Série : Une espérance inébranlable dans un monde troublé
Nous avons déjà vu que Jésus revient réellement sur la terre (Actes 1.11), que l’Église demeurera ici-bas jusqu’à son retour (Jean 17.15), que le chemin du royaume passe par bien des tribulations (Actes 14.22), que les persécutés sont déclarés heureux par le Seigneur (Matthieu 5.10-12), que le disciple doit porter sa croix (Matthieu 16.24), que les séductions des derniers temps seront nombreuses (Matthieu 24.4-5), que plusieurs abandonneront la foi (Matthieu 24.10-13), et que le peuple de Dieu est gardé dans le monde par le Père (Jean 17.15).
Mais une autre question se pose maintenant. Que fait Dieu dans la souffrance de ses enfants ? La tribulation n’est-elle qu’un temps à subir ? N’est-elle qu’un malheur sans sens ? L’Écriture répond avec force. Paul déclare : « Mieux encore ! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, la persévérance conduit à une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée nourrit l’espérance » (Romains 5.3-4).
Voilà une parole étonnante, mais remplie d’honnêteté et de vérité. Le chrétien ne se réjouit pas de la souffrance pour elle-même. Il ne devient pas amoureux de la douleur. Mais il sait que Dieu ne laisse pas l’épreuve vide de sens. Dans ses mains, la souffrance devient un instrument de formation, de purification et de préparation. Le Seigneur se sert de ce que l’ennemi voudrait utiliser pour briser le croyant afin de l’affermir, de le façonner et de le tourner davantage vers la gloire à venir.
1. La souffrance produit la persévérance
Paul écrit : « La détresse produit la persévérance » (Romains 5.3). Cela signifie que l’épreuve, lorsqu’elle est traversée dans la foi, forme en nous une capacité nouvelle à tenir ferme. La persévérance ne se développe pas dans le confort. Elle ne grandit pas dans une vie où tout est facile, où rien ne nous contredit, où aucune opposition ne nous oblige à nous appuyer sur Dieu. La persévérance se forge lorsque nous devons continuer à croire, continuer à prier, continuer à obéir, alors même que le chemin devient rude.
C’est ainsi que Dieu fortifie ses enfants. Il ne leur donne pas seulement des vérités à connaître. Il leur donne aussi des combats à traverser avec lui. Dans ces combats, l’âme apprend à s’attacher au Seigneur d’une manière plus profonde. Le croyant comprend qu’il ne peut pas vivre de ses seules émotions, ni de ses seules impressions. Il doit marcher par la foi (2 Corinthiens 5.7). Il doit s’accrocher aux promesses de Dieu même lorsque ses sentiments vacillent.
Jacques dit lui aussi : « Mes frères et sœurs, quand vous passez par toutes sortes d’épreuves, considérez-vous comme heureux. Car vous le savez : la mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance » (Jacques 1.2-3). La foi éprouvée devient une foi plus résistante. Elle apprend à durer. Elle ne s’effondre plus au premier choc. Elle devient plus stable, plus solide, plus enracinée.
Samuel Rutherford a écrit : « Quand je suis dans la cave de l’affliction, j’y cherche les meilleurs vins du Seigneur. » Cette parole montre que l’épreuve n’est pas seulement une douleur à subir, mais aussi un lieu où Dieu forme, fortifie et approfondit la foi de ses enfants (Romains 5.3 ; Jacques 1.2-3).
Imagine un arbre planté dans une vallée protégée, à l’abri de tout vent. Il peut pousser rapidement, mais ses racines restent souvent superficielles. Maintenant, pense à un arbre exposé aux tempêtes. Le vent le secoue, le plie, l’éprouve. Pourtant, au fil du temps, ses racines s’enfoncent plus profondément dans le sol. Pourquoi ? Parce qu’il doit tenir. Ainsi en est-il du croyant. Les vents de l’épreuve, dans la main de Dieu, poussent souvent l’âme à s’enraciner plus profondément en Christ.
Frères et sœurs, si vous traversez une saison où le combat semble long, ne concluez pas trop vite que rien de bon n’en sort. Le Seigneur est peut-être en train de former en vous une persévérance que des années de facilité n’auraient jamais produite. Continuez à vous appuyer sur lui. Continuez à marcher. Continuez à prier. La persévérance se forme justement en continuant alors que c’est difficile (Hébreux 10.36).
2. La persévérance forme un caractère éprouvé
Paul poursuit ainsi : « La persévérance conduit à une fidélité éprouvée » (Romains 5.4). Selon plusieurs traductions, cette expression renvoie au caractère éprouvé, au caractère approuvé, à une qualité intérieure qui a été testée et trouvée authentique. Voilà une vérité précieuse. Dieu ne veut pas seulement que nous tenions un peu plus longtemps. Il veut aussi former en nous un caractère transformé par l’épreuve.
Le croyant qui persévère avec Dieu au milieu de la souffrance n’est pas simplement un croyant qui survit. Il devient un croyant plus profond, plus humble, plus brisé devant Dieu, plus dépendant de sa grâce, moins superficiel, moins attaché aux illusions du monde. L’épreuve met à nu bien des choses dans le cœur. Elle révèle nos impatiences, nos peurs, notre orgueil, nos faux appuis. Mais elle révèle aussi la fidélité de Dieu. Et c’est dans cette rencontre entre notre faiblesse et sa grâce qu’un caractère nouveau se forme.
Pierre écrit : « Celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi. Le feu du creuset n’éprouve-t-il pas l’or qui pourtant disparaîtra un jour ? Pourtant, votre foi qui a résisté à l’épreuve a une valeur beaucoup plus précieuse. Elle vous vaudra louange, gloire et honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1.7). Le feu ne détruit pas l’or véritable. Il en manifeste la qualité. De la même manière, l’épreuve, lorsqu’elle est traversée dans la foi, donne naissance à un caractère spirituellement plus mûr.
John Flavel a écrit : « Plus vous avez été sous l’affliction, plus vous avez reçu d’aide pour cette vie de sainteté. » Cette phrase montre bien que la persévérance dans l’épreuve ne produit pas seulement de la résistance, mais forme aussi un caractère purifié, affermi et mûri par la grâce de Dieu (Romains 5.4 ; 1 Pierre 1.7).
Pense à un potier qui travaille l’argile. Tant que l’argile reste molle et intacte, elle n’est pas encore utile pour un usage durable. Elle doit être façonnée, pressée, retravaillée, puis passer par le feu. Ce feu n’est pas une destruction de l’œuvre du potier. Il en est l’achèvement. Il donne à la pièce sa solidité. Ainsi en est-il souvent de la vie chrétienne. Le Seigneur façonne notre caractère, puis il permet parfois le feu de l’épreuve pour affermir ce qu’il est en train de former en nous (Ésaïe 64.7).
Peut-être que le Seigneur travaille en ce moment des zones profondes de votre vie. Il veut vous rendre plus humbles, plus patients, plus vrais, plus dépendants, plus saints. N’endurcissez pas votre cœur dans l’épreuve. Demandez plutôt : « Seigneur, qu’es-tu en train de former en moi ? Que veux-tu purifier ? Que veux-tu rendre plus conforme à Jésus ? » Un croyant qui pose ces questions laisse Dieu travailler son caractère.
3. Le caractère éprouvé nourrit l’espérance
Paul termine en disant : « La persévérance conduit à une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée nourrit l’espérance. Or, notre espérance ne risque pas de tourner à notre confusion, car Dieu a versé son amour dans notre cœur par l’Esprit Saint qu’il nous a donné » (Romains 5.4-5).
Voici l’aboutissement glorieux de cette œuvre divine. La souffrance produit la persévérance. La persévérance forme un caractère éprouvé. Et ce caractère éprouvé nourrit une espérance plus forte. Pourquoi ? Parce que le croyant qui a vu Dieu le soutenir dans l’épreuve apprend à mieux connaître sa fidélité. Il ne parle plus seulement de la grâce comme d’une doctrine. Il l’a expérimentée. Il ne parle plus seulement de la consolation de Dieu comme d’une idée biblique. Il l’a goûtée. Il ne parle plus seulement de la fidélité divine comme d’un principe. Il a vu la main du Seigneur le porter. Et cette expérience nourrit une espérance plus profonde, plus stable, plus vivante.
L’espérance chrétienne n’est pas un optimisme vague. Elle n’est pas un simple désir que les choses aillent mieux. Elle est l’attente certaine de l’accomplissement des promesses de Dieu en Jésus-Christ. Elle regarde au royaume, à la résurrection, à la gloire, à la venue du Seigneur, à la victoire finale. C’est pourquoi Paul peut dire ailleurs : « J’estime d’ailleurs qu’il n’y a aucune commune mesure entre les souffrances de la vie présente et la gloire qui va se révéler en nous » (Romains 8.18).
Ainsi, loin d’éteindre l’espérance, l’épreuve la purifie. Elle arrache le cœur à des espérances terrestres trop petites et l’élève vers la gloire qui vient. Elle nous apprend à attendre non pas d’abord un soulagement ici-bas, mais l’accomplissement parfait du dessein de Dieu en Christ.
Octavius Winslow a écrit : « L’enfant de Dieu est, par nécessité, un homme joyeux. Ses péchés sont pardonnés, son âme est justifiée, sa personne est adoptée, ses épreuves sont des bénédictions, ses combats sont des victoires, sa mort est une immortalité, son avenir est un ciel d’une félicité inconcevable, inimaginable et sans fin. » Cette parole montre que l’épreuve, loin d’éteindre l’espérance, l’approfondit en tournant le regard du croyant vers la fidélité de Dieu, la victoire en Christ et la gloire à venir (Romains 5.4-5 ; Romains 8.18).
Imagine un marin qui a déjà traversé plusieurs tempêtes avec le même capitaine. Lors de la première tempête, il était terrifié, incertain, déstabilisé. Mais après avoir vu encore et encore la fidélité du capitaine qui mène le navire au port, quelque chose change en lui. La mer peut encore être agitée, mais sa confiance grandit. Il sait à qui il a affaire. Ainsi en est-il du croyant. Plus il expérimente la fidélité de Dieu dans l’épreuve, plus son espérance devient ferme.
Frères et sœurs, Dieu veut que votre espérance soit plus forte qu’avant votre épreuve. Il veut que vous sortiez du feu avec un regard plus élevé, plus fixé sur Jésus, plus tourné vers son royaume, plus assuré de sa fidélité. Ne laissez pas la souffrance vous enfermer dans le présent. Laissez-la, par la grâce de Dieu, élever vos yeux vers la gloire à venir (Colossiens 3.1-4).
Conclusion
La souffrance produit la persévérance, le caractère et l’espérance (Romains 5.3-5). Voilà une vérité glorieuse et profondément consolante. En Christ, la souffrance n’est pas vide. Elle n’est pas inutile. Elle n’est pas laissée au hasard. Dieu s’en sert pour former la persévérance, façonner un caractère éprouvé et nourrir une espérance qui ne trompe pas.
Peut-être que certains traversent aujourd’hui une épreuve lourde. Vous êtes fatigués. Vous ne comprenez pas tout. Vous priez, mais la route reste difficile. Alors souvenez-vous de ceci : si vous êtes en Jésus-Christ, votre douleur n’est pas perdue. Le Seigneur travaille. Il agit. Il forme. Il purifie. Il prépare quelque chose en vous qu’aucune facilité n’aurait produit.
Ne rejetez pas votre épreuve sans chercher la face de Dieu. Ne vivez pas votre souffrance seulement comme un poids à supporter. Vivez-la aussi comme un lieu où le Seigneur veut vous rencontrer, vous fortifier et approfondir en vous la vraie espérance.
Et si vous n’avez pas encore donné votre vie à Jésus-Christ, comprenez bien ceci : il n’est pas venu promettre une religion facile, mais offrir un salut véritable. En lui, même l’épreuve reçoit un sens éternel. Venez à lui aujourd’hui. Confiez-lui vos péchés, votre fardeau, votre peur, votre vie entière. Car celui qui appartient à Christ peut traverser la vallée avec une espérance que rien ne pourra finalement détruire.
