Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 13 – Les prophètes annonçaient déjà le rassemblement des nations dans le peuple de Dieu

L’entrée des nations dans le peuple de Dieu n’est pas une réaction tardive au rejet de Jésus par Israël, mais une promesse annoncée depuis Abraham. Les prophètes, comme Ésaïe et Amos, ont prédit que les nations seraient intégrées au salut par Christ, réalisant ainsi le plan divin d’unification au sein de l’Église.

Une erreur fréquente consiste à croire que l’entrée des nations dans le peuple de Dieu serait une idée apparue seulement après le rejet de Jésus par une partie d’Israël. Selon cette lecture, Dieu aurait d’abord voulu accomplir son plan avec Israël national, puis, devant l’incrédulité d’une partie du peuple, il aurait ouvert une parenthèse appelée l’Église pour inclure les non-Juifs.

Mais cette manière de voir ne correspond pas au témoignage des Écritures. Depuis Abraham, Dieu avait annoncé que toutes les familles de la terre seraient bénies en lui (Genèse 12.3). Les prophètes ont ensuite annoncé que les nations viendraient à la lumière de Dieu, qu’elles invoqueraient son nom, qu’elles seraient intégrées à son peuple et qu’elles participeraient au salut promis.

L’entrée des nations n’est donc pas un accident. Elle n’est pas une surprise dans le plan de Dieu. Elle n’est pas une solution de secours. Elle fait partie de la promesse depuis le commencement.

Jésus-Christ est venu accomplir cette promesse. Par sa mort et sa résurrection, il a ouvert l’accès au Père pour les Juifs et les non-Juifs par le même Esprit (Éphésiens 2.18). En lui, les nations ne sont plus étrangères aux alliances de la promesse, mais elles deviennent concitoyennes des membres du peuple saint et membres de la famille de Dieu (Éphésiens 2.19).

Affirmer cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est reconnaître que Dieu accomplit en Jésus-Christ ce qu’il avait annoncé depuis longtemps par les prophètes : le rassemblement des nations dans un seul peuple racheté.

1. La promesse faite à Abraham portait déjà une bénédiction pour toutes les nations

Avant même la Loi, avant même le temple, avant même la royauté de David, Dieu avait donné à Abraham une promesse qui dépassait son propre foyer et sa propre descendance naturelle. Dieu lui dit : « Toutes les familles de la terre seront bénies à travers toi » (Genèse 12.3). Cette parole est fondamentale. L’élection d’Abraham n’avait pas pour but d’enfermer la bénédiction dans un seul peuple, mais de préparer le moyen par lequel cette bénédiction atteindrait tous les peuples de la terre.

Paul interprète cette promesse à la lumière de l’Évangile : « En fait, l’Ecriture prévoyait que Dieu déclarerait les non-Juifs justes s’ils avaient la foi. C’est pourquoi elle a annoncé par avance cette bonne nouvelle à Abraham : Tu seras une source de bénédictions pour tous les peuples » (Galates 3.8). Dans ce passage, Paul dit que l’Écriture avait annoncé d’avance l’Évangile à Abraham. Cela signifie que la justification des non-Juifs par la foi n’est pas une invention tardive. Elle était déjà comprise dans la promesse. Dieu savait dès le commencement qu’il bénirait les nations par la descendance d’Abraham. Et cette descendance, Paul l’identifie clairement : « Or, c’est à Abraham et à sa descendance que Dieu a fait ses promesses. Il n’est pas dit : « et à ses descendances », comme s’il s’agissait de plusieurs lignées. A ta descendance ne désigne qu’une seule descendance, et c’est Christ » (Galates 3.16).

La bénédiction des nations passe donc par Jésus-Christ. Les nations sont bénies non en dehors d’Israël, non contre Israël, mais par le Messie d’Israël, celui en qui la promesse faite à Abraham trouve son accomplissement.

2. Ésaïe annonçait que le Serviteur serait lumière des nations

Le prophète Ésaïe annonce une mission qui dépasse les frontières d’Israël. Dieu dit à son Serviteur : « Tu ne seras pas seulement mon serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et ramener ceux que j’ai préservés du peuple d’Israël. Car je t’établirai pour être la lumière des autres peuples afin que mon salut parvienne aux extrémités de la terre » (Ésaïe 49.6). Cette parole est d’une grande importance. Le Serviteur de l’Éternel n’est pas envoyé seulement pour relever Israël. Il est aussi établi comme lumière des nations. Le salut de Dieu doit parvenir jusqu’aux extrémités de la terre.

Le Nouveau Testament applique cette perspective à la mission en Christ. Paul et Barnabas citent ce passage lorsqu’ils annoncent l’Évangile aux non-Juifs : « Car le Seigneur a bien défini notre mission lorsqu’il a dit : Je t’ai établi pour que tu sois la lumière des autres peuples, et pour que tu portes le salut jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 13.47). Les apôtres ne voyaient donc pas l’entrée des nations comme une rupture avec les prophètes. Ils y voyaient l’accomplissement de ce que Dieu avait annoncé.

Jésus est la lumière des nations. L’Évangile doit aller jusqu’aux extrémités de la terre. Le salut promis à Israël s’ouvre aux peuples, non parce que Dieu a changé de plan, mais parce que son plan a toujours été plus vaste que les frontières d’un seul peuple.

Voilà pourquoi l’Église ne doit jamais avoir honte d’annoncer un salut pour toutes les nations. Elle accomplit la mission prophétique centrée sur Christ.

3. Ésaïe annonçait aussi une maison de prière pour tous les peuples

Dans Ésaïe 56, Dieu annonce que des étrangers s’attacheront à lui, le serviront, l’aimeront et seront accueillis dans son alliance. Le prophète déclare : « Et les étrangers qui s’attacheront à l’Eternel pour le servir, et pour l’aimer et pour être ses serviteurs, qui respecteront le sabbat et ne le profaneront pas, et qui s’attacheront à mon alliance, je les ferai venir à ma montagne sainte et je les réjouirai au Temple où l’on me prie, et j’agréerai leurs holocaustes et autres sacrifices offerts sur mon autel. Car on appellera mon temple : « La Maison de prière pour tous les peuples » (Ésaïe 56.6-7). Cette parole annonce clairement que les nations ne sont pas destinées à rester éternellement à distance. Dieu promet d’accueillir des étrangers attachés à lui. Il annonce une maison de prière pour tous les peuples.

Lorsque Jésus purifie le temple, il cite ce passage : « N’est-il pas écrit : On appellera ma maison une maison de prière pour tous les peuples ? » (Marc 11.17) Jésus rappelle ainsi que la vocation du temple ne devait pas être enfermée dans une vision étroite. La présence de Dieu devait devenir le lieu d’un appel universel. Or, en Jésus, cette réalité trouve son accomplissement. Le vrai temple, c’est lui (Jean 2.19-21). Et ceux qui sont unis à lui deviennent une maison spirituelle où Dieu habite par son Esprit (Éphésiens 2.21-22 ; 1 Pierre 2.5).

Ainsi, la maison de prière pour tous les peuples s’accomplit en Christ et dans le peuple qu’il rassemble parmi toutes les nations.

4. Amos annonçait que les nations porteraient le nom de l’Éternel

Lors du concile de Jérusalem, les apôtres ont dû répondre à une question capitale : les non-Juifs qui croient en Jésus doivent-ils porter le joug de la Loi de Moïse pour être pleinement intégrés au peuple de Dieu ? La réponse apostolique fut claire : non. Les nations sont accueillies par la grâce de Dieu, par la foi en Jésus-Christ, sans être placées sous l’obligation de devenir juives selon les marqueurs de l’ancienne alliance (Actes 15.7-11).

Jacques explique alors que l’accueil des non-Juifs correspond à ce que les prophètes avaient annoncé. Il cite Amos : « Après cela, dit le Seigneur, je reviendrai, et je rebâtirai la hutte de David qui est tombée en ruine, et j’en relèverai les ruines, je la redresserai. Alors, le reste des hommes se tournera vers le Seigneur, des gens de tous les autres peuples appelés de mon nom comme ma possession. » (Actes 15.16-17 ; Amos 9.11-12). Ce passage est extrêmement important. Jacques ne dit pas que l’entrée des nations est une parenthèse imprévue. Il dit qu’elle correspond à la parole des prophètes. Le relèvement de la tente de David s’accomplit dans l’œuvre messianique de Jésus, le Fils de David, et les nations qui portent le nom du Seigneur entrent dans cette bénédiction.

Cela signifie que l’Église composée de Juifs et de non-Juifs croyants n’est pas une anomalie dans le plan de Dieu. Elle est l’accomplissement prophétique du rassemblement annoncé. Les nations ne sont pas des invités temporaires. Elles portent le nom du Seigneur. Elles appartiennent au peuple que Dieu rassemble en Christ.

5. Zacharie annonçait que des nations s’attacheraient à l’Éternel

Le prophète Zacharie annonce aussi l’intégration des nations dans le peuple de Dieu. Dieu déclare : « En ce jour-là, beaucoup de gens des peuples non israélites s’attacheront à l’Eternel et deviendront mon peuple » (Zacharie 2.15). Cette parole est frappante. Dieu ne dit pas seulement que les nations seront témoins de son action. Il dit qu’elles s’attacheront à lui et deviendront son peuple.

À la lumière du Nouveau Testament, cette promesse trouve son accomplissement en Jésus-Christ. Par l’Évangile, des hommes et des femmes de toutes les nations sont appelés à se détourner des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thessaloniciens 1.9). Ils sont intégrés au peuple de Dieu par la foi, non par la chair. Pierre écrira aux croyants : « Car vous qui autrefois n’étiez pas son peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu » (1 Pierre 2.10).

Ainsi, ce que Zacharie annonçait commence à s’accomplir dans la mission de l’Église. Les nations deviennent le peuple de Dieu, non parce qu’elles remplacent Israël dans un sens charnel, mais parce qu’elles sont unies au Messie d’Israël et rachetées par son sang.

Cette vérité donne une grande dignité à l’Église. Elle montre que l’Église est le lieu où Dieu accomplit son projet d’unir les nations à lui par Christ.

6. Jésus a confirmé que l’Évangile devait être annoncé à toutes les nations

Après sa résurrection, Jésus ne limite pas la mission de ses disciples à un seul peuple. Il ouvre la mission à toutes les nations : « allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples » (Matthieu 28.19). Il dit aussi : « Mais le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde » (Actes 1.8). Ce mouvement est important. L’Évangile part de Jérusalem, mais il ne reste pas à Jérusalem. Il va en Judée, en Samarie, puis jusqu’aux extrémités de la terre. Cela correspond exactement aux prophéties qui annonçaient que les nations viendraient à la lumière du salut.

Jésus ne fonde donc pas une mission qui contredit l’Ancien Testament. Il accomplit la trajectoire prophétique. Le Dieu d’Israël devient connu parmi toutes les nations par le Messie d’Israël : Jésus.

L’Église est l’instrument de cette mission. Elle est envoyée pour annoncer le même Évangile aux Juifs et aux non-Juifs. Elle ne doit pas faire acception de personnes, car tous ont besoin du même Sauveur et tous sont appelés à la même repentance et à la même foi (Luc 24.46-47 ; Romains 10.12-13).

7. Le rassemblement des nations ne détruit pas Israël, il accomplit la promesse

Il est important de répondre à une objection fréquente. Certains pensent que dire que les nations sont intégrées au peuple de Dieu reviendrait à effacer Israël. Mais ce n’est pas ce que dit le Nouveau Testament.

Les nations ne sont pas rassemblées contre Israël. Elles sont rassemblées par le Messie d’Israël : Jésus. Elles ne reçoivent pas un autre salut. Elles reçoivent la bénédiction promise à Abraham. Elles ne deviennent pas le peuple de Dieu par orgueil ou par supériorité. Elles sont greffées par grâce (Romains 11.17-20).

Paul dit clairement aux croyants des nations de ne pas se glorifier contre les rameaux naturels. Il les appelle à la crainte et à l’humilité (Romains 11.18-20). Cela signifie que l’entrée des nations ne doit jamais nourrir l’antisémitisme. Elle doit produire l’adoration, la reconnaissance et l’humilité.

Cependant cette humilité ne signifie pas que nous devons nier l’accomplissement. Les nations entrent réellement dans le peuple de Dieu. Elles deviennent réellement héritières. Elles participent réellement à la même promesse en Christ. Paul l’affirme : « Et ce secret c’est que, par leur union avec Jésus-Christ, les non-Juifs reçoivent le même héritage que nous, les Juifs, ils font partie du même corps et ont part à la même promesse, par le moyen de l’Evangile » (Éphésiens 3.6).

Voilà l’équilibre biblique : aucune arrogance envers Israël, mais pleine reconnaissance de l’intégration des nations en Christ.

8. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, il est possible que certains discours présentent l’insistance sur l’unité du peuple de Dieu comme une forme d’effacement d’Israël. Mais il faut répondre avec précision : ce n’est pas l’Église qui a inventé l’entrée des nations. Ce sont les prophètes qui l’ont annoncée de la part de Dieu, Jésus qui l’a accomplie, et les apôtres qui l’ont proclamée.

Lorsque nous disons que les nations sont intégrées au peuple de Dieu en Christ, nous ne parlons pas contre les Juifs. Nous parlons conformément aux Écritures.

Le danger est qu’une lutte légitime contre l’antisémitisme soit parfois accompagnée d’une pression doctrinale qui pousse les pasteurs à minimiser la place des nations dans les promesses ou à présenter l’Église comme secondaire. Mais cela contredit Éphésiens 3.6, Actes 15 et Galates 3.

Les pasteurs doivent donc rester fermes. Ils doivent rejeter toute haine envers les Juifs, mais ils ne doivent pas accepter que l’on rende suspecte la vérité prophétique selon laquelle Dieu rassemble les nations en Christ.

L’Église n’a pas le droit de taire ce que les prophètes ont annoncé. Elle n’a pas le droit de diminuer ce que Jésus a accompli. Elle n’a pas le droit de cacher ce que les apôtres ont enseigné.

Les nations qui croient en Jésus ne sont pas des croyants de second rang. Elles sont membres du même corps, héritières de la même promesse, réconciliées avec les croyants d’origine juive par la même croix.

9. L’unité du peuple de Dieu est une œuvre prophétique et messianique

Le rassemblement des nations n’est pas simplement une stratégie missionnaire. C’est une œuvre prophétique. C’est l’accomplissement du dessein de Dieu.

Lorsque des non-Juifs se tournent vers Jésus, ils ne font pas simplement rejoindre une religion occidentale. Ils entrent dans l’accomplissement des promesses bibliques. Ils viennent au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob par le Messie promis. Ils reçoivent l’Esprit. Ils deviennent héritiers. Ils sont intégrés à la famille de Dieu.

C’est pourquoi l’Église doit voir sa mission avec émerveillement. Chaque conversion parmi les nations est un témoignage que Dieu accomplit sa promesse faite à Abraham. Chaque peuple atteint par l’Évangile montre que Jésus est la lumière des nations. Chaque assemblée locale où des croyants de différentes origines confessent le même Seigneur manifeste la sagesse de Dieu.

Ce n’est pas une parenthèse. C’est le plan éternel de Dieu en action.

10. Ce que l’Église doit proclamer

  • L’Église doit proclamer que Dieu a annoncé dès Abraham la bénédiction de toutes les nations (Genèse 12.3 ; Galates 3.8).
  • L’Église doit proclamer que Jésus est la descendance promise par laquelle cette bénédiction vient (Galates 3.16).
  • L’Église doit proclamer que le Serviteur de l’Éternel est lumière des nations (Ésaïe 49.6 ; Actes 13.47).
  • L’Église doit proclamer que la maison de Dieu est appelée à être une maison de prière pour tous les peuples (Ésaïe 56.7 ; Marc 11.17).
  • L’Église doit proclamer que les prophètes avaient annoncé que les nations porteraient le nom du Seigneur (Amos 9.11-12 ; Actes 15.16-17).
  • L’Église doit proclamer que beaucoup de nations deviendraient le peuple de Dieu (Zacharie 2.15).
  • L’Église doit proclamer que les non-Juifs croyants ont le même héritage, sont membres du même corps et participent à la même promesse en Christ (Éphésiens 3.6).
  • L’Église doit proclamer que cela ne justifie aucun orgueil contre les Juifs, mais appelle à l’humilité, à la reconnaissance et à la mission.

Conclusion

Les prophètes annonçaient déjà le rassemblement des nations dans le peuple de Dieu. Ce rassemblement n’est pas un accident. Il n’est pas une parenthèse. Il n’est pas une réponse improvisée au rejet de Jésus par une partie d’Israël. Il fait partie du dessein de Dieu depuis Abraham.

  • Dieu avait promis que toutes les familles de la terre seraient bénies en Abraham (Genèse 12.3).
  • Ésaïe avait annoncé que le Serviteur serait lumière des nations (Ésaïe 49.6).
  • Amos avait annoncé que les nations porteraient le nom du Seigneur (Amos 9.11-12).
  • Zacharie avait annoncé que beaucoup de nations deviendraient le peuple de Dieu (Zacharie 2.15).
  • Jésus accomplit ces promesses. Par sa mort, sa résurrection et l’envoi de l’Esprit, il rassemble un peuple composé de Juifs et de non-Juifs, réconciliés par la croix, unis dans un seul corps, héritiers de la même promesse.

Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est l’espérance prophétique accomplie en Jésus-Christ.

Nous devons donc aimer les Juifs, rejeter toute haine envers eux et prier pour leur salut. Mais nous devons aussi proclamer avec courage que les nations sont pleinement intégrées au peuple de Dieu en Christ.

L’Église ne doit pas avoir honte de cette vérité. Elle est annoncée par les prophètes, confirmée par Jésus, prêchée par les apôtres et manifestée dans l’Évangile.

En Jésus-Christ, Dieu accomplit sa promesse : il bénit les nations, il rassemble son peuple, il détruit le mur de séparation, et il fait de tous ceux qui croient une seule famille pour la gloire de son nom.

Série Jésus revient – Article 6 : L’Église sera-t-elle retirée avant la détresse ou gardée au milieu de l’épreuve ?

L’article 6 souligne que, selon le Nouveau Testament, l’Église ne sera pas retirée de la terre avant les tribulations, mais plutôt protégée durant celles-ci. Jésus a prié pour la fidélité et la préservation de ses disciples au milieu des épreuves. L’accent est mis sur la nécessité de persévérance et de courage face aux souffrances.

Une question qui touche directement la préparation du croyant

Parmi les idées les plus répandues sur la fin des temps, il y a celle-ci : l’Église serait nécessairement retirée de la terre avant une prétendu période des tribulations de sept ans. Pour plusieurs, cette conviction semble aller de soi. Pourtant, lorsqu’on examine attentivement les Écritures, on découvre que le Nouveau Testament insiste beaucoup plus sur la fidélité du croyant dans l’épreuve que sur une promesse d’échappement préalable.

La question n’est pas de savoir si Dieu est capable de préserver les siens. Bien sûr qu’il le peut. La vraie question est celle-ci : la Bible enseigne-t-elle que l’Église doit être ôtée de la terre avant l’épreuve finale, ou enseigne-t-elle plutôt que Dieu garde son peuple au milieu de la détresse, jusqu’à la manifestation glorieuse de Jésus-Christ ?

Jésus n’a pas demandé que les siens soient ôtés du monde

Un texte essentiel devrait toujours être au cœur de cette réflexion. Dans sa prière sacerdotale, Jésus dit au Père : « Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les garder du diable » (Jean 17.15).

Cette parole est capitale. Jésus ne prie pas pour l’enlèvement immédiat de ses disciples hors du monde, mais pour leur protection spirituelle au sein même du monde. Il ne demande pas leur extraction, mais leur garde. Il ne promet pas l’absence de conflit, mais la préservation dans la fidélité.

Cela éclaire profondément la manière dont nous devons penser l’épreuve. Le modèle biblique n’est pas d’abord celui d’un peuple retiré avant toute pression, mais celui d’un peuple gardé par Dieu au milieu du combat.

Le témoignage constant des Écritures

Tout au long de la Bible, Dieu ne soustrait pas toujours son peuple à l’épreuve avant qu’elle commence. Très souvent, il le garde au cœur de l’épreuve.

Noé n’a pas été retiré de la terre avant le déluge. Il a été gardé à travers le jugement de Dieu (Genèse 7.1). Israël n’a pas été retiré d’Égypte avant toutes les plaies. Dieu a distingué son peuple au milieu du pays frappé (Exode 8.22-23). Daniel n’a pas été empêché d’entrer dans la fosse aux lions, mais Dieu l’y a préservé (Daniel 6.22). Les trois compagnons de Daniel n’ont pas été retirés avant la fournaise, mais le Seigneur a marché avec eux dans le feu (Daniel 3.24-25).

Ces exemples ne règlent pas à eux seuls toute la question prophétique, mais ils révèlent un principe important : la fidélité de Dieu se manifeste souvent non par le retrait préalable, mais par la garde au milieu de l’épreuve.

Jésus a préparé ses disciples à la détresse

Le Seigneur Jésus n’a jamais présenté la vie chrétienne comme un chemin exempt de souffrance. Il a dit clairement : « Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage ! Moi, j’ai vaincu le monde. » (Jean 16.33).

Il n’a pas dit : « Vous serez forcément retirés avant que l’épreuve ne s’intensifie. » Il a appelé ses disciples à la persévérance, à la vigilance, à la fidélité et au courage. Il a annoncé la haine, la persécution, la séduction, les faux prophètes et la nécessité de tenir ferme jusqu’à la fin (Matthieu 24.9-13).

Nous avons cette même image dans la promesse faite par le Seigneur à l’Église de Philadelphie : « C’est pourquoi, à mon tour, je te garderai à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier pour éprouver tous les habitants de la terre » (Apocalypse 3.10)

Le langage de Jésus prépare l’Église à traverser un monde hostile dans la foi, non à compter sur une exemption systématique de la détresse historique.

Matthieu 24 place le rassemblement après la détresse

L’un des textes les plus clairs sur ce sujet demeure Matthieu 24. Jésus dit : « Aussitôt après ces jours de détresse […] c’est alors que le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel. Alors tous les peuples de la terre se lamenteront, et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. » (Matthieu 24.29-30).

Ce passage est d’une grande importance. Le rassemblement des élus est situé après la détresse, non pas avant. Bien sûr, certains tentent de limiter ce texte à un autre groupe que l’Église. Mais le texte lui-même parle des élus, c’est-à-dire du peuple de Dieu. Rien n’oblige ici à introduire une séparation artificielle.

Jésus enseigne donc que son peuple doit s’attendre à voir la détresse d’une durée indéterminée, suivi de la venue glorieuse du Fils de l’homme, puis le rassemblement.

La garde de Dieu n’est pas l’absence d’épreuve

Il faut bien comprendre une chose : être gardé par Dieu ne signifie pas être soustrait à toute souffrance terrestre. Cela signifie être conservé dans la foi, protégé spirituellement, préservé pour le salut final.

Pierre l’exprime magnifiquement lorsqu’il parle des croyants « vous qu’il garde, par sa puissance, au moyen de la foi, en vue du salut qui est prêt à être révélé au moment de la fin » (1 Pierre 1.5). Et pourtant, dans le même contexte, il parle aussi des diverses épreuves que les croyants peuvent traverser (1 Pierre 1.6-7).

Ainsi, la protection divine ne supprime pas nécessairement l’épreuve. Elle garantit que l’épreuve ne détruira pas les siens. Dieu garde son peuple, non en l’éloignant toujours du combat, mais en le soutenant au milieu du combat.

L’Apocalypse montre un peuple fidèle au milieu de la pression

Le livre de l’Apocalypse lui-même présente les croyants comme étant sur la terre, appelés à la patience, à la fidélité et au témoignage au milieu de l’opposition. On y voit des saints persécutés, éprouvés, appelés à tenir ferme, à ne pas adorer la bête, à garder les commandements de Dieu et la foi en Jésus (Apocalypse 13.10 ; 14.12).

Le ton de l’Apocalypse n’est pas celui d’une Église absente de la scène terrestre, mais celui d’un peuple appelé à vaincre par la fidélité, même dans un contexte de grande pression. Le mot d’ordre du livre est la persévérance.

Cela correspond parfaitement à l’enseignement général du Nouveau Testament. Le peuple de Dieu n’est pas présenté comme dispensé de l’épreuve, mais comme appelé à y demeurer fidèle jusqu’à la venue du Seigneur.

L’erreur de confondre espérance et échappement

Il y a une différence importante entre l’espérance chrétienne et l’idée d’un échappement à toute détresse. L’espérance chrétienne, c’est le retour de Jésus-Christ, la résurrection des morts, la transformation des croyants, la victoire finale et la communion éternelle avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4.16-17).

Mais lorsque cette espérance est remplacée par la certitude d’être retiré avant toute souffrance mondiale, on déplace le centre de l’attente. Le croyant n’attend plus d’abord Christ, mais un scénario d’évasion. Cela peut affaiblir sa préparation spirituelle.

Le Nouveau Testament nous enseigne au contraire à nous préparer à souffrir avec fidélité, à tenir ferme dans la vérité, à ne pas être scandalisés par l’épreuve et à attendre le Seigneur avec persévérance.

Dieu sait délivrer les siens, mais selon sa sagesse

Oui, Dieu sait délivrer les siens. Oui, il sait faire une différence entre les siens et ceux qui lui résistent. Oui, sa colère n’est pas destinée à condamner ceux qui sont en Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5.9). Mais cela ne signifie pas automatiquement que les croyants seront absents de toute période de détresse.

Il faut distinguer entre la condamnation finale des impies et les souffrances historiques que les croyants peuvent traverser dans ce monde. L’Église a toujours connu l’oppression, la persécution et les tribulations. Elle n’a jamais reçu la promesse d’une vie terrestre sans détresse avant le retour du Seigneur.

Ce que l’Église doit vraiment apprendre

L’Église doit apprendre à espérer sans fuir la réalité. Elle doit apprendre à attendre Jésus sans bâtir sa confiance sur un scénario non explicitement enseigné. Elle doit apprendre à être fidèle, vigilante, courageuse et attachée à Christ.

C’est ainsi que le Nouveau Testament forme les croyants. Il ne les endort pas, comme le fait le dispensationalisme, dans une sécurité mal placée. Il les prépare à tenir ferme, à discerner, à persévérer et à lever les yeux vers leur Rédempteur.

Conclusion

Les Écritures n’enseignent pas du tout que l’Église doit être retirée de la terre avant toute grande détresse. Elles montrent beaucoup plus clairement que Dieu garde son peuple au milieu de l’épreuve, qu’il le fortifie dans la foi et qu’il le conduira jusqu’à la victoire finale en Jésus-Christ.

La vraie sécurité du croyant ne repose pas sur l’idée d’un retrait préalable, mais sur la fidélité du Seigneur. Jésus n’a pas promis à son Église l’absence de combat. Il lui a promis sa présence, sa paix, sa puissance et son retour glorieux (Jean 16.33).

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si la Bible enseigne vraiment deux peuples distincts dans le plan de Dieu, ou si elle révèle au contraire un seul peuple rassemblé en Jésus-Christ (Éphésiens 2.14-16).