Série Jésus revient – Article 11 : Le Nouveau Testament enseigne-t-il un retour secret de Jésus ?

L’article 11 présente l’idée qu’un retour secret de Jésus, même très répandue dans certains milieux chrétiens, n’est pas supportée par le Nouveau Testament. Ce dernier décrit plutôt une venue glorieuse, visible et universelle, accompagnée de signes puissants, sans aucune trace de clandestinité, affirmant que tous le verront au moment du jugement.

Une idée très populaire, mais est-elle vraiment biblique ?

Dans plusieurs milieux chrétiens, on entend souvent parler d’un retour secret de Jésus. Selon cette idée, le Seigneur viendrait d’abord dans les airs, de manière discrète, invisible pour le monde, afin de prendre les siens, pour les amener au ciel et ainsi les soustraire de la grande détresse. Puis, il reviendrait plus tard publiquement en gloire. Cette manière de voir est devenue si répandue que plusieurs pensent qu’elle va de soi.

Pourtant, lorsqu’on lit attentivement le Nouveau Testament, une autre image se dégage. La venue de Jésus y est décrite comme glorieuse, visible, puissante et manifestée au dernier jour. Elle n’est pas présentée comme un événement caché au monde, mais comme une intervention éclatante du Fils de Dieu dans l’histoire.

La question n’est donc pas de savoir si Jésus revient. Sur ce point, la foi chrétienne est unanime : il va revenir. La vraie question est celle-ci : le Nouveau Testament parle-t-il réellement d’un retour secret de Jésus, ou présente-t-il au contraire une venue visible et universellement manifeste ?

Jésus compare sa venue à l’éclair

L’un des textes les plus clairs se trouve dans Matthieu 24.27. Jésus déclare : « En effet, quand le Fils de l’homme viendra, ce sera comme l’éclair qui jaillit du levant et illumine tout jusqu’au couchant » (Matthieu 24.27). Cette démonstration n’a rien de discret ou de secret.

Cette image est très forte. Un éclair n’est pas caché. Il ne passe pas inaperçu. Il se manifeste avec soudaineté, puissance et visibilité. Jésus choisit volontairement une image publique et frappante pour décrire sa venue.

Il est donc difficile d’utiliser les paroles mêmes du Seigneur pour soutenir l’idée d’un retour secret. L’image qu’il donne va dans la direction opposée. Elle souligne le caractère manifestement visible de sa venue.

Tout homme le verra

L’Apocalypse parle avec une clarté remarquable. Jean écrit : « Voici ! Il vient au milieu des nuées, et tout le monde le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et toutes les familles de la terre se lamenteront à cause de lui . Oui, amen ! » (Apocalypse 1.7).

Ce verset est capital. Il ne dit pas qu’un petit groupe de croyants verra secrètement le Seigneur avant que le monde ne prenne conscience plus tard de ce qui s’est passé comme cela fut présenter dans les films à sensation. Il dit : « Tout le monde le verra ». Le retour de Christ est ici présenté comme un événement universellement constaté, solennel et bouleversant.

Le langage est public, non caché. Il est mondial, non limité. Il est glorieux, non discret.

La venue du Seigneur est accompagnée de signes éclatants

Dans 1 Thessaloniciens 4.16, Paul décrit la venue du Seigneur avec des termes impressionnants : « En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel » (1 Thessaloniciens 4.16).

  • Une voix d’archange,
  • une trompette de Dieu,
  • un signal solennel,
  • la descente du Seigneur lui-même.

Rien dans cette description ne ressemble à un événement silencieux ou imperceptible. Tout évoque au contraire une manifestation majestueuse et retentissante.

Le langage biblique ne soutient donc pas l’idée d’une venue secrète. Il annonce une venue glorieuse qui s’accompagne de signes puissants.

Paul parle de « l’apparition » de Jésus-Christ

Le vocabulaire du Nouveau Testament confirme cette lecture. Paul parle de « la révélation de la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et Sauveur » (Tite 2.13). Le mot même « révélation » évoque une manifestation visible, une révélation ouverte, une présence qui se montre.

De même, dans 2 Thessaloniciens 2.8, Paul dit que le Seigneur Jésus fera périr l’impie « par le souffle de sa bouche, et le réduira à l’impuissance au moment même de sa venue » (2 Thessaloniciens 2.8). Là encore, il n’est pas question d’un retour caché, mais d’un avènement éclatant.

Le choix des mots est important. Le Nouveau Testament parle d’apparition, de révélation, de manifestation, d’avènement glorieux. Ce champ lexical ne correspond pas à l’idée d’un événement secret.

Le retour de Jésus est lié au jugement public

Un autre élément très important doit être souligné. Dans le Nouveau Testament, la venue de Jésus est régulièrement liée au jugement public du monde.

Dans 2 Thessaloniciens 1.7-10, Paul explique que les croyants persécutés recevront du repos « lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du haut du ciel avec les anges puissants ». Il ajoute qu’à ce moment-là, le Seigneur exercera sa justice contre ceux qui ne connaissent pas Dieu (2 Thessaloniciens 1.7-9).

Nous ne sommes donc pas devant deux tableaux séparés, l’un secret pour les croyants et l’autre public pour le jugement. Paul unit dans un même événement la révélation de Jésus, le soulagement des siens et la condamnation des impies.

Cela montre encore que la venue du Seigneur est publique, décisive et glorieuse.

Chacun des passages mentionnés jusqu’à maintenant sont utilisés par les dispensationalistes pour justifier un premier retour de Jésus. Comme nous pouvons le constater ça n’a rien de secret et ça ne tient pas la route pour le moins du monde.

Matthieu 24 ne laisse pas place à une venue cachée

Dans Matthieu 24.30-31, Jésus déclare : « C’est alors que le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel. Alors tous les peuples de la terre se lamenteront, et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire » (Matthieu 24.30-31).

Le texte est limpide. Toutes les peuples de la terre verront le Fils de l’homme venir. Sa venue est associée à la puissance, à la gloire, à la trompette et au rassemblement de ses élus. Il n’y a ici aucune trace d’un retour secret.

Au contraire, ce passage rejoint parfaitement Apocalypse 1.7 et 1 Thessaloniciens 4.16-17. Le retour du Seigneur est visible, audible, glorieux et déterminant.

Pourquoi certains parlent-ils malgré tout d’un retour secret ?

L’idée d’un retour secret ne vient pas d’un texte biblique qui l’enseigne clairement. Elle vient d’un système d’interprétation qui distingue fortement deux étapes dans la venue du Seigneur. À partir de là, certains textes sont attribués à une venue cachée, et d’autres à une venue visible.

Mais cette distinction n’apparaît pas naturellement dans les grands passages du Nouveau Testament. Au contraire, ces textes présentent ensemble la venue du Seigneur, la résurrection, la transformation des croyants, le rassemblement des élus et le jugement.

Autrement dit, le retour secret n’est pas le fruit d’une lecture simple et directe de l’Écriture. Il est le résultat d’une construction théologique ajoutée aux textes par le dispensationalisme.

L’espérance chrétienne est glorieuse, non clandestine

Il y a quelque chose de profondément beau dans la manière dont le Nouveau Testament présente le retour de Jésus. Le Christ qui a été rejeté sera manifesté. Celui que le monde n’a pas voulu reconnaître sera vu dans sa gloire. Celui qui a souffert comme Serviteur reviendra comme Roi.

L’espérance chrétienne n’est donc pas celle d’un événement clandestin. Elle est celle de la révélation glorieuse du Seigneur Jésus-Christ. Le croyant attend non une disparition mystérieuse, mais la manifestation victorieuse de son Sauveur.

Cette attente nourrit la persévérance, la sainteté et le courage. Elle pousse l’Église à veiller, à souffrir fidèlement s’il le faut, et à garder les yeux fixés sur le Roi qui vient.

Ce que l’Église doit retenir

L’Église doit retenir que le retour de Jésus sera glorieux. Elle doit retenir qu’il sera visible. Elle doit retenir qu’il s’accompagnera de puissance, d’être angélique, de trompette, de résurrection, de rassemblement et de jugement.

Elle ne doit pas fonder sa préparation spirituelle sur l’idée d’une échappée secrète, mais sur l’appel du Seigneur à veiller, à persévérer et à rester fidèle jusqu’à sa venue (Matthieu 24.42 ; Apocalypse 16.15).

Conclusion

Le Nouveau Testament n’enseigne pas un retour secret de Jésus. Il présente au contraire une venue visible, éclatante, glorieuse et universellement manifestée. Jésus parle d’un éclair (Matthieu 24.27). Jean affirme que tout homme le verra (Apocalypse 1.7). Paul parle de la voix de l’archange, de la trompette de Dieu et de l’apparition glorieuse du Seigneur (1 Thessaloniciens 4.16 ; Tite 2.13).

L’Écriture nous conduit donc à attendre non un événement caché, mais la révélation publique du Roi des rois. Voilà l’espérance bénie de l’Église.

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si l’expression « nous ne sommes pas destinés à la colère » (1 Thessaloniciens 5.9) signifie forcément que l’Église sera absente de toute détresse terrestre, ou si Paul parle avant tout de la délivrance du jugement final en Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5.9).