Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 15 – Aimer le peuple juif sans trahir l’Évangile de Jésus-Christ

L’amour des chrétiens pour le peuple juif doit s’accompagner de fidélité à l’Évangile de Jésus-Christ. L’antisémitisme est un péché à rejeter. Les chrétiens doivent prier pour le salut d’Israël et témoigner de Jésus comme le Messie, sans jamais compromettre leur foi ni laisser la haine s’installer dans leurs cœurs.

Nous arrivons au terme de cette série avec une conviction simple, mais essentielle : le chrétien doit aimer le peuple juif sans jamais trahir l’Évangile de Jésus-Christ. Ces deux réalités ne s’opposent pas. Elles vont ensemble. Celui qui aime vraiment selon Dieu ne hait pas et celui qui aime vraiment selon Dieu ne cache pas non plus le Sauveur.

L’antisémitisme est un péché. Il doit être rejeté clairement, sans hésitation et sans ambiguïté. Le mépris envers les Juifs, les soupçons collectifs, les généralisations injustes, les théories accusatrices, la déshumanisation, les menaces, les violences et les paroles haineuses n’ont aucune place dans le cœur d’un disciple de Jésus. Tout être humain est créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27), et Jésus nous appelle à aimer notre prochain (Matthieu 22.39).

Mais rejeter l’antisémitisme ne signifie pas renoncer à la foi chrétienne. Cela ne signifie pas taire que Jésus est le Messie promis. Cela ne signifie pas abandonner l’enseignement apostolique selon lequel toutes les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Christ. Cela ne signifie pas accepter qu’il y aurait deux chemins de salut, deux peuples spirituellement séparés ou deux alliances salvatrices parallèles.

L’Église doit donc marcher avec un double refus :

  • Refuser la haine et refuser le compromis.
  • Refuser l’antisémitisme et refuser de taire l’Évangile.
  • Refuser le mépris envers les Juifs et refuser de séparer Israël de son Messie.

C’est cette voie que nous devons garder : aimer sans haïr, annoncer sans orgueil, témoigner sans peur, demeurer fidèles à Jésus-Christ.

1. Aimer les Juifs comme notre prochain

La première chose à affirmer est simple : les Juifs doivent être aimés comme notre prochain. Jésus n’a pas laissé au croyant la liberté de choisir qui mérite son amour. Il a commandé : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22.39). Le prochain n’est pas seulement celui qui partage mes convictions. Il n’est pas seulement celui qui accepte ma théologie. Il n’est pas seulement celui qui me comprend ou qui m’approuve. Le prochain est celui que Dieu place devant moi, avec sa dignité, son histoire, ses blessures, ses besoins et son âme éternelle.

Le peuple juif a connu dans l’histoire des souffrances terribles, des persécutions, des humiliations et des violences. Le chrétien ne doit jamais minimiser ces réalités. Il doit refuser toute parole qui entretient la haine. Il doit veiller à ne pas parler avec mépris. Il doit rejeter les caricatures et les généralisations.

Aimer les Juifs signifie donc les traiter avec respect, dignité et compassion. Cela signifie refuser toute violence contre eux. Cela signifie prier pour leur bien. Cela signifie reconnaître qu’ils ne sont pas un sujet théologique abstrait, mais des hommes et des femmes réels, créés à l’image de Dieu, ayant besoin de vérité, de justice, de compassion et de salut.

Mais l’amour biblique ne s’arrête pas à la protection contre la haine. L’amour biblique va jusqu’au témoignage de Jésus-Christ.

2. Prier pour le salut d’Israël

L’apôtre Paul nous donne le modèle d’un cœur chrétien envers Israël. Il ne parlait pas de son peuple avec mépris. Il écrivait : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Cette parole devrait façonner notre attitude. Paul ne dit pas : « Mon désir est qu’ils soient humiliés. » Il ne dit pas : « Mon désir est qu’ils soient rejetés. » Il ne dit pas : « Mon désir est qu’ils soient méprisés. » Il dit : « Ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. » Voilà la voie chrétienne : prier pour le salut.

  • Il faut prier pour que des Juifs reconnaissent Jésus comme leur Messie.
  • Il faut prier pour que leurs yeux soient ouverts à l’accomplissement des Écritures.
  • Il faut prier pour qu’ils voient dans la croix non un scandale seulement, mais la sagesse et la puissance de Dieu.
  • Il faut prier pour qu’ils soient greffés de nouveau par la foi (Romains 11.23).

Cette prière ne doit pas être orgueilleuse. Elle doit être humble. Les non-Juifs croyants n’ont aucune raison de se glorifier. Ils ont été sauvés par grâce. Ils ont été greffés par grâce. Ils ne portent pas la racine, c’est la racine qui les porte (Romains 11.17-18).

Prier pour Israël, ce n’est donc pas mépriser Israël. C’est désirer que le peuple qui a reçu les promesses reconnaisse celui en qui les promesses trouvent leur « oui » (2 Corinthiens 1.20).

3. Annoncer Jésus comme le Messie promis

Aimer le peuple juif ne signifie pas taire Jésus. Au contraire, si Jésus est vraiment le Messie promis, alors l’amour nous pousse à le faire connaître.

André, après avoir rencontré Jésus, a dit à Simon : « Nous avons trouvé le Messie » (Jean 1.41). La foi chrétienne affirme que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde. Il est celui que la Loi, les prophètes et les psaumes annonçaient. Après sa résurrection, Jésus a dit : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes » (Luc 24.44). La proclamation chrétienne ne peut donc pas éviter ce point : Jésus est le Messie d’Israël. Il est le Fils de David. Il est la descendance d’Abraham. Il est l’Agneau de Dieu. Il est le médiateur de la nouvelle alliance. Il est le Roi établi par Dieu.

Annoncer cela aux Juifs n’est pas de l’antisémitisme. C’est le témoignage apostolique. Les premiers témoins de Jésus étaient Juifs. Les apôtres ont annoncé Jésus dans les synagogues. Paul, Juif et pharisien, démontrait à partir des Écritures que Jésus est le Christ (Actes 17.2-3).

L’Église ne doit donc pas avoir honte de confesser Jésus devant Israël. Elle doit le faire avec respect, mais elle doit le faire.

4. Refuser l’idée de deux chemins de salut

L’une des grandes tentations contemporaines consiste à vouloir préserver de bonnes relations interreligieuses en laissant entendre que les Juifs auraient une relation salvatrice avec Dieu en dehors de Jésus-Christ. Mais le Nouveau Testament ne permet pas cette conclusion. Jésus a déclaré : « Je suis, moi, le chemin, répondit Jésus, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi » (Jean 14.6). Pierre a proclamé : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12). Paul a écrit : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui » (Romains 10.12).

Ces textes sont clairs. Il n’y a pas deux chemins de salut. Il n’y a pas une voie par la Loi pour Israël et une voie par Christ pour les nations. Il n’y a pas une alliance salvatrice parallèle pour ceux qui rejettent Jésus. Il y a un seul Seigneur, un seul Évangile, une seule grâce, une seule foi.

Dire cela ne signifie pas haïr les Juifs. Cela signifie prendre au sérieux les paroles de Jésus et des apôtres. L’amour véritable ne promet pas une sécurité spirituelle que l’Écriture ne promet pas.

5. Garder l’accomplissement en Christ au centre

Le centre de la Bible, c’est Jésus-Christ. Il est l’accomplissement des promesses de Dieu. Il est la clé des Écritures. Il est celui en qui Dieu a dit « oui » à tout ce qu’il avait promis. Paul écrit : « Car c’est en lui que Dieu a dit oui à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1.20). Cette parole doit protéger l’Église contre toute dérive. Les promesses faites à Abraham, à Israël, à David, les annonces des prophètes, les sacrifices, le temple, la nouvelle alliance, le royaume, tout doit être lu à la lumière de Jésus-Christ.

Jésus n’a pas aboli les promesses. Il les a accomplies (Matthieu 5.17). Il n’a pas détruit l’espérance d’Israël. Il l’a portée à sa plénitude. Il n’a pas effacé les Écritures. Il les a ouvertes pour montrer qu’elles parlaient de lui (Luc 24.27, 44-45).

L’Église doit donc refuser toute pression qui voudrait déplacer le centre. Le centre n’est pas une nation moderne. Le centre n’est pas un temple terrestre futur. Le centre n’est pas une idéologie politique. Le centre n’est pas un système prophétique humain.

Le centre, c’est Jésus-Christ.

6. Refuser de reconstruire le mur que Christ a détruit

Paul enseigne que Christ a détruit le mur de séparation entre Juifs et non-Juifs croyants. Il écrit à ce sujet : « Il a, en effet, instauré l’unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait » (Éphésiens 2.14). Puis il ajoute que Christ a voulu créer, à partir du Juif et du non-Juif, « une seule nouvelle humanité » (Éphésiens 2.15), et les réconcilier les uns les autres avec Dieu et les unir « en un seul corps » par la croix (Éphésiens 2.16). Cette vérité est magnifique. Le peuple de Dieu n’est pas divisé en deux peuples spirituels séparés. En Christ, le Juif croyant et le non-Juif croyant sont un. Ils ont accès au même Père par le même Esprit (Éphésiens 2.18). Ils sont membres de la même famille de Dieu (Éphésiens 2.19).

Nous devons donc refuser les discours qui reconstruisent ce que Christ a détruit. Bien sûr, les histoires, les cultures et les origines demeurent. Un Juif croyant ne cesse pas d’avoir une histoire juive. Un non-Juif croyant ne devient pas ethniquement juif. Mais devant Dieu, leur statut est défini par Christ.

L’unité du peuple de Dieu n’est pas une invention humaine. Elle est le fruit de la croix.

7. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, plusieurs initiatives encouragent les leaders chrétiens à lutter contre l’antisémitisme. Lorsqu’il s’agit de refuser la haine, les menaces, la violence et la discrimination envers les Juifs, les chrétiens doivent répondre clairement : oui. Cette lutte est juste lorsqu’elle protège des personnes contre l’injustice.

Toutefois la vigilance demeure nécessaire. Si cette lutte devient une pression pour faire taire l’accomplissement en Christ, pour imposer une vision particulière d’Israël, ou pour amener les pasteurs à enseigner à leurs assemblées des formulations qui affaiblissent l’Évangile, alors l’Église doit résister.

L’Église ne doit pas devenir le relais d’une idéologie. Elle ne doit pas recevoir sa doctrine d’un organisme politique, d’une déclaration interreligieuse, d’un groupe de pression ou d’une sensibilité médiatique. Elle doit recevoir sa doctrine de la Parole de Dieu.

Un pasteur peut dire oui à l’amour du prochain. Il peut dire oui au rejet de l’antisémitisme. Il peut dire oui à la protection des personnes contre la haine. Mais il doit dire non à toute tentative de placer autre chose que Christ au centre. Il doit dire non à toute pression qui voudrait présenter l’enseignement apostolique comme suspect. Il doit dire non à toute demande de taire que Jésus est le seul Sauveur.

8. Aimer sans flatter, témoigner sans mépriser

L’Église doit trouver le ton juste. Il ne faut pas flatter ni mépriser. Flatter consisterait à dire aux Juifs qu’ils n’ont pas besoin de Jésus, simplement pour maintenir une paix religieuse. Ce serait manquer d’amour. Mépriser consisterait à parler d’eux avec dureté, orgueil ou hostilité. Ce serait manquer de l’Esprit de Christ. Le chemin biblique est différent : aimer et témoigner.

Paul aimait Israël, mais il priait pour son salut (Romains 10.1). Il reconnaissait leur zèle, mais il disait que ce zèle était mal éclairé sans la justice de Dieu (Romains 10.2-3). Il connaissait leurs privilèges, mais il proclamait que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4). Voilà le modèle.

L’amour chrétien ne cache pas la vérité, mais il ne la jette pas non plus comme une pierre. Il la porte avec larmes, respect, patience et espérance.

9. Garder l’Église attachée à sa mission

L’Église a reçu une mission claire : « allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples » (Matthieu 28.19). Cette mission inclut les Juifs et les non-Juifs. Elle inclut tous les peuples. Elle ne consiste pas à défendre un projet politique terrestre. Elle ne consiste pas à promouvoir une idéologie nationale. Elle ne consiste pas à faire taire les vérités bibliques pour être acceptée dans l’espace public.

La mission de l’Église est d’annoncer Jésus-Christ, d’appeler les hommes à la repentance, de faire des disciples, de baptiser, d’enseigner tout ce que Jésus a prescrit. Si l’Église perd cette mission, elle peut encore parler de paix, de dialogue, de valeurs et de solidarité, mais elle aura abandonné son appel principal.

Nous devons donc garder la mission au centre. Le besoin suprême de tout être humain, Juif ou non-Juif, est d’être réconcilié avec Dieu par Jésus-Christ.

10. Ce que cette série a voulu affirmer

Cette série n’a pas été écrite pour nourrir une hostilité envers les Juifs. Elle a été écrite pour clarifier une confusion.

  • Nous avons affirmé que l’antisémitisme est un péché.
  • Nous avons affirmé que Jésus-Christ est l’accomplissement des promesses faites à Israël.
  • Nous avons affirmé que le vrai Israël se reconnaît par la foi, non par la chair seulement.
  • Nous avons affirmé qu’en Christ, le mur de séparation est détruit.
  • Nous avons affirmé que les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël, mais sont greffés en Christ.
  • Nous avons affirmé que la descendance d’Abraham, selon le Nouveau Testament, se définit par l’union avec Christ.
  • Nous avons affirmé que la nouvelle alliance est scellée par le sang de Jésus.
  • Nous avons affirmé que le temple, le sacrifice et l’héritage trouvent leur accomplissement en Christ.
  • Nous avons affirmé qu’on peut critiquer le sionisme chrétien sans haïr les Juifs.
  • Nous avons affirmé que l’accusation d’antisémitisme ne doit pas devenir une arme contre l’Évangile.
  • Nous avons affirmé que Paul aimait profondément Israël, mais annonçait Christ comme seule justice.
  • Nous avons affirmé que l’Église n’est pas un accident dans le plan de Dieu.
  • Nous avons affirmé que les prophètes annonçaient déjà le rassemblement des nations dans le peuple de Dieu.
  • Nous avons affirmé qu’il faut répondre aux accusations injustes avec douceur, fermeté et vérité.

Toutes ces affirmations convergent vers un seul centre : Jésus-Christ ressuscité.

11. Ce que l’Église doit garder jusqu’au retour du Seigneur

  • L’Église doit garder l’amour.
  • L’Église doit garder la vérité.
  • L’Église doit garder la mission.
  • L’Église doit garder l’humilité.
  • L’Église doit garder le discernement.
  • L’Église doit garder la Parole.
  • L’Église doit garder le témoignage de Jésus.
  • L’Église ne doit pas céder à la haine.
  • L’Église ne doit pas céder à la peur.
  • L’Église ne doit pas céder à l’orgueil.
  • L’Église ne doit pas céder à la pression.

L’Église doit être capable de dire avec clarté :

  • « Nous rejetons l’antisémitisme, mais nous ne rejetterons pas l’Évangile. »
  • « Nous aimons les Juifs, mais nous ne tairons pas Jésus-Christ. »
  • « Nous respectons les personnes, mais nous examinerons les doctrines. »
  • « Nous refusons la haine, mais nous garderons la vérité. »
  • « Nous voulons la paix, mais jamais au prix de la fidélité à Christ. »

Voilà la posture que l’Église doit garder dans les temps présents.

Conclusion

Aimer le peuple juif sans trahir l’Évangile de Jésus-Christ, voilà l’appel biblique. Ce n’est pas une voie facile. Elle demande de la maturité, du courage, de l’humilité et de la fidélité.

Nous devons rejeter toute forme d’antisémitisme. Nous devons refuser toute haine envers les Juifs. Nous devons parler avec respect, compassion et prière. Nous devons nous souvenir que Jésus lui-même est venu d’Israël selon la chair, que les apôtres étaient Juifs, et que Dieu a agi puissamment dans l’histoire de ce peuple.

Mais nous devons aussi confesser que Jésus est le Messie promis, le seul Sauveur, l’accomplissement des Écritures, le médiateur de la nouvelle alliance et le Seigneur de son Église.

Nous ne pouvons pas séparer l’amour du prochain de la fidélité à Christ. De même, nous ne pouvons pas opposer compassion et vérité. Puis, nous ne pouvons pas sacrifier l’Évangile pour éviter les accusations. Finalement, nous ne pouvons pas laisser une pression extérieure redéfinir ce que la Parole de Dieu enseigne.

Alors, avec humilité, nous aimerons et avec courage, nous témoignerons. Avec douceur, nous répondrons et avec fermeté, nous resterons attachés à la Parole.

Avec espérance, nous proclamerons Jésus-Christ, le Messie d’Israël, la lumière des nations, le Sauveur du monde, et le Seigneur qui rassemble en un seul peuple tous ceux qui croient en lui.

« Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui. En effet, il est écrit : Tous ceux qui invoqueront le Seigneur seront sauvés » (Romains 10.12-13).

Série Jésus revient – Article 15 : Exhortation finale : Ne laisse personne te voler la bienheureuse espérance

Le texte souligne l’importance de garder une espérance biblique simple et claire dans le retour de Jésus-Christ. Cette espérance fortifie l’Église, appelle à la vigilance et à la fidélité, et purifie le cœur. Elle ne doit pas être un mécanisme d’évasion, mais le désir profond d’être avec le Sauveur.

Reviens à l’attente simple et glorieuse de Jésus-Christ

Il y a des vérités que l’ennemi aime compliquer, non parce qu’elles sont obscures en elles-mêmes, mais parce qu’elles sont puissantes lorsqu’elles demeurent simples. Le retour de Jésus-Christ en fait partie.

Quand l’espérance biblique reste à sa place, elle fortifie l’Église. Elle purifie le cœur. Elle soutient la foi. Elle aide à tenir dans l’épreuve. Elle garde les yeux du croyant tournés vers le ciel. Mais lorsque cette espérance est recouverte par des systèmes compliqués, des scénarios incertains, des schémas imposés au texte, elle peut perdre sa force pastorale et sa puissance spirituelle.

L’Église n’a pas besoin d’une espérance embrouillée. Elle a besoin d’entendre de nouveau la voix claire de l’Écriture : Jésus revient.

Le centre de tout n’est pas une théorie, mais une personne

Le chrétien n’attend pas un mécanisme. Il n’attend pas un calendrier. Il n’attend pas un enchaînement technique d’événements. Il attend le Fils de Dieu.

Notre bienheureuse espérance n’est pas une construction intellectuelle. Notre bienheureuse espérance, c’est Jésus-Christ lui-même (Tite 2.13).

C’est lui qui a été crucifié pour nos péchés. C’est lui qui est ressuscité pour notre justification (Romains 4.25). C’est lui qui est monté au ciel. C’est lui qui intercède pour les siens. C’est lui qui reviendra dans la gloire. Et c’est lui que nous verrons.

Voilà pourquoi l’Église doit se garder de toute approche qui déplace son regard. Dès que le cœur s’attache plus à un système qu’au Sauveur, quelque chose s’est déréglé.

Une espérance qui prépare à la fidélité

L’espérance biblique ne produit pas la distraction. Elle produit la vigilance. Elle ne pousse pas à fuir le réel. Elle pousse à vivre saintement dans le réel. Elle n’endort pas l’Église. Elle la réveille.

Quand le Nouveau Testament parle du retour du Seigneur, ce n’est jamais pour flatter la curiosité charnelle. C’est pour appeler à la persévérance, à la sobriété, à la sainteté, à l’amour de la vérité et à l’endurance (Matthieu 24.42-44 ; 1 Thessaloniciens 5.6-8 ; 1 Jean 3.2-3).

Une doctrine du retour de Christ qui ne produit pas ces fruits a déjà perdu quelque chose d’essentiel.

Le Seigneur ne nous a pas dit : « Déchiffrez tous les détails pour être en paix. » Il nous a dit : « Veillez » (Matthieu 24.42). Il ne nous a pas dit : « Appuyez-vous sur un scénario. » Il nous a dit : « Tenez-vous prêts » (Matthieu 24.44).

L’Église doit être prête à souffrir, mais sans peur

Le peuple de Dieu ne doit pas être préparé à une illusion de confort. Il doit être préparé à la fidélité. Jésus n’a jamais promis à ses disciples une route sans combat. Il a dit : « Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage : moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16.33). Cette parole est magnifique. Elle ne nie pas la détresse. Elle la traverse avec la victoire de Christ.

Il faut donc refuser deux erreurs. La première serait de vivre dans la peur. La seconde serait de vivre dans une fausse sécurité. L’Église n’a pas été appelée à paniquer, mais elle n’a pas non plus été appelée à s’endormir. Elle a été appelée à rester fidèle.

Si l’épreuve vient, Jésus demeurera fidèle. Si la pression s’intensifie, sa grâce suffira encore. Si la nuit devient plus sombre, la promesse de son retour brillera d’autant plus.

Ne laisse pas l’espérance devenir une fuite

Il est possible de parler beaucoup du retour du Seigneur tout en s’éloignant de son vrai sens. Lorsque l’espérance devient avant tout le désir d’échapper à la pression, elle perd sa noblesse biblique. L’espérance chrétienne n’est pas d’abord le désir de fuir. Elle est le désir de voir Christ, d’être avec lui, d’être rendu semblable à lui, et d’entrer dans sa victoire.

Paul n’a pas dit : « Mon plus grand désir est d’éviter les difficultés. » Il a exprimé le désir d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur (Philippiens 1.23).

Voilà ce qui doit habiter l’Église. Non pas une obsession de l’échappement, mais une faim profonde du Seigneur. Non pas une fascination pour les scénarios, mais une soif de sa présence.

Jésus revient pour les siens

Quelle consolation immense dans cette vérité. Jésus ne revient pas comme un étranger pour un peuple qu’il ne connaît pas. Il revient pour les siens. Il revient pour ceux qu’il a rachetés par son sang. Il revient pour ceux qui ont été lavés, pardonnés, justifiés et réconciliés. Il revient pour son peuple.

Les morts en lui ne seront pas oubliés (1 Thessaloniciens 4.13-16). Les vivants en lui ne seront pas abandonnés (1 Corinthiens 15.51-52). Aucun des siens ne manquera à l’appel. Aucun ne sera perdu. Aucun ne sera laissé de côté.

Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent. Et lorsqu’il paraîtra, tout son peuple sera rassemblé.

Le jour vient où tout sera manifesté

Le monde méprise encore Jésus. Plusieurs rejettent son autorité. Plusieurs tournent en dérision sa Parole. Plusieurs vivent comme s’il ne revenait jamais. Mais le jour vient où tout changera.

Le Christ humilié sera vu dans sa gloire. Le Roi rejeté sera manifesté dans sa majesté. Celui que les hommes ont crucifié sera reconnu comme Seigneur. Et tout genou fléchira devant lui (Philippiens 2.10-11).

Cette perspective donne du courage à l’Église. Nous ne servons pas un Sauveur absent. Nous servons un Roi vivant, couronné, victorieux, et bientôt manifesté. Même si la fidélité coûte cher aujourd’hui, elle ne sera jamais vaine. Même si l’obéissance semble faible aux yeux du monde, elle sera honorée au jour de Christ.

Que cette espérance purifie ton cœur

L’attente du Seigneur n’est pas faite pour remplir les conférences seulement. Elle doit transformer la vie quotidienne. Celui qui croit que Jésus revient ne peut pas vivre dans l’indifférence. Il ne peut pas traiter légèrement le péché. Il ne peut pas jouer avec le compromis. Il ne peut pas faire la paix avec la tiédeur.

Jean écrit : « Tous ceux qui fondent sur Christ une telle espérance se rendent eux-mêmes purs, tout comme Christ est pur » (1 Jean 3.3).

L’espérance véritable purifie. Elle pousse à la repentance. Elle appelle à une vie séparée pour Dieu. Elle produit une Église plus sobre, plus sincère, plus vraie, plus attachée à la sainteté.

Voilà pourquoi il est si dangereux d’affaiblir cette espérance ou de la détourner. Une espérance faussée produit une vie spirituelle affaiblie. Une espérance biblique produit une vie réveillée.

Tiens ferme jusqu’au bout

Peut-être que les temps deviennent plus difficiles. Peut-être que la vérité biblique est de moins en moins supportée. Peut-être que plusieurs veulent des discours rassurants, mais non des appels à persévérer. Peut-être que la pression augmente. Peut-être que l’amour du plus grand nombre se refroidit.

Toutefois, le Seigneur n’a pas changé. Sa Parole demeure. Son trône demeure. Son alliance demeure. Son Évangile demeure. Et sa promesse demeure : il revient.

Alors tiens ferme. Ne laisse pas ton cœur se troubler. Ne laisse pas la confusion voler ta paix. Ne laisse pas les systèmes humains, comme le dispensationalisme, étouffer la voix simple de l’Écriture. Garde les yeux sur Jésus. Aime sa vérité. Marche dans la sainteté. Persévère dans la prière. Reste fidèle dans l’épreuve et attends ton Seigneur.

Conclusion

La bienheureuse espérance de l’Église n’est pas un système artificiel. Elle n’est pas un refuge mental construit pour éviter toute difficulté. Elle n’est pas une théorie brillante destinée à satisfaire la curiosité. Elle est la promesse glorieuse, puissante et certaine du retour de Jésus-Christ au dernier jour (Tite 2.13).

C’est cette espérance qui a soutenu les croyants fidèles à travers les siècles. C’est cette espérance qui fortifie encore aujourd’hui ceux qui veulent marcher dans la vérité. Et c’est cette espérance qui gardera l’Église jusqu’au bout.

Alors que ton cœur dise avec foi, avec amour et avec persévérance : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22.20)