Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 5 – Les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël, ils sont greffés en Christ

Le contenu souligne que les croyants non-juifs ne remplacent pas Israël, mais sont greffés par grâce dans le peuple de Dieu grâce à Jésus-Christ. Il met en avant l’unité en Christ, réfutant l’idée d’un remplacement charnel et appelant à reconnaître la continuité des promesses divines accomplie en Lui.

Il existe une accusation souvent utilisée pour faire taire ceux qui affirment que les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ. On les accuse de défendre une « théologie du remplacement ». Selon cette accusation, dire que Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ reviendrait à dire que l’Église aurait remplacé Israël, que Dieu aurait rejeté les Juifs, ou que les promesses faites autrefois n’auraient plus aucune valeur.

Mais cette accusation repose souvent sur une confusion. Le Nouveau Testament ne nous appelle pas à parler d’un remplacement charnel, comme si Dieu avait simplement écarté un peuple pour en choisir un autre selon la chair. Le langage biblique est plus profond, plus riche et plus centré sur Christ. La Bible parle d’accomplissement, de greffe, de réconciliation, d’un seul homme nouveau, d’un seul corps, d’une seule famille, d’un seul peuple racheté par le sang de Jésus-Christ (Matthieu 5.17 ; Romains 11.17-24 ; Éphésiens 2.14-19 ; Galates 3.28-29).

Les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël comme une nation remplacerait une autre nation. Ils sont introduits par grâce dans les bénédictions promises, par leur union avec le Messie d’Israël. Ils ne deviennent pas héritiers en dehors de Christ, mais en Christ. Ils ne se glorifient pas contre Israël, mais ils reconnaissent qu’ils ont été rapprochés par le sang de Jésus (Éphésiens 2.13).

Il faut donc refuser deux erreurs.

La première consiste à mépriser les Juifs ou à parler comme si Dieu avait simplement rejeté Israël selon la chair. Cette attitude est contraire à l’esprit de l’apôtre Paul, qui aimait profondément son peuple et priait pour son salut (Romains 9.1-3 ; Romains 10.1).

La deuxième erreur consiste à maintenir une séparation spirituelle permanente entre Israël et l’Église, comme si Christ n’avait pas détruit le mur de séparation par sa croix (Éphésiens 2.14-16).

La vérité biblique est plus belle : Dieu accomplit ses promesses en Jésus-Christ, et il greffe dans son peuple tous ceux qui croient, Juifs et non-Juifs, par la même grâce et dans la même foi.

1. Le Nouveau Testament ne parle pas d’un remplacement charnel

Le mot « remplacement » est souvent utilisé pour caricaturer la théologie de l’accomplissement. On laisse entendre que les chrétiens qui affirment l’unité du peuple de Dieu diraient simplement : « Les Juifs sont rejetés, les non-Juifs prennent leur place. » Mais ce n’est pas ce que le Nouveau Testament enseigne.

L’Évangile ne fonctionne pas selon une logique ethnique où un peuple charnel remplacerait un autre peuple charnel. Il fonctionne selon la logique christologique : tout s’accomplit en Jésus-Christ.

Jésus n’a pas dit qu’il venait abolir la Loi ou les prophètes. Il a dit : « Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5.17). L’accomplissement n’est pas le mépris de ce qui précède. C’est son aboutissement. L’ancienne alliance, les promesses, les sacrifices, le temple, le sacerdoce, la royauté, la descendance d’Abraham, tout converge vers Christ. Il est le centre, la réalité, la plénitude.

C’est pourquoi Paul affirme : « Car c’est en lui que Dieu a dit oui à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1.20). Il ne dit pas que Dieu a oublié ses promesses. Il ne dit pas qu’il les a données à un autre peuple en dehors de Christ. Il dit qu’elles trouvent leur oui en Christ.

Ainsi, le débat ne devrait pas être formulé ainsi : « L’Église remplace-t-elle Israël ? » La vraie question biblique est plutôt : « Comment les promesses faites à Israël trouvent-elles leur accomplissement en Jésus-Christ, et comment les croyants, Juifs et non-Juifs, y participent-ils par la foi ? »

Lorsque la question est posée ainsi, le Nouveau Testament répond clairement : les promesses s’accomplissent en Christ, et tous ceux qui appartiennent à Christ sont héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

2. Les non-Juifs croyants étaient autrefois étrangers, mais ils ont été rapprochés

Paul rappelle aux croyants d’origine non juive qu’ils n’étaient pas naturellement membres du peuple de l’alliance : « En ce temps-là, vous étiez sans Messie, vous n’aviez pas le droit de faire partie du peuple d’Israël, vous étiez étrangers aux alliances conclues par Dieu pour garantir sa promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éphésiens 2.12). Cette parole empêche toute arrogance. Les croyants des nations ne doivent jamais parler avec orgueil. Ils étaient loin. Ils étaient étrangers. Ils n’avaient aucun droit à revendiquer devant Dieu. Leur entrée dans les bénédictions promises est entièrement une grâce.

Néanmoins, Paul ajoute aussitôt : « Mais maintenant, par votre union avec Jésus-Christ, vous qui, autrefois, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce au sacrifice de Christ » (Éphésiens 2.13). Voilà la clé : « par votre union avec Jésus-Christ ». Les non-Juifs croyants ne sont pas rapprochés par leur ethnie, leur culture, leur mérite ou leur supériorité. Ils sont rapprochés par le sang de Christ. Ils ne remplacent pas Israël selon la chair. Ils sont introduits dans la proximité de Dieu par le Messie d’Israël. Ils entrent dans l’héritage non en contournant Israël, mais en étant unis à celui qui accomplit Israël.

Ce point est fondamental. Les nations ne deviennent pas le peuple de Dieu par une prise de pouvoir spirituelle. Elles deviennent membres de la famille de Dieu par grâce, par la foi, par la croix.

Paul précise ensuite : « Voilà pourquoi vous n’êtes plus des étrangers ou des résidents temporaires, vous êtes concitoyens des membres du peuple saint, vous faites partie de la famille de Dieu » (Éphésiens 2.19).

Le langage n’est pas celui du remplacement. C’est celui de l’intégration par grâce, de la réconciliation, de la citoyenneté commune et de la famille de Dieu.

3. Paul utilise l’image de la greffe, non celle du mépris

Romains 11 est souvent cité dans les débats sur Israël. Il faut le lire avec attention. Paul y utilise l’image de l’olivier. Certains rameaux naturels ont été retranchés à cause de leur incrédulité, et des rameaux sauvages ont été greffés parmi les autres pour participer à la racine et à la sève de l’olivier (Romains 11.17).

Cette image est très importante. Les croyants d’origine non juive ne deviennent pas la racine. Ils ne possèdent pas l’arbre. Ils ne peuvent pas se glorifier contre les rameaux naturels. Ils sont greffés par grâce. Paul avertit clairement : « Et toi qui, par ton origine païenne, étais comme un rameau d’olivier sauvage, tu as été greffé parmi les branches restantes, et voici que tu as part avec elles à la sève qui monte de la racine de l’olivier cultivé. Ne te mets pas, pour autant, à te vanter aux dépens des branches coupées. Et si tu es tenté par un tel orgueil, souviens-toi que ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est elle qui te porte ! » (Romains 11.17-18) Ce passage interdit tout orgueil anti-juif. Il interdit au croyant d’origine non juive de mépriser Israël selon la chair. Il interdit de parler comme si Dieu avait agi avec les nations à cause d’une supériorité de celles-ci. Paul dit exactement le contraire : « Ne te mets pas, pour autant, à te vanter ».

Mais le même passage montre aussi que la participation à l’arbre se fait par la foi. Les rameaux retranchés l’ont été à cause de l’incrédulité, et les rameaux greffés subsistent par la foi (Romains 11.20). Paul ajoute même que les rameaux naturels peuvent être greffés de nouveau s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité (Romains 11.23). L’enjeu n’est donc pas l’ethnie seule. L’enjeu est la foi. La greffe se fait dans la réalité du peuple de Dieu par la foi au Messie.

Romains 11 ne justifie ni l’antisémitisme, ni la séparation permanente de deux peuples de Dieu. Il enseigne l’humilité, la grâce, la foi, et l’espérance que des Juifs incrédules soient greffés de nouveau par la foi en Christ.

4. La racine porte les croyants, mais Christ demeure le centre

Lorsque Paul parle de la racine de l’olivier, il rappelle que les croyants des nations participent à une histoire qui les précède. Ils ne peuvent pas comprendre leur foi comme si elle était détachée d’Abraham, des promesses, des alliances, des prophètes et du Messie venu d’Israël selon la chair (Romains 9.4-5).

Toutefois, il faut aussi lire Romains 11 avec l’ensemble du Nouveau Testament. La racine ne peut pas être comprise comme une réalité indépendante de Christ. Car Paul a déjà dit que la descendance d’Abraham, au sens ultime de la promesse, c’est Christ (Galates 3.16). Il a aussi affirmé que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers conformément à la promesse (Galates 3.29).

Autrement dit, les croyants sont portés par l’histoire des promesses de Dieu, mais ces promesses trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ. L’olivier n’est pas une invitation à se glorifier dans une identité charnelle. Il est un appel à reconnaître la fidélité de Dieu à son dessein, depuis Abraham jusqu’à Christ, et de Christ jusqu’aux nations.

Les non-Juifs ne doivent donc pas se vanter. Mais ils ne doivent pas non plus être ramenés sous une lecture qui sépare les promesses de leur accomplissement en Jésus. Ils doivent dire avec reconnaissance : nous avons été greffés par grâce, nous participons à une promesse que nous ne méritions pas, et cette promesse nous rejoint uniquement parce que nous sommes unis à Christ.

La racine rappelle l’humilité. Christ révèle l’accomplissement.

5. Les rameaux naturels peuvent être greffés de nouveau par la foi

Paul ne ferme jamais la porte au peuple juif. Au contraire, il espère, il prie, il avertit et il annonce que Dieu est puissant pour greffer de nouveau les rameaux naturels. Il écrit : « En ce qui concerne les Israélites, s’ils ne demeurent pas dans leur incrédulité, ils seront regreffés. Car Dieu a le pouvoir de les greffer de nouveau » (Romains 11.23). Ce verset est essentiel. Paul ne dit pas que les Juifs incrédules sont automatiquement dans le salut simplement parce qu’ils sont Juifs. Il ne dit pas non plus qu’ils sont définitivement exclus sans possibilité de retour. Il dit qu’ils peuvent être greffés de nouveau s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité. La condition est claire : la foi.

Cela rejoint Romains 10 : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui. En effet, il est écrit : Tous ceux qui invoqueront le Seigneur seront sauvés » (Romains 10.12-13). Tous les êtres humains, Juifs et non-Juifs, sont appelés au même salut. Il n’y a pas une voie de salut pour Israël et une autre pour les nations. Il y a un seul Seigneur, un seul Évangile, une seule grâce, une seule foi. Aimer les Juifs, ce n’est donc pas leur promettre une relation avec Dieu séparée de Christ. Aimer les Juifs, c’est prier pour qu’ils reconnaissent en Jésus leur Messie et leur Sauveur (Romains 10.1).

Voilà pourquoi la théologie de l’accomplissement n’est pas une théologie de rejet. Elle est une théologie d’appel. Elle appelle tous les hommes, y compris Israël selon la chair, à venir au Messie promis.

6. La greffe exclut l’arrogance et confirme l’unité du peuple de Dieu

L’image de la greffe nous protège contre deux erreurs. Elle nous protège d’abord contre l’arrogance des non-Juifs. Paul est très direct : « Ne sois donc pas orgueilleux ! Sois plutôt sur tes gardes ! » (Romains 11.20) Le croyant d’origine non juive ne doit pas regarder Israël selon la chair avec mépris. Il doit se souvenir qu’il a été sauvé par grâce. Il doit se souvenir qu’il a été greffé, non parce qu’il était meilleur, mais parce que Dieu a manifesté sa miséricorde.

La greffe nous protège ensuite contre l’idée de deux peuples séparés. Les rameaux sauvages ne sont pas greffés dans un autre arbre. Ils sont greffés parmi les autres dans le même olivier. Ils participent à la même sève. Ils ne forment pas un arbre parallèle. Cette image rejoint Éphésiens 2 : un seul homme nouveau, un seul corps, une seule famille (Éphésiens 2.15-19). Elle rejoint aussi Galates 3 : tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

Ainsi, la greffe n’enseigne pas le remplacement charnel. Elle enseigne l’intégration par grâce dans le peuple de la promesse, peuple qui trouve son unité en Christ.

7. Pourquoi l’expression « théologie du remplacement » peut devenir un piège

L’expression « théologie du remplacement » est souvent utilisée de manière imprécise. Elle peut désigner une vraie erreur, mais elle peut aussi servir à disqualifier une vérité biblique. Il existe effectivement une mauvaise manière de parler, qui serait injuste et dangereuse. Ce serait dire : « Dieu a fini avec les Juifs. Les Juifs n’ont plus aucune importance. L’Église non juive a pris leur place. » Une telle formulation est mauvaise et fausse. Elle ne respecte ni Romains 9, ni Romains 10, ni Romains 11. Elle nourrit l’orgueil et peut ouvrir la porte au mépris. Cependant, ce n’est pas cette erreur que nous défendons.

Ce que nous affirmons, c’est que Jésus-Christ accomplit les promesses, que le peuple de Dieu est uni en lui, que les croyants d’origine juive et non juive forment un seul corps, et que personne ne peut être héritier de la promesse en dehors de Christ.

Si quelqu’un appelle cela « théologie du remplacement », il déforme la position biblique. Il serait plus juste de parler de théologie de l’accomplissement en Christ. La théologie de l’accomplissement ne dit pas que les nations remplacent Israël. Elle dit que Christ accomplit Israël, accomplit les promesses, accomplit les figures, accomplit l’alliance, et rassemble en lui tous ceux qui croient.

Ce n’est pas le remplacement d’un peuple par un autre. C’est l’accomplissement de tout en Jésus-Christ.

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, l’accusation de « théologie du remplacement » est parfois utilisée pour faire taire les chrétiens qui affirment l’unité du peuple de Dieu en Christ. On leur laisse entendre que s’ils ne maintiennent pas une distinction théologique permanente entre Israël et l’Église, ils participeraient à une forme d’antisémitisme. Il faut refuser cette confusion.

Un chrétien doit rejeter l’antisémitisme sans ambiguïté. Il doit condamner la haine, la violence, les menaces et le mépris envers les Juifs. Mais il ne doit pas accepter qu’on redéfinisse comme haineuse une doctrine clairement enseignée par le Nouveau Testament.

Lorsque Paul dit que les croyants des nations ont été greffés parmi les autres (Romains 11.17), il ne parle pas d’un remplacement hostile. Lorsqu’il dit que tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham (Galates 3.29), il ne méprise pas les Juifs. Lorsqu’il dit que Christ a créé un seul homme nouveau (Éphésiens 2.15), il n’efface pas Israël. Il annonce l’œuvre de Dieu en Christ.

Les pasteurs doivent donc être vigilants. Ils ne doivent pas adopter des formules imposées par des déclarations extérieures sans les examiner à la lumière de l’Écriture. Ils ne doivent pas laisser la peur d’être accusés les pousser à abandonner le langage biblique.

L’Église ne doit pas parler d’Israël selon la pression de lobbyiste, mais selon la Parole de Dieu.

9. La greffe nous appelle à l’humilité, non à la capitulation doctrinale

Romains 11 appelle les croyants des nations à l’humilité. Ils doivent reconnaître la fidélité de Dieu envers les promesses. Ils doivent se souvenir qu’ils ont été greffés. Ils doivent craindre Dieu et ne pas se glorifier.

Mais l’humilité n’est pas la capitulation doctrinale.

  • Être humble ne signifie pas taire que Jésus est le seul Sauveur.
  • Être humble ne signifie pas laisser entendre qu’il existe un peuple de Dieu sauvé en dehors de la foi en Christ.
  • Être humble ne signifie pas renoncer à l’enseignement apostolique sur le seul corps.
  • Être humble ne signifie pas accepter une lecture des promesses qui contourne l’accomplissement en Jésus.

La vraie humilité consiste à se soumettre à la Parole de Dieu. Elle refuse l’orgueil, mais elle refuse aussi la peur des hommes. Elle parle avec douceur, mais elle ne trahit pas la vérité.

Paul était humble devant la grâce. Mais il était ferme sur l’Évangile. Il pouvait pleurer pour Israël et dire en même temps que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).

Voilà l’équilibre que l’Église doit retrouver.

10. Les Juifs et les non-Juifs ont besoin de la même grâce

Le point central est ici : tous ont besoin de la même grâce. Paul écrit : « Tous ont péché, en effet, et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Puis il ajoute : « et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ » (Romains 3.24).

Le problème de l’humanité est universel. Le péché touche les Juifs et les non-Juifs. La solution est également unique : la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Il n’y a donc aucune place pour le mépris. Le non-Juif n’est pas supérieur au Juif. Le Juif n’est pas sauvé sans Christ. Tous, juifs et non-juifs, sont placés devant le même besoin : être réconciliés avec Dieu par la foi en Jésus.

C’est pourquoi l’Évangile est une bonne nouvelle pour tous. Il ne détruit pas les personnes. Il détruit l’orgueil. Il ne méprise pas les peuples. Il appelle les peuples à venir au Roi. Il ne nie pas l’histoire d’Israël. Il révèle le Messie d’Israël comme Sauveur du monde.

Voilà ce que l’Église doit proclamer.

11. La véritable continuité est en Christ

La continuité du plan de Dieu n’est pas d’abord dans une institution, une terre, une lignée charnelle ou un système cultuel. Elle est en Christ.

  • Christ est la descendance d’Abraham (Galates 3.16).
  • Christ est le fils de David qui règne éternellement (Luc 1.32-33).
  • Christ est le vrai temple (Jean 2.19-21).
  • Christ est le sacrifice parfait (Hébreux 10.10-14).
  • Christ est le médiateur de la nouvelle alliance (Hébreux 8.6).
  • Christ est celui en qui les promesses reçoivent leur oui (2 Corinthiens 1.20).

Si l’on retire Christ du centre, les promesses se fragmentent. On commence à chercher des accomplissements séparés, comme si Dieu avait plusieurs centres dans son plan. Mais l’Écriture ramène tout à Jésus. C’est pourquoi les croyants des nations ne remplacent pas Israël. Ils sont unis au Messie d’Israël. Et les Juifs croyants ne sont pas sauvés par une autre voie. Ils sont eux aussi unis au même Messie.

La continuité n’est pas dans la chair seule. Elle est dans le Christ promis, crucifié, ressuscité et glorifié.

Conclusion

Les non-Juifs croyants ne remplacent pas Israël. Ils sont greffés par grâce dans l’histoire des promesses, par leur union avec Jésus-Christ. Ils ne doivent jamais se glorifier contre les rameaux naturels. Ils doivent craindre Dieu, marcher dans l’humilité, rejeter toute haine envers les Juifs et prier pour leur salut.

Mais cette humilité ne doit pas devenir un silence doctrinal. La greffe ne signifie pas que Dieu maintient deux peuples séparés. Elle montre que tous ceux qui croient participent à la même racine, à la même sève, à la même promesse, dans le même Christ.

Le Nouveau Testament ne nous donne pas le langage d’un remplacement ethnique. Il nous donne le langage de l’accomplissement en Jésus-Christ.

  • Il ne dit pas que les nations prennent la place d’Israël par supériorité. Il dit que Christ accomplit les promesses et que tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29).
  • Il ne dit pas que les Juifs doivent être méprisés. Il dit qu’ils peuvent être greffés de nouveau s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité (Romains 11.23).
  • Il ne dit pas que Dieu a deux peuples séparés. Il dit que Christ a créé un seul homme nouveau et réconcilié les uns et les autres en un seul corps par la croix (Éphésiens 2.15-16).

Voilà pourquoi l’Église doit parler avec amour et avec fermeté. Elle doit rejeter l’antisémitisme réel, mais elle doit refuser l’accusation injuste qui cherche à faire taire l’accomplissement en Christ.

  • Nous n’avons pas été appelés à haïr. Nous avons été appelés à aimer.
  • Nous n’avons pas été appelés à remplacer. Nous avons été appelés à annoncer Christ.
  • Nous n’avons pas été appelés à céder à la pression. Nous avons été appelés à garder la Parole de Dieu.

Et cette Parole nous conduit toujours au même centre : Jésus-Christ, le Messie promis, le Sauveur du monde, celui en qui Dieu rassemble tous ses enfants en un seul peuple racheté par grâce.

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