Série Jésus revient – Article 12 : Nous ne sommes pas destinés à la colère : cela signifie-t-il que l’Église sera absente de toute détresse terrestre ?

L’article 12 s’appuie sur le verset 1 Thessaloniciens 5.9 et rappelle que les croyants ne sont pas destinés à la colère divine, mais au salut par Jésus-Christ. Il ne promet pas un retrait de l’Église avant toute détresse, mais souligne plutôt la vigilance et l’espoir des croyants face aux épreuves. Leur avenir est la communion avec Dieu, non la perdition.

Un verset souvent invoqué pour promettre un retrait préalable

1 Thessaloniciens 5.9 est souvent cité pour soutenir l’idée que l’Église sera nécessairement retirée de la terre avant toute période de détresse. Paul écrit en effet : « Dieu ne nous a pas destinés à connaître sa colère, mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5.9).

À première vue, certains en concluent immédiatement ceci : si les croyants ne sont pas destinés à la colère, alors ils doivent être absents de la terre avant que les jugements de Dieu ne se manifestent. Pourtant, une lecture attentive du contexte montre que Paul parle d’abord de la délivrance du jugement divin final, et non d’une promesse selon laquelle l’Église serait nécessairement soustraite à toute détresse historique comme la grande tribulation.

La vraie question est donc la suivante : quand Paul dit que nous ne sommes pas destinés à la colère, parle-t-il d’un retrait de l’Église avant toute épreuve, ou parle-t-il surtout du salut final des croyants en Jésus-Christ ?

Le contexte immédiat parle du jour du Seigneur

Pour bien comprendre 1 Thessaloniciens 5.9, il faut le replacer dans son contexte. Paul vient d’enchaîner avec le chapitre précédent. Après avoir parlé de la venue du Seigneur, de la résurrection des morts en Christ et du rassemblement des croyants (1 Thessaloniciens 4.13-18), il poursuit avec le thème du « jour du Seigneur » (1 Thessaloniciens 5.1-3).

Il explique que ce jour viendra comme un voleur dans la nuit pour ceux qui vivent dans les ténèbres. Ils diront : « Paix et sécurité », puis une ruine soudaine fondra sur eux, et ils n’échapperont pas (1 Thessaloniciens 5.3). Mais Paul ajoute aussitôt que les croyants ne sont pas dans les ténèbres pour que ce jour les surprenne comme un voleur (1 Thessaloniciens 5.4).

Le contraste est donc très clair. D’un côté, les incrédules, surpris par le jugement. De l’autre, les croyants, vigilants, sobres, appartenant au jour. Le point de Paul est avant tout moral et spirituel. Il veut montrer que les croyants n’appartiennent pas au domaine de la condamnation.

La « colère » désigne d’abord le jugement de condamnation

Dans le Nouveau Testament, la colère de Dieu désigne très souvent son jugement juste contre le péché. Paul emploie ce langage ailleurs pour parler du châtiment qui vient sur les rebelles (Romains 1.18 ; 2.5 ; Éphésiens 5.6 ; Colossiens 3.6).

Dans 1 Thessaloniciens 5.9, l’idée naturelle est donc celle-ci : les croyants ne sont pas destinés à subir la condamnation divine, parce qu’ils ont été sauvés par Jésus-Christ. Ils ne sont pas promis à la perdition, mais au salut.

Le verset suivant confirme cette lecture : « il (Christ) est mort pour nous afin que, vivants ou morts, nous entrions ensemble, avec lui, dans la vie. » (1 Thessaloniciens 5.10). L’accent est mis sur l’œuvre rédemptrice de Christ et sur la vie avec lui. Paul parle du salut des croyants, non d’un calendrier détaillé d’évasion terrestre.

Être préservé de la colère ne signifie pas forcément être absent de toute épreuve

Il est très important de distinguer entre la colère divine et les épreuves que les croyants peuvent traverser dans l’histoire et endureront lors de la détresse finale. Le Nouveau Testament enseigne clairement que les chrétiens ne sont pas sous la condamnation de Dieu en Jésus-Christ (Romains 8.1). Ils sont réconciliés, pardonnés, justifiés. Ils n’ont pas à craindre le jugement final comme condamnation.

Mais cela ne signifie pas qu’ils seront nécessairement épargnés de toute détresse terrestre. Jésus a dit : « Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions » (Jean 16.33). Paul dit aussi : « c’est au travers de beaucoup de souffrances qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14.22).

Ainsi, être sauvé de la colère de Dieu n’est pas la même chose qu’être retiré de toute pression, de toute persécution ou de toute tribulation historique. La Bible distingue très clairement ces réalités.

Le peuple de Dieu a souvent été gardé au milieu des jugements

Toute l’Écriture montre que Dieu sait faire une différence entre son peuple et ceux qui lui résistent. Mais cette distinction ne prend pas toujours la forme d’un retrait géographique préalable.

En Égypte, Dieu a frappé le pays, mais il a aussi distingué son peuple au milieu du pays (Exode 8.22-23). Noé n’a pas été retiré hors du monde avant le déluge, mais gardé à travers le jugement (Genèse 7.1). Rahab n’a pas été soustraite à l’histoire avant la chute de Jéricho, mais préservée au sein même du jugement (Josué 6.22-25).

Ces exemples ne doivent pas être utilisés mécaniquement pour construire toute une chronologie de la fin, mais ils rappellent un principe essentiel : Dieu peut protéger les siens sans nécessairement les enlever avant toute manifestation de jugement sur la terre.

Le langage de Paul vise à encourager la vigilance, non à nourrir une sécurité charnelle

Dans 1 Thessaloniciens 5, Paul insiste sur la sobriété, la vigilance et la fermeté spirituelle. Il appelle les croyants à revêtir « la cuirasse de la foi et de l’amour, ainsi que le casque de l’espérance du salut » (1 Thessaloniciens 5.8).

Si son but principal était de dire aux croyants qu’ils seront nécessairement absents avant toute détresse, il aurait pu développer ce point clairement. Mais ce n’est pas ce qu’il fait. Il les exhorte à vivre comme des fils du jour, à veiller, à être sobres, à se fortifier dans l’espérance.

Cela montre que l’intention pastorale du passage n’est pas de produire une confiance dans un scénario de retrait, mais une confiance en Dieu au milieu de l’attente.

Le salut par Jésus-Christ est le vrai centre du texte

Le cœur de 1 Thessaloniciens 5.9 est profondément évangélique : « Dieu ne nous a pas destinés à subir sa colère, mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus-Christ ». Le centre n’est pas un itinéraire prophétique complexe. Le centre, c’est le salut en Christ.

Paul veut rappeler aux croyants que leur destin n’est pas la perdition, mais la vie. Leur avenir n’est pas la condamnation, mais la communion avec Jésus. Leur espérance repose non sur leur capacité à échapper aux événements terrestres, mais sur la mort et la résurrection du Seigneur qui les a rachetés.

C’est pourquoi le verset 10 relie directement cette espérance à l’œuvre de la croix. Tout passe par Jésus-Christ.

Une mauvaise lecture peut affaiblir la préparation de l’Église

Quand on transforme 1 Thessaloniciens 5.9 en promesse absolue d’absence de toute détresse terrestre, on risque de donner à l’Église une préparation incomplète. Si des temps difficiles viennent, certains peuvent être troublés, pensant que cela n’aurait pas dû arriver.

Or le Nouveau Testament prépare constamment les croyants à la vigilance, à la persévérance, au discernement et à la souffrance fidèle. Il les console en leur rappelant qu’ils ne subiront pas la colère condamnatrice de Dieu, mais il ne leur promet pas une vie historique sans combat jusqu’au retour du Seigneur.

La vraie sécurité du croyant n’est pas dans l’idée d’un retrait préalable, mais dans l’assurance que rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ (Romains 8.38-39).

Ce que ce passage enseigne vraiment

1 Thessaloniciens 5.9 enseigne que les croyants ne sont pas destinés à la condamnation divine. Ils sont destinés au salut par Jésus-Christ. Ils appartiennent au jour. Ils doivent donc vivre dans la vigilance, la foi, l’amour et l’espérance.

Le texte n’enseigne pas explicitement que l’Église sera absente de toute détresse terrestre. Il affirme beaucoup plus clairement que le peuple de Dieu n’a pas à craindre la colère judiciaire de Dieu, parce que Christ a porté pour lui le jugement qu’il méritait.

Conclusion

Quand Paul dit que nous ne sommes pas destinés à la colère, il parle avant tout de notre délivrance du jugement final par Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5.9-10). Il ne faut pas transformer cette magnifique assurance du salut en preuve automatique d’un retrait préalable de l’Église avant toute épreuve.

Le croyant peut traverser des temps difficiles, mais il n’est pas destiné à la perdition. Il peut connaître la détresse du monde, mais non la condamnation de Dieu. Voilà la force glorieuse de l’Évangile : en Jésus-Christ, notre avenir n’est pas la colère, mais le salut.

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si l’argument des « deux phases » du retour de Christ résiste vraiment à l’ensemble des grands textes bibliques, ou si l’Écriture présente plutôt une seule venue glorieuse, visible et décisive du Seigneur Jésus-Christ.