Pourquoi beaucoup de Juifs refusent que des chrétiens pratiquent des ordonnances juives

Ces dernières années, certains chrétiens s’intéressent aux pratiques juives, mais cette appropriation suscite inquiétude et douleur dans la communauté juive. Les chrétiens sont souvent perçus comme redéfinissant des rituels tout en négligeant l’autorité juive. Cette tendance pourrait menacer l’identité juive, déjà éprouvée par l’histoire et les traditions.

Depuis quelques années, on voit grandir, dans certains milieux chrétiens, l’intérêt pour des pratiques juives comme le seder de Pessa’h, les fêtes bibliques, le shabbat, la hanoukkah, le port des tsitsit, la mezouza, ou encore l’usage du nom Yeshoua. Pour plusieurs croyants, c’est une façon de se rapprocher des racines, d’honorer l’Ancien Testament, ou d’exprimer une solidarité envers Israël.

Pourtant, du côté juif, cette tendance ne suscite pas seulement de la curiosité. Elle provoque une inquiétude réelle, parfois même une douleur. Adam Eliyahu Berkowitz insiste justement sur ce point : ce qui semble positif et fraternel à des chrétiens peut être vécu tout autrement par des Juifs, parce que cela touche directement à l’identité, à la mémoire et au sacré.

Des chrétiens, avec de bonnes intentions, adoptent certaines ordonnances juives. Sans s’en rendre compte, ces pratiques blessent le peuple juif et sont perçues comme un manque de respect.

Ce texte a pour but d’expliquer comment elles sont reçues et comprises du point de vue juif. Pour nourrir cette réflexion, je me suis appuyé sur une publication d’Adam Eliyahu Berkowitz parue le 25 janvier 2026, intitulée « Is Christian Zionism an Existential Threat Destroying Jews and the Nation of Israel? » (Le sionisme chrétien menace-t-il l’existence du peuple juif et de la nation d’Israël?), dans laquelle il exprime son regard juif sur cette tendance. Si vous désirez lire l’article dans son origine, il suffit de cliquer sur le lien.

Le judaïsme n’est pas seulement une foi, c’est une identité

Pour beaucoup de Juifs, être juif n’est pas d’abord une option spirituelle qu’on choisit un matin. C’est une appartenance, une continuité familiale, une histoire portée sur des milliers d’années. Cela façonne la conscience de soi, la mémoire collective, le rapport aux persécutions, à l’exil, au rejet, et au combat pour survivre comme peuple distinct.

Berkowitz décrit cette dimension identitaire avec force : à ses yeux, le judaïsme est enraciné dans une lignée et dans une histoire nationale gardée au prix fort. Dans ce cadre, quand un chrétien se met à pratiquer des ordonnances juives, ce n’est pas automatiquement perçu comme un simple geste de piété ou de fraternité. Cela est vécu comme un brouillage des frontières, voire comme une appropriation d’une identité préservée à travers les siècles.

Quand l’imitation s’accompagne de réinterprétations chrétiennes

La sensibilité s’intensifie quand ces pratiques sont relues avec des interprétations qui ne correspondent pas à la compréhension juive. Berkowitz raconte, par exemple, avoir été frappé en découvrant des chrétiens célébrant un seder de Pessa’h avec des anomalies d’interprétation, en associant des éléments du rite à Jésus de manière qui, du point de vue juif, déforme le sens original.

Autrement dit, ce n’est plus seulement je découvre. C’est je prends et je redéfinis. Et cela est vécu non comme un hommage, mais comme une profanation.

Une sélection des pratiques qui rejette la tradition juive

Un autre point revient souvent : certains chrétiens adoptent ce qu’ils considèrent biblique, mais rejettent ce qu’ils appellent rabbinique. Ils veulent les commandements sans la tradition juive, les symboles sans les gardiens de ces symboles, la Torah sans le peuple qui la porte.

Berkowitz dénonce cette démarche comme une appropriation indépendante : prendre des pratiques juives tout en refusant d’être guidé par des Juifs pratiquants et par la compréhension juive de ces pratiques. Pour beaucoup de Juifs, ce refus de toute autorité juive ressemble à un manque d’humilité, avec cette impression implicite : nous ferons mieux que vous. Je sais que ce n’est pas de cette façon que c’est vécu, mais c’est ainsi que c’est perçu.

Le nœud central : confesser Jésus est incompatible avec la loi juive

Il faut aussi nommer une réalité théologique majeure. Dans le judaïsme traditionnel, adorer Jésus comme Fils divin de Dieu est considéré comme une transgression de l’unicité de Dieu. Le judaïsme confesse chaque jour, dans le Shema, l’unité absolue de Dieu. Cette confession structure la foi et la fidélité au Dieu d’Israël.

Berkowitz souligne un point crucial : un chrétien n’est pas tenu d’obéir à la loi juive. Mais l’identité d’Israël, dans la conscience juive, est liée à l’alliance du Sinaï et à l’obéissance à la Torah. Donc, quand un chrétien pratique des ordonnances juives tout en confessant Jésus comme Seigneur, beaucoup de Juifs y voient une contradiction interne, non par hostilité gratuite, mais parce que Jésus n’entre pas dans l’équation religieuse juive.

Et si, en plus, certains chrétiens affirment devenir Israël tout en gardant cette foi en Jésus, Berkowitz y voit une menace directe pour la continuité du peuple juif comme peuple distinct.

Les revendications d’identité tribale et la peur d’une dilution

Un aspect particulièrement sensible concerne les revendications d’identité tribale. Berkowitz évoque des chrétiens qui se disent issus des dix tribus perdues, parfois de la tribu d’Éphraïm, et qui affirment ne pas avoir besoin de conversion parce qu’ils seraient déjà d’Israël.

Pour un Juif, ce type d’affirmation ne ressemble pas à une simple conviction personnelle. Cela peut être perçu comme une invalidation de l’identité nationale juive, transmise par la filiation et encadrée par des repères communautaires anciens. Quand quelqu’un prétend entrer dans cette identité sans reconnaissance du peuple juif, et sans se soumettre aux exigences juives liées à l’appartenance, cela est vécu comme une atteinte à la structure même de ce que signifie être Israël.

La question de la sainteté et des limites autour du sacré

Berkowitz insiste aussi sur un contraste culturel et spirituel : la manière d’approcher le sacré. Dans le judaïsme, certaines limites existent précisément pour protéger la sainteté : respect des écrits sacrés, prudence concernant le Nom de Dieu, règles de révérence et bien d’autres encore.

Il mentionne, par exemple, l’inconfort ressenti quand des chrétiens utilisent le tétragramme « YHWH » comme s’il s’agissait d’un usage normal, alors que, dans la tradition juive, ce Nom n’est pas prononcé et est entouré de précautions. Quand cette sensibilité est refusée, cela renforce une impression douloureuse : vouloir la proximité avec le sacré, mais sans accepter les limites qui, pour les Juifs, font partie de la sainteté. Cela est inconcevable pour eux.

La crainte d’un futur où le judaïsme deviendrait une branche du christianisme

Au fond, l’inquiétude exprimée est celle-ci : si des chrétiens adoptent les commandements, les redéfinissent, rejettent la tradition juive, puis affirment être le vrai Israël, alors l’identité juive distincte pourrait être dissoute. Berkowitz va jusqu’à évoquer une image choc d’un culte du Temple qui deviendrait christocentrique, ce qui, du point de vue juif, représenterait une profanation.

Que l’on partage ou non cette crainte, on comprend l’enjeu : pour beaucoup de Juifs, il ne s’agit pas d’un simple débat liturgique, mais d’une question de survie identitaire.

Ce que des chrétiens peuvent retenir avec humilité

Si l’on veut agir avec amour et intelligence, quelques repères simples peuvent aider.

Premièrement, distinguer l’étude et l’imitation. Étudier les fêtes, leur sens biblique, leur accomplissement en Christ, oui. Reproduire des rites juifs en les reconfigurant, surtout sans relation réelle avec des Juifs pratiquants blesse assurément.

Deuxièmement, refuser toute revendication identitaire du type nous sommes Israël. L’Évangile appelle les nations à venir à Dieu par Jésus, pas à effacer l’identité du peuple juif en se l’appropriant.

Troisièmement, respecter la sensibilité juive face au sacré, en particulier sur l’usage du Nom divin et sur la manière de parler des ordonnances.

Quatrièmement, si l’on veut comprendre Jésus dans son contexte juif, il est souvent plus sage de commencer par apprendre, écouter, et reconnaître la profondeur du judaïsme, plutôt que de rejouer ses pratiques.

Conclusion

Beaucoup de Juifs ne refusent pas que des chrétiens aiment l’Ancien Testament, ni que des chrétiens s’intéressent à l’arrière-plan juif de la foi. Ce qui blesse et inquiète, c’est lorsque des ordonnances sont prises hors de leur cadre, réinterprétées, pratiquées sans révérence selon les limites juives, et parfois utilisées pour soutenir l’idée que l’identité juive pourrait être absorbée par un christianisme judaïsé.

Comprendre cela ne demande pas d’abandonner la foi en Jésus. Cela demande de choisir l’humilité, le respect et la clarté. Et cela ouvre une voie plus saine : honorer le peuple juif sans s’approprier ce qui ne nous appartient pas, et garder Jésus au centre, sans déplacer l’Évangile vers une imitation identitaire.

Mots hébreux retirés du texte, avec leur définition

Shema : Confession centrale de la foi juive proclamant l’unicité de Dieu. Elle est tirée de Deutéronome 6.4 et est traditionnellement récitée matin et soir.

Pessa’h : Fête de la Pâque dans le judaïsme, commémorant la délivrance d’Israël de l’esclavage en Égypte.

Hanoukkah : Fête juive commémorant la reconsécration du Temple de Jérusalem après sa profanation, associée à la victoire des Maccabées et à la « fête des lumières ».

Tsitsit : Franges rituelles portées sur un vêtement, en mémoire des commandements de la Torah, fondées notamment sur Nombres 15.37-41.

Mezouza : Petit étui fixé au montant d’une porte contenant un parchemin avec des passages bibliques, surtout Deutéronome 6.4-9 et 11.13-21, rappelant l’obéissance à Dieu.

Halakha : Ensemble des lois et règles de vie du judaïsme, dérivées de la Torah et développées par la tradition juridique juive.

Cohanim : Descendants des prêtres issus d’Aaron, ayant un statut particulier et des fonctions liées au sacerdoce dans la tradition juive.

Lévites : Membres de la tribu de Lévi, associés au service du Temple et à diverses fonctions religieuses dans l’histoire d’Israël.

Mitsvot : Commandements, prescriptions ou devoirs de la Torah. Le terme désigne l’ensemble des commandements bibliques, souvent comptés traditionnellement au nombre de 613.

YHWH : Transcription des quatre lettres hébraïques du Nom divin, considéré comme ineffable dans le judaïsme. Il n’est traditionnellement pas prononcé et est remplacé par d’autres expressions.

Adonaï : Terme hébreu signifiant « Seigneur » ou « Maître », utilisé à la lecture pour remplacer le Nom ineffable.

HaShem : Expression hébraïque signifiant « Le Nom », utilisée pour parler de Dieu sans prononcer le Nom ineffable.

Mikveh : Bain rituel utilisé pour des purifications selon la loi juive, notamment dans divers contextes de sainteté.

Éphraïm : Nom d’une tribu d’Israël issue de Joseph, souvent associé, dans certaines traditions, au royaume du Nord et aux dix tribus.

Hénok et Élie ne sont pas montés au ciel et voici pourquoi !

Ce texte aborde la croyance selon laquelle Hénok et Élie seraient montés au ciel, contredisant cette idée avec des références bibliques. Il affirme qu’Hénok n’a pas été transporté au ciel mais ailleurs, et qu’Élie est monté dans un ciel visible. Tous deux, tout comme les autres, attendent la résurrection finale.

La croyance populaire veut nous laisser croire qu’Hénok et Élie, parce qu’ils ont été enlevés, seraient montés au ciel. De plus, on veut nous laisser croire que ce sont eux les deux témoins de l’Apocalypse qui apparaitront à la fin des temps. Plus encore, ce choix est validé par le fait qu’ils ne sont pas morts et qu’ils doivent connaître la mort eux aussi. Mais nous devons nous poser la question à savoir ce que disent véritablement les Écritures sur le sujet.

D’autres vont avancer que les deux témoins ce serait Moïse et Élie, pourtant la Bible mentionne que Moïse est réellement mort comme nous dit ce passage de Deutéronome 34.5-6 :

Alors, si on ce fit à la première logique, ce ne peut pas être Moïse. 


Que s’est-il passé avec Hénok ?


C’est vrai qu’il existe un certain mystère entourant les circonstances de la disparition d’Hénok et d’Élie. Cependant, une chose est certaine, c’est que ce n’est pas eux les deux témoins de l’Apocalypse. Mais ça, c’est un autre sujet.

Maintenant, regardons que dit la Bible au sujet d’Hénok et d’Élie entourant leur enlèvement. C’est sûr que les récits d’Hénok et d’Élie sont fascinants, et les descriptions bibliques de la fin de leur temps ici sont particulièrement mystérieuses. Regardons un premier passage.


L’auteur de l’épitre aux Hébreux nous dit bien qu’Hénok « a été enlevé auprès de Dieu pour échapper à la mort ». Maintenant, certains vont supposer, à partir de la lecture de ce passage, qu’Hénok n’est jamais mort et qu’il fut emmené au ciel. Cependant, cela n’est pas écrit. C’est seulement une supposition sans fondement solide ou simplement une déduction, sans plus, qui est faite. Par ailleurs, ce passage est contredit par Jésus lui-même lorsqu’il dit :

Si Jésus affirme que personne n’est monté au ciel, ce doit certainement être vrai et Hénok ne peut certainement pas être au ciel. Parce que dans le cas contraire, Jésus aurait menti et cela est inconcevable dans une telle conception des choses. Alors sur la Parole de Jésus, Hénok n’est pas monté au ciel. Toutefois, la question demeure, où est allé Hénok ?

Le mot « enlevé » vient du mot grec « metatithemi » et il signifie transférer, changer, être transporté, être enlevé. Nous pouvons voir un exemple similaire dans la Bible qui s’est produit avec l’évangéliste Philippe après sa mission auprès de l’eunuque éthiopien. Il est écrit à ce sujet :

Nous voyons clairement ce qui s’est passé pour Philippe. Il fut enlevé et transporté dans un autre endroit. Philippe comme tous les autres est aussi mort dans l’attente de la résurrection des morts lorsque Jésus reviendra au dernier jour. Lui aussi marchait avec Dieu. Cela ressemble beaucoup à la situation d’Hénok qui lui, aussi fut enlevée, et que plus personne ne l’a vu tout comme l’eunuque éthiopien avec Philippe. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement qu’il fut enlever au ciel avec Dieu. Ce n’est qu’une supposition. C’est aussi la même chose pour l’Éthiopien, il aurait pu croire que Philippe avaient été enlever au ciel avec Dieu. Cependant, les Écritures nous démontre bien où Philippe est allé.

Puis, le verset continue en mentionnant qu’on « ne le trouva plus ». Ce qui apparaît c’est qu’Hénok aurait été transféré à un autre endroit puisqu’il n’est pas monté au ciel. C’est logique de penser ainsi surtout avec le téémoignage de Philippe que nous avons aujourd’hui.

D’ailleurs, prenons le temps de considérer ce que l’auteur de l’épitre aux Hébreux nous révèle en parlant d’Hénok :

L’auteur de l’épitre aux Hébreux précise clairement que « tous ces gens sont morts ». Si vous portez attention, Hénok fait partie de cette liste. Il s’agit de tous ceux mentionnés dans les versets précédents. Cette affirmation est également confirmée par les Écritures, qui déclarent dans le même livre qu’il « est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement » (Hébreux 9.27).

Ainsi, il est clair que le récit d’Hénok doit être compris dans le contexte biblique global, sans supposer qu’il est au ciel ou qu’il sera l’un des témoins de la fin des temps. Les mystères entourant son départ ne doivent pas nous détourner de la vérité révélée par les Écritures concernant la destinée finale de tous les êtres humains. Comme tous les autres, Hénok est, aujourd’hui, dans le séjour des morts attendant le retour du Seigneur Jésus et la résurrection des morts au dernier jour.


Que s’est-il passé avec Élie ?

C’est un autre passage qui nous montre qu’une personne fut enlevée. Maintenant, ce qui était bon pour Hénok est aussi bon pour Élie. Ce qui veut dire qu’Élie n’est pas monté au ciel dans la présence de Dieu comme je viens juste de l’expliquer.

Pour bien comprendre, regardons le mot ciel dans la phrase. Celui-ci est la traduction du mot hébreu « shamayim ». Il signifie les cieux visibles. C’est-à-dire le ciel que nous voyons de nos yeux. Le ciel qui est la résidence de Dieu c’est aussi le même mot, mais comme personne n’a monté au ciel nous ne pouvons pas le considérer comme une option recevable comme le fait qu’il ait monté au ciel là où Dieu habite. Ainsi, la Bible mentionne qu’Élie est monté au ciel, qui est visible à nos yeux. Cette option est beaucoup plus plausible et acceptable

Maintenant, où est-il allé ? La Bible ne le dit pas explicitement. Mon opinion personnelle, Élie est aussi allé dans le séjour des morts. Regardez ce que la Bible dit :

Pour Élie, c’est apparemment la façon dont sa vie s’est terminée pour lui qui est différent de la plupart des êtres humains. Toutefois, il ne faut pas tirer de conclusions hazardeuses parce que comme nous dit la Parole de Dieu :

Toute autre hypothèse ne tient qu’à des suppositions sans aucun fondement biblique. 

En résumé, après avoir examiné les récits bibliques et les déclarations de Jésus, il devient évident que ni Hénok ni Élie ne sont montés au ciel comme le prétend la croyance populaire. Hénok, bien qu’enlevé, n’a pas été transporté au ciel, mais plutôt, selon toute vraisemblance, transféré ailleurs, comme le suggère le terme grec « metatithemi ». 

De même, Élie, bien que monté dans un tourbillon de vent, est allé dans le ciel visible, et non dans la résidence divine invisible. Ces événements, bien que mystérieux, ne changent pas la vérité révélée par les Écritures : tous les hommes, y compris Hénok et Élie, attendent dans le séjour des morts la résurrection finale lors du retour de Jésus au dernier jour. 

Les conjectures au sujet de leur rôle en tant que témoins de la fin des temps doivent être basées sur les révélations claires des Écritures et non sur des suppositions. Les mystères entourant ces personnages doivent nous mener à une compréhension plus profonde de la destinée humaine selon la Parole de Dieu.

Des temps de tribulations se profilent à l’horizon

Chers frères et sœurs,

La Bible nous avertit avec amour et précision que des temps de tribulations se profilent à l’horizon. Ces épreuves ne sont pas un secret pour nous, car la Parole de Dieu nous a donné des signes clairs et des promesses certaines pour nous encourager à tenir ferme jusqu’au bout. Jésus lui-même a dit : « Je vous ai dit ces choses afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16.33).

Cette assurance de victoire ne signifie pas que nous serons épargnés de tout, mais que nous serons soutenus et fortifiés par le Seigneur au milieu de l’épreuve. En effet, les Écritures montrent que les croyants seront préservés spirituellement et protégés pour affronter les épreuves avec foi et persévérance. En vue de cette période, il est vital de se préparer, de veiller, et de renforcer notre communion avec Dieu.

Voici quelques étapes pour cette préparation :

  1. Affermissez votre foi par la Parole de Dieu
    Lisez la Bible quotidiennement et laissez les promesses et enseignements de Dieu remplir votre cœur. La Parole est une lampe pour nos pieds (Psaume 119.105) et nous gardera ancrés dans la vérité lorsque les vents de l’adversité souffleront.
  2. Persévérez dans la prière
    Une communion intime et continue avec Dieu est indispensable pour recevoir la force et la paix dont nous aurons besoin. Priez pour la sagesse, la persévérance et la foi. Priez pour la force d’aimer et de pardonner, même lorsque le monde devient hostile.
  3. Veillez et demeurez sobres
    La Bible nous exhorte à veiller et à être sobres, car notre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant (1 Pierre 5.8). Ne laissez pas les distractions et les mensonges du monde affaiblir votre espérance et votre vigilance. Soyez lucides et prudents et demeurez dans la paix et la joie de Christ.
  4. Encouragez-vous les uns les autres
    Dans cette période, l’Église doit être unie et forte. Nous sommes appelés à porter les fardeaux les uns des autres (Galates 6.2) et à nous encourager chaque jour dans la foi. Partagez votre espérance et soutenez ceux qui pourraient faiblir. Ensemble, nous sommes plus forts.
  5. Fixez vos regards sur Jésus, l’auteur et le consommateur de la foi
    Il est facile de se laisser déstabiliser par les nouvelles alarmantes et les signes troublants autour de nous. Mais le Seigneur nous appelle à garder les yeux fixés sur Lui, notre Rédempteur, qui est toujours fidèle. Il nous a promis de ne jamais nous abandonner ni nous délaisser (Hébreux 13.5). Dans chaque épreuve, souvenez-vous qu’Il est à vos côtés.

En nous préparant ainsi, nous serons prêts, non seulement pour tenir ferme dans les tribulations, mais aussi pour demeurer un témoignage vivant de la grâce et de la puissance de Dieu. Le monde a besoin de voir des croyants solides et confiants, remplis de paix et de foi, même dans les tempêtes. Soyons ce peuple qui brille, porteurs de l’espérance du Christ, prêts à accueillir son retour au dernier jour avec foi et persévérance.

Prenez courage, car nous savons en qui nous avons mis notre confiance !

L’Église au ciel avant la période tribulations : mythe ou vérité biblique ?

Introduction


L’idée que l’Église sera enlevée au ciel avant une période de tribulations est un enseignement qui fascine de nombreux chrétiens. Cependant, cette perspective mérite une réflexion approfondie à la lumière des Écritures. Selon Romains 2.11, Dieu ne fait pas de favoritisme, et cette justice divine est un principe fondamental pour comprendre la question de l’enlèvement. Examinons donc les arguments bibliques pour déterminer si cette doctrine de l’enlèvement prétribulationnel est réellement fondée sur la Parole de Dieu.

L’Église au ciel, une analyse biblique

Avec Dieu, il n’y a pas de passe droit ou encore de favoritisme. Il est dit sur ce sujet que Dieu « ne fait pas de favoritisme ». (Romains 2.11) Cela est répété cinq fois dans le Nouveau Testament. À partir de là, nous pouvons nous attendre que Dieu est juste avec tous et quand Dieu dit quelque chose, il ne ment pas. Ainsi, Affirmer que l’Église sera enlevé et montera au ciel pour une période de sept ans, bien que cela semble fascinant, est incohérent avec les Écritures.

D’abord, Jésus, lui-même, a dit « que personne n’est monté au ciel ». (Jean 3.13) Si Jésus dit que personne n’est monté au ciel et que Dieu ne fait pas de favoritisme alors, l’Église ne peut avoir ce passe droit et accéder au ciel. C’est tout à fait légitime de conclure cela. 

Une autre chose, tous les hommes qui sont morts depuis Adam, aucun d’eux n’est monté au ciel. La Bible nous dit, en premier lieu,  qu’ils sont endormis qui est un euphémisme pour dire que les gens sont mort : « Les nombreux humains qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et l’horreur éternelles. » (Daniel 12.2

Ensuite, elle nous enseigne qu’ils reposent dans le séjour des morts : « C’est l’Eternel qui fait mourir et vivre, il fait descendre dans le séjour des morts et en fait remonter. (1 Samuel 2.6) Il y a aussi d’autres passages qui confirment cela.

Puis, les gens sont là, dans le séjour des morts, en attendant la résurrection au dernier jour. « Or, celui qui m’a envoyé veut que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. (Jean 6.39

Finalement, le dernier jour est celui du retour du Seigneur Jésus : « En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis à Christ ressusciteront en premier lieu. » (1 Thessaloniciens 4.16

Nous pouvons aussi constater que le jour de la résurrection des morts est le dernier jour et non pas lors d’un supposé enlèvement avant la période des tribulations. Jésus a mentionné à plusieurs reprise que c’est au dernier jour qu’il ressuscitera les morts et ce ne peut être autrement. 

N’oublions pas que ce sont tous les morts qui vont ressuscité en même temps. Ce n’est pas biblique, non plus, d’affirmer qu’il y aura deux résurrections. Voici un passage que corrobore cela. « Les nombreux humains qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et l’horreur éternelles. » (Daniel 12.2

Malheureusement, la fausse doctrine de l’enlèvement prétribulationnel ne peut confirmer ce qu’elle avance que par des suppositions et des versets tiré hors de leur contexte. Ce que je vous ai amené est la Parole de Dieu. 

Conclusion


En conclusion, l’examen des Écritures révèle que l’idée de l’enlèvement prétribulationnel est en décalage avec les enseignements bibliques sur la résurrection et le ciel. Jésus et les Écritures nous indiquent clairement que personne n’est monté au ciel avant le retour du Seigneur et la résurrection des morts. En adhérant à une interprétation fidèle de la Bible, nous devons rejeter les spéculations non fondées et nous en tenir à ce que la Parole de Dieu nous enseigne véritablement sur ces questions cruciales.

Le mythe du retour des enfants d’Israël comme signe de la fin des temps

Le titre peut surprendre, mais c’est un fait vérifiable de la Parole de Dieu. L’enseignement populiste de l’enlèvement prétribulationnel nous enseigne qu’à cause du retour de Jésus les enfants d’Israël seront ramenés d’entre les nations des quatre coins de la terre dans leurs pays. Le problème avec cet énoncé c’est que c’est une cette fausse théorie. Ce sont des versets qui ont été sortis de leur contexte. Je vais vous le démontrer simplement en regardant le contexte de quatre versets qui sont utilisés pour appuyer faussement un événement qui n’implique absolument pas Israël à la fin des temps. Vous allez voir que le mensonge est gros, très gros, et que toute cette fausse doctrine induit les enfants de Dieu en erreur en ce qui concerne le retour de Jésus laissant entrevoir des scénarios qui sont peu probable.

Nous allons regarder quatre références, de l’Ancien Testament, que ces enseignants utilisent pour appuyer le fait que les enfants d’Israël seraient ramenés d’entre les nations dans la terre promise juste avant le retour du Seigneur Jésus. Il s’agit d’Ésaïe 11.11-12; Ézéchiel 36.34; 37.20-22 et finalement Sophonie 3.19-20. Regardons chacun de ces passages dans leur contexte pour tenter de voir si ces passages peuvent s’appliquer à un retour des enfants de Dieu dans leur pays à la fin des temps.


Ésaïe 11.11-12

D’abord, regardons ce que nous dit Ésaïe: « 11 En ce jour-là, le Seigneur étendra sa main une seconde fois pour libérer le reste de son peuple qui aura subsisté en Assyrie et en Égypte, à Patros et en Éthiopie, à Elam, en Babylonie, et à Hamath, ainsi que dans les îles et les régions côtières. 12 Il dressera son étendard en direction des peuples étrangers ; quant aux exilés d’Israël, il les rassemblera, et les dispersés de Juda, il les regroupera des quatre coins du monde. » (Ésaïe 11.11-12)

À première vue, ce passage parle bien que le Seigneur va ramener ses enfants des quatre coins de la terre des villes et des régions qui y sont mentionnés. Maintenant, regardons ce que nous dit le contexte pour voir si ce sera à la fin des temps juste avant le retour du Seigneur Jésus. 

Le passage d’Ésaïe 11.11-12 se trouve dans un chapitre qui prophétise la venue d’un règne messianique idéal, souvent interprété comme annonçant la venue de Jésus-Christ après des temps difficiles pour les membres de son peuple. 

Ésaïe 11, pour sa part, commence par une description de la venue d’un « rameau » issu du tronc de Jessé (le père de David), ce qui est compris comme une prophétie concernant un futur roi de la lignée de David, connu sous le nom de Messie. Ce Messie sera rempli de l’Esprit de l’Éternel et incarnera la sagesse, la compréhension, le conseil, la force, la connaissance et la crainte de l’Éternel (Ésaïe 11.2-3). 

Sous son règne, le Messie jugera avec justice les pauvres et les humbles, et rétablira la paix et l’harmonie dans toute la création. Cette section du chapitre 11 évoque une ère de paix où même les animaux sauvages vivront en harmonie avec les humains, symbolisant la restauration complète de l’ordre divin. Cela peut s’apparenter au règne de mille ans.

Dans les versets 11-12, Ésaïe chapitre 11 prophétise que dans ce jour-là, l’Éternel tendra de nouveau la main pour racheter le reste de son peuple. Ce peuple est dispersé dans plusieurs régions du monde : Assyrie, Égypte, Pathros (une région d’Égypte), Kouch (probablement la région correspondant à l’actuel Soudan), Élam (partie de l’Iran moderne), Shinar (ancienne Mésopotamie), Hamath (nord de la Syrie actuelle), et les îles de la mer (qui pourraient désigner diverses régions côtières et insulaires).

Le prophète parle d’un rassemblement des exilés d’Israël et de Juda, montrant que Dieu rétablira son peuple de toutes les nations où ils ont été dispersés. Ce rassemblement est souvent vu comme un acte de restauration et de rédemption, marquant le retour des exilés à leur terre promise sous la direction du Messie.

Ces versets symbolisent l’espoir d’un retour à la terre promise pour le peuple d’Israël, mais ils sont aussi interprétés dans une perspective eschatologique plus large, où le Messie rassemble tous les croyants de toutes les nations pour former un peuple unifié sous le règne de Dieu. Ils soulignent le thème de la restauration divine, où Dieu agit pour racheter et rétablir son peuple, non seulement pour Israël, mais pour tous les croyants. Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, Le peuple d’Israël a-t-il un statut particulier dans les événements de la fin des temps comme on nous le laisse croire ? le peuple de Dieu dans l’ère que nous vivons n’est pas Israël, mais l’église qui est constituée d’hommes et de femmes de toutes les nations, incluant les israélites qui ont cru en Jésus et mis leur foi en lui. Le reste des juifs ne sont pas considérés comme étant le peuple de Dieu. J’ai mentionné dans mon dernier article qu’à la fin des temps, il n’y a pas trois groupes de personnes, mais bien deux qui sont les croyants et les non croyants. Les gens du peuple d’Israël actuellement se retrouvent dans l’une ou l’autre de ces catégories.

C’est effectivement ce qui va se passer lorsque Jésus va revenir comme l’apôtre Paul nous décrit la scène en disant: « 15 Car voici ce que nous vous déclarons d’après une parole du Seigneur : nous qui serons restés en vie au moment où le Seigneur viendra, nous ne précéderons pas ceux qui sont morts. 16 En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis à Christ ressusciteront en premier lieu. 17 Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. » (1 Thessaloniciens 4.15-17) C’est de ce moment dont il est question lorsque Christ reviendra. Les morts et les vivants de toutes les nations ayant mis leur foi en Jésus seront rassemblés des quatre coins de la terre avec Christ sur la montagne sainte à Jérusalem.

C’est ce qui fait que ce passage est souvent compris comme une image du rassemblement eschatologique des croyants à la fin des temps, sous la bannière du Christ, le Messie, et non pas comme un rassemblement physique du peuple d’Israël actuel.


Ézéchiel 36.24

Un autre passage est celui d’Ézéchiel 36.24 qui mentionne: « Je vous ferai revenir de chez les autres peuples, je vous rassemblerai de tous les pays étrangers et je vous ramènerai dans votre pays. » (Ézéchiel 36.24) Comme on peut le voir, au premier coup d’œil, ce passage parle bien d’un retour des enfants d’Israël dans leur pays. Maintenant, regardons le contexte pour voir ce qu’il en est exactement. 

Le passage d’Ézéchiel 36.24, que nous venons de lire, se trouve dans un chapitre où Dieu, à travers le prophète Ézéchiel, annonce une promesse de restauration pour le peuple d’Israël. Ce chapitre est une prophétie adressée aux israélites exilés, décrivant leur retour dans leur terre promise, leur purification spirituelle, et la bénédiction de Dieu sur leur nation. Jusqu’ici, ça n’a rien à voir avec le retour du Seigneur Jésus. Ça plutôt tout à voir avec le retour des Juifs de Babylone.

Mentionnons également qu’Ézéchiel 36 fait partie d’une série de prophéties dans lesquelles Dieu promet de restaurer Israël après une période de jugement et d’exil. Le chapitre commence par une adresse aux montagnes d’Israël, symbolisant la terre qui sera un jour repeuplée et restaurée. Dieu condamne les nations environnantes qui ont profité de la chute d’Israël, mais ensuite, il annonce la restauration de la terre et du peuple d’Israël. Dans ce chapitre, Dieu parle de la manière dont il ramènera son peuple de Babylone sur leur terre, purifiant leur cœur, leur donnant un nouvel esprit, et renouvelant leur relation avec lui. Il s’agit d’une promesse de transformation spirituelle et de rétablissement national.

Le verset 24 se situe dans une section où Dieu annonce qu’il va ramener les israélites dispersés parmi les nations à leur propre terre. Ce retour est décrit comme une action de Dieu en faveur de son peuple, motivée par son nom et sa sainteté, et non par les mérites d’Israël. Dieu veut démontrer sa puissance et sa fidélité en accomplissant cette promesse.

En réalité, ce verset est une promesse de Dieu concernant la fin de l’exil du peuple d’Israël et leur retour dans la terre promise. Cet exil prit fin en 538 av. J.-C. Cela représente non seulement un retour physique, mais aussi un retour à une relation correcte avec Dieu, qui est développée dans les versets suivants où Dieu promet de les purifier, de leur donner un cœur nouveau, et de mettre en eux son Esprit. Comme nous pouvons le constater, le contexte n’a rien à voir avec le retour de Jésus, mais plutôt avec le retour de l’exil. C’est de la manipulation d’utiliser ce passage pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas.


Ézéchiel 37.20-22

Maintenant, regardons un autre passage du prophète Ézéchiel qui est aussi utiliser en lien avec le retour du Seigneur Jésus mentionnant: « 20 Tu garderas en main, bien visible pour eux, les morceaux de bois sur lesquels tu auras fait ces inscriptions, 21 et tu leur diras : « Voici ce que déclare le Seigneur, l’Éternel : Je vais prendre les israélites du milieu des peuples chez lesquels ils sont allés, je les rassemblerai de tous les pays alentour, je les ramènerai dans leur pays, 22 et je ferai d’eux une seule nation dans le pays, sur les montagnes d’Israël. Un roi unique régnera sur eux tous, ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaumes. » (Ézéchiel 37.20-22)

Ce passage parle bien d’un retour du peuple d’Israël dans son pays. Regardons le contexte pour tenter de voir de quoi il en ressort exactement et si c’est honnête de s’en servir pour appuyer un retour du peuple d’Israël en terre sainte lors du retour de Jésus. 

Nous pouvons constater que le passage d’Ézéchiel 37.20-22 fait partie de la célèbre vision des deux bâtons du prophète, qui symbolise la réunification et la restauration du peuple d’Israël. Cette vision se situe dans un contexte de promesses de restauration nationale pour Israël, un thème récurrent dans les chapitres 36 et 37 du livre d’Ézéchiel.

Le chapitre 37 est divisé en deux parties principales. La première parle de la vision de la vallée des ossements desséchés (Ézéchiel 37.1-14). Cette vision symbolise la résurrection nationale d’Israël, qui, bien que dispersé et spirituellement mort en exil, sera ramené à la vie par l’action puissante de Dieu. La seconde partie est la prophétie des deux bâtons (Ézéchiel 37.15-28). Dans cette deuxième partie, Dieu ordonne à Ézéchiel de prendre deux bâtons et d’écrire sur l’un « Pour Juda et les enfants d’Israël qui lui sont associés » et sur l’autre « Pour Joseph, bâton d’Éphraïm, et toute la maison d’Israël qui lui est associée ». Ensuite, Ézéchiel doit réunir les deux bâtons en un seul, symbolisant la réunification des royaumes divisés d’Israël, le royaume du Nord, appelé aussi Israël ou Éphraïm, et le royaume du Sud, appelé Juda. Jusqu’a maintenant, nous pouvons voir qu’il ne s’agit en rien d’un rassemblement d’Israël lors du retour du Seigneur Jésus. Toutefois, continuons pour être bien certain.

Les versets 20-22 que j’ai mentionnés et principalement le verset 21 qui est utilisé pour appuyer leur fausse doctrine se situe précisément dans la prophétie des deux bâtons. Donc dans un contexte de réunification d’Israël après l’exil et pas avant le retour du Seigneur Jésus. Les deux bâtons représentent les deux royaumes d’Israël : le royaume du Nord (Israël/Éphraïm) et le royaume du Sud (Juda). La division des deux royaumes avait eu lieu après la mort de Salomon, et les deux avaient ensuite suivi des chemins séparés avant d’être finalement conquis et dispersés par les Assyriens (Israël) et les Babyloniens (Juda).

Cependant, Dieu promet de réunir ces deux royaumes en un seul, mettant ainsi fin à la division qui existait depuis des siècles. Ce nouveau royaume unifié sera sous la gouvernance d’un seul roi, ce qui est interprété par de nombreux commentateurs comme une prophétie messianique, indiquant la venue d’un roi descendant de David, souvent identifié comme le messie Jésus.

Le passage souligne principalement le retour du peuple d’Israël de son exil, dispersé parmi les nations. Dieu promet de les ramener dans leur propre terre, un thème qui fait écho aux prophéties de restauration que l’on retrouve ailleurs dans Ézéchiel notamment dans les chapitres 36 et 37.

Ce passage est souvent interprété comme un symbole de l’unité spirituelle et nationale du peuple de Dieu, qui, après avoir été dispersé et divisé, sera réuni sous un seul souverain messianique. Dans une perspective chrétienne, ce roi est identifié comme Jésus-Christ, qui unifie tous les croyants, juifs et non-juifs, en un seul peuple de Dieu comme le mentionne l’apôtre Paul: « Il n’y a plus ni Juifs ni non-Juifs, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un. » (Galates 3.28)

En résumé, Ézéchiel 37.20-22 se situe dans un contexte de promesse de restauration et de réunification d’Israël, symbolisant l’espoir d’unité nationale et spirituelle sous la direction divine après des années d’exil.


Sophonie 3.19-20

Finalement, regardons un dernier passage utilisé pour appuyer ce faux enseignement. Le prophète Sophonie nous dit: « 19 En ce temps-là, j’interviendrai contre tous ceux qui t’auront opprimée, je sauverai les brebis éclopées, et je rassemblerai celles qu’on a chassées, et je rendrai mon peuple glorieux et renommé partout dans tout pays où vous aurez connu la honte. 20 En ce temps-là, je vous ramènerai, oui, quand je vous rassemblerai, je vous rendrai renommés et glorieux chez tous les peuples de la terre. Je le ferai quand, sous vos yeux, moi, je changerai votre sort, l’Éternel le déclare. » (Sophonie 3.19-20)

Ce passage parle effectivement d’un retour des enfants d’Israël en terre promise. Il est accompagné de promesses pour ceux-ci. Mentionnons d’abord que Sophonie exerça son ministère prophétique durant le règne du roi Josias de Juda (640 à 609 av. J.-C.) Le peuple d’Israël n’avait pas encore été déporté à ce moment-là, mais Dieu parlait à travers son prophète pour dire à son peuple que bien qu’il soit déporté, Dieu allait les ramener et prendre soin d’eux. C’était en quelque sorte un encouragement à ceux qui comme Sophonie, Jérémie et assurément bien d’autres croyaient en la rédemption de Dieu. Maintenant, regardons le contexte afin de voir si ce passage est toutefois bien utilisé en regard du retour du Seigneur Jésus. 

Sophonie 3.19-20 se trouve dans la dernière section du livre de Sophonie, qui est un livre prophétique composé de seulement trois chapitres. Le contexte de ces versets est un message de réconfort et de restauration pour le peuple de Dieu après une période de jugement sévère.

Le livre de Sophonie commence par des annonces de jugement contre Juda, Jérusalem et les nations environnantes. Sophonie prophétise la venue du « Jour de l’Éternel », un jour de grande colère où Dieu punira sévèrement les péchés de son peuple et des nations. Le thème principal du livre est donc le jugement, mais aussi l’espoir de restauration.

Le chapitre 3 de Sophonie peut être divisé en trois parties. La première partie, les versets 1-7 annoncent la condamnation et le jugement de Jérusalem. Celle-ci est décrite comme une ville rebelle, corrompue et désobéissante. Malgré les avertissements de Dieu, le peuple n’a malheureusement pas changé de comportement. La seconde division est composée des versets 8-13 qui annoncent du jugement universel et de la purification des nations. Dieu annonce qu’il rassemblera les nations pour les juger, mais il parle aussi d’un reste purifié qui invoquera son nom. Finalement, la troisième partie comprenant les versets 14-20 est la promesse de rétablissement et de joie. Cette section, qui inclut les versets 19-20, est un message d’espoir et de consolation. Elle annonce la restauration de Jérusalem et la joie future du peuple de Dieu.

Ces versets concluent le livre avec une note d’espoir et de rédemption. Dieu promet d’intervenir en faveur de son peuple, de punir leurs oppresseurs, de guérir les boiteux, de rassembler ceux qui ont été dispersés, et de les transformer en un peuple glorifié. C’est un contraste saisissant avec les précédents jugements annoncés, montrant que la miséricorde de Dieu triomphera finalement de la colère.

Dieu promet également de rassembler les exilés et de restaurer leur dignité et leur position parmi les nations. Le thème du retour des captifs et du rétablissement est un thème récurrent dans les prophéties de l’Ancien Testament, symbolisant non seulement un retour physique en terre d’Israël, mais aussi une restauration spirituelle et nationale.

Finalement, ce passage indique que le peuple de Dieu, autrefois méprisé et dispersé, deviendra un sujet de louange et de gloire dans le monde entier. Cela peut être compris comme une promesse de l’accomplissement ultime des plans de Dieu pour son peuple, où ils seront reconnus et honorés pour leur relation avec l’Éternel.

Toutefois, pour les lecteurs juifs de l’époque, ces versets étaient une promesse de la fin de l’exil et de la restauration nationale sous la bénédiction de Dieu. Pour les chrétiens, ces versets sont souvent vus comme une anticipation de la rédemption ultime qui se réalise en Christ, où tous les croyants, juifs et gentils, sont réunis en un seul peuple de Dieu, trouvant ainsi leur pleine rédemption et gloire en Lui.

En résumé, Sophonie 3.19-20 se trouve dans un contexte de promesse de rétablissement et de rédemption pour le peuple de Dieu, marquant la transition de la colère divine à la restauration et la gloire future de ceux qui lui sont fidèles. Ce passage fut un puissant encouragement et une source de réconfort pour le peuple dispersé sachant qu’un jour Dieu restaurerait son peuple. De la même manière, les différentes promesses du retour de Jésus sont un puissant encouragement pour les croyants aujourd’hui, mais le seront sûrement plus pour les croyants qui souffriront pendant la période des tribulations.


Conclusion

Pour conclure, en examinant attentivement les passages bibliques souvent utilisés pour soutenir la doctrine de l’enlèvement prétribulationnel, il devient évident que ces versets, lorsqu’ils sont replacés dans leur contexte, ne soutiennent pas cette interprétation. Les prophéties d’Ésaïe, d’Ézéchiel et de Sophonie, bien que puissantes et porteuses d’espoir pour le peuple de Dieu, se rapportent principalement à la restauration d’Israël après l’exil et au règne messianique à venir. Elles n’ont pas pour but de décrire un enlèvement physique du peuple d’Israël actuel avant la période des tribulations.

Le rassemblement mentionné dans ces passages est souvent symbolique, représentant l’unification du peuple de Dieu sous la gouvernance du Messie, qui est Jésus-Christ. En déformant ces Écritures pour appuyer une théologie non conforme à leur sens original, on risque d’induire en erreur les croyants sur la nature du retour de Jésus et les événements de la fin des temps.

Ainsi, plutôt que de suivre des enseignements basés sur des interprétations erronées, il est essentiel pour les chrétiens de revenir à une lecture contextuelle et fidèle des Écritures, afin de comprendre correctement les promesses divines concernant le retour de Christ et le rassemblement final de son peuple.

Matthieu 24.3: Entre prophétie et réalité

3 Comme il était assis sur le mont des Oliviers, ses disciples s’approchèrent, le prirent à part, et lui demandèrent : Dis-nous : quand cela se produira-t-il et quel signe annoncera ta venue et la fin du monde ? 

 La Bible du Semeur (Colorado Springs: Biblica, 2015), Mt 24.3.

J’ai longtemps pensé que les événements décrits au début de Matthieu 24 étaient en réalité une description des choses qui allaient se passer pendant la période des tribulations. Mais en étudiant ce passage de Matthieu 24, il s’avère que c’est une prophétie que Jésus a faite à ses disciples pour les mettre en garde des événements qui allaient se produire pendant leur ministère et qui allaient précéder la destruction du temple et la chute de Jérusalem. Cependant, c’est aussi une prophétie qui concerne notre époque soit celle de la fin des temps. C’est comme si l’histoire se répète à chaque génération.

Dans cette série d’études, je vais tenter, bien humblement, de redresser les choses en espérant que vous découvriez comme moi ce que Jésus a véritablement voulu dire à ses disciples et par le fait même à nous aussi qui vivons au 21ème siècle.

Dans le dernier article, Matthieu 24.1-2 : comprendre la destruction du temple physique et ses implications actuelles, j’ai mentionné que Jésus venait de quitter la cour du temple pour se diriger vers le mont des Oliviers. Pendant qu’il s’éloignait avec ses disciples, ceux-ci lui ont fait remarquer la beauté et la grandeur des édifices. C’est à ce moment que Jésus leur a donné la prophétie de la destruction du temple et de la chute de Jérusalem.

Maintenant, Jésus est arrivé sur le mont des Oliviers. Ce versant du mont offre une vue extraordinaire de la ville. Jésus va s’asseoir et quelques disciples, notamment Pierre, Jacques, Jean et André (Mc 13.3), vont se diriger vers lui pour lui poser leurs questions. Bien que la prophétie de la destruction du temple ait été faite en présence de tous les apôtres, une partie d’entre eux cherchait maintenant des détails plus spécifiques sur le moment de cet événement.

Les disciples posèrent trois questions à Jésus : quand cela (la destruction du temple et la chute de Jérusalem) devait-il se produire, quels signes devaient accompagner son retour et quels indicateurs indiqueraient la proximité de la fin des temps. Jésus aborda ces questions dans ce chapitre et les suivants. Maintenant, ce qui complique parfois les choses et conduit à de mauvaises interprétations, c’est que Jésus mêle les descriptions de la destruction de Jérusalem et de la fin du monde de manière à rendre parfois difficile la distinction entre les deux sujets. D’ailleurs, cette approche semble découler du fait que ces événements pouvaient être décrits avec les mêmes mots. C’est possiblement la raison de l’entrelacement des récits. Cependant, ce récit rappelle le style de certains passages d’Ésaïe, où un langage similaire décrit à la fois le retour de la captivité babylonienne et la délivrance par le Messie. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur la révélation de l’Esprit saint pour nous aider à comprendre. Après tout, n’est-ce pas son rôle de nous enseigner toutes choses ? (Jn 14.26)

Le larron et Jésus sur la croix

Est-ce que les croyants vont au ciel immédiatement après leur mort ? Que dit la Bible sur ce sujet?

Introduction

Une personne m’a posé la question suivante sur mon blogue, pourquoi Jésus a dit au voleur sur la croix qu’aujourd’hui celui-ci serait avec Jésus dans le paradis ?

C’est une excellente question et elle mérite bien une réponse. Voici ce que Jésus disait au malfaiteur crucifié avec lui :

Et Jésus lui répondit : vraiment, je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis.

Luc 23.43

Il y a plusieurs passages comme celui-ci qui, à première vue, semble contredire les Écritures, mais en réalité lorsque nous creusons un peu, nous nous apercevons bien vite que ce n’est pas le cas. Souvent, c’est dû à un problème de traduction ou encore à une mauvaise traduction par les traducteurs de la Bible, etc. Mais, qu’en est-il de ce passage qui, ma foi, semble énigmatique ?

D’abord, regardons au texte original grec ce qu’il dit.

Και  ειπεν αυτω   αμην    σοι     λεγω   σημερον         μετ    εμου  εση
Et     il dit  à lui  amen   à toi  je dis  aujourd’hui   avec  moi    tu seras

εν        τω        παραδεισω
dans    le        paradis

Ce texte nous dit bien la même chose, mais comment interprété ce passage alors dans son véritable sens sachant que personne n’est monté au ciel comme nous dit l’apôtre Jean :

Car personne n’est monté au ciel, sauf celui qui en est descendu : le Fils de l’homme.

Jean 3.13

Le fondement d’une fausse croyance

Ce passage de Luc 23.43 constitue le fondement de la fausse croyance qu’une majorité de croyants affirment qu’après leur mort, ils iront immédiatement au ciel. Bien entendu, cette croyance contredit tout ce que les Écritures disent concernant la mort et le séjour des morts. Cette croyance prône, par elle-même, l’immortalité de l’âme qui, malheureusement, est également une fausse croyance.

Nous voyons bien que Jésus promet au malfaiteur qu’il sera avec lui le jour même dans le paradis, comme nous dit la version de la Bible du Semeur, que j’utilise quotidiennement. J’ajouterai que cela est aussi le cas dans bien d’autres versions de langues françaises. Ce passage est devenu le point central moderne de l’ancienne croyance voulant que l’âme continue de vivre après la mort du corps et finit par aboutir au ciel pour être avec Dieu.

Comme nous l’avons vu auparavant, personne n’est monté au ciel, nous dit l’apôtre Jean (Jn 3.13). Si personne n’est monté au ciel, affirmer que le malfaiteur serait le jour même avec Jésus dans le ciel vient contredire, dans ce cas-ci, ces paroles même de Jean et par le fait même les Écritures.

Toutefois, nous savons tous que tout l’enseignement de Jésus ne contredisait pas les Écritures. Au contraire, il s’est servi de plusieurs passages de l’Ancien Testament pour appuyer ses dires. Le seul problème c’est que ce passage de Luc 23.43 ne soutient pas le fait que les croyants iront au ciel après leur mort.

Nous constatons une chose, qui en apparence semble contradictoire à cette parole de Jésus, étant que lui-même n’est pas monté au ciel après sa mort. Jésus n’est pas allé au paradis après sa mort. Comment pouvait-il dire au malfaiteur qu’aujourd’hui même il serait avec lui dans le paradis. Regardons ce que Jésus nous apprend concernant l’endroit où il est allé après sa mort.

Quelques spécialistes de la Loi et des pharisiens intervinrent en disant : Maître, nous voudrions te voir faire un signe miraculeux. 39 Il leur répondit : ces gens de notre temps qui sont mauvais et infidèles à Dieu réclament un signe miraculeux ! Un signe… il ne leur en sera pas accordé d’autres que celui du prophète Jonas. 40 En effet, comme Jonas resta trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l’homme passera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

Matthieu 12.38-40

Jésus mentionne clairement qu’il passera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre après sa mort. Ce qui ne signifie rien d’autre que dans la tombe. Donc, s’il a passé trois jours et trois nuits dans la tombe, il n’a pas pu être au paradis avec le malfaiteur. Pour pousser un peu plus loin la logique, s’il n’était pas au paradis le jour de sa mort, le criminel n’était pas non plus crucifié à côté de lui.

Les Écritures, par les écrits de l’apôtre Paul, nous confirment que Jésus a effectivement accompli sa prophétie.

Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j’avais moi-même reçu : Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; 4 il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures.

1 Corinthiens 15.3-4

Ce que Paul est en train de nous dire, c’est que Jésus a véritablement connu la mort. Une mort comme ceux qui nous ont précédés ont connu. Il a été mis au tombeau et y est resté trois jours et trois nuits. Puis, il fut ressuscité par le Père, pour être le premier en tout. C’est-à-dire le premier à connaitre la mort et la résurrection puis à revêtir un corps glorieux. L’apôtre Jean nous confirme aussi ce fait que Jésus fut bien placé dans un tombeau.

Non loin de l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin dans lequel se trouvait un tombeau neuf où personne n’avait encore été enseveli. 42 Comme c’était, pour les Juifs, le soir de la préparation du sabbat, ils déposèrent Jésus dans cette tombe parce qu’elle était toute proche.

Jean 19.41-42

L’apôtre Pierre lors de son premier discours après la Pentecôte, véritablement sous l’onction du Saint-Esprit, va également déclarer quelque chose de très pertinent.

Ainsi, il (le roi David) a entrevu par avance la résurrection du Messie, et c’est d’elle qu’il parle en disant que Dieu ne l’abandonnera pas dans le séjour des morts et qu’il ne laissera pas son corps se décomposer.

Actes 2.31

Pendant ces trois jours, comme nous dit la Parole, le corps mort de Jésus fut véritablement dans un tombeau et son âme se retrouva dans le séjour des morts en grec « hades ». Ce passage nous démontre clairement que Jésus n’était pas au paradis comme nous laissent entendre les traducteurs de nos Bibles avec ce passage de Luc 23.43.

Un autre fait révélateur et intéressant est que Jésus lui-même mentionne à Marie, le jour de sa résurrection, qu’il n’a pas été au ciel depuis sa mort sur la croix.

Jésus lui dit : Marie ! Elle se tourna vers lui et s’écria en hébreu : Rabbouni (ce qui veut dire : Maître) ! 17 – Ne me retiens pas, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Va plutôt trouver mes frères et dis-leur de ma part : je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu.

Jean 20.16-17

Jésus dit ici clairement à Marie qu’il n’est pas allé au ciel comme il le semble le dire au criminel sur la croix près de lui. Jésus est monté quelque temps après sa résurrection comme nous le rapportent les Écritures. Toutefois, la question se pose toujours à ce moment-ci, mais qu’est-ce que Jésus a bien voulu dire exactement ? Ne nous arrêtons pas ici et continuons pour tenter de comprendre.

Le paradis

Qu’est-ce que le paradis dont Jésus parle ? Le mot grec est « paradeisos » et il signifie un parc, un jardin, un endroit clôturé comme une réserve. Cela s’apparente au jardin d’Éden. Ce mot apparait 3 fois dans le Nouveau Testament. Une fois ici en Luc 23.43 également en 2 Corinthiens 12.4 et Apocalypse 2.7. Prenons le temps de les lire avant d’aller plus loin.

…a été enlevé au paradis (paradeisos) et qu’il a entendu des paroles qu’on ne peut pas répéter parce qu’il n’est pas permis à un homme de les dire.

2 Corinthiens 12.4

Dans ce passage, l’apôtre Paul raconte une expérience qu’il aurait vraisemblablement eue alors qu’il aurait été enlevé au paradis. Toutefois, il ne sait pas si c’était dans son corps ou dans une vision. À la lumière de ce que Jean nous dit, il est fort probable que l’apôtre fut enlevé au ciel dans une vision.

Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Églises. Au vainqueur, je donnerai à manger du fruit de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. 

Apocalypse 2.7

Ce passage nous démontre ce qu’est le paradis. C’est l’endroit où l’arbre de vie est planté. Ce même type d’arbre qu’il y avait dans le jardin d’Éden.

L’Éternel Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres portant des fruits d’aspect agréable et délicieux, et il mit l’arbre de la vie au milieu du jardin. Il y plaça aussi l’arbre de la détermination du bien et du mal.

Genèse 2.9

Nous retrouverons également l’arbre de vie dans le paradis.

Heureux ceux qui lavent leurs vêtements. Ils auront le droit de manger du fruit de l’arbre de vie et de franchir les portes de la ville.

Apocalypse 22.14

La ville, dont il est question ici, est la nouvelle Jérusalem, l’épouse de l’Agneau. Au milieu de cette ville, il y aura l’arbre de vie, tout comme dans le jardin d’Éden. Ce qui nous apparait c’est que la nouvelle Jérusalem serait le paradis de Dieu. Cela a du sens, parce que Jésus a dit au criminel qu’il serait avec lui dans le paradis. C’est le même endroit où les disciples de Jésus se retrouveront également pour la vie éternelle.

Utilisation d’un idiome

Qu’est-il donc arrivé au criminel s’il n’a pas été au paradis comme Jésus semble le lui avoir dit ? Le fait d’interpréter que Jésus et le criminel se soit retrouvé au paradis tout de suite après leur mort, contredit en fait de nombreuses écritures. Malheureusement, certaines personnes s’accrochent encore à cette fausse croyance à cause de la construction de la phrase.

Ces gens soutiennent que lorsque Jésus a dit quelque chose d’important, il a toujours commencé par « vraiment, je te l’assure » (Mt 5.26; Jn 13.38) ou encore par « vraiment, je vous l’assure »(Mt 5.18; 10.23, 42; 18.13;23.36; Mc 9.41; Jn 5.24-25; 6.53; 13.21; 16.23) selon la version du Semeur. Cette expression est traduite par « en vérité je te le dis » ou « en vérité je vous le dis » dans d’autres versions de la Bible, comme la version Louis-Second. Cependant, le texte grec dit quelque chose d’un peu différent « Amen à toi je dis ». Bien entendu, la position des mots et les tournures de phrases sont différentes dans le grec comparativement au français comme c’est aussi le cas en anglais. Chaque langue à ses propres particularités, et je peux aisément comprendre que cela pose toujours un défi aux traducteurs.

Les critiques mentionnent que, structurellement, lorsque Jésus fait une déclaration importante, il va toujours commencer par « Vraiment, je vous l’assure » et suivi d’une déclaration importante. En cela, ils ont bien raison. Mais ils affirment que le fait d’utiliser le mot aujourd’hui serait superflu parce que la phrase est déjà au présent et qu’il n’est pas nécessaire de spécifier le temps une seconde fois dans la phrase. Je ne peux être en accord avec ceci parce que ça reviendrait à dire de supprimer le mot « aujourd’hui » du texte grec original et cela nous ne pouvons pas le faire. La Parole de Dieu ne doit en aucun temps être falsifiée de quelques façons que ce soient.

Maintenant, ce que nous devons comprendre, et c’est là l’un des points importants pour la compréhension de ce que Jésus a véritablement dit! C’est que l’utilisation du mot « aujourd’hui » est un idiome. Qu’est-ce qu’un idiome ? Un idiome est une expression, un mot ou une phrase qui ne peut pas être compris en traduisant littéralement ses mots individuels. Comme ce fut le cas pour ceux qui ont compris que Jésus et le malfaiteur étaient montés tout de suite au ciel après leur mort. Sa signification est figurative et culturellement spécifique. Les idiomes sont souvent propres à une langue donnée et peuvent être difficiles à comprendre pour ceux qui ne sont pas familiers avec la langue et la culture. Alors, d’où vient inévitablement la difficulté de traductions ? Les idiomes sont largement utilisés dans la communication quotidienne pour transmettre des idées de manière colorée et expressive. Par exemple en français nous utilisons des idiomes comme « tomber dans les pommes ». Nous savons tous que cela veut dire s’évanouir. Essayez de traduire cela dans mille ou même deux mille ans, ceci s’avérera être tout un défi. D’autres idiomes que nous utilisons en français comme « faire la sourde oreille », « être dans la lune », « donner sa langue au chat » et finalement « avoir le cœur sur la main ». Comment traduire ces idiomes dans une autre langue pour qu’ils soient compris sans aucune explication ? Ce serait tout un défi et certainement que les traducteurs de cette époque arriveraient avec des traductions quelque peu différentes de la signification actuelle.

L’utilisation du mot « aujourd’hui » dans ce passage est un idiome commun utilisé à la fois par Dieu et par les hommes dans les deux Testaments. Cet idiome ajoute énormément d’importance et de gravité à la déclaration qu’il accompagne. Regardons Deutéronome 4.26:

…je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : si vous faites cela, vous ne tarderez pas à disparaître du pays dont vous allez prendre possession après avoir traversé le Jourdain, vous n’y subsisterez pas longtemps, car vous serez entièrement détruits.

Deutéronome 4 .26

Lorsque l’idiome « aujourd’hui » est utilisé de cette manière, il ne vise pas à attirer l’attention sur la période de 24 heures pendant laquelle il a été prononcé, mais plutôt à transmettre l’importance et la solennité de la déclaration. Les versets précédents du chapitre révèlent que Dieu n’attire pas notre attention sur un jour spécifique, mais démontre le sérieux de ce qu’il dit en utilisant l’expression hébraïque « aujourd’hui ».

Cet idiome particulier apparait à mainte reprise dans la Bible. Littéralement des centaines de fois. Il est fréquemment utilisé lorsque Dieu parle des commandements qu’il a donnés et lorsqu’il dit à son peuple ce qu’il attend d’eux.

D’autre fois, « aujourd’hui » n’est pas idiomatique, comme lorsque l’orateur attire l’attention sur un jour spécifique, comme un sabbat ou un autre jour saint. Cependant, pour l’essentiel, ce terme vise à ajouter une emphase, de la solennité et de l’importance.

Une virgule peut faire toute la différence

Les paroles de Jésus prononcés en Luc 23.43 sont dites par la même personne qui a utilisé cet idiome à plusieurs reprises lorsqu’elle s’adressait aux israélites dans l’ancien Israël. Maintenant, quand nous comprenons cela, nous pouvons voir que la virgule est mal placée.

Reprenons ce passage de Luc 23.43 en changeant la virgule de place et vous verrez comment le sens de la phrase peut changer. Nous savons aujourd’hui que les points et virgules existaient dans le grec ancien. Cependant, la ponctuation n’était pas aussi standardisée comme elle l’est aujourd’hui. La virgule était plus utilisée pour marquer une pause dans le texte. Dans le texte grec que nous avons vu précédemment, il n’y a pas de virgules ni de points dans ce verset.

Les traducteurs de la Bible du Semeur, nous présentent la phrase construite de cette manière avec des « : » une « , » et un « . ». Regardons le passage à nouveau.

Et Jésus lui répondit : vraiment, je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis.

Luc 23.43

J’aimerais adresser quelques remarques concernant la traduction faite par les traducteurs de la Bible du Semeur de ce passage. D’abord, les deux points ne sont pas dans le texte original grec, comme je vous l’ai démontré. Ensuite, le mot « même » n’est pas non plus dans le texte grec original. Il fut ajouté pour une raison que j’ignore. Peut-être que les traducteurs voulaient mettre l’emphase sur le jour même comme étant importants et signifiant que Jésus et le criminel allaient entrer au paradis le jour même après leur mort. Mais, comme nous l’avons vu, ce n’était pas scripturaire. Le sens devrait plus être « Vraiment, je te l’assure aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Cette formulation serait plus conforme avec le texte grec que nous avons vu.

Jésus ajoute une insistance solennelle à sa déclaration selon laquelle, à un moment donné, le criminel serait avec lui dans son royaume sur terre. En d’autres mots, cela pourrait se traduire ainsi, afin que ce passage soit cohérent avec le reste des Écritures. « Je te le dis aujourd’hui, tu vas être avec moi au paradis » Jésus dit aujourd’hui au malfaiteur ce jour-là qu’il sera avec lui dans le paradis. Jésus dit la même chose à une personne qui nait de nouveau qu’elle sera dans le paradis avec lui. Mais la personne n’entre pas immédiatement dans le paradis et non pas même après sa mort. Parce que la Bible nous enseigne que les morts vont dans le séjour des morts dans l’attente de la résurrection. Tous les morts sans exception sont actuellement dans le séjour des morts. Nous aussi, lorsque nous allons mourir, nous allons nous retrouver dans le séjour des morts. Personne n’a de privilèges spéciaux auprès de Dieu.

Entrer dans le paradis sans Christ est une impossibilité

Si le brigand sur la croix était entré au paradis après sa mort, il serait entré sans Christ. Parce que nous venons de voir que Jésus est allé là où tous les morts vont, c’est-à-dire dans le séjour des morts. Le malfrat aurait été une exception. Parce que la Bible est claire concernant le fait de la résurrection des morts et quand cela se produira. Jean, comme je l’ai mentionné tout au début, affirme que personne n’est monté au ciel. (Jn 3.13) Et si la Bible ne nous dit personne, alors c’est véritablement personne. Ce ne sera pas non plus les croyants enlevés avant la période des tribulations comme le suppose la fausse doctrine de l’enlèvement prétribulationnel, mais cela est un tout autre sujet.

Maintenant, qu’en est-il de tous les saints de l’Ancien Testament ? Qu’en est-il de tous les héros de la foi mentionnée en Hébreux 11 ? La plupart des gens supposent qu’ils sont au ciel en présence de Dieu, mais si nous sommes prêts à croire la simple déclaration de Jésus, nous savons que cela ne peut pas être le cas.

Je vous pose une question, au sujet du roi David, qui n’est tout de même pas négligeable. Où est le roi David actuellement ? Il était pourtant un homme selon le cœur de Dieu. Il doit surement être allé directement au ciel en mourant.  Est-ce que la Bible nous le dit clairement ? Bien entendu, nous voyons cela en Actes 2.34 dans le premier discours de l’apôtre Pierre à la Pentecôte. Je crois que cela était important que le Saint-Esprit fasse mention de cet exemple pour que les gens ne s’imaginent pas des choses.

En effet, David, lui, n’est pas monté au ciel, mais il a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Viens siéger à ma droite…

Actes 2.34

David, ce grand roi. Cet homme qui plaisait à Dieu. Cet homme qui a mené de grands combats pour Dieu. S’il y en a un qui aurait dû aller au ciel après sa mort c’est bien lui. Mais non, Pierre, sous l’inspiration du Saint-Esprit, nous mentionne clairement que David, cet homme de Dieu, n’est pas monté au ciel. Il est comme tous les autres qui sont morts aujourd’hui. Ils sont dans le séjour des morts. Regarder maintenant ce que Pierre a dit quelques versets auparavant.

Mes frères, permettez-moi de vous parler franchement : le patriarche David est bel et bien mort et enterré. Son tombeau existe encore près d’ici aujourd’hui.

Actes 2.29

Son tombeau et ses restes existent encore aujourd’hui à Jérusalem. Une simple recherche sur Google vous donnera toutes les informations sur ce sujet. Chaque jour, des Juifs pieux prient dans ce local et étudient la Bible. Si le roi David n’est pas monté au ciel, lui qui le méritait largement, serait-il logique que le voleur sur la croix aille au ciel, alors qu’Abel, Énoch, Noé, Abraham, Sarah, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse et tous les autres mentionnés dans l’épitre aux Hébreux chapitre 11 n’ont pas reçu cet honneur ? Bien sûr que non, et regardons maintenant ce que dit la fin du chapitre 11 de l’épitre aux Hébreux :

Dieu a approuvé tous ces gens à cause de leur foi, et pourtant, aucun d’eux n’a reçu ce qu’il leur avait promis. 40 C’est que Dieu avait prévu quelque chose de meilleur pour nous : ils ne devaient donc pas parvenir sans nous à la perfection.

Hébreux 11.39-40

Comme nous dit l’auteur de l’épitre aux Hébreux « Dieu a approuvé tous ces gens à cause de leur foi ». Ils ont donc été comme Abraham le fut justifiés à cause de leur foi. Il continue en disant « pourtant, aucun d’eux n’a reçu ce qu’il leur avait promis ». Qu’est-ce qui leur avait été promis ? Bien, la même chose qu’à nous soit la vie éternelle. Donc, jusqu’à maintenant, ils ne sont pas encore entrés dans l’éternité bien que cela leur ait été promis. Il ajoute « que Dieu avait prévu quelque chose de meilleur pour nous ». Quel était ce quelque chose de meilleur qui nous était promis et qu’eux n’ont pas eu ? C’est le Seigneur Jésus. Le salut par la foi en Jésus, ce qu’eux n’avaient pas à leur époque. Il termine en disant qu’ils « ne devaient donc pas parvenir sans nous à la perfection ». Quand allons-nous avoir la perfection ? Ce sera comme l’apôtre Paul le dit le jour de la résurrection lorsque Jésus reviendra pour nous prendre avec lui.

Il en va de même pour la résurrection. Lorsque le corps est porté en terre comme la graine que l’on sème, il est corruptible, et il ressuscite incorruptible ; 43 semé infirme et faible, il ressuscite plein de force et glorieux. 44 Ce que l’on enterre, c’est un corps doué de la seule vie naturelle ; ce qui revit, c’est un corps dans lequel règne l’Esprit de Dieu.

1 Corinthiens 15.42-44

Voici, je vais vous révéler un mystère : nous ne passerons pas tous par la mort, mais nous serons tous transformés, 52 en un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette dernière. Car, lorsque cette trompette retentira, les morts ressusciteront pour être désormais incorruptibles, tandis que nous, nous serons changés. 53 En effet, ce corps corruptible doit se revêtir d’incorruptibilité et ce corps mortel doit se revêtir d’immortalité.

1 Corinthiens 15.51-53

En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis à Christ ressusciteront en premier lieu. 17 Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur.

1 Thessaloniciens 4.16-17

Tous ces héros de la foi n’ont pas reçu les promesses parce que Dieu avait prévu qu’eux et les lecteurs du livre des Hébreux seraient rendus parfaits ensemble en même temps.

Aller au ciel, immédiatement après notre mort, n’a jamais été une promesse de l’Ancien Testament ni une promesse du Nouveau Testament. Ce que Dieu promet, c’est que nous soyons rendus parfaits, et les saints de l’Ancien Testament seront rendus parfaits en même temps que les saints du Nouveau Testament lorsque Jésus reviendra pour nous prendre avec lui. C’est ce que nous voyons dans les Écritures. C’est la promesse qui nous est faite.

L’épitre aux Philippiens chapitre 3 et les versets 10-12 nous explique que cette perfection ne se produit qu’à la résurrection des morts. Pour sa part, Jean 3.13 et Actes 2.34 montrent tous deux que cela ne se produit pas à la mort de chaque individu. Au lieu de cela, nous voyons dans 1 Corinthiens 15.50-53 que Paul mentionne que ce n’est qu’à la dernière trompette que les saints seront ressuscités et rendus parfaits.

Ainsi, le voleur sur la croix ne peut pas être allé au ciel sans nous. Parce que ce n’est pas ce que la Bible dit. Il ne pouvait pas être rendu parfait avec un corps glorieux parce que Christ devait l’être avant lui. Nous avons vu que Christ est allé au séjour des morts avant de ressusciter avec son corps glorieux. Ceci est un exemple pour nous. Le chemin emprunté par Jésus n’était pas différent de celui que nous devrons emprunter. La Bible nous dit qu’il devait être le premier en tout.

Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. 16 Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. 17 Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. 18 Il est la tête du corps de l’Église; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.

Colossiens 1.15-18

Conclusion

Une grande partie de la confusion autour de ce verset découle de la position de la virgule. Les traductions modernes tendent à placer une virgule après le mot « vraiment », donnant ainsi l’impression que le reste de la phrase « aujourd’hui même, tu seras avec moi au paradis » signifie que le criminel dont Jésus parle serait avec lui au paradis plus tard dans la journée. Cependant, il est crucial de se rappeler qu’aucun des manuscrits grecs anciens du Nouveau Testament ne contient de ponctuation si ce n’est que pour marquer une pause dans le texte. Celles-ci ont été ajoutées par divers traducteurs des siècles plus tard. Ainsi, sans ponctuation, Luc 23.43 se lit comme suit : « Et Jésus lui répondit vraiment je te l’assure aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » Bien entendu qu’en français, il manque de précision. Toutefois, la virgule apporte la précision, mais il ne faut pas qu’elle change le sens en contredisant le reste des Écritures.

Au premier abord, placer une virgule après le mot « vraiment » peut sembler inoffensif. Cependant, si Jésus avait réellement voulu dire que le criminel serait au paradis avec lui le jour même, cela contredirait de nombreux autres passages bibliques ! En effet, Jésus lui-même n’était pas au paradis ce jour-là, car il était mort et enterré, attendant sa résurrection trois jours plus tard. Cependant, ce dilemme apparent peut être facilement résolu en plaçant la virgule après le mot « aujourd’hui ». Correctement ponctué, Luc 23.43 se lit comme suit : « Et Jésus lui dit vraiment, je te l’assure aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis. » Nous voyons que cela a véritablement plus de sens, mais aussi que ça ne contredit aucunement les écritures.

Lorsque nous réalisons que les paroles de Jésus au voleur contiennent un idiome hébreu utilisant « Vraiment, je te l’assure aujourd’hui » pour renforcer et souligner une déclaration – et que dans l’Ancien Testament, Dieu utilisait souvent cette formule lorsqu’il s’adressait à Israël et ainsi déplacer la virgule après le mot « aujourd’hui » prend tout son sens.

Cela suscite cependant la question : pourquoi Jésus insiste-t-il autant ? La réponse réside dans les caractéristiques particulières du livre de Luc. Puisqu’étant le seul évangéliste à rapporter cette rencontre, elle est donc étroitement liée à sa propre perspective.

À travers son évangile, Luc met en avant l’humanité de Christ, contrairement à d’autres auteurs. Par exemple Matthieu qui insiste sur la royauté de Jésus. Marc met l’accent sur la servitude du messie. Tandis que Jean nous fait découvrir la divinité de Christ. L’auteur Luc souligne les modestes débuts de Jésus dans une crèche, entouré de bergers et de gens ordinaires, montrant ainsi qu’il partage les expériences humaines communes. Ainsi, cette approche met en lumière sa nature humaine et son rôle de Sauveur pour toute l’humanité, pas seulement pour Israël.

Étant lui-même un Grec, Luc écrit à un autre Grec nommé Théophile dans ses deux livres contenus dans le Nouveau Testament.

J’ai donc décidé à mon tour de m’informer soigneusement sur tout ce qui est arrivé depuis le commencement, et de te l’exposer par écrit de manière suivie, très honorable Théophile…

Luc 1.3

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai exposé tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner…

Actes 1.1

Ce qui explique pourquoi ses récits évitent souvent des détails spécifiques concernant Israël tout en mettant l’accent sur des éléments universels.

Dans ses écrits, Jésus est présenté comme l’homme universel, une figure, à laquelle chacun peut s’identifier et respecter. Cette perspective aide à comprendre les paroles de Jésus adressées au criminel. Malgré sa situation de délinquant condamné, celui-ci implore la grâce du Messie mourant. Pourtant, Jésus, en tant qu’homme parfait, ne le rejette pas ni ne le réprimande. Il reconnaît plutôt la foi du criminel en lui, dans le Royaume de Dieu à venir et dans la promesse de la résurrection.

Le criminel discerne la véritable nature de Jésus et comprend ce qui adviendra après sa mort. Il sait que lorsque Jésus reviendra dans son Royaume, il se souviendra de lui et agira en sa faveur. Il comprend également que sa propre résurrection doit précéder cette réunion au paradis avec le Seigneur. Jésus lui assure donc qu’ils seront ensemble au paradis.

Luc souligne ainsi la compassion de Christ, même en sa propre agonie, pour réconforter et encourager l’homme mourant à ses côtés, lui assurant une vie après la mort auprès du Fils de Dieu. Cette déclaration, chargée d’un langage solennel et universellement encourageant, résonne également pour nous aujourd’hui : tant que nous restons fidèles, Jésus nous promet également une place qu’il est parti nous préparer.

Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures ; si ce n’était pas vrai, je vous l’aurais dit : en effet je vais vous préparer une place. 3 Lorsque je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez, vous aussi, là où je suis.

Jean 14.2-3

Cette place nous y aurons accès lors du retour de Jésus, notre bien aimé sauveur, en gloire que nous soyons morts ou vivants.

Car voici ce que nous vous déclarons d’après une parole du Seigneur : nous qui serons restés en vie au moment où le Seigneur viendra, nous ne précéderons pas ceux qui sont morts. 16 En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis à Christ ressusciteront en premier lieu. 17 Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. 18 Encouragez-vous donc mutuellement par ces paroles.

1 Thessaloniciens 4.15–18.