette œuvre accomplie.

1. Jésus a annoncé qu’il bâtirait son Église

Lorsque Jésus dit : « Je bâtirai mon Église » (Matthieu 16.18), il ne parle pas d’une œuvre improvisée. Il annonce ce qu’il est venu accomplir. L’Église n’est pas une construction humaine. Elle n’est pas née d’une stratégie religieuse. Elle n’est pas une institution inventée par les apôtres après l’échec d’un projet précédent. Elle est l’œuvre du Christ vivant.

Le mot « Église » désigne l’assemblée de ceux que Dieu appelle à lui. Jésus parle donc d’un peuple rassemblé autour de lui, confessant son identité, vivant sous son autorité et appartenant à son royaume. Cette parole est prononcée dans le contexte de la confession de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16.16). L’Église est donc bâtie sur la révélation de Jésus comme Messie et Fils de Dieu. Elle n’est pas bâtie sur l’ethnicité. Elle n’est pas bâtie sur une appartenance nationale. Elle n’est pas bâtie sur un temple terrestre. Elle est bâtie sur Christ reconnu, confessé et suivi. Cela signifie que l’Église est profondément liée à l’identité messianique de Jésus. Elle est le peuple du Messie. Elle est l’assemblée de ceux qui ont reconnu en lui le Christ promis.

Ainsi, l’Église n’est pas une parenthèse. Elle est la communauté que le Messie lui-même bâtit.

2. L’Église est enracinée dans le dessein éternel de Dieu

Paul révèle dans l’épître aux Éphésiens que le rassemblement des Juifs et des non-Juifs en Christ fait partie du dessein éternel de Dieu. Il ne s’agit pas d’un plan secondaire inventé après coup. Il écrit que Dieu a formé un plan : « Ce plan, il l’a fixé d’avance, dans sa bonté, en Christ » (Éphésiens 1.9). Puis il précise que ce plan consiste à tout réunir sous l’autorité de Christ : « Selon ce plan, tout ce qui est au ciel et tout ce qui est sur la terre doit être harmonieusement réuni en Christ » (Éphésiens 1.10). Le plan de Dieu est donc christocentrique. Son but est de tout rassembler sous Christ. Cela inclut le salut des croyants, la réconciliation des peuples, l’unité du peuple de Dieu et l’établissement final du règne du Seigneur.

Plus loin, Paul parle du mystère révélé : « ce secret c’est que, par leur union avec Jésus-Christ, les non-Juifs reçoivent le même héritage que nous, les Juifs, ils font partie du même corps et ont part à la même promesse, par le moyen de l’Evangile » (Éphésiens 3.6). Ce texte est décisif. Paul ne dit pas que les non-Juifs croyants forment un peuple secondaire à côté d’Israël. Il dit qu’ils ont le même héritage, qu’ils sont membres du même corps et qu’ils participent à la même promesse. Tout cela se fait par l’union avec Jésus-Christ et par l’Évangile.

Voilà le dessein de Dieu. Ce n’est pas un accident. Ce n’est pas une parenthèse. C’est le mystère maintenant révélé en Christ.

3. Le mystère de l’Église était caché, mais non improvisé

Paul parle de ce mystère comme d’une réalité qui était cachée autrefois, mais qui est maintenant révélée. Il écrit : « En effet, Dieu ne l’a pas fait connaître aux hommes des générations passées comme il l’a révélé maintenant, par le Saint-Esprit, à ses apôtres, ses prophètes qu’il a consacrés à son service » (Éphésiens 3.5). Cela ne signifie pas que Dieu a changé de plan. Cela signifie que Dieu a révélé progressivement ce qu’il avait prévu depuis longtemps. Le mystère n’était pas une improvisation. Il était caché en Dieu jusqu’au moment fixé.

Ce mystère est que les non-Juifs sont pleinement intégrés au peuple de Dieu par Jésus-Christ. Ils ne sont pas simplement tolérés. Ils ne sont pas invités comme visiteurs. Ils ne sont pas ajoutés comme croyants de second rang. Ils ont le même héritage, le même corps, la même promesse (Éphésiens 3.6).

Paul dit ensuite que ce mystère révèle la sagesse de Dieu : « Par cette mise en lumière, les Autorités et les Puissances dans le monde céleste peuvent connaître, par le moyen de l’Eglise, les aspects infiniment variés de sa sagesse » (Éphésiens 3.10). Par le moyen de l’Église, Dieu manifeste sa sagesse. Cela montre l’importance immense de l’Église dans le plan divin. Elle n’est pas une solution provisoire. Elle est le moyen par lequel Dieu expose sa sagesse dans les lieux célestes. Puis Paul ajoute : « Cela s’accomplit conformément à ce qui a été fixé de toute éternité et qui s’est réalisé par Jésus-Christ notre Seigneur » (Éphésiens 3.11).

Le texte est clair : l’Église est liée au plan éternel de Dieu réalisé en Christ.

4. L’Église est le peuple racheté par le sang de Christ

L’Église n’existe pas parce que Dieu aurait abandonné son projet. Elle existe parce que Jésus a donné sa vie pour racheter un peuple. Paul dit aux anciens d’Éphèse : « Veillez donc sur vous-mêmes et sur tout le troupeau de l’Eglise que le Saint-Esprit a confié à votre garde. Comme le berger le fait de son troupeau, prenez soin de l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son sacrifice » (Actes 20.28). L’Église appartient à Dieu parce qu’elle a été acquise par le sang de Christ. Il ne s’agit donc pas d’une institution légère ou secondaire. Le prix de l’Église, c’est le sang du Fils de Dieu.

Cela signifie que mépriser l’Église comme simple parenthèse revient à diminuer la valeur de ce que Christ a racheté. L’Église est précieuse parce qu’elle est le fruit de la croix. Paul écrit aussi : « Christ a aimé l’Eglise : il a donné sa vie pour elle » (Éphésiens 5.25). Christ aime l’Église. Il l’a rachetée. Il la sanctifie. Il la nourrit. Il en prend soin. Elle n’est pas un projet secondaire dans son cœur.

Si Christ a donné sa vie pour elle, comment pourrions-nous la présenter comme une réalité accidentelle ?

5. L’Église est composée de Juifs et de non-Juifs réconciliés

L’un des textes les plus puissants sur l’Église est Éphésiens 2. Paul y explique que les non-Juifs étaient autrefois éloignés, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde (Éphésiens 2.12). Mais il ajoute : « Mais maintenant, par votre union avec Jésus-Christ, vous qui, autrefois, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce au sacrifice de Christ » (Éphésiens 2.13). Puis il déclare : « Il a, en effet, instauré l’unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait » (Éphésiens 2.14).

L’Église est donc le lieu de la réconciliation accomplie par Christ. Elle n’est pas un peuple de non-Juifs qui aurait remplacé les Juifs. Elle est le peuple nouveau créé par Christ à partir des Juifs et des non-Juifs croyants. Paul précise : « Il voulait ainsi créer une seule et nouvelle humanité à partir des Juifs et des non-Juifs qu’il a unis à lui-même, en établissant la paix » (Éphésiens 2.15). Et encore : « Il voulait aussi les réconcilier les uns et les autres avec Dieu et les unir en un seul corps, en supprimant, par sa mort sur la croix, ce qui faisait d’eux des ennemis » (Éphésiens 2.16). L’Église est ce seul corps. Elle est le fruit de la croix. Elle manifeste l’unité accomplie en Jésus-Christ.

Voilà pourquoi il est impossible de dire que Dieu aurait deux peuples spirituellement séparés, l’un terrestre et l’autre céleste, l’un centré sur Israël national et l’autre centré sur l’Église. Le Nouveau Testament parle d’un seul corps, créé par Christ, réconcilié par la croix.

6. L’Église n’est pas étrangère aux promesses, elle y participe en Christ

Certains présentent parfois l’Église comme étrangère aux promesses faites à Israël. Mais Paul dit exactement le contraire. Il affirme que les non-Juifs croyants participent maintenant à la promesse par leur union avec Christ. Il écrit : « Et ce secret c’est que, par leur union avec Jésus-Christ, les non-Juifs reçoivent le même héritage que nous, les Juifs, ils font partie du même corps et ont part à la même promesse, par le moyen de l’Evangile » (Éphésiens 3.6).

Ce verset est d’une clarté remarquable.

  • Le même héritage.
  • Le même corps.
  • La même promesse.
  • Tout cela en Christ.

Paul ne dit pas que les croyants des nations volent l’héritage d’Israël. Il ne dit pas qu’ils remplacent Israël selon la chair par orgueil. Il dit qu’ils participent à la promesse par l’Évangile, parce qu’ils sont unis au Messie. C’est exactement ce qu’il enseigne aussi dans Galates : « Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29). L’Église n’est donc pas un peuple sans rapport avec Abraham. Elle est composée de ceux qui appartiennent à Christ, la descendance promise, et qui deviennent héritiers en lui.

Encore une fois, ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est la doctrine apostolique de l’union avec Christ.

7. L’Église est le peuple royal, saint et sacerdotal de la nouvelle alliance

Pierre applique aux croyants en Christ des expressions qui rappellent fortement la vocation d’Israël dans l’Ancien Testament. Il écrit : « Mais vous, vous êtes un peuple élu, une communauté de rois-prêtres, une nation sainte, un peuple que Dieu a pris pour sien, pour que vous célébriez bien haut les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés à passer des ténèbres à son admirable lumière  » (1 Pierre 2.9). Ce langage est très fort. Pierre s’adresse à des croyants en Jésus-Christ et leur applique les titres de vocation du peuple de Dieu. Il ne le fait pas pour nourrir l’orgueil des non-Juifs, mais pour montrer que l’identité du peuple de Dieu s’accomplit maintenant en Christ. Il ajoute : « Car vous qui autrefois n’étiez pas son peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu » (1 Pierre 2.10). Le peuple de Dieu est donc défini par l’appel de Dieu, la foi en Christ, la rédemption et l’appartenance à la nouvelle alliance. Il ne s’agit pas d’un remplacement charnel, mais d’une identité nouvelle en Jésus.

Ce peuple a une vocation : proclamer les œuvres merveilleuses de Dieu. Il ne doit pas se glorifier lui-même. Il doit glorifier celui qui l’a appelé des ténèbres à la lumière. Voilà ce qu’est l’Église : le peuple racheté qui témoigne de la gloire de Dieu en Jésus-Christ.

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, plusieurs discours cherchent à convaincre les chrétiens qu’ils doivent adopter une certaine manière de parler d’Israël pour ne pas être soupçonnés d’antisémitisme. Il faut bien sûr condamner toute haine contre les Juifs. L’antisémitisme est un péché, et l’Église doit le rejeter clairement.

Mais le danger apparaît lorsque cette lutte légitime devient une pression doctrinale. Si l’on pousse les pasteurs à présenter l’Église comme secondaire, provisoire ou séparée du vrai centre du plan de Dieu, alors il faut revenir à la Parole.

  • L’Église n’est pas une parenthèse (Éphésiens 3.10-11).
  • L’Église n’est pas un accident (Matthieu 16.18).
  • L’Église n’est pas une solution temporaire (Éphésiens 5.25-27).
  • Ces versets soutiennent chacun l’idée que l’Église fait partie du plan éternel de Dieu, qu’elle a été voulue et annoncée par Christ, et qu’elle demeure au cœur de son œuvre jusqu’à son accomplissement final.
  • L’Église est l’Église que Christ bâtit (Matthieu 16.18).
  • L’Église est le corps que Christ a racheté par son sang (Actes 20.28).
  • L’Église est le peuple dans lequel Juifs et non-Juifs croyants sont réconciliés en un seul corps (Éphésiens 2.16).
  • L’Église est le moyen par lequel Dieu manifeste sa sagesse selon son plan éternel (Éphésiens 3.10-11).

Un pasteur ne doit donc pas laisser une pression extérieure le pousser à diminuer l’Église pour exalter une lecture nationaliste ou terrestre des promesses. Il doit aimer les Juifs, prier pour leur salut, rejeter toute haine envers eux, mais il doit aussi enseigner clairement la place glorieuse de l’Église dans le dessein de Dieu.

9. Diminuer l’Église, c’est affaiblir l’œuvre de Christ

Il faut comprendre la gravité de cette question. Si l’Église est le corps de Christ, la famille de Dieu, le temple de l’Esprit, le peuple racheté par le sang de Jésus, alors la traiter comme une parenthèse revient à affaiblir ce que Christ a accompli. Paul écrit : « Il est lui-même la tête de son corps qui est l’Église » (Colossiens 1.18).

L’Église est donc inséparable de Christ. Elle n’est pas une institution à côté de lui. Elle est son corps. Il en est la tête. Il la dirige, la nourrit, la sanctifie, la protège et l’édifie. Paul dit aussi que Dieu a tout placé sous les pieds de Christ et l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps (Éphésiens 1.22-23).

Comment pourrions-nous parler de l’Église comme d’une parenthèse alors que Christ en est la tête ?

Comment pourrions-nous la considérer comme secondaire alors que Dieu manifeste par elle sa sagesse ?

Comment pourrions-nous la détacher des promesses alors que Paul dit que les croyants des nations participent à la même promesse en Christ ?

Diminuer l’Église, ce n’est pas honorer Israël. C’est affaiblir la gloire de l’œuvre accomplie par Jésus-Christ.

10. L’Église doit demeurer fidèle à son identité

Si l’Église oublie qui elle est, elle deviendra vulnérable aux pressions de son époque. Elle cherchera son identité dans l’approbation publique, dans des alliances institutionnelles, dans des causes politiques ou dans des systèmes théologiques humains.

Mais l’Église doit se souvenir de son identité biblique.

  • Elle est l’assemblée de ceux que Christ appelle (1 Pierre 2.9-10).
  • Elle est le peuple racheté par son sang (Apocalypse 5.9).
  • Elle est le corps dont Christ est la tête (Colossiens 1.18).
  • Elle est le temple habité par l’Esprit (1 Corinthiens 3.16).
  • Elle est la famille de Dieu (Éphésiens 2.19).
  • Elle est composée de Juifs et de non-Juifs réconciliés par la croix (Éphésiens 2.14-16).
  • Elle participe aux promesses en Christ (Galates 3.29).
  • Elle annonce les œuvres merveilleuses de Dieu (1 Pierre 2.9).
  • Elle attend le retour glorieux de son Seigneur (Tite 2.13).

Cette identité ne vient pas des hommes. Elle vient de Dieu.

Voilà pourquoi l’Église ne doit pas se laisser définir par une idéologie, une pression sociale, une déclaration interreligieuse ou un mouvement politique. Elle doit se laisser définir par la Parole de Dieu.

11. Ce que l’Église doit proclamer

L’Église doit proclamer que l’antisémitisme est un péché et qu’aucune haine envers les Juifs ne peut être justifiée par la foi chrétienne.

L’Église doit proclamer que Jésus est le Messie promis à Israël et le Sauveur des nations (Luc 2.30-32).

L’Église doit proclamer que Christ bâtit son Église et que les puissances de l’enfer ne pourront rien contre elle (Matthieu 16.18).

L’Église doit proclamer qu’elle a été acquise par le sang de Dieu (Actes 20.28).

L’Église doit proclamer que les Juifs et les non-Juifs croyants sont réconciliés en un seul corps par la croix (Éphésiens 2.16).

L’Église doit proclamer que les non-Juifs croyants ont le même héritage, sont membres du même corps et participent à la même promesse par leur union avec Jésus-Christ et par l’Évangile (Éphésiens 3.6).

L’Église doit proclamer que Dieu manifeste sa sagesse par l’Église, selon son plan éternel réalisé en Jésus-Christ (Éphésiens 3.10-11).

L’Église doit proclamer que Christ est la tête de son corps, l’Église (Colossiens 1.18).

Voilà la vérité que l’Église doit garder sans honte.

Conclusion

L’Église n’est pas un accident dans le plan de Dieu. Elle n’est pas une parenthèse. Elle n’est pas une solution temporaire née d’un imprévu. Elle est l’œuvre de Christ, le fruit de la croix, le peuple racheté par son sang, le corps dont il est la tête, la famille où Juifs et non-Juifs croyants sont réconciliés en un seul corps.

Jésus a dit : « Je bâtirai mon Église » (Matthieu 16.18).

Paul a dit que les non-Juifs croyants ont le même héritage, sont membres du même corps et participent à la même promesse en Christ (Éphésiens 3.6).

Il a aussi dit que Dieu manifeste par l’Église les aspects infiniment variés de sa sagesse, conformément à son plan éternel réalisé dans le Christ Jésus (Éphésiens 3.10-11).

Voilà la place glorieuse de l’Église.

Nous devons donc rejeter toute haine envers les Juifs. Nous devons aimer, prier, témoigner et parler avec respect. Mais nous devons aussi refuser toute pression qui voudrait diminuer l’Église ou la présenter comme secondaire dans le plan de Dieu.

L’Église appartient à Jésus-Christ.

L’Église a été rachetée par son sang.

L’Église est bâtie par sa main.

L’Église est habitée par son Esprit.

L’Église proclame son Évangile.

L’Église attend son retour.

Et jusqu’à ce jour, elle doit rester fermement attachée à cette vérité : en Jésus-Christ, Dieu rassemble un seul peuple, composé de Juifs et de non-Juifs, réconciliés par la croix, héritiers de la même promesse et appelés à glorifier le même Seigneur.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 11 – Paul aimait profondément Israël, mais il annonçait Christ comme seule justice

L’apôtre Paul, en tant que Juif, a exprimé son amour pour son peuple, Israël, tout en affirmant que la justice devant Dieu ne s’obtient que par la foi en Jésus-Christ. Il prône un équilibre entre compassion et vérité, soulignant que tous, Juifs et non-Juifs, ont besoin de Christ pour le salut.

Lorsque l’on parle d’Israël, de la foi chrétienne et de l’accomplissement en Jésus-Christ, l’apôtre Paul est un témoin incontournable. Il était Juif. Il connaissait les Écritures. Il aimait son peuple. Il portait dans son cœur une profonde douleur pour ses frères selon la chair. Pourtant, ce même Paul a annoncé avec force que personne, Juif ou non-Juif, ne peut être déclaré juste devant Dieu en dehors de Jésus-Christ.

C’est précisément ce qui rend son témoignage si important. Paul ne parlait pas contre Israël avec mépris. Il parlait comme un homme qui aimait profondément son peuple, mais qui avait compris que la justice de Dieu ne se reçoit pas par la Loi, par l’origine ethnique, par les privilèges religieux ou par l’appartenance nationale. Elle se reçoit par la foi en Jésus-Christ. Il écrivait : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Cette parole devrait régler bien des malentendus. Paul ne désirait pas la condamnation d’Israël. Il désirait son salut. Il ne nourrissait pas de haine. Il priait. Il ne parlait pas avec arrogance. Il souffrait. Mais son amour ne l’a jamais conduit à adoucir l’Évangile ou à présenter une justice séparée de Christ.

Dans notre contexte actuel, nous avons besoin de retrouver cet équilibre apostolique : aimer les Juifs sans compromis, rejeter toute haine envers eux, mais annoncer clairement que Jésus-Christ est la seule justice devant Dieu.

1. Paul était profondément attaché à son peuple

Paul n’était pas un étranger à Israël. Il n’était pas un homme coupé de l’histoire de son peuple. Il connaissait ses privilèges, ses promesses, ses Écritures, son culte, ses patriarches. Il savait que le Messie lui-même était venu d’Israël selon la chair. Il écrit : « Ce sont les Israélites. C’est à eux qu’appartiennent la condition de fils adoptifs de Dieu, la manifestation glorieuse de la présence divine, les alliances, le don de la Loi, le culte et les promesses ; à eux les patriarches ! Et c’est d’eux qu’est issu Christ dans son humanité ; il est aussi au-dessus de tout, Dieu béni pour toujours. Amen !  » (Romains 9.4-5). Paul ne nie donc pas les privilèges historiques d’Israël. Il ne parle pas comme si Dieu n’avait jamais agi à travers ce peuple. Il reconnaît clairement la place unique d’Israël dans l’histoire du salut.

Mais reconnaître ces privilèges ne signifie pas affirmer que le salut serait possible en dehors de Christ. Paul sait que les alliances, la Loi, le culte et les promesses conduisent à Jésus. Elles ne le contournent pas. Elles ne créent pas une voie parallèle. Elles trouvent leur accomplissement en lui. Voilà pourquoi Paul peut tenir ensemble deux vérités : Israël a reçu de grands privilèges dans l’histoire biblique, et pourtant Israël selon la chair a besoin du salut en Jésus-Christ.

Ces deux vérités ne se contredisent pas. Elles se complètent. Puis, elles nous empêchent à la fois de mépriser Israël et de séparer Israël de son Messie.

2. Paul portait une douleur réelle pour Israël

Paul ne parle pas d’Israël avec indifférence. Il écrit : « Je dis la vérité, en tant qu’homme uni à Christ, je ne mens pas ; ma conscience, en accord avec l’Esprit Saint, me rend ce témoignage : j’éprouve une profonde tristesse et un chagrin continuel dans mon cœur » (Romains 9.1-2). Ces paroles sont fortes. Paul ne traite pas le sujet froidement, comme une simple question théologique. Il le porte dans son cœur. Il est attristé. Il ressent une douleur continuelle. Il va même jusqu’à dire : « Oui, je demanderais à Dieu d’être maudit et séparé de Christ pour mes frères, nés du même peuple que moi » (Romains 9.3). Cette phrase montre l’intensité de son amour. Paul ne haïssait pas Israël. Il ne se réjouissait pas de l’endurcissement d’une partie de son peuple. Il ne parlait pas avec mépris. Il était prêt, dans l’expression de sa douleur, à souhaiter l’impossible pour leur bien.

Voilà le cœur que l’Église doit retrouver. Si nous parlons d’Israël sans amour, sans prière, sans douleur, sans compassion, nous ne parlons pas comme Paul. La vérité biblique ne doit jamais être annoncée avec mépris.

Cependant l’amour de Paul ne l’a pas conduit à mentir. Il n’a pas dit : « Ils n’ont pas besoin de Christ puisqu’ils sont Israël selon la chair. » Il a dit : « je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1).

3. Paul reconnaissait leur zèle, mais dénonçait leur erreur

Paul écrit au sujet de ses frères selon la chair : « Car je leur rends ce témoignage : ils ont un zèle ardent pour Dieu, mais il leur manque le discernement » (Romains 10.2). Cette phrase est très importante. Paul reconnaît quelque chose de positif : ils ont du zèle pour Dieu. Il ne les caricature pas. Il ne les présente pas comme des gens sans aucune recherche religieuse. Il reconnaît leur sérieux, leur attachement, leur ferveur. Mais il ajoute que ce zèle est mal éclairé. Il manque la lumière de Christ. Il est sincère, mais il n’est pas conforme à la révélation accomplie en Jésus.

C’est une vérité qui demeure actuelle. La sincérité religieuse ne sauve pas. Le zèle ne suffit pas. La tradition ne suffit pas. L’identité religieuse ne suffit pas. Il faut la justice de Dieu reçue en Jésus-Christ. Paul poursuit : « En méconnaissant la manière dont Dieu déclare les hommes justes et en cherchant à être déclarés justes par leurs propres moyens, ils ne se sont pas soumis à Dieu en acceptant le moyen par lequel il nous déclare justes » (Romains 10.3). L’erreur est claire : chercher à établir sa propre justice au lieu de recevoir la justice que Dieu donne.

Cette erreur n’est pas propre aux Juifs. Elle est universelle. Le cœur humain veut toujours se justifier lui-même. Certains s’appuient sur leur morale. D’autres sur leur religion. D’autres sur leurs traditions. D’autres sur leur appartenance. Néanmoins devant Dieu, une seule justice sauve : celle qui vient de Christ.

4. Christ est l’aboutissement de la Loi

Paul déclare ensuite : « Car Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes » (Romains 10.4). Ce verset est central. Le mot « fin » ne doit pas être compris comme une destruction méprisante, mais comme l’aboutissement, le but, le terme vers lequel la Loi conduisait. La Loi révélait le péché, enseignait la sainteté de Dieu, distinguait Israël, encadrait le culte, annonçait la nécessité d’un sacrifice, mais elle conduisait à Christ.

Jésus est l’aboutissement de la Loi. Cela signifie que la justice ne se trouve pas dans l’observance de la Loi comme moyen de salut. Elle se trouve en Jésus-Christ. Tous ceux qui croient sont déclarés justes par lui. Paul ne dit pas : « Christ est l’aboutissement de la Loi pour les non-Juifs seulement. » Il dit : « pour tous ceux qui croient ». Cela inclut les Juifs et les non-Juifs.

Il n’y a donc pas deux justices. Il n’y a pas une justice par la Loi pour Israël et une justice par Christ pour les nations. Il y a une seule justice devant Dieu : celle qui vient de Christ et qui se reçoit par la foi.

5. Paul avait lui-même renoncé à sa propre justice

Le témoignage personnel de Paul dans Philippiens 3 éclaire profondément sa doctrine. Paul pouvait se glorifier de nombreux privilèges selon la chair : « j’ai été circoncis le huitième jour, je suis Israélite de naissance, de la tribu de Benjamin, de pur sang hébreu. Pour ce qui concerne le respect de la Loi, je faisais partie des pharisiens » (Philippiens 3.5). Paul avait une identité forte. Il avait une appartenance religieuse solide. Il avait un zèle remarquable. Il avait une réputation de piété selon les standards de son époque.

Cependant après avoir rencontré Christ, il écrit : « Toutes ces choses constituaient, à mes yeux, un gain, mais à cause de Christ, je les considère désormais comme une perte. Oui, je considère toutes choses comme une perte à cause de ce bien suprême : la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui, j’ai accepté de perdre tout cela, oui, je le considère comme bon à être mis au rebut, afin de gagner Christ » (Philippiens 3.7-8).

Paul ne rejette pas son histoire par mépris envers Israël. Il ne renie pas le fait que Dieu a agi dans l’histoire de son peuple. Mais il refuse de s’appuyer sur ces privilèges comme fondement de sa justice devant Dieu. Il ajoute : « Mon désir est d’être trouvé en lui, non pas avec une justice que j’aurais moi-même acquise en obéissant à la Loi mais avec la justice qui vient de la foi en Christ et que Dieu accorde à ceux qui croient » (Philippiens 3.9, BDS)

Dans ce passage, Paul oppose clairement deux justices :

  1. La justice que l’homme cherche à établir par ses propres œuvres et son obéissance à la Loi.
  2. La justice que Dieu accorde gratuitement à celui qui place sa foi en Jésus-Christ.

Paul avait tous les privilèges religieux qu’un Juif pouvait désirer, mais il a renoncé à toute confiance en ses mérites pour s’appuyer uniquement sur la justice que Dieu donne en Christ (Philippiens 3.4-9). Cette justice n’est pas gagnée, elle est reçue par la foi.

6. Il n’y a pas deux chemins de salut

Paul est catégorique : le salut est le même pour tous. Il ne divise pas l’humanité entre un peuple sauvé par son appartenance historique et un autre peuple sauvé par la foi en Christ. Il place tous les êtres humains devant le même besoin : recevoir la justice de Dieu par Jésus-Christ. Il écrit : « il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui » (Romains 10.12). Puis il ajoute : « Tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés » (Romains 10.13). Cette parole est fondamentale. Paul ne dit pas : « Les non-Juifs doivent faire appel au Seigneur, mais Israël possède une autre voie. » Il dit : « Tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés. »

Le salut est donc offert aux Juifs et aux non-Juifs par le même Seigneur. Il n’y a pas une justice réservée à Israël selon la chair et une autre justice réservée aux nations. Il n’y a pas une alliance salvatrice parallèle qui permettrait à un peuple d’être sauvé sans passer par Jésus-Christ. C’est exactement ce que Pierre avait annoncé devant les autorités religieuses de Jérusalem : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12).

L’Église doit donc parler avec amour, mais aussi avec fidélité. Aimer les Juifs ne signifie pas leur annoncer une sécurité spirituelle en dehors de Christ. Aimer les Juifs signifie prier pour leur salut et leur annoncer Jésus comme le Messie promis.

7. Paul annonçait Christ aux Juifs comme aux non-Juifs

Le ministère de Paul montre clairement son équilibre. Partout où il allait, il annonçait Jésus. Il entrait souvent d’abord dans les synagogues pour démontrer, à partir des Écritures, que Jésus est le Christ. Sur ce point, le livre des Actes rapporte que : « Selon son habitude, Paul s’y rendit et, pendant trois sabbats, il discuta avec eux sur les Ecritures. Il les leur expliquait et leur démontrait que, d’après elles, le Messie devait mourir, puis ressusciter. – Le Messie, disait-il, n’est autre que ce Jésus que je vous annonce » (Actes 17.2-3). Paul n’allait pas vers les Juifs pour les mépriser. Il allait vers eux avec les Écritures. Il leur montrait que le Messie devait souffrir, mourir et ressusciter. Il annonçait que Jésus est ce Messie.

Cette méthode est importante. Paul n’annonçait pas un message anti-juif. Il annonçait l’accomplissement des Écritures juives en Jésus. Il ne disait pas : « Votre histoire n’a aucun sens. » Il disait : « Votre histoire trouve son accomplissement dans le Christ. »

Voilà le cœur de la prédication chrétienne. Nous ne rejetons pas l’Ancien Testament. Nous le lisons à la lumière de Jésus. Nous ne méprisons pas les promesses faites à Israël. Nous confessons qu’elles trouvent leur « oui » en Christ (2 Corinthiens 1.20).

8. Paul refusait toute justice fondée sur la chair

Même si Paul reconnaissait les privilèges d’Israël, il refusait que la chair devienne le fondement de la justice devant Dieu. Pour lui, personne ne peut se tenir devant Dieu en s’appuyant sur son origine, son zèle, sa tradition ou son observance religieuse. Il écrit ailleurs : « Tous ont péché, en effet, et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Puis il ajoute : « et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ » (Romains 3.24). La justice est donc un don de grâce. Elle ne vient pas de la chair. Elle ne vient pas de la Loi comme moyen de justification. Elle ne vient pas d’un privilège historique. Elle vient de Jésus-Christ.

Cela humilie tout le monde. Le Juif ne peut pas se glorifier dans la Loi. Le non-Juif ne peut pas se glorifier dans son appartenance aux nations. Tous sont pécheurs. Tous ont besoin de grâce. Tous doivent venir à Christ. C’est pourquoi Paul peut affirmer : « Reste-t-il encore une raison de se vanter ? Non, cela est exclu. En vertu de quel principe ? Celui de l’obéissance à la Loi ? Non, mais selon le principe de la foi » (Romains 3.27).

L’Évangile exclut l’orgueil. Il exclut l’antisémitisme, car le non-Juif n’a aucune raison de se croire supérieur. Mais il exclut aussi toute confiance dans la chair, car personne n’est déclaré juste devant Dieu en dehors de Christ.

9. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, il devient nécessaire de rappeler cette vérité avec prudence et fermeté. Plusieurs initiatives publiques encouragent les leaders chrétiens à lutter contre l’antisémitisme. Lorsqu’il s’agit de condamner la haine, la violence, les menaces et les généralisations injustes envers les Juifs, les chrétiens doivent répondre clairement : oui. L’antisémitisme est un péché, et l’Église doit le rejeter.

Mais la vigilance devient nécessaire lorsque cette lutte glisse vers une pression doctrinale. Si l’on attend des pasteurs qu’ils parlent d’Israël d’une manière qui laisse entendre qu’il existerait une justice ou une appartenance à Dieu en dehors de Jésus-Christ, alors l’Église doit revenir à Paul.

  • Paul aimait Israël, mais il priait pour son salut (Romains 10.1).
  • Paul reconnaissait le zèle d’Israël, mais il disait que ce zèle était mal éclairé sans la justice de Dieu en Christ (Romains 10.2-3).
  • Paul reconnaissait les privilèges historiques d’Israël, mais il annonçait que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).
  • Paul refusait la haine, mais il refusait aussi le silence sur Christ.

Voilà la ligne biblique que l’Église doit garder. Nous pouvons aimer les Juifs, les respecter, refuser toute violence contre eux, et en même temps annoncer qu’ils ont besoin de Jésus comme tous les hommes.

Ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est l’Évangile.

10. L’amour véritable ne cache pas le Sauveur

Il faut poser une question simple : serait-il vraiment aimant de taire Jésus à ceux qui ont besoin de lui ?

Si Jésus est le seul chemin vers le Père, alors l’amour ne peut pas consister à laisser croire qu’un autre chemin existe (Jean 14.6). Si le salut ne se trouve qu’en lui, alors l’amour ne peut pas se taire par peur d’offenser (Actes 4.12). Si Christ est l’aboutissement de la Loi, alors l’amour ne peut pas faire comme si la Loi suffisait sans lui (Romains 10.4).

Paul aimait Israël, et c’est justement pour cela qu’il priait pour son salut. Il savait que le plus grand besoin de son peuple n’était pas d’être flatté dans son identité religieuse, mais d’être réconcilié avec Dieu par Jésus-Christ.

C’est aussi vrai pour les non-Juifs. L’Église ne doit pas annoncer Jésus aux uns et le taire aux autres. Elle doit annoncer le même Seigneur à tous, car tous ont besoin de la même grâce. L’amour chrétien n’est pas une flatterie religieuse.

L’amour chrétien est une vérité portée avec compassion.

  • L’amour chrétien ne méprise pas, car Dieu ne fait pas de favoritisme et accueille tous ceux qui viennent à lui (Actes 10.34-35).
  • L’amour chrétien ne force pas, car le Seigneur appelle avec douceur et laisse chacun répondre librement à son invitation (Apocalypse 3.20).
  • L’amour chrétien ne manipule pas, car l’amour véritable ne cherche pas son propre intérêt et agit dans la vérité (1 Corinthiens 13.5-6).
  • L’amour chrétien ne parle pas avec arrogance, car l’amour n’est pas orgueilleux et ne se vante pas (1 Corinthiens 13.4).
  • L’amour chrétien témoigne de Christ, car nous sommes appelés à être ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre (Actes 1.8).

11. Ce que l’Église doit apprendre de Paul

Paul nous enseigne comment parler d’Israël avec un cœur juste.

  • Il nous enseigne à reconnaître les privilèges historiques d’Israël sans séparer Israël de Christ (Romains 9.4-5).
  • Il nous enseigne à porter une douleur réelle pour ceux qui ne reconnaissent pas encore Jésus comme Messie (Romains 9.1-3).
  • Il nous enseigne à prier pour leur salut (Romains 10.1).
  • Il nous enseigne à reconnaître leur zèle sans taire leur besoin de la justice de Dieu (Romains 10.2-3).
  • Il nous enseigne que Christ est l’aboutissement de la Loi (Romains 10.4).
  • Il nous enseigne que le même Seigneur sauve tous ceux qui font appel à lui (Romains 10.12-13).
  • Il nous enseigne à refuser l’orgueil des non-Juifs (Romains 11.17-20).
  • Il nous enseigne à espérer que des Juifs soient greffés de nouveau par la foi (Romains 11.23).

Voilà l’équilibre biblique. Ni haine. Ni orgueil. Ni silence. Ni compromis.

Conclusion

Paul aimait profondément Israël. Son cœur était rempli de tristesse et de douleur pour ses frères selon la chair. Il reconnaissait leurs privilèges historiques, leur zèle religieux et leur place dans l’histoire du salut. Il ne parlait pas d’eux avec mépris. Il priait pour leur salut.

Mais Paul annonçait aussi clairement que Jésus-Christ est la seule justice devant Dieu. Il affirmait que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4). Il proclamait qu’il n’y a aucune différence entre les Juifs et les non-Juifs, car tous ont le même Seigneur (Romains 10.12). Il enseignait que tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés (Romains 10.13).

C’est cette ligne que l’Église doit garder aujourd’hui.

  • Nous devons rejeter toute haine envers les Juifs.
  • Nous devons refuser toute parole méprisante.
  • Nous devons prier pour leur salut.
  • Nous devons parler avec respect et compassion.
  • Nous ne devons pas taire Jésus-Christ.

Car aimer Israël ne signifie pas lui annoncer une justice sans Christ. Aimer Israël signifie désirer, comme Paul, que ses membres reconnaissent en Jésus le Messie promis, le Sauveur du monde et l’aboutissement de la Loi.

L’Église ne doit donc pas choisir entre amour et vérité. Elle doit marcher dans les deux. Avec Paul, nous pouvons dire : « je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1).

Avec Paul, nous devons annoncer : « Car Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes » (Romains 10.4).

Voilà une parole fidèle. Voilà une parole d’amour. Voilà l’Évangile.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 10 – Pourquoi l’accusation d’antisémitisme ne doit pas devenir une arme contre l’Évangile

L’antisémitisme doit être clairement dénoncé, mais il est injuste d’utiliser cette accusation pour faire taire la vérité chrétienne sur Jésus-Christ comme le Messie. L’Église doit aimer les Juifs sans renoncer à sa mission d’annoncer l’Évangile, affirmant que tous, Juifs et non-Juifs, sont unis en Christ.

L’antisémitisme est une réalité grave. Il doit être dénoncé sans hésitation. Toute haine envers les Juifs, toute violence, toute menace, toute généralisation accusatrice, toute déshumanisation ou tout mépris envers ce peuple est contraire à l’esprit de Jésus-Christ. Le chrétien doit aimer son prochain, et cela inclut les Juifs, comme tout autre être humain créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27 ; Matthieu 22.39).

Mais il existe aujourd’hui une confusion de plus en plus préoccupante. Dans certains milieux, l’accusation d’antisémitisme semble parfois utilisée non seulement pour dénoncer la haine réelle, mais aussi pour rendre suspecte toute affirmation chrétienne selon laquelle Jésus-Christ est l’accomplissement des promesses faites à Israël. On en vient alors à présenter comme problématique, voire dangereuse, une vérité centrale du Nouveau Testament : Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ (Éphésiens 2.14-16 ; Galates 3.28-29).

Il faut donc faire une distinction essentielle. Dénoncer la haine contre les Juifs est nécessaire. Mais accuser d’antisémitisme ceux qui confessent l’accomplissement en Christ est injuste et dangereux. Une telle accusation, si elle est utilisée de manière abusive, devient une arme contre l’Évangile.

L’Église ne doit pas être intimidée. Elle doit parler avec amour, avec respect, avec humilité, mais aussi avec fidélité. Elle ne peut pas renoncer à proclamer que Jésus est le Messie promis, le seul Sauveur, le médiateur de la nouvelle alliance et celui en qui toutes les promesses de Dieu trouvent leur « oui » (2 Corinthiens 1.20).

1. L’antisémitisme réel doit être dénoncé clairement

Avant toute chose, il faut affirmer sans ambiguïté que l’antisémitisme est un péché. Le chrétien ne peut pas le minimiser. Il ne peut pas l’excuser. Il ne peut pas l’utiliser comme simple prétexte pour parler d’autre chose. La haine envers les Juifs est contraire à la Parole de Dieu.

Tout être humain est créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27). Cette vérité suffit à condamner toute forme de mépris ethnique. De plus, Jésus nous appelle à aimer notre prochain (Matthieu 22.39), à bénir ceux qui nous maudissent, à faire du bien, à prier, à refuser la vengeance et la haine (Matthieu 5.44 ; Romains 12.17-21).

Paul, lui-même Juif, n’a jamais parlé de son peuple avec mépris. Au contraire, il écrivait avec douleur : « j’éprouve une profonde tristesse et un chagrin continuel dans mon cœur » (Romains 9.2). Et encore : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Voilà le ton apostolique. Paul ne haïssait pas Israël. Il priait pour Israël. Il souffrait pour Israël. Mais il annonçait aussi que le salut est en Christ.

Ainsi, l’Église doit condamner l’antisémitisme réel. Elle doit refuser tout langage qui nourrit le mépris, toute théorie qui diabolise un peuple, toute parole qui attribue à tous les Juifs une intention commune, toute forme de haine déguisée en discours religieux.

Mais cette condamnation ne doit pas être utilisée pour faire taire la vérité de l’Évangile.

2. L’Évangile annonce Jésus comme seul Sauveur

Le cœur du christianisme est simple et non négociable : Jésus-Christ est le seul Sauveur. Jésus a déclaré : « Le chemin, répondit Jésus, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi » (Jean 14.6). De même, Pierre a annoncé devant les autorités religieuses de Jérusalem : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12). Paul a écrit également : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui » (Romains 10.12).

Ces textes ne laissent aucune place à deux voies de salut. Il n’y a pas un chemin pour les Juifs et un autre pour les non-Juifs. Il n’y a pas une alliance salvatrice indépendante de Christ pour Israël selon la chair et une autre alliance pour les nations. Il y a un seul Seigneur, un seul Évangile, une seule grâce, une seule foi. Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est la confession chrétienne fondamentale.

Si l’Église cesse de dire que Jésus est le seul Sauveur, elle cesse d’être fidèle à son Seigneur. Elle peut alors devenir un organisme religieux respecté, une institution de dialogue, une présence morale dans la société, mais elle aura perdu le centre de sa mission.

L’Église n’a pas été envoyée pour rendre l’Évangile acceptable aux sensibilités de chaque époque. Elle a été envoyée pour annoncer Jésus-Christ crucifié et ressuscité (1 Corinthiens 2.2 ; Matthieu 28.18-20).

3. Dire que Jésus accomplit les promesses ce n’est pas haïr Israël

Le Nouveau Testament affirme que les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Christ. Jésus a dit : « Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5.17). Après sa résurrection, Jésus a expliqué aux disciples ce qui le concernait dans toutes les Écritures (Luc 24.27). Puis il leur a ouvert l’intelligence pour qu’ils comprennent que la Loi, les prophètes et les psaumes s’accomplissaient en lui (Luc 24.44-45). Paul résume cette vérité ainsi : « car c’est en lui que Dieu a dit « oui » à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1.20). Cela signifie que l’accomplissement en Christ n’est pas une théorie marginale. C’est le cœur de la lecture apostolique de l’Ancien Testament.

Or, certains discours contemporains semblent vouloir faire croire que cette affirmation serait une manière d’effacer Israël. Mais ce n’est pas le cas. L’accomplissement n’est pas l’effacement. L’accomplissement est l’arrivée au but. Une promesse n’est pas méprisée lorsqu’elle est accomplie. puis, une ombre n’est pas insultée lorsque la réalité apparaît. Finalement, une prophétie n’est pas niée lorsqu’elle trouve son accomplissement.

Dire que Jésus accomplit les promesses faites à Israël, ce n’est pas haïr Israël. C’est reconnaître que le Messie d’Israël est venu, qu’il a accompli l’œuvre du salut, et qu’en lui la bénédiction d’Abraham atteint toutes les nations (Galates 3.8-14).

4. L’accusation injuste peut devenir une forme d’intimidation

Une accusation grave doit être utilisée avec justice. L’antisémitisme est trop grave pour être transformé en étiquette servant à disqualifier toute parole chrétienne fidèle au Nouveau Testament. Si quelqu’un hait les Juifs, il faut le dénoncer. Également, si quelqu’un propage des clichés antisémites, il faut le corriger. De même, si quelqu’un appelle à la violence ou au mépris, il faut s’y opposer.

Mais si un chrétien affirme que Jésus est le Messie, que la nouvelle alliance est scellée par son sang, que les croyants Juifs et non-Juifs forment un seul peuple en Christ, il ne faut pas l’accuser d’antisémitisme. Il faut reconnaître qu’il exprime la foi apostolique.

Lorsqu’une accusation est utilisée injustement, elle devient une forme d’intimidation. Elle pousse les pasteurs à se taire. Elle les rend craintifs. Elle leur fait peser le soupçon. Elle les amène à éviter certains textes bibliques. Elle transforme des passages comme Galates 3, Éphésiens 2, Romains 9 à 11 ou Hébreux 8 à 10 en terrains dangereux.

Mais un pasteur ne peut pas éviter la Parole de Dieu pour préserver sa réputation. Paul disait à Timothée : « Proclame la Parole, insiste en toute occasion, favorable ou non » (2 Timothée 4.2). Cette parole est nécessaire aujourd’hui. Il y aura des moments où proclamer la Parole sera favorable. Et il y aura des moments où cela ne le sera pas. Mais le serviteur de Dieu ne reçoit pas sa mission de l’opinion publique. Il la reçoit de Christ.

5. La peur des accusations peut conduire au silence doctrinal

Le danger n’est pas seulement l’attaque extérieure. Le danger est aussi intérieur. Par peur d’être mal compris, les pasteurs peuvent commencer à éviter certains sujets.

  • Ils ne parleront plus de l’accomplissement des promesses en Christ (2 Corinthiens 1.20).
  • Ils ne parleront plus du fait que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham (Galates 3.29).
  • Ils ne parleront plus du mur de séparation détruit par la croix (Éphésiens 2.14-16).
  • Ils ne parleront plus de la nouvelle alliance scellée par le sang de Jésus (Luc 22.20).
  • Ils ne parleront plus de l’unique chemin vers le Père (Jean 14.6).
  • Ils ne parleront plus de l’appel adressé aux Juifs comme aux non-Juifs à croire au même Seigneur (Romains 10.12-13).

Ce silence peut paraître prudent au départ. Mais à long terme, il affaiblit l’Église. Il laisse les croyants sans discernement. Il ouvre la porte à des systèmes qui replacent au centre ce que le Nouveau Testament a subordonné à Christ. Il donne l’impression que l’Évangile doit s’excuser d’être exclusif.

Or, l’Évangile est exclusif parce que Christ est unique. Mais il est aussi universel parce qu’il s’adresse à tous. Il n’exclut aucun peuple. Il appelle tous les peuples à venir au même Sauveur.

6. L’Église doit refuser la haine sans renoncer à la vérité

L’équilibre biblique est clair.

  • Nous devons refuser la haine (1 Jean 2.9-11).
  • Nous devons refuser le mépris (Philippiens 2.3-5).
  • Nous devons refuser les généralisations (Jean 7.24).
  • Nous devons refuser les accusations collectives contre les Juifs (Ézéchiel 18.20).
  • Nous devons refuser toute forme de violence verbale, sociale ou physique (Éphésiens 4.31-32).
  • Mais nous devons aussi refuser de renoncer à la vérité (Galates 1.8-9).
  • Nous devons refuser de taire que Jésus est le seul chemin vers le Père (Jean 14.6).
  • Nous devons refuser de taire que la Loi, les prophètes et les psaumes trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ (Luc 24.44).
  • Nous devons refuser de taire que la nouvelle alliance est scellée par son sang (Luc 22.20).
  • Nous devons refuser de taire que ceux qui appartiennent à Christ sont héritiers de la promesse faite à Abraham (Galates 3.29).
  • Nous devons refuser de taire que les Juifs et les non-Juifs croyants sont un seul corps en Christ (Éphésiens 2.16).

Le chrétien ne doit choisir ni la haine ni la lâcheté. Il doit choisir l’amour dans la vérité.

7. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, plusieurs initiatives publiques encouragent les leaders chrétiens à lutter contre l’antisémitisme et à sensibiliser leurs assemblées. Lorsqu’il s’agit de dénoncer la haine réelle, les chrétiens peuvent répondre avec conviction. Il est juste de dire que les Juifs doivent être protégés contre la violence, les menaces et la discrimination.

Mais la vigilance devient nécessaire lorsque cette lutte glisse vers une pression doctrinale. Si l’on demande aux pasteurs de reprendre des formulations qui affaiblissent l’accomplissement en Christ, s’ils sont encouragés à enseigner à leurs assemblées une lecture particulière d’Israël et des alliances, ou s’ils sont placés devant l’idée que refuser cette lecture serait moralement suspect, alors l’Église doit discerner.

Un pasteur n’est pas un relais idéologique. Il est un serviteur de la Parole. Il peut dire non à l’antisémitisme. Il peut dire oui à l’amour du prochain. Mais il doit aussi dire non à toute tentative de transformer l’accusation d’antisémitisme en moyen de contrôler l’enseignement de l’Église.

La doctrine chrétienne ne se reçoit pas de groupes de pression, d’initiatives publiques ou d’alliances interreligieuses. Elle se reçoit de l’Écriture inspirée par Dieu (2 Timothée 3.16-17).

8. Les apôtres n’ont pas adapté leur message pour éviter l’opposition

Les apôtres ont annoncé Christ dans un contexte où leur message dérangeait profondément. Ils prêchaient Jésus comme Messie à des auditoires juifs. Ils prêchaient aussi Jésus comme Seigneur dans un monde païen où César revendiquait l’autorité suprême. Leur message était offensant pour plusieurs. Paul écrit: « Oui, tandis que, d’un côté, les Juifs réclament des signes miraculeux et que, de l’autre, les Grecs recherchent « la sagesse », 23 nous, nous prêchons Christ mis en croix, ce qui est une cause de rejet pour les Juifs et une folie pour les Grecs » (1 Corinthiens 1.22-23). Paul savait que le message de la croix pouvait être rejeté. Mais il ne l’a pas modifié pour le rendre moins offensant. Il l’a proclamé avec fidélité.

L’Église d’aujourd’hui doit retrouver ce courage. Non pas un courage agressif, brutal ou orgueilleux. Mais un courage humble et ferme. Un courage qui refuse la haine, mais qui refuse aussi le silence imposé. Lorsque les autorités ont interdit aux apôtres de parler au nom de Jésus, ils ont répondu :« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5.29).

Ce principe demeure. Lorsque les hommes nous demandent de taire Christ, d’atténuer Christ, de contourner Christ, de séparer les promesses de Christ, ou de présenter l’accomplissement en Christ comme une faute morale, nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

9. Le vrai amour annonce le vrai Sauveur

On pourrait croire que l’amour consiste à éviter toute parole qui dérange. Mais selon la Bible, l’amour véritable ne se sépare jamais de la vérité. Si Jésus est réellement le seul chemin vers le Père, alors aimer les Juifs signifie leur annoncer Jésus. Aimer les non-Juifs signifie aussi leur annoncer Jésus. Tous ont besoin du même salut.

Paul aimait Israël, et c’est pourquoi il priait pour son salut : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Il ne disait pas : « Ils n’ont pas besoin de Christ puisqu’ils sont Israël selon la chair. » Il disait que son désir profond était leur salut. Et il expliquait aussitôt que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).

  • Le véritable amour ne cache pas le Sauveur.
  • Le véritable amour ne promet pas une sécurité spirituelle en dehors de Christ.
  • Le véritable amour ne remplace pas l’Évangile par une sensibilité religieuse.
  • Le véritable amour parle avec respect, mais il parle.

10. La mission de l’Église ne peut pas être redéfinie

Jésus a confié une mission à son Église : « allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.19-20). Cette mission inclut tous les peuples. Elle n’exclut pas les Juifs. Elle n’exclut pas les nations. Elle annonce le même Christ à tous.

L’Église n’a pas été envoyée pour défendre un programme géopolitique. Elle n’a pas été envoyée pour devenir l’outil religieux d’une cause terrestre. Elle n’a pas été envoyée pour réviser son message selon les pressions du moment. Elle a été envoyée pour faire des disciples de Jésus-Christ. C’est pourquoi toute pression qui détourne l’Église de cette mission doit être discernée. Le pasteur peut participer à des démarches qui favorisent la paix sociale et protègent les personnes contre la haine. Mais il ne peut pas permettre que la mission de l’Église soit redéfinie.

L’Église appartient à Christ (Matthieu 16.18). Elle doit donc servir Christ et non pas la nation d’Israël.

11. Comment répondre aux accusations injustes

Lorsque des chrétiens sont injustement accusés d’antisémitisme parce qu’ils affirment l’accomplissement en Christ, ils ne doivent pas répondre par la colère. Ils doivent répondre avec clarté, douceur et fermeté. Pierre écrit : « si l’on vous demande de justifier votre espérance, soyez toujours prêts à la défendre, avec humilité et respect, et veillez à garder votre conscience pure. Ainsi, ceux qui disent du mal de votre bonne conduite, qui découle de votre union à Christ, auront à rougir de leurs calomnies » (1 Pierre 3.15-16).

Il faut donc répondre ainsi :

  • Nous rejetons toute haine envers les Juifs.
  • Nous reconnaissons la dignité de toute personne humaine.
  • Nous condamnons toute violence et toute discrimination.
  • Nous aimons les Juifs comme notre prochain.
  • Nous croyons que Jésus est le Messie promis.
  • Nous croyons que toutes les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Christ.
  • Nous croyons que le salut est en Jésus seul.
  • Nous croyons que Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ.
  • Nous croyons cela non par hostilité envers les Juifs, mais par fidélité à la Parole de Dieu.

Une telle réponse est claire, paisible et difficile à caricaturer. Elle refuse la haine, mais elle garde l’Évangile.

Conclusion

L’accusation d’antisémitisme ne doit jamais être prise à la légère. Lorsqu’il y a haine réelle, mépris, violence, intimidation ou discrimination envers les Juifs, l’Église doit le dénoncer clairement. Le chrétien doit aimer son prochain, et cela inclut le peuple juif. Toutefois cette accusation ne doit pas devenir une arme contre l’Évangile. Elle ne doit pas servir à faire taire la proclamation de Jésus-Christ comme Messie, Sauveur, médiateur de la nouvelle alliance et accomplissement des promesses.

  • Dire que Jésus est le seul chemin vers le Père n’est pas antisémite (Jean 14.6).
  • Dire que le salut ne se trouve qu’en Christ n’est pas antisémite (Actes 4.12).
  • Dire que toutes les promesses de Dieu trouvent leur « oui » en Christ n’est pas antisémite (2 Corinthiens 1.20).
  • Dire que Juifs et non-Juifs croyants sont réconciliés en un seul corps n’est pas antisémite (Éphésiens 2.16).
  • Dire que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham n’est pas antisémite (Galates 3.29).

C’est la foi chrétienne.

L’Église doit donc marcher dans l’amour, mais sans peur. Elle doit rejeter la haine, mais garder la vérité. Elle doit parler avec douceur, mais sans renoncer à Christ.

Car nous ne sommes pas appelés à choisir entre l’amour et la vérité. En Jésus-Christ, nous sommes appelés à vivre les deux. Nous aimerons donc les Juifs comme notre prochain. Nous rejetterons toute forme d’antisémitisme. Seulement, nous ne laisserons pas une accusation injuste nous empêcher de proclamer l’Évangile.

Jésus-Christ est le Messie promis, le Sauveur du monde, l’accomplissement des Écritures et le Seigneur de son Église et son Église doit lui rester fidèle, quelles que soient les pressions de son époque.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 9 – Peut-on critiquer le sionisme chrétien sans être taxé d’antisémitisme ?

Dans le contexte actuel, critiquer le sionisme chrétien est souvent perçu comme antisémite, mais cela ne doit pas être confondu avec le rejet du peuple juif. La distinction entre théologie chrétienne, État d’Israël et judaïsme est essentielle. L’Église doit examiner toutes doctrines à la lumière des Écritures, en centrant sa foi sur Jésus-Christ.

Il est devenu difficile, dans le climat actuel, de critiquer certaines idées liées à Israël sans être rapidement taxé d’antisémitisme. Pourtant, il faut distinguer soigneusement les choses. Critiquer un peuple à cause de son origine est une faute morale et spirituelle. Mais examiner un système théologique à la lumière de la Parole de Dieu est une responsabilité chrétienne.

Le sionisme chrétien n’est pas le peuple juif. Le sionisme chrétien est une lecture théologique et politique qui attribue à l’État moderne d’Israël une place centrale dans le plan prophétique de Dieu, souvent en distinguant fortement Israël et l’Église comme deux peuples ayant deux destinées distinctes. Cette vision affirme généralement que les promesses faites à Israël doivent encore s’accomplir principalement dans un cadre national, territorial et politique.

Or, le chrétien a le devoir de tout examiner à la lumière de l’Écriture (Actes 17.11 ; 1 Thessaloniciens 5.21). Il doit éprouver les esprits (1 Jean 4.1). Il doit s’assurer que sa foi ne soit pas capturée par des traditions humaines, des idéologies politiques ou des systèmes théologiques qui déplacent le centre de la révélation biblique (Colossiens 2.8).

Critiquer le sionisme chrétien n’est donc pas haïr les Juifs. Ce n’est pas nier leur dignité. Ce n’est pas justifier l’antisémitisme. C’est simplement poser une question essentielle : cette lecture est-elle fidèle à l’enseignement de Jésus et des apôtres ?

Le chrétien doit aimer les Juifs comme son prochain, prier pour leur salut, rejeter toute haine envers eux, mais il ne doit jamais accepter qu’un système théologique prenne la place de l’Évangile de Jésus-Christ.

1. Il faut distinguer les Juifs, l’État d’Israël et le sionisme chrétien

Une grande confusion vient du fait que plusieurs réalités sont souvent mélangées. On parle des Juifs, de l’État moderne d’Israël, du judaïsme, du sionisme politique, du sionisme chrétien, de l’antisémitisme, et tout cela est parfois mis dans le même panier. Mais un chrétien doit apprendre à distinguer.

Les Juifs sont des personnes, un peuple, une communauté historique avec une grande diversité de convictions, de pratiques, de cultures et de positions politiques. Ils doivent être respectés comme tous les êtres humains créés à l’image de Dieu (Genèse 1.27).

L’État d’Israël est une réalité politique moderne. Comme tout État, il peut être analysé, soutenu, critiqué ou questionné sur le plan politique, éthique ou historique, sans que cela implique nécessairement une haine envers les Juifs.

Le judaïsme est une religion, avec plusieurs courants et traditions, qui ne reconnaît généralement pas Jésus comme le Messie promis. Le chrétien peut dialoguer avec respect, mais il ne peut pas renoncer à confesser que Jésus est le Messie et le seul Sauveur (Jean 14.6 ; Actes 4.12).

Le sionisme chrétien, lui, est un système théologique adopté par certains chrétiens. Il interprète les prophéties bibliques en accordant un rôle central à Israël national et à certains événements géopolitiques modernes. C’est cette lecture que nous avons le droit, et même le devoir, d’examiner à la lumière de la Bible. Critiquer le sionisme chrétien n’est donc pas critiquer les Juifs comme peuple. C’est évaluer une interprétation chrétienne particulière.

2. Le chrétien doit tout examiner selon les Écritures

Les croyants de Bérée sont présentés comme un exemple parce qu’ils examinaient les Écritures pour vérifier si ce qu’on leur enseignait était vrai : « ceux-ci examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était juste » (Actes 17.11). Ce principe est fondamental. Aucun système théologique ne doit être accepté simplement parce qu’il est populaire, émotionnellement puissant ou soutenu par des leaders influents. Tout doit être soumis à la Parole de Dieu. Paul écrit aussi : « examinez toutes choses : retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5.21).

  • Cela vaut pour toutes les doctrines.
  • Cela vaut pour les enseignements sur le salut.
  • Cela vaut pour les enseignements sur le Saint-Esprit.
  • Cela vaut pour les enseignements sur l’Église.
  • Cela vaut aussi pour les enseignements sur Israël, les prophéties, la terre, le temple, le retour de Jésus et la fin des temps.

Le chrétien n’est pas appelé à croire un système parce qu’il porte une étiquette chrétienne. Il est appelé à vérifier si ce système est fidèle à l’Écriture.

Or, lorsque le sionisme chrétien enseigne que les promesses de Dieu doivent encore s’accomplir principalement dans un cadre national séparé de l’Église, il faut demander : est-ce ainsi que Jésus et les apôtres lisent les promesses 

Lorsque le sionisme chrétien maintient une séparation forte entre Israël et l’Église, il faut demander : que fait-on d’Éphésiens 2.14-16 ?

Lorsque le sionisme chrétien recentre l’espérance sur un temple terrestre futur, il faut demander : que fait-on de Jean 2.19-21, d’Hébreux 10.10-18 et d’Éphésiens 2.21-22 ?

Lorsque le sionisme chrétien donne une place prophétique centrale à l’État moderne d’Israël, il faut demander : où Jésus et les apôtres enseignent-ils explicitement cela ?

Ces questions ne sont pas antisémites. Elles sont bibliques.

3. Le centre de la prophétie biblique n’est pas une nation moderne, mais Jésus-Christ

La prophétie biblique ne doit jamais être lue en détachant les promesses de leur accomplissement en Christ. Jésus lui-même a enseigné que les Écritures parlent de lui : « Alors, commençant par les livres de Moïse et parcourant tous ceux des prophètes, Jésus leur expliqua ce qui se rapportait à lui dans toutes les Ecritures » (Luc 24.27). Plus tard, il dit encore : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes » (Luc 24.44).

Cette parole doit gouverner notre lecture prophétique. Le centre n’est pas d’abord une carte géopolitique. Le centre n’est pas d’abord un calendrier d’événements modernes. Le centre n’est pas d’abord une nation contemporaine. Le centre c’est Jésus-Christ. L’apôtre Paul affirme la même chose : « Car c’est en lui que Dieu a dit oui à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1.20). Si toutes les promesses de Dieu trouvent leur oui en Christ, alors aucune promesse ne doit être interprétée comme si elle avait son accomplissement ultime en dehors de lui.

Le problème du sionisme chrétien, dans plusieurs de ses formes, est qu’il déplace le regard des croyants. Au lieu de fixer les yeux sur Christ comme accomplissement des promesses, on en vient à fixer les yeux sur les événements politiques, les frontières, les guerres, le temple, les sacrifices, les alliances diplomatiques et les développements au Moyen-Orient.

Toutefois, l’Église n’est pas appelée à bâtir son espérance sur les nouvelles du monde. Elle est appelée à bâtir son espérance sur Jésus-Christ, mort, ressuscité, élevé à la droite du Père, et revenant dans la gloire (Actes 1.11 ; Philippiens 2.9-11).

4. Le Nouveau Testament ne maintient pas deux peuples de Dieu séparés

L’un des grands problèmes du sionisme chrétien est qu’il repose souvent sur une séparation durable entre Israël et l’Église. Selon cette lecture, Israël aurait un programme terrestre, tandis que l’Église aurait un programme céleste. Israël serait le peuple terrestre de Dieu, et l’Église serait un autre peuple, ajouté temporairement dans le plan divin. Cependant, cette séparation ne correspond pas à l’enseignement d’Éphésiens 2. Paul écrit que Christ a détruit le mur de séparation entre Juifs et non-Juifs. Il affirme que Jésus a voulu créer, à partir du Juif et du non-Juif, « un seul homme nouveau » (Éphésiens 2.15). Il ajoute que Dieu les a réconciliés « en un seul corps » par la croix (Éphésiens 2.16).

Le langage est clair : un seul homme nouveau, un seul corps, une seule famille, un seul accès au Père par le même Esprit (Éphésiens 2.18-19). Paul dit aussi : « Il n’y a plus ni Juif ni non-Juif, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un » (Galates 3.28). Et il ajoute en substance en parlant de Christ : « Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29). Le peuple de Dieu n’est donc pas divisé en deux peuples spirituels parallèles. Il est uni en Christ.

Cela ne signifie pas que les Juifs perdent leur histoire. Cela ne signifie pas que les non-Juifs deviennent ethniquement juifs. Cela signifie que le statut devant Dieu se définit désormais par l’union avec Christ, non par la chair.

5. Critiquer une idéologie n’est pas haïr un peuple

Il faut répéter cette distinction avec force. Critiquer une idéologie n’est pas haïr un peuple.

  • Un chrétien peut critiquer le communisme sans haïr les Russes ou les Chinois.
  • Un chrétien peut critiquer l’islam sans haïr les musulmans.
  • Un chrétien peut critiquer le catholicisme romain sans haïr les catholiques.
  • Un chrétien peut critiquer le nationalisme religieux sans haïr une nation.

De la même manière, un chrétien peut critiquer le sionisme chrétien sans haïr les Juifs.

La vraie question n’est pas : « Est-ce que cette critique dérange ? » La vraie question est : « Cette critique est-elle juste, biblique, honnête et formulée sans haine ? »

Nous devons donc faire attention à notre langage. Nous ne devons pas parler des Juifs comme d’un bloc homogène. Nous ne devons pas leur attribuer collectivement des intentions cachées. Nous ne devons pas entretenir des soupçons. Nous ne devons pas reprendre des clichés antisémites. Nous ne devons pas confondre des personnes avec des systèmes.

Néanmoins, nous devons garder le droit biblique de discerner les doctrines. Jean écrit : « Mais attention, mes chers amis, ne vous fiez pas à n’importe quel esprit ; mettez les esprits à l’épreuve pour voir s’ils viennent de Dieu » (1 Jean 4.1).

L’Église ne doit donc pas renoncer à éprouver une doctrine simplement parce que cette doctrine touche à Israël.

6. Le danger d’un attachement politique qui affaiblit le témoignage de l’Évangile

Le sionisme chrétien peut devenir dangereux lorsqu’il transforme l’attachement chrétien à la Bible en soutien inconditionnel à un projet politique. Le chrétien doit faire attention à ne pas confondre le royaume de Dieu avec un État terrestre. Jésus a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18.36).

Cela ne signifie pas que le royaume de Dieu n’a aucun impact dans le monde. Cela signifie qu’il ne tire pas son origine, sa puissance et sa nature des structures politiques de ce monde. Le royaume de Christ avance par l’Évangile, par la repentance, par la foi, par l’œuvre de l’Esprit, par la fidélité des saints, et non par l’identification de l’Église à un pouvoir géopolitique.

Lorsque l’Église s’attache trop fortement à un projet national ou politique, elle risque de perdre sa liberté prophétique. Elle risque de ne plus être capable de dénoncer l’injustice lorsque celle-ci vient du camp qu’elle a choisi de défendre. Elle risque de transformer la mission en propagande. Elle risque de remplacer le témoignage de Christ par la défense d’un agenda terrestre. Le chrétien doit pouvoir aimer les Juifs, reconnaître la réalité de l’antisémitisme, pleurer les violences contre des innocents, et en même temps refuser un soutien aveugle à toute politique ou toute idéologie.

Notre loyauté première n’est pas envers un l’état d’Israël. Elle est envers Jésus-Christ.

7. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, plusieurs initiatives cherchent à convaincre les leaders chrétiens de prendre position contre l’antisémitisme. Lorsque cela signifie protéger des personnes contre la haine, les menaces, la violence et la discrimination, les chrétiens peuvent le faire avec conviction.

Toutefois, la vigilance devient nécessaire lorsque cette mobilisation cherche aussi à orienter l’enseignement des pasteurs et des Églises vers une vision particulière d’Israël, des alliances et des promesses.

Un pasteur ne doit pas laisser une pression extérieure lui dicter comment lire Galates 3, Éphésiens 2, Romains 9 à 11, Hébreux 8 à 10 ou Luc 24. Il peut collaborer avec d’autres pour dénoncer la haine, mais il ne peut pas céder son autorité doctrinale à une initiative interreligieuse, politique ou communautaire.

L’Église ne doit pas devenir un relais de communication pour une idéologie. Elle doit être la colonne et l’appui de la vérité (1 Timothée 3.15). Si une cause demande au pasteur d’aimer les Juifs, il peut répondre : oui, car Jésus nous appelle à aimer notre prochain. Si elle lui demande de condamner les actes antisémites, il peut répondre : oui, car la haine est un péché. Mais si elle lui demande de taire l’accomplissement des promesses en Christ, il doit répondre : non. Si elle lui demande d’enseigner que l’unité du peuple de Dieu en Christ serait suspecte, il doit répondre : non. Si elle lui demande de présenter comme haineuse une doctrine apostolique, il doit répondre : non. Si on lui demande de ne plus dire que Christ est Roi, il doit répondre : non. Christ est non seulement le Roi des rois, mais il est aussi le Seigneur des seigneurs.

Le pasteur est serviteur de Christ avant d’être partenaire d’une cause publique.

8. Le chrétien ne doit pas avoir honte de l’Évangile

Paul écrit : « Car je n’ai pas honte de l’Evangile : c’est la puissance de Dieu par laquelle il sauve tous ceux qui croient, les Juifs en premier lieu et aussi les non-Juifs » (Romains 1.16). Ce verset donne un équilibre admirable. L’Évangile respecte l’ordre historique : les Juifs d’abord. Mais il proclame aussi l’universalité du salut : les non-Juifs également. Et surtout, il affirme que le salut vient par l’Évangile, pour tous ceux qui croient.

Le chrétien ne doit donc pas avoir honte de dire que les Juifs ont besoin de Jésus. Il ne doit pas le dire avec orgueil, mépris ou dureté. Il doit le dire avec larmes, comme Paul. Mais il doit le dire. De même, il ne doit pas avoir honte de dire que les non-Juifs ont besoin de Jésus. Tous ont péché. Tous ont besoin de la grâce. Tous doivent venir au même Sauveur (Romains 3.23-24 ; Romains 10.12-13).

Le sionisme chrétien devient problématique lorsqu’il pousse les croyants à parler davantage d’Israël que de Christ, davantage de prophétie géopolitique que de repentance, davantage de soutien politique que de salut, davantage de destin national que de nouvelle naissance.

La mission de l’Église n’est pas de faire la promotion d’un système prophétique. Sa mission est d’annoncer Jésus-Christ crucifié et ressuscité (1 Corinthiens 2.2 ; Matthieu 28.18-20).

9. Comment critiquer le sionisme chrétien d’une manière biblique

Il faut le faire avec plusieurs garde-fous.

Premièrement, il faut critiquer les idées, non attaquer les personnes. Un chrétien peut être influencé par le sionisme chrétien sans être mal intentionné. Il peut aimer sincèrement Dieu et croire sincèrement défendre la Bible. Il faut donc parler avec patience et instruction (2 Timothée 2.24-25).

Deuxièmement, il faut éviter les généralisations sur les Juifs. Notre critique porte sur un système théologique chrétien, non sur une communauté ethnique.

Troisièmement, il faut revenir constamment aux textes bibliques. Nous ne voulons pas remplacer une idéologie par une autre. Nous voulons revenir à l’enseignement de Jésus et des apôtres.

Quatrièmement, il faut garder un ton pastoral. Le but n’est pas de gagner un débat, mais de ramener les croyants à Christ.

Cinquièmement, il faut toujours affirmer clairement le rejet de l’antisémitisme. Cela protège la conscience chrétienne et empêche les malentendus.

Sixièmement, il faut montrer la beauté de l’accomplissement en Christ. Notre message ne doit pas seulement dire ce que nous refusons. Il doit montrer ce que nous confessons : Jésus est le vrai centre, la vraie promesse, le vrai temple, le vrai sacrifice, le vrai héritier, le vrai Roi.

10. Ce que l’Église doit affirmer avec clarté

  • L’Église doit affirmer que les Juifs doivent être aimés et protégés contre toute haine réelle (Matthieu 22.39).
  • L’Église doit affirmer que l’antisémitisme est un péché.
  • L’Église doit affirmer que Jésus est le Messie promis à Israël (Jean 1.41 ; Actes 2.36).
  • L’Église doit affirmer que toutes les promesses de Dieu trouvent leur oui en Christ (2 Corinthiens 1.20).
  • L’Église doit affirmer que le mur de séparation entre Juifs et non-Juifs croyants a été détruit par la croix (Éphésiens 2.14-16).
  • L’Église doit affirmer que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29).
  • L’Église doit affirmer que le salut est offert aux Juifs et aux non-Juifs par le même Évangile (Romains 1.16 ; Romains 10.12-13).
  • L’Église doit affirmer que sa loyauté ultime appartient à Jésus-Christ, et non à un programme politique ou à une idéologie religieuse (Colossiens 1.18).

Conclusion

Oui, il est possible de critiquer le sionisme chrétien sans être antisémite. Non seulement c’est possible, mais c’est aussi nécessaire lorsque ce système détourne les croyants de l’accomplissement en Jésus-Christ.

Nous devons toutefois le faire avec un cœur pur. Il ne doit y avoir aucune haine dans nos paroles. Aucun mépris envers les Juifs. Aucune généralisation injuste. Aucun soupçon collectif. Aucun langage qui déshonore le Seigneur.

Mais nous ne devons pas non plus nous laisser intimider. L’Église doit garder le droit et le devoir d’examiner toute doctrine à la lumière des Écritures. Elle doit pouvoir dire que Jésus accomplit les promesses. Elle doit pouvoir dire que Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ. Elle doit pouvoir dire que le salut est en Jésus seul. Elle doit pouvoir dire que le temple, les sacrifices, l’héritage et les alliances trouvent leur plénitude en lui.

Critiquer le sionisme chrétien n’est pas haïr les Juifs. C’est refuser qu’un système théologique ou politique prenne la place du Christ au centre de l’espérance chrétienne.

  • Nous aimerons donc les Juifs comme notre prochain.
  • Nous rejetterons toute haine envers eux.
  • Nous prierons pour leur salut.
  • Toutefois nous garderons les yeux fixés sur Jésus-Christ.

Car l’Église n’a pas été appelée à défendre une idéologie terrestre. Elle a été appelée à proclamer l’Évangile du Royaume, jusqu’à ce que le Seigneur revienne dans la gloire (Matthieu 24.14 ; Actes 1.11).

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 8 – Le temple, le sacrifice et la terre à la lumière de Jésus-Christ

Le texte explore les thèmes du temple, des sacrifices et de la terre dans la Bible, soulignant leur accomplissement en Jésus-Christ. Le temple manifeste la présence de Dieu, les sacrifices préfigurent l’expiation parfaite par Jésus, et l’héritage promis s’élargit à l’échelle du monde. La compréhension moderne doit se concentrer sur cette réalité en Christ.

Lorsque l’on parle d’Israël, des promesses et de l’accomplissement en Christ, trois thèmes reviennent souvent : le temple, les sacrifices et la terre. Ces réalités occupent une place importante dans l’Ancien Testament. Elles ne doivent donc pas être traitées à la légère. Le temple était le lieu où Dieu faisait résider son nom au milieu de son peuple. Les sacrifices rappelaient la gravité du péché et la nécessité de l’expiation. La terre promise témoignait de la fidélité de Dieu envers Abraham et sa descendance.

Mais le Nouveau Testament nous oblige à lire ces réalités à la lumière de Jésus-Christ. Le temple, les sacrifices et la terre ne sont pas des réalités séparées de lui. Elles pointaient vers lui, elles trouvent leur sens en lui, et elles atteignent leur accomplissement dans son œuvre.

Le danger actuel est de parler de ces réalités comme si elles devaient reprendre une place centrale dans le plan de Dieu en dehors de l’accomplissement accompli par Jésus. Certains discours chrétiens, influencés par une lecture centrée sur Israël national, attendent encore une restauration du temple, une reprise des sacrifices ou un accomplissement principalement territorial des promesses. Mais une telle lecture doit être examinée à la lumière du Nouveau Testament.

  • Jésus-Christ est le vrai temple.
  • Jésus-Christ est le sacrifice parfait.
  • Jésus-Christ est l’héritier des promesses.
  • En Jésus-christ, le peuple de Dieu reçoit un héritage plus vaste, plus profond et plus glorieux que ce que les réalités anciennes annonçaient.

Affirmer cela n’est pas de l’antisémitisme. Ce n’est pas mépriser Israël. Ce n’est pas nier l’histoire biblique. C’est lire l’Ancien Testament selon son accomplissement en Christ.

1. Le temple annonçait la présence de Dieu au milieu de son peuple

Dans l’Ancien Testament, le temple occupait une place centrale. Il était le lieu où Dieu manifestait sa présence au milieu d’Israël. Après le tabernacle dans le désert, le temple de Jérusalem est devenu le lieu du culte, des sacrifices, des fêtes et de la rencontre entre Dieu et son peuple. Lorsque Salomon a consacré le temple, il a reconnu la grandeur de Dieu en disant :« Mais est-ce qu’en vérité Dieu habiterait sur la terre, alors que le ciel dans toute son immensité ne saurait le contenir ? Combien moins ce temple que je viens de te construire ! » (1 Rois 8.27)

Même dans l’Ancien Testament, il était donc clair que le temple ne pouvait pas enfermer Dieu. Il était un signe de sa présence, mais non sa limitation. Il témoignait que Dieu voulait demeurer au milieu de son peuple, mais il annonçait aussi quelque chose de plus grand. Le temple était une ombre, une figure, une anticipation. Il révélait le désir de Dieu d’habiter avec les siens. Mais il ne constituait pas l’accomplissement final de cette présence.

Le Nouveau Testament montrera que cette présence trouve sa pleine réalité en Jésus-Christ.

2. Jésus est le vrai temple

Dans l’Évangile de Jean, Jésus fait une déclaration bouleversante. Après avoir purifié le temple, il dit : « Démolissez ce temple, leur répondit Jésus, et en trois jours, je le relèverai » (Jean 2.19). Les Juifs pensent alors qu’il parle du temple de pierre, construit depuis de nombreuses années. Mais Jean explique : « Mais en parlant du « temple », Jésus faisait allusion à son propre corps » (Jean 2.21).

Cette parole est décisive. Jésus se présente comme le vrai temple. En lui, Dieu habite pleinement parmi les hommes. En lui, la présence de Dieu n’est plus attachée à un bâtiment de pierre, mais à la personne du Fils. Jean avait déjà annoncé cette vérité au début de son Évangile : « Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous » (Jean 1.14). L’idée est celle de Dieu qui vient dresser sa tente parmi les hommes. En Jésus, la présence de Dieu vient habiter au milieu de son peuple d’une manière unique, définitive et glorieuse. Cela signifie que le temple ancien pointait vers Christ. Il annonçait la présence de Dieu, mais Jésus est cette présence incarnée. Il est Emmanuel, Dieu avec nous (Matthieu 1.23).

Si Jésus est le vrai temple, alors le centre du culte n’est plus un édifice terrestre à Jérusalem. Le centre du culte est le Christ crucifié et ressuscité.

3. Le peuple uni à Christ devient le temple de Dieu

Le Nouveau Testament ne s’arrête pas à dire que Jésus est le vrai temple. Il affirme aussi que ceux qui sont unis à lui deviennent, ensemble, le temple spirituel de Dieu. Paul écrit aux croyants : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Corinthiens 3.16) Il écrit encore : « Car nous sommes, nous, le temple du Dieu vivant » (2 Corinthiens 6.16). L’apôtre Pierre emploie le même langage : « Et vous aussi, comme des pierres vivantes, vous qui formez un temple spirituel, édifiez-vous pour constituer une sainte communauté de prêtres, chargés de lui offrir des sacrifices spirituels qu’il pourra accepter favorablement par Jésus-Christ » (1 Pierre 2.5). Cela signifie que le lieu de la présence de Dieu n’est plus défini par un bâtiment terrestre. Il est défini par Christ et par son peuple habité par l’Esprit.

Dans Éphésiens 2, Paul explique que Juifs et non-Juifs croyants sont bâtis ensemble pour former une demeure où Dieu habite par son Esprit : « En lui toute la construction s’élève, bien coordonnée, afin d’être un temple saint dans le Seigneur, et, unis à Christ, vous avez été intégrés ensemble à cette construction pour former une demeure où Dieu habite par l’Esprit » (Éphésiens 2.21-22).

Voilà le temple de la nouvelle alliance : un peuple uni à Christ, habité par l’Esprit, formé de Juifs et de non-Juifs croyants.

4. Les sacrifices annonçaient la nécessité d’une expiation

Les sacrifices de l’ancienne alliance avaient une fonction importante. Ils rappelaient que le péché est grave, que l’homme ne peut pas s’approcher de Dieu sans purification, et que le pardon exige une expiation.

La Loi prescrivait des sacrifices répétés. Année après année, jour après jour, les prêtres offraient des sacrifices pour le peuple. Mais ces sacrifices n’étaient pas l’accomplissement final. Ils annonçaient un sacrifice plus grand. L’épître aux Hébreux explique : « La Loi de Moïse ne possède qu’une ombre des biens à venir et non pas l’image même de ces réalités. Elle ne peut donc en aucun cas amener à la perfection ceux qui s’approchent ainsi de Dieu sur la base des mêmes sacrifices offerts perpétuellement d’année en année » (Hébreux 10.1). Puis elle ajoute : « Il est impossible que du sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Hébreux 10.4).

Les sacrifices avaient donc un rôle pédagogique et prophétique. Ils montraient le besoin d’un sacrifice parfait. Ils annonçaient l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1.29).

5. Jésus est le sacrifice parfait offert une fois pour toutes

Le Nouveau Testament affirme que Jésus a accompli ce que les sacrifices annonçaient. Il n’a pas offert un animal. Il s’est offert lui-même. L’épître aux Hébreux déclare : « Et c’est en raison de cette volonté de Dieu que nous sommes purifiés du péché, grâce au sacrifice de son propre corps que Jésus-Christ a offert une fois pour toutes » (Hébreux 10.10). Elle ajoute encore : « Christ, lui, a offert un sacrifice unique pour les péchés, valable pour toujours, et il s’est assis à la droite de Dieu » (Hébreux 10.12). Puis elle conclut : « Or, lorsque les péchés ont été pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les ôter » (Hébreux 10.18). Cette dernière phrase est capitale. Si le sacrifice de Jésus a obtenu le pardon définitif, il n’y a plus besoin de sacrifices pour les péchés. Revenir à un système sacrificiel comme centre du culte serait méconnaître ou nier l’accomplissement parfait de la croix.

Christ n’est pas venu ajouter un sacrifice supérieur à côté des anciens sacrifices. Il est venu les accomplir et y mettre fin comme moyen d’expiation. Son sacrifice est unique, parfait, suffisant et définitif.

Voilà pourquoi l’Église ne doit jamais entretenir l’idée qu’une reprise des sacrifices pourrait avoir une valeur spirituelle devant Dieu. Ce serait porter atteinte à la suffisance de la croix.

6. La terre promise annonçait un héritage plus vaste

La terre promise occupe aussi une place importante dans l’Ancien Testament. Dieu avait promis à Abraham une terre, et cette promesse a joué un rôle central dans l’histoire d’Israël (Genèse 12.7 ; Genèse 15.18-21).

Toutefois, le Nouveau Testament élargit notre compréhension de l’héritage. Paul affirme qu’Abraham devait recevoir le monde en héritage : « Car la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham ou à sa descendance non parce qu’il avait obéi à la Loi, mais parce que Dieu l’a déclaré juste à cause de sa foi » (Romains 4.13).

Ce verset est très important. Paul ne limite pas l’héritage d’Abraham à un territoire terrestre particulier. Il parle du monde. En Christ, l’héritage promis prend une dimension universelle. Jésus lui-même a dit : « Heureux ceux qui sont doux, car Dieu leur donnera la terre en héritage » (Matthieu 5.5). Cette parole reprend l’espérance biblique, mais elle l’inscrit dans le royaume de Dieu. L’héritage des croyants ne se réduit pas à une parcelle de terre. Il regarde vers le renouvellement de toutes choses, vers le royaume, vers la nouvelle création.

Pierre parle d’un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat, réservé dans les cieux pour les croyants (1 Pierre 1.4). L’auteur de l’épître aux Hébreux montre qu’Abraham lui-même attendait une cité ayant de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur (Hébreux 11.10).

La terre promise était donc réelle dans l’histoire, mais elle annonçait un héritage plus vaste, accompli en Christ.

7. L’héritage appartient à ceux qui sont en Christ

Paul affirme que la descendance d’Abraham, au sens ultime, c’est Christ : « Or, c’est à Abraham et à sa descendance que Dieu a fait ses promesses. Il n’est pas dit : « et à ses descendances », comme s’il s’agissait de plusieurs lignées. A ta descendance ne désigne qu’une seule descendance, et c’est Christ » (Galates 3.16). Puis il ajoute : « Si vous lui (Christ) appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29). L’héritage est donc reçu en Christ. Ce n’est pas la chair seule qui donne accès à l’héritage final. C’est l’appartenance à Jésus-Christ.

Cela signifie que le Juif croyant et le non-Juif croyant sont héritiers ensemble dans le Messie. Ils ne forment pas deux catégories d’héritiers séparées. Ils appartiennent au même Christ, à la même promesse, au même royaume. Paul le dit aussi dans son épitre aux Éphésiens : « Et ce secret c’est que, par leur union avec Jésus-Christ, les non-Juifs reçoivent le même héritage que nous, les Juifs, ils font partie du même corps et ont part à la même promesse, par le moyen de l’Evangile » (Éphésiens 3.6).

Cette phrase devrait régler bien des confusions. Les non-Juifs croyants ont le même héritage. Ils sont membres du même corps. Ils participent à la même promesse. Tout cela se fait par l’union avec Jésus-Christ et par l’Évangile.

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, il faut être attentif aux discours qui veulent ramener les chrétiens vers une lecture centrée sur le temple terrestre, les sacrifices anciens ou une conception strictement nationale de l’héritage. Certains mouvements présentent ces réalités comme si elles devaient redevenir centrales dans le plan de Dieu, et comme si les chrétiens devaient soutenir cette vision pour prouver leur amour envers le peuple juif.

Il faut répondre avec clarté :

  • Aimer les Juifs ne signifie pas revenir aux ombres de l’ancienne alliance.
  • Aimer les Juifs ne signifie pas minimiser le sacrifice de Jésus.
  • Aimer les Juifs ne signifie pas faire du temple terrestre l’horizon principal de l’espérance chrétienne.
  • Aimer les Juifs ne signifie pas détacher la terre promise de l’accomplissement universel en Christ.

Un pasteur doit être prudent lorsqu’on lui demande d’enseigner à son assemblée une vision d’Israël qui réoriente l’espérance vers des éléments que le Nouveau Testament présente comme accomplis en Jésus.

Le temple est accompli en Christ et dans son peuple habité par l’Esprit (Jean 2.19-21 ; Éphésiens 2.21-22). Les sacrifices sont accomplis par l’offrande parfaite de Jésus une fois pour toutes (Hébreux 10.10-18). L’héritage promis à Abraham s’élargit en Christ à la dimension du monde et de la nouvelle création (Romains 4.13 ; Matthieu 5.5).

L’Église doit donc refuser toute pression qui voudrait lui faire regarder en arrière vers les ombres, alors que Dieu nous appelle à fixer les yeux sur la réalité : Jésus-Christ.

9. Revenir aux ombres affaiblit la gloire de Christ

L’épître aux Hébreux emploie un langage très fort. Elle parle de la Loi comme d’une ombre des biens à venir (Hébreux 10.1). Une ombre n’est pas mauvaise. Elle indique qu’une réalité existe. Mais lorsque la réalité est venue, on ne s’attache plus à l’ombre comme si elle était le centre. Christ est la réalité.

  • Le temple annonçait la présence de Dieu. Christ est Dieu venu parmi nous (Jean 1.14).
  • Les sacrifices annonçaient l’expiation. Christ a offert le sacrifice parfait (Hébreux 10.12-14).
  • Le sacerdoce annonçait la médiation. Christ est le grand-prêtre parfait (Hébreux 4.14-15).
  • La terre annonçait l’héritage. Christ ouvre l’héritage du royaume et de la nouvelle création (Romains 8.16-17).
  • La Loi annonçait la sainteté de Dieu et révélait le péché. Christ accomplit la justice et donne l’Esprit pour transformer les cœurs (Romains 8.3-4).

Revenir aux ombres comme si elles devaient redevenir le centre, c’est affaiblir la gloire de celui qu’elles annonçaient.

L’Église ne doit donc pas avoir honte de dire que Jésus accomplit tout. Ce n’est pas une insulte envers l’Ancien Testament. C’est son accomplissement.

10. Ce que l’Église doit enseigner aujourd’hui

  • L’Église doit enseigner que Dieu a réellement agi dans l’histoire d’Israël.
  • L’Église doit enseigner que le temple, les sacrifices et la terre ont eu une place importante dans l’ancienne alliance.
  • L’Église doit enseigner que ces réalités n’étaient pas inutiles, mais prophétiques.
  • L’Église doit enseigner que Jésus est le vrai temple, car en lui Dieu habite pleinement parmi les hommes (Jean 2.19-21 ; Colossiens 2.9).
  • L’Église doit enseigner que les croyants unis à Christ forment maintenant le temple de Dieu par l’Esprit (1 Corinthiens 3.16 ; Éphésiens 2.21-22 ; 1 Pierre 2.5).
  • L’Église doit enseigner que Jésus est le sacrifice parfait offert une fois pour toutes (Hébreux 10.10-14).
  • L’Église doit enseigner qu’il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les péchés, puisque le pardon définitif a été obtenu (Hébreux 10.18).
  • L’Église doit enseigner que l’héritage promis à Abraham atteint sa plénitude en Christ et s’ouvre aux croyants de toutes les nations (Romains 4.13 ; Galates 3.29 ; Éphésiens 3.6).
  • L’Église doit enseigner que l’espérance chrétienne regarde vers le royaume de Dieu et la nouvelle création, non vers un retour aux structures anciennes comme centre de la foi.

Conclusion

Le temple, les sacrifices et la terre sont des réalités importantes dans l’histoire biblique. Nous ne devons pas les mépriser. Nous devons les comprendre. Mais nous devons les comprendre à la lumière de Jésus-Christ.

Le temple annonçait la présence de Dieu. Jésus est le vrai temple, et son peuple uni à lui devient la demeure de Dieu par l’Esprit (Jean 2.19-21 ; Éphésiens 2.21-22).

Les sacrifices annonçaient l’expiation. Jésus est le sacrifice parfait, offert une fois pour toutes, et son sang obtient le pardon définitif (Hébreux 10.10-18).

La terre annonçait l’héritage. En Christ, l’héritage promis à Abraham s’élargit jusqu’au monde et trouve sa plénitude dans le royaume de Dieu et la nouvelle création (Romains 4.13 ; Matthieu 5.5 ; Galates 3.29).

Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. Ce n’est pas nier Israël. Ce n’est pas mépriser l’Ancien Testament. C’est confesser que Jésus est l’accomplissement de ce que Dieu avait préparé.

L’Église doit donc rejeter toute haine envers les Juifs, mais elle doit aussi refuser toute pression qui voudrait l’amener à replacer au centre ce que le Nouveau Testament présente comme accompli en Christ.

Nous ne regardons pas en arrière vers les ombres comme si elles étaient notre espérance finale.

Nous regardons à Jésus.

  • Il est le vrai temple.
  • Il est le sacrifice parfait.
  • Il est l’héritier des promesses.
  • Il est le centre du plan de Dieu.

Et en lui, Juifs et non-Juifs croyants reçoivent ensemble l’accès au Père, le pardon des péchés, le don de l’Esprit et l’héritage du royaume.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 7 – Le peuple de Dieu dans la nouvelle alliance

Le peuple de Dieu, selon la nouvelle alliance, est défini par la foi en Jésus-Christ, qui apporte le pardon et la transformation intérieure par l’Esprit. Cette alliance, promise par les prophètes et scellée par le sang de Jésus, unit Juifs et non-Juifs dans un seul corps, sans distinction culturelle ou ethnique.

Pour comprendre qui est le peuple de Dieu aujourd’hui, il faut comprendre la nouvelle alliance. La Bible ne nous laisse pas dans le flou. Dieu avait annoncé par les prophètes qu’un jour viendrait où il établirait une alliance nouvelle, non seulement avec des règles gravées sur des tables de pierre, mais avec sa loi inscrite dans les cœurs, avec le pardon des péchés, avec une relation renouvelée entre Dieu et son peuple (Jérémie 31.31-34).

Cette nouvelle alliance n’est pas une idée abstraite. Elle n’est pas un simple prolongement religieux. Elle n’est pas une alliance encore en attente d’un accomplissement principal futur séparé de Christ. Jésus lui-même a déclaré, lors du dernier repas : « Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous » (Luc 22.20). Voilà le centre. La nouvelle alliance est scellée par le sang de Jésus. Elle ne repose pas sur une identité ethnique, sur un territoire, sur un temple terrestre ou sur un système sacrificiel ancien. Elle repose sur l’œuvre parfaite du Fils de Dieu.

Cela signifie que le peuple de Dieu, dans la nouvelle alliance, est le peuple racheté par le sang de Christ. Ce peuple est composé de Juifs et de non-Juifs qui croient en Jésus, qui reçoivent le pardon des péchés, qui sont habités par l’Esprit et qui appartiennent au même Seigneur.

Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est l’enseignement même de Jésus et des apôtres. Ce n’est pas rejeter les Juifs. C’est annoncer que les Juifs comme les non-Juifs doivent entrer dans la nouvelle alliance par le même Messie, le même sang, la même grâce et la même foi.

1. Dieu avait annoncé une nouvelle alliance

Le prophète Jérémie a annoncé une parole majeure : « Mais des jours viennent, déclare l’Eternel, où moi, je conclurai avec le peuple d’Israël et celui de Juda une alliance nouvelle » (Jérémie 31.31). Il faut remarquer que cette promesse est d’abord annoncée dans le contexte d’Israël et de Juda. Dieu parle à son peuple historique. Il annonce qu’il va intervenir d’une manière nouvelle, plus profonde, plus décisive.

Mais cette nouvelle alliance ne sera pas simplement une répétition de l’ancienne. Dieu dit : « Elle ne sera pas comme celle que j’ai conclue avec leurs pères quand je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Egypte, car cette alliance-là, ils l’ont rompue » (Jérémie 31.32). L’ancienne alliance avait été brisée par l’infidélité du peuple. Elle avait révélé le péché, la désobéissance, l’incapacité du cœur humain à demeurer fidèle à Dieu par ses propres forces. Elle avait aussi préparé le besoin d’une œuvre plus profonde.

La nouvelle alliance annoncée par Jérémie ne se limite donc pas à un changement extérieur. Elle vise le cœur. Elle vise la transformation intérieure. Elle vise le pardon véritable. Elle vise une relation renouvelée avec Dieu. Dieu déclare : « je placerai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je la graverai sur leur cœur » (Jérémie 31.33).

La nouvelle alliance est donc marquée par une œuvre intérieure de Dieu. Ce n’est pas seulement une appartenance extérieure. C’est une transformation du cœur.

2. La nouvelle alliance apporte le pardon des péchés

Le cœur de la nouvelle alliance se trouve dans cette promesse : « je pardonnerai leurs fautes, je ne tiendrai plus compte de leur péché » (Jérémie 31.34). Voilà ce que l’ancienne alliance annonçait sans pouvoir l’accomplir définitivement par ses sacrifices répétés. Les sacrifices d’animaux rappelaient le péché, mais ils ne pouvaient pas ôter définitivement les péchés (Hébreux 10.1-4). Ils pointaient vers un sacrifice meilleur, parfait, suffisant. Ce sacrifice, c’est celui de Jésus-Christ.

L’auteur de l’épître aux Hébreux explique que Christ est le médiateur d’une alliance meilleure, fondée sur de meilleures promesses (Hébreux 8.6). Il cite longuement Jérémie 31 pour montrer que cette nouvelle alliance trouve son accomplissement en Christ (Hébreux 8.8-13). Puis il affirme : Ainsi il abolit le premier état des choses pour établir le second. Et c’est en raison de cette volonté de Dieu que nous sommes purifiés du péché, grâce au sacrifice de son propre corps que Jésus-Christ a offert une fois pour toutes » (Hébreux 10.9-10). La nouvelle alliance repose donc sur un pardon réel, obtenu par un sacrifice parfait. Jésus n’a pas simplement amélioré l’ancien système. Il a accompli ce vers quoi l’ancien système pointait.

Cela signifie que le peuple de Dieu est maintenant le peuple pardonné par le sang de Christ. Personne n’entre dans ce peuple par mérite, par héritage naturel ou par appartenance extérieure. On y entre par la grâce de Dieu, au moyen de la foi en Jésus-Christ.

3. Jésus a scellé la nouvelle alliance par son sang

Lors du dernier repas, Jésus a pris la coupe et a déclaré : « Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous » (Luc 22.20). Cette parole est capitale. Jésus ne dit pas simplement qu’il annonce une alliance future indépendante de sa mort. Il dit que la nouvelle alliance est scellée par son sang. Sa mort est donc le fondement de cette alliance.

Le sang de Jésus accomplit ce que les sacrifices de l’ancienne alliance annonçaient.

  • Il obtient le pardon.
  • Il purifie la conscience.
  • Il ouvre l’accès à Dieu.
  • Il établit une relation nouvelle entre Dieu et son peuple.

L’auteur de l’épître aux Hébreux dit : « Voilà pourquoi il (Jésus) est le médiateur d’une alliance nouvelle » (Hébreux 9.15). Jésus est le médiateur. Cela signifie que personne n’entre dans la nouvelle alliance en dehors de lui. Il n’y a pas une nouvelle alliance pour les non-Juifs et un autre chemin d’alliance pour les Juifs. Il y a un seul médiateur, un seul sacrifice, un seul sang, une seule grâce, un seul chemin. Pierre dira aussi : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12).

Le peuple de la nouvelle alliance est donc le peuple qui vient à Dieu par Jésus-Christ.

4. La nouvelle alliance n’est pas fondée sur la chair, mais sur la foi en Christ

Sous l’ancienne alliance, l’appartenance extérieure au peuple d’Israël avait une dimension nationale, familiale et visible. On naissait dans le peuple. On recevait les signes de l’alliance. On participait au culte, aux fêtes, aux sacrifices et aux institutions données par Dieu. Néanmoins, les prophètes avaient déjà annoncé que cela ne suffisait pas. Dieu voulait un cœur circoncis, un peuple transformé de l’intérieur (Deutéronome 10.16 ; Jérémie 4.4). Paul reprend cette vérité lorsqu’il écrit : « Car ce n’est pas ce qui est visible qui fait le Juif, ni la marque visible dans la chair qui fait la circoncision, mais ce qui fait le Juif c’est ce qui est intérieur, et la vraie circoncision est celle que l’Esprit opère dans le cœur et non celle que l’on pratique en obéissant à la lettre de la Loi » (Romains 2.28-29).

Dans la nouvelle alliance, l’appartenance au peuple de Dieu est marquée par l’œuvre de l’Esprit dans le cœur, par la foi en Jésus-Christ et par le pardon reçu en lui. Cela ne signifie pas que Dieu méprise l’histoire d’Israël. Cela signifie que ce vers quoi l’histoire d’Israël pointait est maintenant accompli en Christ. Le peuple de Dieu n’est plus défini par les signes extérieurs de l’ancienne alliance, mais par l’union avec le Médiateur de la nouvelle alliance. Paul le dit clairement : « Car, par la foi en Jésus-Christ, vous êtes tous fils et filles de Dieu » (Galates 3.26). Et encore : « Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29).

5. La nouvelle alliance rassemble Juifs et non-Juifs dans un seul peuple

La nouvelle alliance ne crée pas deux peuples séparés. Elle rassemble en Christ tous ceux qui croient. C’est exactement ce que Paul enseigne dans Éphésiens 2. Les non-Juifs étaient autrefois éloignés, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde (Éphésiens 2.12). Mais maintenant, par l’union avec Jésus-Christ, ils ont été rapprochés par son sang (Éphésiens 2.13).

Puis Paul déclare que Christ a détruit le mur de séparation et a créé, à partir du Juif et du non-Juif, « une seule et nouvelle humanité » (Éphésiens 2.14-15). Il les a réconciliés avec Dieu « en un seul corps » par la croix (Éphésiens 2.16). Voilà le peuple de la nouvelle alliance : un seul corps, formé de Juifs et de non-Juifs croyants, réconciliés par la même croix, ayant accès au même Père par le même Esprit (Éphésiens 2.18).

Cette vérité est fondamentale. La nouvelle alliance n’est pas une alliance qui maintient les croyants dans des catégories spirituelles séparées. Elle les unit en Christ.

Un Juif croyant n’a pas besoin d’un autre salut. Un non-Juif croyant n’a pas besoin de devenir ethniquement juif.

  • Tous deux doivent être unis à Christ.
  • Tous deux doivent être pardonnés par son sang.
  • Tous deux reçoivent l’Esprit.
  • Tous deux appartiennent à la famille de Dieu.

6. Le peuple de Dieu est le peuple pardonné, régénéré et habité par l’Esprit

Les prophètes n’ont pas seulement annoncé le pardon. Ils ont aussi annoncé une transformation intérieure. Ézéchiel écrit : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau » (Ézéchiel 36.26). Puis Dieu ajoute : « Je mettrai en vous mon propre Esprit et je ferai de vous des gens qui vivent selon mes lois et qui obéissent à mes commandements pour les appliquer » (Ézéchiel 36.27). Ces promesses sont profondément liées à la nouvelle alliance. Dieu ne voulait pas seulement former un peuple extérieurement marqué par des rites. Il voulait un peuple transformé, renouvelé, animé par son Esprit.

Dans le Nouveau Testament, cette réalité s’accomplit par Jésus-Christ. À la Pentecôte, l’Esprit est répandu sur les disciples, et Pierre explique cet événement à la lumière des promesses prophétiques (Actes 2.16-21). Puis il appelle ses auditeurs à la repentance et à la foi : « Changez, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Alors vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2.38). Le peuple de la nouvelle alliance est donc le peuple qui reçoit le pardon des péchés et le don du Saint-Esprit par Jésus-Christ. Ce peuple n’est pas défini par la chair, mais par l’œuvre de Dieu dans le cœur.

Voilà pourquoi Paul peut écrire : « Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8.14).

7. La nouvelle alliance rend caduc l’ancien système sacrificiel

L’un des points les plus importants de l’épître aux Hébreux est que le sacrifice de Jésus est définitif. Il n’a pas besoin d’être répété. Il accomplit ce que les sacrifices de l’ancienne alliance ne pouvaient pas accomplir pleinement. Hébreux déclare : « Or, lorsque les péchés ont été pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les ôter » (Hébreux 10.18). Cette phrase a des conséquences énormes. Si le pardon définitif est obtenu par Jésus, il n’y a plus de retour à un système sacrificiel comme moyen d’accès à Dieu. Le temple, les prêtres et les sacrifices de l’ancienne alliance annonçaient Christ. Maintenant que Christ est venu, le sacrifice parfait a été offert une fois pour toutes (Hébreux 10.10-14).

Cela signifie que toute théologie qui attendrait une restauration spirituellement nécessaire des sacrifices ou d’un temple comme centre du plan de Dieu doit être examinée très sérieusement à la lumière de l’épître aux Hébreux. Christ n’est pas un simple intermède entre deux systèmes sacrificiels. Il est l’accomplissement final.

Le peuple de la nouvelle alliance ne se rassemble pas autour d’un autel terrestre où l’on répéterait des sacrifices. Il se rassemble autour du Christ crucifié et ressuscité, dont le sang a obtenu une rédemption éternelle (Hébreux 9.12).

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, certaines initiatives encouragent les leaders chrétiens à affirmer leur solidarité avec le peuple juif et à lutter contre l’antisémitisme. Lorsqu’il s’agit de refuser la haine, la violence et la discrimination, cette solidarité est juste. Le chrétien doit aimer son prochain et rejeter tout mépris envers les Juifs.

Mais la vigilance devient nécessaire lorsque cette solidarité glisse vers une pression doctrinale. Si l’on demande aux chrétiens de parler du peuple juif, des alliances ou de la Loi d’une manière qui affaiblit l’accomplissement de la nouvelle alliance en Christ, alors l’Église doit s’arrêter et revenir à la Parole.

La nouvelle alliance n’est pas définie par une organisation religieuse, une déclaration publique ou une sensibilité politique. Elle est définie par Jésus lui-même : « Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous » (Luc 22.20).

Un pasteur peut condamner l’antisémitisme avec fermeté. Il doit le faire. Mais il ne doit pas laisser entendre que l’ancienne alliance demeure comme un chemin parallèle d’appartenance à Dieu en dehors de Christ. Il ne doit pas enseigner que les Juifs auraient accès à Dieu autrement que par le sang de la nouvelle alliance. Il ne doit pas taire que la nouvelle alliance rassemble Juifs et non-Juifs croyants dans un seul peuple.

La fidélité pastorale exige de parler avec amour, mais aussi avec clarté et fidélité sans compromis à la Parole de Dieu.

9. La nouvelle alliance ne permet pas de séparer le peuple de Dieu de Jésus-Christ

Le danger de certaines lectures modernes est de parler du peuple de Dieu d’une manière qui finit par le détacher de Jésus-Christ. On parle d’Israël, de l’alliance, de l’élection, des promesses, mais Christ devient secondaire ou simplement ajouté à côté d’un autre cadre.

Le Nouveau Testament ne permet pas cela.

  • Jésus est le médiateur de la nouvelle alliance (Hébreux 9.15).
  • Son sang scelle cette alliance (Luc 22.20).
  • Son sacrifice obtient le pardon définitif (Hébreux 10.10-18).
  • Son Esprit transforme le cœur (Romains 8.9-14).
  • Son Évangile est le même pour les Juifs et pour les non-Juifs (Romains 1.16 ; Romains 10.12-13).
  • Son corps réunit ceux qui étaient séparés (Éphésiens 2.16).

On ne peut donc pas définir le peuple de Dieu en marge de Christ. Le peuple de Dieu est le peuple qui appartient à Christ. C’est pourquoi Jean écrit : « Certains pourtant l’ont accueilli ; ils ont cru en lui. A tous ceux-là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu » (Jean 1.12).

L’appartenance à Dieu passe par la réception du Fils.

10. Ce que l’Église doit proclamer

  • L’Église doit proclamer que l’antisémitisme est un péché.
  • Elle doit proclamer que les Juifs doivent être aimés comme notre prochain.
  • Elle doit proclamer que Dieu a parlé à travers Israël, les prophètes, les alliances et les promesses.
  • Mais elle doit aussi proclamer que la nouvelle alliance est scellée par le sang de Jésus-Christ.
  • Elle doit proclamer que le pardon des péchés ne se trouve qu’en lui.
  • Elle doit proclamer que Juifs et non-Juifs doivent venir au même Sauveur.
  • Elle doit proclamer que le peuple de Dieu est le peuple racheté par le sang de Christ.
  • Elle doit proclamer que la Loi est écrite dans le cœur par l’Esprit, non par une simple appartenance extérieure.
  • Elle doit proclamer que le mur de séparation est détruit et que Dieu forme un seul peuple en Jésus.
  • Cette proclamation n’est pas une haine des Juifs. Elle est le témoignage de la nouvelle alliance.

Conclusion

Le peuple de Dieu dans la nouvelle alliance est le peuple racheté par le sang de Jésus-Christ. Cette alliance avait été annoncée par les prophètes. Elle promettait le pardon des péchés, la transformation du cœur, la connaissance de Dieu et l’œuvre intérieure de l’Esprit (Jérémie 31.31-34 ; Ézéchiel 36.26-27).

Jésus a déclaré que cette nouvelle alliance était scellée par son sang (Luc 22.20). L’épître aux Hébreux affirme qu’il en est le médiateur et que son sacrifice parfait accomplit ce que l’ancienne alliance annonçait (Hébreux 8.6-13 ; Hébreux 10.10-18).

Ainsi, le peuple de Dieu ne peut pas être défini en dehors de Jésus-Christ. Il est composé de tous ceux qui croient en lui, qui reçoivent son pardon, qui sont unis à lui, qui reçoivent son Esprit, et qui ont accès au Père par lui.

Nous devons donc aimer les Juifs, rejeter toute haine envers eux et prier pour leur salut. Mais nous devons aussi refuser toute pression qui voudrait nous faire taire sur la nouvelle alliance accomplie en Christ.

  • Il n’y a pas deux médiateurs.
  • Il n’y a pas deux sangs d’alliance.
  • Il n’y a pas deux peuples sauvés par deux chemins différents.
  • Il y a Jésus-Christ, le Médiateur de la nouvelle alliance.
  • Il y a son sang, versé pour le pardon des péchés.
  • Il y a son Esprit, donné à ceux qui croient.
  • Il y a un seul peuple, composé de Juifs et de non-Juifs, rachetés par grâce et réunis dans le même Seigneur.

C’est cette vérité que l’Église doit garder, enseigner et proclamer avec courage, humilité et fidélité sans compromis.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 6 – La descendance d’Abraham selon le Nouveau Testament

La descendance d’Abraham est la clé pour comprendre le plan divin et se retrouve pleinement en Jésus-Christ. Abraham a reçu une promesse universelle, et ceux qui croient en Christ deviennent ses héritiers. Cette lecture apostolique souligne que l’héritage spirituel se donne par la foi, unissant Juifs et non-Juifs dans la grâce.

La question de la descendance d’Abraham est essentielle pour comprendre le plan de Dieu. Elle touche aux promesses, à l’alliance, au peuple de Dieu, à l’héritage, à la foi, et surtout à Jésus-Christ. Si nous voulons parler correctement d’Israël, de l’Église et des nations, nous devons revenir à Abraham, mais nous devons surtout le lire à la lumière du Nouveau Testament.

Dieu a fait une promesse à Abraham. Il lui a promis une descendance. Il lui a promis une bénédiction. Il lui a annoncé que toutes les familles de la terre seraient bénies en lui (Genèse 12.3). Cette promesse est l’un des grands fils conducteurs de toute la Bible. Mais le Nouveau Testament nous montre que cette promesse ne trouve pas son accomplissement ultime dans la chair seulement, ni dans une identité ethnique isolée de Christ. Elle trouve son accomplissement en Jésus-Christ.

L’apôtre Paul est très clair : « Or, c’est à Abraham et à sa descendance que Dieu a fait ses promesses. Il n’est pas dit : « et à ses descendances », comme s’il s’agissait de plusieurs lignées. A ta descendance ne désigne qu’une seule descendance, et c’est Christ » (Galates 3.16). Cette affirmation est capitale. Paul ne laisse pas la promesse d’Abraham flotter dans l’ambiguïté. Il la conduit vers son centre : Christ. La descendance promise, dans son sens ultime, c’est Jésus-Christ. Et ceux qui appartiennent à Christ deviennent, en lui, la descendance d’Abraham et les héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. Ce n’est pas mépriser Abraham, Israël ou le peuple juif. C’est lire les promesses comme les apôtres les ont lues : à partir de Jésus-Christ, en Jésus-Christ, et pour la gloire de Jésus-Christ.

1. Abraham a reçu une promesse destinée à bénir toutes les nations

Lorsque Dieu appelle Abraham, son projet dépasse déjà les limites d’un seul peuple ethnique. Dieu dit : « Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui t’outrageront. Toutes les familles de la terre seront bénies à travers toi » (Genèse 12.3). Dès le départ, la promesse donnée à Abraham porte une dimension universelle. Dieu choisit Abraham, mais son dessein n’est pas de limiter la bénédiction à une seule nation. Il veut bénir toutes les familles de la terre à travers lui.

C’est ici qu’il faut bien comprendre l’élection biblique. Dieu choisit Abraham non pour exclure définitivement les nations, mais pour préparer le moyen par lequel les nations seront bénies. Israël reçoit une vocation particulière dans l’histoire du salut, mais cette vocation pointe vers une bénédiction plus large. Elle prépare la venue du Messie, par lequel la bénédiction atteindra toutes les nations. Paul confirme cette lecture lorsqu’il écrit : « En fait, l’Ecriture prévoyait que Dieu déclarerait les non-Juifs justes s’ils avaient la foi. C’est pourquoi elle a annoncé par avance cette bonne nouvelle à Abraham : Tu seras une source de bénédictions pour tous les peuples » (Galates 3.8).

Remarquons bien : Paul appelle cette promesse « cette bonne nouvelle ». Autrement dit, l’Évangile était déjà annoncé d’avance à Abraham. Le salut des nations par la foi n’est donc pas une improvisation tardive. Ce n’est pas une parenthèse. Ce n’est pas un plan B. C’était déjà contenu dans la promesse faite à Abraham.

Dieu avait annoncé dès le commencement que sa bénédiction atteindrait les nations. Et cette bénédiction vient par Jésus-Christ.

2. Abraham a été déclaré juste par la foi

Avant même la circoncision, avant même la Loi de Moïse, Abraham a été déclaré juste par la foi. La Genèse dit : « Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste » (Genèse 15.6). Cette vérité est fondamentale. Abraham n’a pas été déclaré juste par les œuvres de la Loi, car la Loi n’avait pas encore été donnée. Il n’a pas été déclaré juste par la circoncision, car la circoncision est venue après. Il a été déclaré juste par la foi. Paul s’appuie fortement sur ce point dans Romains 4. Il explique qu’Abraham est le père de tous ceux qui croient, qu’ils soient circoncis ou incirconcis. Il écrit : « Il est devenu ainsi le père de tous ceux qui croient sans être circoncis pour qu’eux aussi soient déclarés justes par Dieu de la même manière » (Romains 4.11). Puis il ajoute qu’il est aussi le père des circoncis qui suivent les traces de la foi qu’Abraham avait avant sa circoncision (Romains 4.12).

Cela signifie que la vraie filiation d’Abraham ne se réduit pas à la chair. Elle se reconnaît à la foi. Les enfants d’Abraham, au sens spirituel de la promesse, sont ceux qui marchent dans la foi d’Abraham. Paul le dit avec une clarté remarquable : « Comprenez-le donc : seuls ceux qui placent leur confiance en Dieu sont les fils et les filles d’Abraham » (Galates 3.7).

Voilà une phrase qu’il ne faut pas affaiblir. Ceux qui ont la foi sont les enfants d’Abraham. Non pas ceux qui possèdent seulement une descendance naturelle. Non pas ceux qui s’appuient sur une identité ethnique. Mais ceux qui croient comme Abraham a cru.

Cela ne nie pas l’existence historique d’Israël selon la chair. Cela montre simplement que l’héritage spirituel de la promesse se reçoit par la foi.

3. La descendance promise, c’est Christ

Paul fait ensuite une affirmation qui devrait guider toute notre lecture de la promesse : « Or, c’est à Abraham et à sa descendance que Dieu a fait ses promesses. Il n’est pas dit : « et à ses descendances », comme s’il s’agissait de plusieurs lignées. A ta descendance ne désigne qu’une seule descendance, et c’est Christ » (Galates 3.16). Ce verset place Jésus au centre de la promesse faite à Abraham. La descendance ultime, celle en qui la promesse trouve son accomplissement, c’est Christ. Cela signifie que l’héritage promis ne peut pas être compris en dehors de lui. Les promesses ne peuvent pas être détachées du Messie. On ne peut pas lire Abraham correctement si l’on ne va pas jusqu’à Jésus.

  • Christ est l’héritier.
  • Christ est la descendance d’Abraham.
  • Christ est celui par qui les nations sont bénies.
  • Christ est celui en qui Dieu accomplit son engagement.

C’est pourquoi le Nouveau Testament ne nous permet pas de traiter la promesse d’Abraham comme si son accomplissement principal était politique, territorial ou ethnique. Ces dimensions existaient dans l’histoire biblique vétérotestamentaires, mais elles pointaient vers une réalité plus grande. Elles préparaient l’accomplissement messianique. La terre promise pointait vers l’héritage plus vaste du royaume. La descendance pointait vers le Messie. La bénédiction d’Abraham pointait vers la justification par la foi et le don de l’Esprit aux nations (Galates 3.14).

Ainsi, la promesse d’Abraham ne diminue pas en Christ. Elle s’élargit, s’accomplit et atteint sa plénitude en lui.

4. Ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham

Après avoir affirmé que la descendance promise est Christ, Paul ajoute : « Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29). Ce verset est l’un des plus importants pour comprendre le peuple de Dieu. Paul ne dit pas seulement que les croyants des nations reçoivent une petite part secondaire. Il dit qu’ils sont la descendance d’Abraham s’ils appartiennent à Christ.

La logique est simple et profonde. Christ est la descendance d’Abraham. Ceux qui appartiennent à Christ sont unis à lui. Donc, ceux qui appartiennent à Christ participent à la descendance d’Abraham et deviennent héritiers selon la promesse. Tout repose sur l’union avec Jésus. C’est lui qui donne accès à l’héritage. C’est lui qui fait de nous des enfants de la promesse. C’est lui qui rassemble Juifs et non-Juifs dans un même peuple. Cela rejoint ce que Paul a écrit quelques versets plus tôt : « Il n’y a plus ni Juifs ni non-Juifs, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un » (Galates 3.28).

Paul ne nie pas les distinctions humaines dans leur réalité sociale ou historique. Il affirme qu’elles ne définissent plus le statut devant Dieu. Devant Dieu, l’appartenance décisive est l’union avec Christ.

C’est pourquoi la descendance d’Abraham, dans la nouvelle alliance, se reconnaît par l’appartenance à Jésus-Christ.

5. La promesse ne passe pas par la Loi, mais par la foi

Paul insiste aussi sur un autre point : la promesse faite à Abraham précède la Loi. La Loi est venue plus tard. Elle n’annule pas la promesse. Elle ne remplace pas la foi comme moyen de recevoir l’héritage. Paul écrit: « Eh bien, je dis ceci : une alliance a été conclue par Dieu en bonne et due forme à la manière d’un testament ; la Loi est survenue quatre cent trente ans plus tard : elle ne peut donc pas annuler cette alliance et réduire par là même la promesse à néant » (Galates 3.17). La promesse faite à Abraham ne dépendait pas de la Loi de Moïse. Elle reposait sur la fidélité de Dieu. Elle devait être reçue par la foi.

Cela a des conséquences importantes. Si l’héritage dépendait de la Loi, il serait limité à ceux qui sont sous la Loi. Mais si l’héritage dépend de la promesse reçue par la foi, alors il peut atteindre toutes les nations en Christ. Paul explique ailleurs : « Voilà pourquoi l’héritage se reçoit par la foi : c’est pour qu’il soit un don de la grâce. Ainsi, la promesse se trouve confirmée à toute la descendance d’Abraham, c’est-à-dire non seulement à celle qui a la Loi, mais aussi à celle qui partage la foi d’Abraham » (Romains 4.16). La promesse est donc assurée à toute la descendance d’Abraham, c’est-à-dire à tous ceux qui partagent sa foi. Cela inclut les croyants d’origine juive et les croyants d’origine non juive.

Encore une fois, ce n’est pas un remplacement. C’est l’accomplissement de la promesse par la foi.

6. La bénédiction d’Abraham, c’est la justification et le don de l’Esprit

Paul explique le contenu de la bénédiction d’Abraham dans Galates 3 : « Jésus-Christ l’a fait pour que, grâce à lui, la bénédiction d’Abraham s’étende aux non-Juifs et que nous recevions, par la foi, l’Esprit que Dieu avait promis » (Galates 3.14). Ce passage montre que la bénédiction d’Abraham atteint les nations par Jésus-Christ. Et cette bénédiction comprend la réception de l’Esprit par la foi.

La promesse faite à Abraham n’est donc pas simplement une affaire de territoire ou de nationalité. Elle conduit à la rédemption, à la justification, au don de l’Esprit, et à l’entrée des nations dans la famille de Dieu. C’est exactement ce que les prophètes annonçaient : un jour viendrait où Dieu répandrait son Esprit, écrirait sa loi dans les cœurs, pardonnerait les péchés et rassemblerait un peuple renouvelé (Jérémie 31.31-34 ; Ézéchiel 36.26-27 ; Joël 3.1-2).

Le Nouveau Testament affirme que cette réalité commence en Jésus-Christ. Il est le médiateur de la nouvelle alliance (Luc 22.20 ; Hébreux 8.6). Il donne l’Esprit. Il rassemble les croyants. Il accomplit la bénédiction promise.

Ainsi, la descendance d’Abraham n’est pas définie par une simple continuité biologique. Elle est définie par la foi en Christ et par l’œuvre de l’Esprit.

7. Jésus a enseigné que la vraie filiation d’Abraham se reconnaît par la foi

Dans Jean 8, Jésus parle à des Juifs qui revendiquent Abraham comme père. Ils disent : « Notre père à nous […] c’est Abraham » (Jean 8.39). Jésus leur répond : « Eh bien […] si vous étiez vraiment des enfants d’Abraham, vous agiriez comme lui » (Jean 8.39). Cette parole est très importante. Jésus reconnaît implicitement qu’ils descendent d’Abraham selon la chair, mais il montre que la vraie filiation spirituelle se reconnaît à la foi et aux œuvres qui en découlent.

Abraham a cru Dieu. Il a reçu la promesse et il a regardé vers le jour du Messie. Jésus dira même : « Abraham votre père a exulté de joie à la pensée de voir mon jour. Il l’a vu et en a été transporté de joie » (Jean 8.56). Selon Jésus, Abraham regardait vers lui. La foi d’Abraham était orientée vers le jour de Christ. Ainsi, refuser Jésus tout en revendiquant Abraham est une contradiction spirituelle.

Cela confirme encore la même vérité : l’identité d’Abraham trouve son sens ultime en Christ. On ne peut pas être enfant d’Abraham au sens profond tout en rejetant celui que la promesse annonçait.

Voilà pourquoi l’Évangile appelle les Juifs et les non-Juifs à la même foi en Jésus.

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, il devient parfois difficile d’affirmer clairement que la descendance d’Abraham se définit en Christ. Certaines voix voudraient faire croire que cette affirmation effacerait Israël ou mépriserait le peuple juif. Pourtant, ce n’est pas ce que nous faisons. Nous ne méprisons pas Israël. Nous suivons l’interprétation apostolique de la promesse.

Le danger est qu’une pression extérieure cherche à imposer aux chrétiens une manière de parler d’Abraham, d’Israël et des promesses qui minimise Galates 3. On peut encourager les pasteurs à lutter contre l’antisémitisme, ce qui est juste lorsqu’il s’agit de combattre la haine. Mais si cette lutte devient un moyen de rendre suspecte l’affirmation selon laquelle Christ est la descendance promise, alors l’Église doit résister.

Les pasteurs ne doivent pas laisser les sensibilités contemporaines redéfinir la doctrine biblique. Ils doivent enseigner ce que l’Écriture enseigne : Abraham a cru Dieu, la promesse visait Christ, et ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham.

Ce message n’est pas une attaque contre les Juifs. C’est une invitation à reconnaître Jésus comme le Messie promis. C’est aussi une invitation aux non-Juifs à abandonner tout orgueil et à reconnaître qu’ils ne sont héritiers que par pure grâce.

L’Église doit donc parler avec humilité, mais sans crainte. Elle ne doit pas accepter que la fidélité à Galates 3 soit présentée comme une forme de haine.

9. La descendance d’Abraham n’est pas contre les Juifs, elle est en Christ pour tous ceux qui croient

Il faut insister sur ce point. Lorsque nous disons que ceux qui ont la foi sont enfants d’Abraham, nous ne parlons pas contre les Juifs. Nous parlons pour la vérité de l’Évangile.

Un Juif qui croit en Jésus est pleinement enfant d’Abraham. Il reçoit son Messie. Il entre dans l’accomplissement de la promesse. Il n’est pas diminué. Il est ramené au centre même de l’espérance d’Israël.

Un non-Juif qui croit en Jésus devient lui aussi enfant d’Abraham, non parce qu’il remplace le Juif, mais parce qu’il est uni au Christ, la descendance promise. Ainsi, la foi en Christ ne détruit pas la promesse faite à Abraham. Elle l’ouvre à toutes les nations, comme Dieu l’avait annoncé dès le commencement.

Cette vérité est profondément missionnaire. Elle signifie que l’Évangile doit être annoncé à tous les peuples. Elle signifie que le salut est offert au Juif comme au non-Juif. Elle signifie que personne n’est sauvé par son origine, mais que tous peuvent être sauvés par la foi en Jésus-Christ.

Paul le dit clairement : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui » (Romains 10.12).

Voilà la grâce de Dieu. Elle humilie tout orgueil et elle ouvre une porte à tous.

10. Ce que l’Église doit enseigner avec clarté

L’Église doit enseigner :

  • qu’Abraham occupe une place majeure dans le plan de Dieu ;
  • que Dieu a réellement fait des promesses à Abraham ;
  • que ces promesses n’ont pas échoué ;
  • qu’elles ne doivent pas être détachées de Jésus-Christ ;
  • que Christ est la descendance promise (Galates 3.16) ;
  • que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29) ;
  • que la bénédiction d’Abraham rejoint les nations par Jésus-Christ (Galates 3.14) ;
  • que les croyants doivent marcher dans l’humilité, sans mépris envers Israël selon la chair (Romains 11.17-20) ;
  • que le salut est offert à tous par le même Seigneur, dans le même Évangile (Romains 10.12-13) ;

Cette doctrine est équilibrée. Elle rejette l’antisémitisme. Elle rejette l’orgueil des nations. Mais elle rejette aussi toute tentative de séparer la promesse d’Abraham de son accomplissement en Christ.

Conclusion

La descendance d’Abraham selon le Nouveau Testament ne se comprend pas par la chair seulement. Elle se comprend par la promesse, par la foi, et surtout par Jésus-Christ.

Abraham a reçu une promesse destinée à bénir toutes les nations (Genèse 12.3). Il a été déclaré juste par la foi avant la circoncision (Genèse 15.6 ; Romains 4.11). Paul affirme que la descendance promise est Christ (Galates 3.16). Et il déclare que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et les héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

Voilà la lecture apostolique.

Ce n’est pas de l’antisémitisme. Ce n’est pas du mépris. Ce n’est pas une négation de l’histoire d’Israël. C’est l’accomplissement des promesses en Jésus-Christ.

Nous devons donc aimer les Juifs, prier pour leur salut et refuser toute haine envers eux. Mais nous ne devons jamais taire que Jésus est la descendance promise, le Messie d’Israël, le Sauveur des nations et l’héritier de toutes les promesses.

L’Église doit rester attachée à cette vérité. Non par esprit de controverse, mais par fidélité à la Parole de Dieu.

Car si nous appartenons à Christ, nous sommes la descendance d’Abraham. Nous ne le sommes pas par mérite. Nous ne le sommes pas par supériorité. Nous ne le sommes pas par la chair. Nous le sommes par grâce, par la foi, en union avec Jésus-Christ, celui en qui Dieu accomplit toutes ses promesses.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 5 – Les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël, ils sont greffés en Christ

Le contenu souligne que les croyants non-juifs ne remplacent pas Israël, mais sont greffés par grâce dans le peuple de Dieu grâce à Jésus-Christ. Il met en avant l’unité en Christ, réfutant l’idée d’un remplacement charnel et appelant à reconnaître la continuité des promesses divines accomplie en Lui.

Il existe une accusation souvent utilisée pour faire taire ceux qui affirment que les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ. On les accuse de défendre une « théologie du remplacement ». Selon cette accusation, dire que Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ reviendrait à dire que l’Église aurait remplacé Israël, que Dieu aurait rejeté les Juifs, ou que les promesses faites autrefois n’auraient plus aucune valeur.

Mais cette accusation repose souvent sur une confusion. Le Nouveau Testament ne nous appelle pas à parler d’un remplacement charnel, comme si Dieu avait simplement écarté un peuple pour en choisir un autre selon la chair. Le langage biblique est plus profond, plus riche et plus centré sur Christ. La Bible parle d’accomplissement, de greffe, de réconciliation, d’un seul homme nouveau, d’un seul corps, d’une seule famille, d’un seul peuple racheté par le sang de Jésus-Christ (Matthieu 5.17 ; Romains 11.17-24 ; Éphésiens 2.14-19 ; Galates 3.28-29).

Les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël comme une nation remplacerait une autre nation. Ils sont introduits par grâce dans les bénédictions promises, par leur union avec le Messie d’Israël. Ils ne deviennent pas héritiers en dehors de Christ, mais en Christ. Ils ne se glorifient pas contre Israël, mais ils reconnaissent qu’ils ont été rapprochés par le sang de Jésus (Éphésiens 2.13).

Il faut donc refuser deux erreurs.

La première consiste à mépriser les Juifs ou à parler comme si Dieu avait simplement rejeté Israël selon la chair. Cette attitude est contraire à l’esprit de l’apôtre Paul, qui aimait profondément son peuple et priait pour son salut (Romains 9.1-3 ; Romains 10.1).

La deuxième erreur consiste à maintenir une séparation spirituelle permanente entre Israël et l’Église, comme si Christ n’avait pas détruit le mur de séparation par sa croix (Éphésiens 2.14-16).

La vérité biblique est plus belle : Dieu accomplit ses promesses en Jésus-Christ, et il greffe dans son peuple tous ceux qui croient, Juifs et non-Juifs, par la même grâce et dans la même foi.

1. Le Nouveau Testament ne parle pas d’un remplacement charnel

Le mot « remplacement » est souvent utilisé pour caricaturer la théologie de l’accomplissement. On laisse entendre que les chrétiens qui affirment l’unité du peuple de Dieu diraient simplement : « Les Juifs sont rejetés, les non-Juifs prennent leur place. » Mais ce n’est pas ce que le Nouveau Testament enseigne.

L’Évangile ne fonctionne pas selon une logique ethnique où un peuple charnel remplacerait un autre peuple charnel. Il fonctionne selon la logique christologique : tout s’accomplit en Jésus-Christ.

Jésus n’a pas dit qu’il venait abolir la Loi ou les prophètes. Il a dit : « Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5.17). L’accomplissement n’est pas le mépris de ce qui précède. C’est son aboutissement. L’ancienne alliance, les promesses, les sacrifices, le temple, le sacerdoce, la royauté, la descendance d’Abraham, tout converge vers Christ. Il est le centre, la réalité, la plénitude.

C’est pourquoi Paul affirme : « Car c’est en lui que Dieu a dit oui à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1.20). Il ne dit pas que Dieu a oublié ses promesses. Il ne dit pas qu’il les a données à un autre peuple en dehors de Christ. Il dit qu’elles trouvent leur oui en Christ.

Ainsi, le débat ne devrait pas être formulé ainsi : « L’Église remplace-t-elle Israël ? » La vraie question biblique est plutôt : « Comment les promesses faites à Israël trouvent-elles leur accomplissement en Jésus-Christ, et comment les croyants, Juifs et non-Juifs, y participent-ils par la foi ? »

Lorsque la question est posée ainsi, le Nouveau Testament répond clairement : les promesses s’accomplissent en Christ, et tous ceux qui appartiennent à Christ sont héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

2. Les non-Juifs croyants étaient autrefois étrangers, mais ils ont été rapprochés

Paul rappelle aux croyants d’origine non juive qu’ils n’étaient pas naturellement membres du peuple de l’alliance : « En ce temps-là, vous étiez sans Messie, vous n’aviez pas le droit de faire partie du peuple d’Israël, vous étiez étrangers aux alliances conclues par Dieu pour garantir sa promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éphésiens 2.12). Cette parole empêche toute arrogance. Les croyants des nations ne doivent jamais parler avec orgueil. Ils étaient loin. Ils étaient étrangers. Ils n’avaient aucun droit à revendiquer devant Dieu. Leur entrée dans les bénédictions promises est entièrement une grâce.

Néanmoins, Paul ajoute aussitôt : « Mais maintenant, par votre union avec Jésus-Christ, vous qui, autrefois, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce au sacrifice de Christ » (Éphésiens 2.13). Voilà la clé : « par votre union avec Jésus-Christ ». Les non-Juifs croyants ne sont pas rapprochés par leur ethnie, leur culture, leur mérite ou leur supériorité. Ils sont rapprochés par le sang de Christ. Ils ne remplacent pas Israël selon la chair. Ils sont introduits dans la proximité de Dieu par le Messie d’Israël. Ils entrent dans l’héritage non en contournant Israël, mais en étant unis à celui qui accomplit Israël.

Ce point est fondamental. Les nations ne deviennent pas le peuple de Dieu par une prise de pouvoir spirituelle. Elles deviennent membres de la famille de Dieu par grâce, par la foi, par la croix.

Paul précise ensuite : « Voilà pourquoi vous n’êtes plus des étrangers ou des résidents temporaires, vous êtes concitoyens des membres du peuple saint, vous faites partie de la famille de Dieu » (Éphésiens 2.19).

Le langage n’est pas celui du remplacement. C’est celui de l’intégration par grâce, de la réconciliation, de la citoyenneté commune et de la famille de Dieu.

3. Paul utilise l’image de la greffe, non celle du mépris

Romains 11 est souvent cité dans les débats sur Israël. Il faut le lire avec attention. Paul y utilise l’image de l’olivier. Certains rameaux naturels ont été retranchés à cause de leur incrédulité, et des rameaux sauvages ont été greffés parmi les autres pour participer à la racine et à la sève de l’olivier (Romains 11.17).

Cette image est très importante. Les croyants d’origine non juive ne deviennent pas la racine. Ils ne possèdent pas l’arbre. Ils ne peuvent pas se glorifier contre les rameaux naturels. Ils sont greffés par grâce. Paul avertit clairement : « Et toi qui, par ton origine païenne, étais comme un rameau d’olivier sauvage, tu as été greffé parmi les branches restantes, et voici que tu as part avec elles à la sève qui monte de la racine de l’olivier cultivé. Ne te mets pas, pour autant, à te vanter aux dépens des branches coupées. Et si tu es tenté par un tel orgueil, souviens-toi que ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est elle qui te porte ! » (Romains 11.17-18) Ce passage interdit tout orgueil anti-juif. Il interdit au croyant d’origine non juive de mépriser Israël selon la chair. Il interdit de parler comme si Dieu avait agi avec les nations à cause d’une supériorité de celles-ci. Paul dit exactement le contraire : « Ne te mets pas, pour autant, à te vanter ».

Mais le même passage montre aussi que la participation à l’arbre se fait par la foi. Les rameaux retranchés l’ont été à cause de l’incrédulité, et les rameaux greffés subsistent par la foi (Romains 11.20). Paul ajoute même que les rameaux naturels peuvent être greffés de nouveau s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité (Romains 11.23). L’enjeu n’est donc pas l’ethnie seule. L’enjeu est la foi. La greffe se fait dans la réalité du peuple de Dieu par la foi au Messie.

Romains 11 ne justifie ni l’antisémitisme, ni la séparation permanente de deux peuples de Dieu. Il enseigne l’humilité, la grâce, la foi, et l’espérance que des Juifs incrédules soient greffés de nouveau par la foi en Christ.

4. La racine porte les croyants, mais Christ demeure le centre

Lorsque Paul parle de la racine de l’olivier, il rappelle que les croyants des nations participent à une histoire qui les précède. Ils ne peuvent pas comprendre leur foi comme si elle était détachée d’Abraham, des promesses, des alliances, des prophètes et du Messie venu d’Israël selon la chair (Romains 9.4-5).

Toutefois, il faut aussi lire Romains 11 avec l’ensemble du Nouveau Testament. La racine ne peut pas être comprise comme une réalité indépendante de Christ. Car Paul a déjà dit que la descendance d’Abraham, au sens ultime de la promesse, c’est Christ (Galates 3.16). Il a aussi affirmé que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers conformément à la promesse (Galates 3.29).

Autrement dit, les croyants sont portés par l’histoire des promesses de Dieu, mais ces promesses trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ. L’olivier n’est pas une invitation à se glorifier dans une identité charnelle. Il est un appel à reconnaître la fidélité de Dieu à son dessein, depuis Abraham jusqu’à Christ, et de Christ jusqu’aux nations.

Les non-Juifs ne doivent donc pas se vanter. Mais ils ne doivent pas non plus être ramenés sous une lecture qui sépare les promesses de leur accomplissement en Jésus. Ils doivent dire avec reconnaissance : nous avons été greffés par grâce, nous participons à une promesse que nous ne méritions pas, et cette promesse nous rejoint uniquement parce que nous sommes unis à Christ.

La racine rappelle l’humilité. Christ révèle l’accomplissement.

5. Les rameaux naturels peuvent être greffés de nouveau par la foi

Paul ne ferme jamais la porte au peuple juif. Au contraire, il espère, il prie, il avertit et il annonce que Dieu est puissant pour greffer de nouveau les rameaux naturels. Il écrit : « En ce qui concerne les Israélites, s’ils ne demeurent pas dans leur incrédulité, ils seront regreffés. Car Dieu a le pouvoir de les greffer de nouveau » (Romains 11.23). Ce verset est essentiel. Paul ne dit pas que les Juifs incrédules sont automatiquement dans le salut simplement parce qu’ils sont Juifs. Il ne dit pas non plus qu’ils sont définitivement exclus sans possibilité de retour. Il dit qu’ils peuvent être greffés de nouveau s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité. La condition est claire : la foi.

Cela rejoint Romains 10 : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui. En effet, il est écrit : Tous ceux qui invoqueront le Seigneur seront sauvés » (Romains 10.12-13). Tous les êtres humains, Juifs et non-Juifs, sont appelés au même salut. Il n’y a pas une voie de salut pour Israël et une autre pour les nations. Il y a un seul Seigneur, un seul Évangile, une seule grâce, une seule foi. Aimer les Juifs, ce n’est donc pas leur promettre une relation avec Dieu séparée de Christ. Aimer les Juifs, c’est prier pour qu’ils reconnaissent en Jésus leur Messie et leur Sauveur (Romains 10.1).

Voilà pourquoi la théologie de l’accomplissement n’est pas une théologie de rejet. Elle est une théologie d’appel. Elle appelle tous les hommes, y compris Israël selon la chair, à venir au Messie promis.

6. La greffe exclut l’arrogance et confirme l’unité du peuple de Dieu

L’image de la greffe nous protège contre deux erreurs. Elle nous protège d’abord contre l’arrogance des non-Juifs. Paul est très direct : « Ne sois donc pas orgueilleux ! Sois plutôt sur tes gardes ! » (Romains 11.20) Le croyant d’origine non juive ne doit pas regarder Israël selon la chair avec mépris. Il doit se souvenir qu’il a été sauvé par grâce. Il doit se souvenir qu’il a été greffé, non parce qu’il était meilleur, mais parce que Dieu a manifesté sa miséricorde.

La greffe nous protège ensuite contre l’idée de deux peuples séparés. Les rameaux sauvages ne sont pas greffés dans un autre arbre. Ils sont greffés parmi les autres dans le même olivier. Ils participent à la même sève. Ils ne forment pas un arbre parallèle. Cette image rejoint Éphésiens 2 : un seul homme nouveau, un seul corps, une seule famille (Éphésiens 2.15-19). Elle rejoint aussi Galates 3 : tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

Ainsi, la greffe n’enseigne pas le remplacement charnel. Elle enseigne l’intégration par grâce dans le peuple de la promesse, peuple qui trouve son unité en Christ.

7. Pourquoi l’expression « théologie du remplacement » peut devenir un piège

L’expression « théologie du remplacement » est souvent utilisée de manière imprécise. Elle peut désigner une vraie erreur, mais elle peut aussi servir à disqualifier une vérité biblique. Il existe effectivement une mauvaise manière de parler, qui serait injuste et dangereuse. Ce serait dire : « Dieu a fini avec les Juifs. Les Juifs n’ont plus aucune importance. L’Église non juive a pris leur place. » Une telle formulation est mauvaise et fausse. Elle ne respecte ni Romains 9, ni Romains 10, ni Romains 11. Elle nourrit l’orgueil et peut ouvrir la porte au mépris. Cependant, ce n’est pas cette erreur que nous défendons.

Ce que nous affirmons, c’est que Jésus-Christ accomplit les promesses, que le peuple de Dieu est uni en lui, que les croyants d’origine juive et non juive forment un seul corps, et que personne ne peut être héritier de la promesse en dehors de Christ.

Si quelqu’un appelle cela « théologie du remplacement », il déforme la position biblique. Il serait plus juste de parler de théologie de l’accomplissement en Christ. La théologie de l’accomplissement ne dit pas que les nations remplacent Israël. Elle dit que Christ accomplit Israël, accomplit les promesses, accomplit les figures, accomplit l’alliance, et rassemble en lui tous ceux qui croient.

Ce n’est pas le remplacement d’un peuple par un autre. C’est l’accomplissement de tout en Jésus-Christ.

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, l’accusation de « théologie du remplacement » est parfois utilisée pour faire taire les chrétiens qui affirment l’unité du peuple de Dieu en Christ. On leur laisse entendre que s’ils ne maintiennent pas une distinction théologique permanente entre Israël et l’Église, ils participeraient à une forme d’antisémitisme. Il faut refuser cette confusion.

Un chrétien doit rejeter l’antisémitisme sans ambiguïté. Il doit condamner la haine, la violence, les menaces et le mépris envers les Juifs. Mais il ne doit pas accepter qu’on redéfinisse comme haineuse une doctrine clairement enseignée par le Nouveau Testament.

Lorsque Paul dit que les croyants des nations ont été greffés parmi les autres (Romains 11.17), il ne parle pas d’un remplacement hostile. Lorsqu’il dit que tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham (Galates 3.29), il ne méprise pas les Juifs. Lorsqu’il dit que Christ a créé un seul homme nouveau (Éphésiens 2.15), il n’efface pas Israël. Il annonce l’œuvre de Dieu en Christ.

Les pasteurs doivent donc être vigilants. Ils ne doivent pas adopter des formules imposées par des déclarations extérieures sans les examiner à la lumière de l’Écriture. Ils ne doivent pas laisser la peur d’être accusés les pousser à abandonner le langage biblique.

L’Église ne doit pas parler d’Israël selon la pression de lobbyiste, mais selon la Parole de Dieu.

9. La greffe nous appelle à l’humilité, non à la capitulation doctrinale

Romains 11 appelle les croyants des nations à l’humilité. Ils doivent reconnaître la fidélité de Dieu envers les promesses. Ils doivent se souvenir qu’ils ont été greffés. Ils doivent craindre Dieu et ne pas se glorifier.

Mais l’humilité n’est pas la capitulation doctrinale.

  • Être humble ne signifie pas taire que Jésus est le seul Sauveur.
  • Être humble ne signifie pas laisser entendre qu’il existe un peuple de Dieu sauvé en dehors de la foi en Christ.
  • Être humble ne signifie pas renoncer à l’enseignement apostolique sur le seul corps.
  • Être humble ne signifie pas accepter une lecture des promesses qui contourne l’accomplissement en Jésus.

La vraie humilité consiste à se soumettre à la Parole de Dieu. Elle refuse l’orgueil, mais elle refuse aussi la peur des hommes. Elle parle avec douceur, mais elle ne trahit pas la vérité.

Paul était humble devant la grâce. Mais il était ferme sur l’Évangile. Il pouvait pleurer pour Israël et dire en même temps que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).

Voilà l’équilibre que l’Église doit retrouver.

10. Les Juifs et les non-Juifs ont besoin de la même grâce

Le point central est ici : tous ont besoin de la même grâce. Paul écrit : « Tous ont péché, en effet, et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Puis il ajoute : « et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ » (Romains 3.24).

Le problème de l’humanité est universel. Le péché touche les Juifs et les non-Juifs. La solution est également unique : la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Il n’y a donc aucune place pour le mépris. Le non-Juif n’est pas supérieur au Juif. Le Juif n’est pas sauvé sans Christ. Tous, juifs et non-juifs, sont placés devant le même besoin : être réconciliés avec Dieu par la foi en Jésus.

C’est pourquoi l’Évangile est une bonne nouvelle pour tous. Il ne détruit pas les personnes. Il détruit l’orgueil. Il ne méprise pas les peuples. Il appelle les peuples à venir au Roi. Il ne nie pas l’histoire d’Israël. Il révèle le Messie d’Israël comme Sauveur du monde.

Voilà ce que l’Église doit proclamer.

11. La véritable continuité est en Christ

La continuité du plan de Dieu n’est pas d’abord dans une institution, une terre, une lignée charnelle ou un système cultuel. Elle est en Christ.

  • Christ est la descendance d’Abraham (Galates 3.16).
  • Christ est le fils de David qui règne éternellement (Luc 1.32-33).
  • Christ est le vrai temple (Jean 2.19-21).
  • Christ est le sacrifice parfait (Hébreux 10.10-14).
  • Christ est le médiateur de la nouvelle alliance (Hébreux 8.6).
  • Christ est celui en qui les promesses reçoivent leur oui (2 Corinthiens 1.20).

Si l’on retire Christ du centre, les promesses se fragmentent. On commence à chercher des accomplissements séparés, comme si Dieu avait plusieurs centres dans son plan. Mais l’Écriture ramène tout à Jésus. C’est pourquoi les croyants des nations ne remplacent pas Israël. Ils sont unis au Messie d’Israël. Et les Juifs croyants ne sont pas sauvés par une autre voie. Ils sont eux aussi unis au même Messie.

La continuité n’est pas dans la chair seule. Elle est dans le Christ promis, crucifié, ressuscité et glorifié.

Conclusion

Les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël. Ils sont greffés par grâce dans l’histoire des promesses, par leur union avec Jésus-Christ. Ils ne doivent jamais se glorifier contre les rameaux naturels. Ils doivent craindre Dieu, marcher dans l’humilité, rejeter toute haine envers les Juifs et prier pour leur salut.

Mais cette humilité ne doit pas devenir un silence doctrinal. La greffe ne signifie pas que Dieu maintient deux peuples séparés. Elle montre que tous ceux qui croient participent à la même racine, à la même sève, à la même promesse, dans le même Christ.

Le Nouveau Testament ne nous donne pas le langage d’un remplacement ethnique. Il nous donne le langage de l’accomplissement en Jésus-Christ.

  • Il ne dit pas que les nations prennent la place d’Israël par supériorité. Il dit que Christ accomplit les promesses et que tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29).
  • Il ne dit pas que les Juifs doivent être méprisés. Il dit qu’ils peuvent être greffés de nouveau s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité (Romains 11.23).
  • Il ne dit pas que Dieu a deux peuples séparés. Il dit que Christ a créé un seul homme nouveau et réconcilié les uns et les autres en un seul corps par la croix (Éphésiens 2.15-16).

Voilà pourquoi l’Église doit parler avec amour et avec fermeté. Elle doit rejeter l’antisémitisme réel, mais elle doit refuser l’accusation injuste qui cherche à faire taire l’accomplissement en Christ.

  • Nous n’avons pas été appelés à haïr. Nous avons été appelés à aimer.
  • Nous n’avons pas été appelés à remplacer. Nous avons été appelés à annoncer Christ.
  • Nous n’avons pas été appelés à céder à la pression. Nous avons été appelés à garder la Parole de Dieu.

Et cette Parole nous conduit toujours au même centre : Jésus-Christ, le Messie promis, le Sauveur du monde, celui en qui Dieu rassemble tous ses enfants en un seul peuple racheté par grâce.