Revenir à la simplicité des Écritures
Après avoir examiné les grands textes souvent invoqués dans les débats sur le retour du Seigneur, une conviction se dégage avec conviction : l’Écriture nous appelle à fixer les yeux sur Jésus-Christ, non à bâtir notre espérance sur une construction compliquée du dispensationalisme que les textes n’enseignent pas clairement.
La Bible parle avec clarté du retour du Seigneur, de la résurrection des morts, de la transformation des croyants vivants, du rassemblement du peuple de Dieu, du jugement des impies et de la victoire finale de Christ (Matthieu 24.29-31 ; 1 Thessaloniciens 4.16-17 ; 1 Corinthiens 15.51-57 ; 2 Thessaloniciens 1.7-10). En revanche, elle ne présente pas avec la même clarté deux retours distincts de Jésus séparés par plusieurs années, d’une période de 7 ans de tribulations, d’un règne terrestre de 1000 ans avec le Seigneur Jésus, etc.
C’est là un point essentiel. Là où Dieu parle clairement, nous devons parler clairement. Là où il n’a pas parlé comme certains le prétendent, nous devons refuser d’imposer au texte ce qu’il ne dit pas.
L’espérance chrétienne n’est pas un scénario, mais une personne
Le cœur de la foi chrétienne n’est pas un schéma prophétique détaillé. Le cœur de la foi chrétienne, c’est Jésus-Christ. Le croyant n’attend pas d’abord un événement technique. Il attend son Seigneur.
Paul ne dit pas que nous attendons un mécanisme. Il dit que nous attendons « notre bienheureuse espérance : la révélation de la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et Sauveur » (Tite 2.13). Voilà l’espérance chrétienne. Elle est centrée sur la personne glorieuse du Fils de Dieu.
Quand l’Église perd cela de vue, elle peut devenir fascinée par les systèmes, les tableaux, les chronologies, les découpages et les scénarios. Mais quand elle revient aux Écritures, elle entend de nouveau l’appel simple et puissant : « Oui, je viens bientôt » (Apocalypse 22.20).
Jésus revient réellement, glorieusement et visiblement
L’un des grands enseignements qui ressort de l’ensemble du Nouveau Testament est la nature glorieuse du retour de Christ. Jésus revient réellement. Il revient personnellement. Il revient visiblement. Il revient avec puissance.
Il a lui-même comparé sa venue à l’éclair qui traverse le ciel (Matthieu 24.27). Jean a déclaré que tout homme le verra (Apocalypse 1.7). Paul a parlé de la voix de l’archange, de la trompette de Dieu et de l’apparition glorieuse du Seigneur (1 Thessaloniciens 4.16 ; Tite 2.13).
Cette tonalité générale ne laisse pas place naturellement à l’idée d’un retour secret. Le Christ que le monde a méprisé sera manifesté dans sa gloire. Le Roi reviendra ouvertement. Le Seigneur se révélera avec majesté.
Le peuple de Dieu doit s’attendre à persévérer
Le Nouveau Testament ne prépare pas l’Église à la facilité. Il la prépare à la fidélité. Jésus a parlé de séduction, de persécution, de faux prophètes, d’affliction et de nécessité de persévérer jusqu’à la fin (Matthieu 24.9-13). Paul a parlé des détresses par lesquelles il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (Actes 14.22). Pierre a rappelé que la foi est éprouvée comme l’or dans le feu (1 Pierre 1.6-7).
Cela ne signifie pas que l’Église est abandonnée. Bien au contraire. Cela signifie qu’elle est appelée à vivre dans la dépendance de Dieu, dans la vigilance, dans la sobriété, dans la sainteté et dans l’endurance.
L’espérance biblique ne produit donc pas la passivité. Elle produit la persévérance.
Dieu garde les siens jusqu’au bout
Même si le peuple de Dieu traverse l’épreuve, il n’est jamais livré à lui-même. Le Seigneur garde les siens. Jésus a prié non pour qu’ils soient retirés du monde, mais pour qu’ils soient gardés du Malin (Jean 17.15). Pierre dit que les croyants sont « gardés en la puissance de Dieu, par la foi, pour le salut » (1 Pierre 1.5).
Cette garde divine est précieuse. Elle ne promet pas l’absence de combat, mais la fidélité du Seigneur dans le combat. Elle ne garantit pas une route sans tempête, mais une présence certaine au milieu de la tempête.
C’est pourquoi l’Église peut avancer sans peur. Non parce qu’elle serait certaine d’éviter toute pression terrestre, mais parce qu’elle appartient à Jésus-Christ, et que rien ne peut l’arracher de sa main (Jean 10.28-29).
Un seul peuple attend un seul Seigneur
Une autre vérité lumineuse traverse le Nouveau Testament : Dieu rassemble un seul peuple en Jésus-Christ. Le mur de séparation a été renversé, et le Seigneur a créé en lui-même un seul homme nouveau (Éphésiens 2.14-16). Il y a un seul troupeau, un seul berger (Jean 10.16).
Cette unité du peuple de Dieu nous aide à lire les prophéties avec plus de simplicité. Nous n’avons pas besoin de fragmenter sans cesse les croyants en catégories étanches pour faire tenir un système. Nous pouvons reconnaître avec joie que Jésus revient pour son peuple, qu’il rassemblera ses élus, qu’il ressuscitera les siens et qu’il les introduira dans sa gloire.
Tout cela magnifie Christ. Tout cela recentre l’espérance sur lui.
La résurrection et la transformation des croyants sont au cœur de notre espérance
La Bible ne promet pas simplement une amélioration du monde présent. Elle promet la victoire de Christ sur la mort. Les morts en lui ressusciteront. Les croyants vivants seront changés. Le corruptible revêtira l’incorruptibilité, et le mortel revêtira l’immortalité (1 Corinthiens 15.52-53).
Voilà la grande espérance chrétienne. Le tombeau n’aura pas le dernier mot. La faiblesse n’aura pas le dernier mot. La souffrance n’aura pas le dernier mot. Jésus-Christ a vaincu la mort, et ceux qui lui appartiennent partageront cette victoire (1 Corinthiens 15.54-57).
C’est pourquoi l’espérance biblique est à la fois profonde et triomphante. Elle regarde au-delà des troubles présents vers l’accomplissement glorieux du salut.
Une doctrine saine doit produire une vie fidèle
La vérité biblique n’est jamais donnée pour nourrir la curiosité seule. Elle est donnée pour transformer la vie. Paul conclut son grand chapitre sur la résurrection par cet appel : « Soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur » (1 Corinthiens 15.58).
Une doctrine saine du retour de Christ doit donc produire certains fruits. Elle doit engendrer la vigilance. Elle doit nourrir la sainteté. Elle doit fortifier le courage. Elle doit pousser à l’évangélisation. Elle doit apprendre à souffrir avec espérance. Elle doit rendre l’Église plus attachée à Jésus, non plus fascinée par des spéculations.
Chaque fois qu’un système affaiblit ces fruits, il faut revenir à la Parole de Dieu.
Garder les yeux sur Jésus jusqu’à la fin
L’Église n’a pas besoin d’une confiance artificielle. Elle a besoin d’une assurance véritable. Cette assurance se trouve en Jésus-Christ. C’est lui qui revient. C’est lui qui garde les siens. C’est lui qui ressuscite les morts. C’est lui qui transforme son peuple. C’est lui qui juge avec justice. C’est lui qui règne pour toujours.
Notre appel n’est donc pas de maîtriser tous les détails d’un calendrier, mais de demeurer fidèles au Seigneur. Il nous appelle à veiller, à prier, à aimer la vérité, à persévérer dans la foi et à attendre sa venue avec un cœur préparé.
La bienheureuse espérance n’est pas l’évasion. La bienheureuse espérance, c’est Jésus-Christ.
Conclusion
Attendre Jésus-Christ sans système artificiel, ce n’est pas renoncer à l’espérance. C’est au contraire revenir à sa pureté biblique. C’est croire qu’il reviendra réellement, glorieusement et visiblement. C’est croire qu’il ressuscitera les siens, transformera les vivants, rassemblera son peuple et manifestera pleinement sa victoire.
L’Église n’a rien à perdre en revenant à cette simplicité. Elle a tout à y gagner. Elle y retrouve la paix, la vigilance, la fermeté, la sobriété et l’attachement à son Sauveur.
Que notre prière demeure donc celle-ci : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22.20)
Dans le dernier article de cette série, nous découvrirons comment ne laisser personne nous voler notre bien-heureuse espérance.
