Série : Une espérance inébranlable dans un monde troublé
Nous avons vu que Jésus revient réellement sur la terre (Actes 1.11), puis que l’Église demeurera ici-bas jusqu’à son retour (Jean 17.15). Il faut maintenant aller plus loin et regarder en face une vérité que plusieurs préfèrent éviter. Le chemin du royaume passe par l’épreuve. L’entrée dans la gloire ne se fait pas par la facilité, mais par la persévérance dans la foi.
Les apôtres déclaraient aux croyants que c’est au travers de beaucoup de souffrances qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (Actes 14.22). Cette parole ne veut pas dire que la souffrance sauve. Seul Jésus sauve. Seul son sang nous purifie. Seule sa grâce nous justifie (Éphésiens 2.8-9). Mais cette parole signifie que le croyant uni à Christ marchera sur une route marquée par l’opposition, le renoncement, les larmes, le combat et la fidélité.
Le monde voudrait un christianisme sans croix, tandis que la chair voudrait une couronne sans combat. Mais l’Écriture nous présente un autre chemin. Avant le règne visible, il y a l’endurance. Avant la consolation finale, il y a les larmes. Avant la gloire manifestée, il y a la persévérance dans la tribulation. Paul le dit clairement : « Et puisque nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et donc cohéritiers de Christ, puisque nous souffrons avec lui pour avoir part à sa gloire » (Romains 8.17).
Ce message n’est pas là pour nous écraser, mais pour nous préparer, nous affermir et nous conduire à une espérance plus solide.
1. La tribulation fait partie du chemin normal du disciple de Jésus
Lorsque Paul et Barnabas fortifiaient les disciples, ils ne leur promettaient pas une vie protégée de toute souffrance. Ils les encourageaient à demeurer dans la foi en leur disant : « C’est au travers de beaucoup de souffrances qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14.22). Voilà une parole claire, directe, sans détour. Les apôtres ne présentaient pas l’épreuve comme une anomalie du christianisme, mais comme une réalité normale du pèlerinage chrétien.
Et ce message était adressé à de nouveaux croyants. Jésus lui-même a préparé ses disciples à cela. Il a dit : « Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage ! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16.33). Croire que la vie chrétienne se vit sans difficultés est une chimère.
Le Seigneur ne nous ment pas. Il ne nous attire pas par de fausses promesses. Il nous appelle à le suivre dans un monde qui le rejette. Or, si le monde a rejeté le Maître, il rejettera aussi ceux qui lui appartiennent (Jean 15.18-20). Cela signifie que la tribulation n’est pas forcément le signe que Dieu nous a abandonnés. Bien souvent, elle confirme au contraire que nous appartenons réellement à Christ. Le disciple n’est pas au-dessus de son maître. Celui qui suit l’Agneau doit s’attendre à marcher sur un chemin étroit, parfois douloureux, mais toujours sanctifié par la présence du Seigneur.
Joni Eareckson Tada a dit : « Parfois, Dieu permet ce qu’il déteste afin d’accomplir ce qu’il aime. » Cette pensée rappelle que Dieu peut permettre l’épreuve non parce qu’il prend plaisir à notre douleur, mais parce qu’il poursuit un dessein saint et bon dans nos vies.
Imaginez un sentier de montagne qui mène à un sommet magnifique. Celui qui regarde seulement la beauté du sommet pourrait croire que le trajet sera simple. Mais celui qui commence l’ascension découvre les rochers, la fatigue, le vent, la pente et les moments où les jambes tremblent. Pourtant, le chemin difficile n’annule pas la réalité du sommet. Il y conduit. De même, le royaume de Dieu est certain, mais le chemin qui y mène passe par bien des détresses.
L’apôtre Pierre écrivait : « Mes chers amis, ne soyez pas surpris d’avoir été plongés dans la fournaise de l’épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’anormal » (1 Pierre 4.12). Si vous traversez l’opposition, le rejet, la pression ou la douleur à cause de votre attachement à Jésus, ne concluez pas trop vite que tout va mal. Regardez plutôt au Seigneur. Il vous conduit sur le chemin qu’il a lui-même parcouru avant vous. « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection. Parce qu’il avait en vue la joie qui lui était réservée, il a enduré la mort sur la croix, en méprisant la honte attachée à un tel supplice, et désormais il siège à la droite du trône de Dieu. Pensez à celui qui a enduré de la part des hommes pécheurs une telle opposition contre lui, pour que vous ne vous laissiez pas abattre par le découragement » (Hébreux 12.2-3).
2. La tribulation sert à former en nous la persévérance, le caractère et l’espérance
La Parole de Dieu ne dit pas seulement que l’épreuve existe. Elle nous révèle aussi ce qu’elle produit. Paul écrit : « Mieux encore ! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, la persévérance conduit à une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée nourrit l’espérance » (Romains 5.3-4).
Voilà l’un des grands mystères de la grâce. Dieu ne laisse pas la souffrance stérile dans la vie de ses enfants. Il s’en sert pour les façonner. La détresse produit la persévérance. Cela veut dire que l’épreuve apprend au croyant à tenir ferme. Elle l’arrache à la superficialité. Elle le pousse à s’enraciner. Elle lui apprend à prier autrement, à croire autrement, à dépendre autrement. Puis la persévérance forme le caractère éprouvé. L’âme devient plus stable, plus profonde, plus sérieuse, plus humble, plus attachée au Seigneur. Enfin, ce caractère éprouvé nourrit l’espérance. Le croyant découvre que Dieu ne l’a pas abandonné. Il apprend à regarder au-delà de la douleur présente vers la gloire à venir.
C’est pourquoi Jacques peut dire : « Mes frères et sœurs, quand vous passez par toutes sortes d’épreuves, considérez-vous comme heureux. Car vous le savez : la mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance » (Jacques 1.2-3). Il ne s’agit pas d’aimer la douleur pour elle-même. Il s’agit de discerner l’œuvre de Dieu au milieu de l’épreuve.
Elisabeth Elliot a dit : « La foi n’élimine pas les questions. Mais la foi sait où les apporter. » Dans l’épreuve, la foi n’efface pas toutes les interrogations, mais elle apprend à porter ces questions devant Dieu au lieu de sombrer dans l’amertume.
Pense à l’orfèvre qui met l’or dans le feu. Le feu n’a pas pour but de détruire le métal précieux, mais d’en faire remonter les impuretés afin qu’il devienne plus pur. Plus l’or est chauffé, plus il devient pur. L’or ne comprendrait peut-être pas la chaleur s’il pouvait parler. Pourtant, la main de l’orfèvre ne le quitte pas. Ainsi en est-il de Dieu avec ses enfants. Le feu de l’épreuve ne signifie pas qu’il nous rejette. Il signifie souvent qu’il travaille en nous avec précision, sagesse et amour (1 Pierre 1.6-7).
Peut-être traverses-tu en ce moment une saison difficile. Tu te demandes pourquoi le Seigneur permet cette pression, cette attente, cette fatigue ou cette opposition. N’oublie pas ceci : si tu es en Christ, Dieu n’est pas en train de te broyer sans but. Il est en train de te former. Il produit en toi une persévérance qui ne naît pas dans le confort, mais dans l’épreuve portée avec foi.
3. La tribulation prépare un peuple fidèle pour le royaume à venir
Le Seigneur ne veut pas seulement un peuple converti en apparence. Il veut un peuple fidèle, éprouvé, purifié, attaché à son nom jusque dans la tempête. Paul dit aux Thessaloniciens : « Ici se laisse voir le juste jugement de Dieu qui désire vous trouver dignes de son royaume pour lequel vous souffrez » (2 Thessaloniciens 1.5). Cela signifie que leurs persécutions et leurs détresses révèlent l’œuvre du juste jugement de Dieu et qu’elles les préparent à entrer dans son royaume pour lequel ils souffrent. L’épreuve révèle donc la réalité de la foi et prépare le peuple de Dieu pour le règne à venir.
Cela ne veut pas dire que la souffrance mérite le royaume. Cela veut dire que Dieu se sert de la souffrance pour préparer les héritiers du royaume à vivre comme des héritiers du royaume. Il enlève les illusions, il brise l’amour du monde, il purifie les motivations, il dévoile ce qui habite réellement le cœur. Dans les jours faciles, plusieurs professent la foi. Dans les jours difficiles, la foi véritable se manifeste avec plus de clarté.
Pierre écrit : « Ainsi donc, puisque Christ a souffert dans son corps, armez-vous aussi de la même pensée. En effet, celui qui a souffert dans son corps a rompu avec le péché » (1 Pierre 4.1). Le croyant n’est pas appelé à une religion de confort, mais à une fidélité armée, sobre, vigilante et déterminée. Dieu prépare son Église, non pour une vie de mollesse, mais pour une entrée glorieuse dans le royaume éternel de son Fils.
Corrie Ten Boom a dit : « Il n’y a pas de fosse si profonde que l’amour de Dieu ne soit encore plus profond. » Cette parole rappelle que, même dans les vallées les plus sombres, Dieu poursuit son œuvre et tient ses enfants dans son amour.
Un soldat ne reçoit pas sa formation la plus sérieuse dans les jours de parade, mais dans les exercices rudes, les longues marches, la discipline et les situations qui éprouvent son endurance. Pourquoi ? Parce qu’il doit être prêt pour le jour du combat réel. De même, Dieu prépare son peuple pour le royaume par des saisons où la foi est éprouvée, afin que ses enfants soient trouvés fidèles et solides lorsque les grandes secousses surviennent.
Ne gaspillons pas nos tribulations. Ne les traversons pas en murmurant seulement. Demandons plutôt : « Seigneur, qu’es-tu en train de former en moi ? Que veux-tu purifier ? Que veux-tu fortifier ? Comment veux-tu me préparer davantage pour ton royaume ? » Une Église qui pose ces questions devient plus mûre, plus vigilante et plus attachée à Christ.
Conclusion
Entrer dans le royaume par beaucoup de tribulations n’est pas un message populaire, mais c’est un message biblique (Actes 14.22). La tribulation fait partie du chemin normal du disciple. Elle produit en nous la persévérance, le caractère et l’espérance (Romains 5.3-5). Et Dieu s’en sert pour préparer un peuple fidèle pour son royaume (2 Thessaloniciens 1.5).
Alors, ne laisse pas l’épreuve te voler ta foi. Ne laisse pas la souffrance te convaincre que Dieu t’a oublié. En Jésus-Christ, même la tribulation est placée sous la souveraineté de Dieu. Elle ne détruit pas le croyant véritable. Elle le purifie, l’affermit et le prépare pour la gloire.
Si tu traverses aujourd’hui un temps difficile, viens de nouveau au Seigneur. Dépose devant lui tes peurs, tes larmes, ton découragement et tes questions. Il ne méprise pas le cœur brisé. Il soutient ceux qui s’attendent à lui (Psaume 34.19).
Et si tu n’as pas encore donné ta vie à Jésus-Christ, écoute bien ceci. Il n’appelle pas à une religion facile, mais à un salut véritable. Il t’invite à venir à lui, à recevoir le pardon de tes péchés, à marcher avec lui et à trouver en lui une espérance qui tient même dans la détresse. Viens à lui aujourd’hui. Mieux vaut marcher avec Christ dans la tribulation que périr sans lui dans une paix trompeuse.
