Série : Une espérance inébranlable dans un monde troublé
Toute cette série nous a ramenés vers un même centre. Jésus revient sur la terre. L’Église demeurera jusqu’à son retour. La tribulation fait partie du chemin du disciple. Plusieurs seront séduits, plusieurs abandonneront, mais Dieu gardera les siens. Maintenant, une question décisive s’impose à nous : qu’est-ce qui permettra au croyant de tenir jusqu’au bout ?
La réponse ne se trouve pas d’abord dans une stratégie plus raffinée, ni dans une connaissance prophétique plus détaillée. Ce qui fera tenir le peuple de Dieu, c’est un amour véritable pour Jésus-Christ. On peut savoir beaucoup de choses, comprendre bien des doctrines, discerner plusieurs enjeux, et pourtant faiblir. Par conséquent, celui qui aime réellement le Seigneur sera rendu capable de persévérer dans la fidélité.
Jésus l’a dit sans détour : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10.37). Aimer Christ jusqu’au bout, ce n’est donc pas simplement ressentir une émotion religieuse ou vivre quelques moments d’enthousiasme spirituel. C’est lui rester attaché quand le monde presse, quand la vérité coûte, quand la souffrance dure, quand l’opposition augmente, et quand tout en nous voudrait chercher un chemin plus facile. Voilà le dernier appel de cette série.
1. Aimer Christ jusqu’au bout, c’est le préférer à tout autre attachement
Jésus ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Il affirme que nul n’est digne de lui s’il aime quelqu’un plus que lui (Matthieu 10.37). Cela ne signifie pas que nous devons devenir durs envers notre famille ou froids envers ceux que nous aimons. Cela signifie plutôt que Christ doit régner au-dessus de tous nos liens. Il doit être le premier amour, la loyauté suprême, la référence ultime.
Dans les temps d’épreuve, beaucoup tomberont justement parce qu’ils voudront préserver autre chose plus que leur communion avec Jésus. Certains choisiront la paix familiale au prix de la vérité. D’autres choisiront leur réputation. D’autres encore choisiront leur sécurité. Mais celui qui aime Christ jusqu’au bout dira dans son cœur : « Seigneur, tu passes avant tout. » Cet amour n’est pas théorique. Il devient visible lorsque l’obéissance a un coût.
John Piper a écrit : « La chose la plus aimante que nous puissions faire pour les autres, c’est d’aimer Dieu plus qu’eux. » Cette parole met le doigt sur une vérité essentielle. Nous n’aimons jamais vraiment les autres lorsque nous les plaçons à la place qui revient à Christ seul. Au contraire, c’est en aimant le Seigneur au-dessus de tout que nous apprenons à aimer les autres avec justice, pureté et vérité.
Imaginez une balance. D’un côté se trouvent les affections les plus légitimes de la vie : la famille, l’amitié, la sécurité, l’avenir. De l’autre se trouve Christ. Tant que tout va bien, plusieurs pensent pouvoir garder l’équilibre sans jamais choisir. Mais lorsque vient l’heure du test, le cœur révèle son vrai poids. Ce qui pèse le plus détermine la direction de la vie. Aimer Christ jusqu’au bout, c’est être trouvé du côté de Jésus lorsque la balance est mise à l’épreuve.
Nous devons donc nous examiner devant Dieu. Est-ce que Jésus est réellement le premier dans notre cœur ? Est-ce que nous l’aimons plus que notre confort ? Est-ce que nous l’aimons plus que notre image ? Est-ce que nous l’aimons plus que l’approbation des autres ? Le jour de l’épreuve révélera toujours ce que nous aimons le plus. Si plusieurs ont abandonné Christ au milieu de l’épreuve, c’est parce qu’ils aimaient autre chose plus que Christ.
2. Aimer Christ jusqu’au bout, c’est demeurer avec lui dans la souffrance
Le Seigneur n’a jamais caché que l’amour pour lui passe aussi par la croix. Il déclare : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » (Matthieu 16.24). Aimer Jésus jusqu’au bout ne consiste donc pas seulement à chanter son nom dans les jours de paix, mais à rester attaché à lui dans les jours de souffrance.
Joni Eareckson Tada, paralysée depuis des décennies, rappelle avec force que Jésus est avec les siens dans leur souffrance et qu’il faut continuer à courir vers le but en s’appuyant sur lui. Voilà une vérité précieuse. Le croyant n’aime pas un Sauveur lointain, mais un Seigneur présent au cœur même de l’épreuve. L’amour pour Christ ne supprime pas la douleur, mais il empêche la douleur de nous séparer de lui.
David Platt écrit : « L’obéissance radicale à Christ comporte le risque de perdre toutes ces choses. Mais, à la fin, un tel risque trouve sa récompense en Christ. Et il est plus que suffisant pour nous. » Cela signifie que suivre Jésus jusqu’au bout peut coûter cher ici-bas, mais qu’aucune perte subie pour lui n’est comparable à la richesse de le gagner lui-même comme récompense suprême (Philippiens 3.8 ; Matthieu 16.24-25).
Pensons à Ruth demeurant auprès de Naomi. Le chemin devant elles n’avait rien de facile. Il y avait l’incertitude, la pauvreté et la douleur. Pourtant, Ruth a choisi de rester attachée. Son amour s’est manifesté non dans l’abondance, mais dans la fidélité au milieu d’une route difficile (Ruth 1.16-17). De même, aimer Christ jusqu’au bout, c’est lui dire : « Je reste avec toi, même si le chemin devient rude. »
Peut-être traverses-tu en ce moment une fatigue profonde, une opposition, une pression intérieure ou une saison de larmes. N’évalue pas ton amour pour Christ seulement dans les moments où tout est facile. L’amour fidèle se voit quand on continue à le suivre dans la vallée. C’est souvent là que l’attachement au Seigneur devient le plus pur, le plus profond et le plus vrai.
3. Aimer Christ jusqu’au bout, c’est attendre sa venue avec persévérance et joie
Le Nouveau Testament relie constamment l’amour pour Jésus à l’attente de son apparition. Paul écrit : « Le Seigneur, le juste Juge, me la remettra au jour du jugement, et pas seulement à moi, mais à tous ceux qui, avec amour, attendent sa venue » (2 Timothée 4.8). Aimer Christ jusqu’au bout, c’est donc vivre les yeux tournés vers lui, non pas dans une curiosité prophétique agitée, mais dans une fidélité persévérante.
Celui qui aime vraiment Jésus ne cherche pas d’abord à échapper à tout prix. Il désire surtout être trouvé fidèle lorsque son Seigneur paraîtra. C’est pourquoi Jésus dit à l’Église de Smyrne : « N’aie pas peur des souffrances qui t’attendent. Voici, le diable va jeter plusieurs d’entre vous en prison, pour vous tenter, et vous connaîtrez dix jours de détresse. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la vie pour couronne » (Apocalypse 2.10). Cette expression des « dix jours » ne doit pas nécessairement être comprise comme une durée strictement littérale, mais comme une période limitée, déterminée par Dieu, dans laquelle la fidélité des croyants est mise à l’épreuve.
Cette fidélité est nourrie par l’espérance. Elle regarde au-delà du présent. Elle sait que rien de ce qui est souffert pour Christ n’est perdu. Même dans l’obscurité, l’amour pour Jésus continue d’attendre son jour.
Horatius Bonar a écrit : « Nos pensées devraient demeurer avec amour et avec désir sur cette douce patrie où se trouvent notre Sauveur et notre Père céleste. » Cette citation exprime une attente aimante, persévérante et tournée vers le Seigneur. Elle rejoint bien l’esprit de 2 Timothée 4.8 et l’appel à demeurer fidèle jusqu’au bout.
Imaginez une épouse fidèle dont le mari est absent pour un temps. Elle ne vit pas comme s’il n’existait plus. Elle organise sa vie en gardant son retour à l’esprit. Son attente façonne sa fidélité. Ainsi en est-il du croyant qui aime Christ. Il vit dans ce monde, mais son cœur attend le retour de son Seigneur. Cette attente purifie sa marche, fortifie sa patience et garde vive sa joie.
Ne laissons donc pas notre amour se refroidir. Nourrissons-le par la Parole, la prière, l’obéissance et l’espérance du retour du Seigneur. Celui qui aime Christ jusqu’au bout ne sera pas parfait, mais il sera attaché, repentant, persévérant et tourné vers son Maître.
Conclusion
Aimer Christ jusqu’au bout, c’est le préférer à tout autre attachement (Matthieu 10.37). C’est demeurer avec lui dans la souffrance (Matthieu 16.24). C’est attendre sa venue avec fidélité et joie (Apocalypse 2.10 ; 2 Timothée 4.8). Voilà le grand appel final de cette série.
Au fond, la grande question n’est pas seulement : « Que crois-tu au sujet de la fin ? » La grande question est plutôt : « Aimes-tu Jésus assez pour lui rester fidèle jusqu’au bout ? » C’est cet amour-là qui fera tenir l’Église dans les jours mauvais à venir. C’est cet amour-là qui fera persévérer quand plusieurs tomberont. C’est cet amour-là qui gardera le croyant debout lorsque le Seigneur paraîtra.
Si ton amour pour Christ s’est affaibli, reviens à lui aujourd’hui. Demande-lui de rallumer la flamme. Confesse-lui ce qui a pris trop de place dans ton cœur. Il ne repousse pas celui qui revient sincèrement à lui.
Et si tu ne connais pas encore Jésus-Christ, viens à lui maintenant. Il t’a aimé le premier. Il a donné sa vie à la croix pour sauver les pécheurs et il est ressuscité pour leur donner la vie. Attache-toi à lui par la foi. Car mieux vaut appartenir à Jésus dans l’épreuve que posséder le monde sans lui.
Conclusion de fin de série
Au terme de cette série, qui s’est étendue sur plusieurs mois, retenons ceci : les tribulations et les souffrances ne signifient pas que Dieu nous a abandonnés. Elles font partie du chemin de la foi et nous appellent à demeurer fidèles jusqu’au retour de Jésus (Actes 14.22).
Le Seigneur ne nous appelle pas à fuir l’épreuve, mais à la traverser avec espérance, les yeux fixés sur lui, sachant que nous serons gardés par le Père. Car notre espérance n’est pas dans une vie facile, mais dans la victoire finale de Christ et dans sa venue glorieuse (Romains 8.18).
Que cette série nous pousse donc à veiller, à persévérer et à marcher dans la sainteté. Jésus revient. Restons prêts, fidèles et remplis d’espérance (Matthieu 24.13).
