Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 11 – Paul aimait profondément Israël, mais il annonçait Christ comme seule justice

L’apôtre Paul, en tant que Juif, a exprimé son amour pour son peuple, Israël, tout en affirmant que la justice devant Dieu ne s’obtient que par la foi en Jésus-Christ. Il prône un équilibre entre compassion et vérité, soulignant que tous, Juifs et non-Juifs, ont besoin de Christ pour le salut.

Lorsque l’on parle d’Israël, de la foi chrétienne et de l’accomplissement en Jésus-Christ, l’apôtre Paul est un témoin incontournable. Il était Juif. Il connaissait les Écritures. Il aimait son peuple. Il portait dans son cœur une profonde douleur pour ses frères selon la chair. Pourtant, ce même Paul a annoncé avec force que personne, Juif ou non-Juif, ne peut être déclaré juste devant Dieu en dehors de Jésus-Christ.

C’est précisément ce qui rend son témoignage si important. Paul ne parlait pas contre Israël avec mépris. Il parlait comme un homme qui aimait profondément son peuple, mais qui avait compris que la justice de Dieu ne se reçoit pas par la Loi, par l’origine ethnique, par les privilèges religieux ou par l’appartenance nationale. Elle se reçoit par la foi en Jésus-Christ. Il écrivait : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Cette parole devrait régler bien des malentendus. Paul ne désirait pas la condamnation d’Israël. Il désirait son salut. Il ne nourrissait pas de haine. Il priait. Il ne parlait pas avec arrogance. Il souffrait. Mais son amour ne l’a jamais conduit à adoucir l’Évangile ou à présenter une justice séparée de Christ.

Dans notre contexte actuel, nous avons besoin de retrouver cet équilibre apostolique : aimer les Juifs sans compromis, rejeter toute haine envers eux, mais annoncer clairement que Jésus-Christ est la seule justice devant Dieu.

1. Paul était profondément attaché à son peuple

Paul n’était pas un étranger à Israël. Il n’était pas un homme coupé de l’histoire de son peuple. Il connaissait ses privilèges, ses promesses, ses Écritures, son culte, ses patriarches. Il savait que le Messie lui-même était venu d’Israël selon la chair. Il écrit : « Ce sont les Israélites. C’est à eux qu’appartiennent la condition de fils adoptifs de Dieu, la manifestation glorieuse de la présence divine, les alliances, le don de la Loi, le culte et les promesses ; à eux les patriarches ! Et c’est d’eux qu’est issu Christ dans son humanité ; il est aussi au-dessus de tout, Dieu béni pour toujours. Amen !  » (Romains 9.4-5). Paul ne nie donc pas les privilèges historiques d’Israël. Il ne parle pas comme si Dieu n’avait jamais agi à travers ce peuple. Il reconnaît clairement la place unique d’Israël dans l’histoire du salut.

Mais reconnaître ces privilèges ne signifie pas affirmer que le salut serait possible en dehors de Christ. Paul sait que les alliances, la Loi, le culte et les promesses conduisent à Jésus. Elles ne le contournent pas. Elles ne créent pas une voie parallèle. Elles trouvent leur accomplissement en lui. Voilà pourquoi Paul peut tenir ensemble deux vérités : Israël a reçu de grands privilèges dans l’histoire biblique, et pourtant Israël selon la chair a besoin du salut en Jésus-Christ.

Ces deux vérités ne se contredisent pas. Elles se complètent. Puis, elles nous empêchent à la fois de mépriser Israël et de séparer Israël de son Messie.

2. Paul portait une douleur réelle pour Israël

Paul ne parle pas d’Israël avec indifférence. Il écrit : « Je dis la vérité, en tant qu’homme uni à Christ, je ne mens pas ; ma conscience, en accord avec l’Esprit Saint, me rend ce témoignage : j’éprouve une profonde tristesse et un chagrin continuel dans mon cœur » (Romains 9.1-2). Ces paroles sont fortes. Paul ne traite pas le sujet froidement, comme une simple question théologique. Il le porte dans son cœur. Il est attristé. Il ressent une douleur continuelle. Il va même jusqu’à dire : « Oui, je demanderais à Dieu d’être maudit et séparé de Christ pour mes frères, nés du même peuple que moi » (Romains 9.3). Cette phrase montre l’intensité de son amour. Paul ne haïssait pas Israël. Il ne se réjouissait pas de l’endurcissement d’une partie de son peuple. Il ne parlait pas avec mépris. Il était prêt, dans l’expression de sa douleur, à souhaiter l’impossible pour leur bien.

Voilà le cœur que l’Église doit retrouver. Si nous parlons d’Israël sans amour, sans prière, sans douleur, sans compassion, nous ne parlons pas comme Paul. La vérité biblique ne doit jamais être annoncée avec mépris.

Cependant l’amour de Paul ne l’a pas conduit à mentir. Il n’a pas dit : « Ils n’ont pas besoin de Christ puisqu’ils sont Israël selon la chair. » Il a dit : « je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1).

3. Paul reconnaissait leur zèle, mais dénonçait leur erreur

Paul écrit au sujet de ses frères selon la chair : « Car je leur rends ce témoignage : ils ont un zèle ardent pour Dieu, mais il leur manque le discernement » (Romains 10.2). Cette phrase est très importante. Paul reconnaît quelque chose de positif : ils ont du zèle pour Dieu. Il ne les caricature pas. Il ne les présente pas comme des gens sans aucune recherche religieuse. Il reconnaît leur sérieux, leur attachement, leur ferveur. Mais il ajoute que ce zèle est mal éclairé. Il manque la lumière de Christ. Il est sincère, mais il n’est pas conforme à la révélation accomplie en Jésus.

C’est une vérité qui demeure actuelle. La sincérité religieuse ne sauve pas. Le zèle ne suffit pas. La tradition ne suffit pas. L’identité religieuse ne suffit pas. Il faut la justice de Dieu reçue en Jésus-Christ. Paul poursuit : « En méconnaissant la manière dont Dieu déclare les hommes justes et en cherchant à être déclarés justes par leurs propres moyens, ils ne se sont pas soumis à Dieu en acceptant le moyen par lequel il nous déclare justes » (Romains 10.3). L’erreur est claire : chercher à établir sa propre justice au lieu de recevoir la justice que Dieu donne.

Cette erreur n’est pas propre aux Juifs. Elle est universelle. Le cœur humain veut toujours se justifier lui-même. Certains s’appuient sur leur morale. D’autres sur leur religion. D’autres sur leurs traditions. D’autres sur leur appartenance. Néanmoins devant Dieu, une seule justice sauve : celle qui vient de Christ.

4. Christ est l’aboutissement de la Loi

Paul déclare ensuite : « Car Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes » (Romains 10.4). Ce verset est central. Le mot « fin » ne doit pas être compris comme une destruction méprisante, mais comme l’aboutissement, le but, le terme vers lequel la Loi conduisait. La Loi révélait le péché, enseignait la sainteté de Dieu, distinguait Israël, encadrait le culte, annonçait la nécessité d’un sacrifice, mais elle conduisait à Christ.

Jésus est l’aboutissement de la Loi. Cela signifie que la justice ne se trouve pas dans l’observance de la Loi comme moyen de salut. Elle se trouve en Jésus-Christ. Tous ceux qui croient sont déclarés justes par lui. Paul ne dit pas : « Christ est l’aboutissement de la Loi pour les non-Juifs seulement. » Il dit : « pour tous ceux qui croient ». Cela inclut les Juifs et les non-Juifs.

Il n’y a donc pas deux justices. Il n’y a pas une justice par la Loi pour Israël et une justice par Christ pour les nations. Il y a une seule justice devant Dieu : celle qui vient de Christ et qui se reçoit par la foi.

5. Paul avait lui-même renoncé à sa propre justice

Le témoignage personnel de Paul dans Philippiens 3 éclaire profondément sa doctrine. Paul pouvait se glorifier de nombreux privilèges selon la chair : « j’ai été circoncis le huitième jour, je suis Israélite de naissance, de la tribu de Benjamin, de pur sang hébreu. Pour ce qui concerne le respect de la Loi, je faisais partie des pharisiens » (Philippiens 3.5). Paul avait une identité forte. Il avait une appartenance religieuse solide. Il avait un zèle remarquable. Il avait une réputation de piété selon les standards de son époque.

Cependant après avoir rencontré Christ, il écrit : « Toutes ces choses constituaient, à mes yeux, un gain, mais à cause de Christ, je les considère désormais comme une perte. Oui, je considère toutes choses comme une perte à cause de ce bien suprême : la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui, j’ai accepté de perdre tout cela, oui, je le considère comme bon à être mis au rebut, afin de gagner Christ » (Philippiens 3.7-8).

Paul ne rejette pas son histoire par mépris envers Israël. Il ne renie pas le fait que Dieu a agi dans l’histoire de son peuple. Mais il refuse de s’appuyer sur ces privilèges comme fondement de sa justice devant Dieu. Il ajoute : « Mon désir est d’être trouvé en lui, non pas avec une justice que j’aurais moi-même acquise en obéissant à la Loi mais avec la justice qui vient de la foi en Christ et que Dieu accorde à ceux qui croient » (Philippiens 3.9, BDS)

Dans ce passage, Paul oppose clairement deux justices :

  1. La justice que l’homme cherche à établir par ses propres œuvres et son obéissance à la Loi.
  2. La justice que Dieu accorde gratuitement à celui qui place sa foi en Jésus-Christ.

Paul avait tous les privilèges religieux qu’un Juif pouvait désirer, mais il a renoncé à toute confiance en ses mérites pour s’appuyer uniquement sur la justice que Dieu donne en Christ (Philippiens 3.4-9). Cette justice n’est pas gagnée, elle est reçue par la foi.

6. Il n’y a pas deux chemins de salut

Paul est catégorique : le salut est le même pour tous. Il ne divise pas l’humanité entre un peuple sauvé par son appartenance historique et un autre peuple sauvé par la foi en Christ. Il place tous les êtres humains devant le même besoin : recevoir la justice de Dieu par Jésus-Christ. Il écrit : « il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui » (Romains 10.12). Puis il ajoute : « Tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés » (Romains 10.13). Cette parole est fondamentale. Paul ne dit pas : « Les non-Juifs doivent faire appel au Seigneur, mais Israël possède une autre voie. » Il dit : « Tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés. »

Le salut est donc offert aux Juifs et aux non-Juifs par le même Seigneur. Il n’y a pas une justice réservée à Israël selon la chair et une autre justice réservée aux nations. Il n’y a pas une alliance salvatrice parallèle qui permettrait à un peuple d’être sauvé sans passer par Jésus-Christ. C’est exactement ce que Pierre avait annoncé devant les autorités religieuses de Jérusalem : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12).

L’Église doit donc parler avec amour, mais aussi avec fidélité. Aimer les Juifs ne signifie pas leur annoncer une sécurité spirituelle en dehors de Christ. Aimer les Juifs signifie prier pour leur salut et leur annoncer Jésus comme le Messie promis.

7. Paul annonçait Christ aux Juifs comme aux non-Juifs

Le ministère de Paul montre clairement son équilibre. Partout où il allait, il annonçait Jésus. Il entrait souvent d’abord dans les synagogues pour démontrer, à partir des Écritures, que Jésus est le Christ. Sur ce point, le livre des Actes rapporte que : « Selon son habitude, Paul s’y rendit et, pendant trois sabbats, il discuta avec eux sur les Ecritures. Il les leur expliquait et leur démontrait que, d’après elles, le Messie devait mourir, puis ressusciter. – Le Messie, disait-il, n’est autre que ce Jésus que je vous annonce » (Actes 17.2-3). Paul n’allait pas vers les Juifs pour les mépriser. Il allait vers eux avec les Écritures. Il leur montrait que le Messie devait souffrir, mourir et ressusciter. Il annonçait que Jésus est ce Messie.

Cette méthode est importante. Paul n’annonçait pas un message anti-juif. Il annonçait l’accomplissement des Écritures juives en Jésus. Il ne disait pas : « Votre histoire n’a aucun sens. » Il disait : « Votre histoire trouve son accomplissement dans le Christ. »

Voilà le cœur de la prédication chrétienne. Nous ne rejetons pas l’Ancien Testament. Nous le lisons à la lumière de Jésus. Nous ne méprisons pas les promesses faites à Israël. Nous confessons qu’elles trouvent leur « oui » en Christ (2 Corinthiens 1.20).

8. Paul refusait toute justice fondée sur la chair

Même si Paul reconnaissait les privilèges d’Israël, il refusait que la chair devienne le fondement de la justice devant Dieu. Pour lui, personne ne peut se tenir devant Dieu en s’appuyant sur son origine, son zèle, sa tradition ou son observance religieuse. Il écrit ailleurs : « Tous ont péché, en effet, et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3.23). Puis il ajoute : « et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ » (Romains 3.24). La justice est donc un don de grâce. Elle ne vient pas de la chair. Elle ne vient pas de la Loi comme moyen de justification. Elle ne vient pas d’un privilège historique. Elle vient de Jésus-Christ.

Cela humilie tout le monde. Le Juif ne peut pas se glorifier dans la Loi. Le non-Juif ne peut pas se glorifier dans son appartenance aux nations. Tous sont pécheurs. Tous ont besoin de grâce. Tous doivent venir à Christ. C’est pourquoi Paul peut affirmer : « Reste-t-il encore une raison de se vanter ? Non, cela est exclu. En vertu de quel principe ? Celui de l’obéissance à la Loi ? Non, mais selon le principe de la foi » (Romains 3.27).

L’Évangile exclut l’orgueil. Il exclut l’antisémitisme, car le non-Juif n’a aucune raison de se croire supérieur. Mais il exclut aussi toute confiance dans la chair, car personne n’est déclaré juste devant Dieu en dehors de Christ.

9. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, il devient nécessaire de rappeler cette vérité avec prudence et fermeté. Plusieurs initiatives publiques encouragent les leaders chrétiens à lutter contre l’antisémitisme. Lorsqu’il s’agit de condamner la haine, la violence, les menaces et les généralisations injustes envers les Juifs, les chrétiens doivent répondre clairement : oui. L’antisémitisme est un péché, et l’Église doit le rejeter.

Mais la vigilance devient nécessaire lorsque cette lutte glisse vers une pression doctrinale. Si l’on attend des pasteurs qu’ils parlent d’Israël d’une manière qui laisse entendre qu’il existerait une justice ou une appartenance à Dieu en dehors de Jésus-Christ, alors l’Église doit revenir à Paul.

  • Paul aimait Israël, mais il priait pour son salut (Romains 10.1).
  • Paul reconnaissait le zèle d’Israël, mais il disait que ce zèle était mal éclairé sans la justice de Dieu en Christ (Romains 10.2-3).
  • Paul reconnaissait les privilèges historiques d’Israël, mais il annonçait que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).
  • Paul refusait la haine, mais il refusait aussi le silence sur Christ.

Voilà la ligne biblique que l’Église doit garder. Nous pouvons aimer les Juifs, les respecter, refuser toute violence contre eux, et en même temps annoncer qu’ils ont besoin de Jésus comme tous les hommes.

Ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est l’Évangile.

10. L’amour véritable ne cache pas le Sauveur

Il faut poser une question simple : serait-il vraiment aimant de taire Jésus à ceux qui ont besoin de lui ?

Si Jésus est le seul chemin vers le Père, alors l’amour ne peut pas consister à laisser croire qu’un autre chemin existe (Jean 14.6). Si le salut ne se trouve qu’en lui, alors l’amour ne peut pas se taire par peur d’offenser (Actes 4.12). Si Christ est l’aboutissement de la Loi, alors l’amour ne peut pas faire comme si la Loi suffisait sans lui (Romains 10.4).

Paul aimait Israël, et c’est justement pour cela qu’il priait pour son salut. Il savait que le plus grand besoin de son peuple n’était pas d’être flatté dans son identité religieuse, mais d’être réconcilié avec Dieu par Jésus-Christ.

C’est aussi vrai pour les non-Juifs. L’Église ne doit pas annoncer Jésus aux uns et le taire aux autres. Elle doit annoncer le même Seigneur à tous, car tous ont besoin de la même grâce. L’amour chrétien n’est pas une flatterie religieuse.

L’amour chrétien est une vérité portée avec compassion.

  • L’amour chrétien ne méprise pas, car Dieu ne fait pas de favoritisme et accueille tous ceux qui viennent à lui (Actes 10.34-35).
  • L’amour chrétien ne force pas, car le Seigneur appelle avec douceur et laisse chacun répondre librement à son invitation (Apocalypse 3.20).
  • L’amour chrétien ne manipule pas, car l’amour véritable ne cherche pas son propre intérêt et agit dans la vérité (1 Corinthiens 13.5-6).
  • L’amour chrétien ne parle pas avec arrogance, car l’amour n’est pas orgueilleux et ne se vante pas (1 Corinthiens 13.4).
  • L’amour chrétien témoigne de Christ, car nous sommes appelés à être ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre (Actes 1.8).

11. Ce que l’Église doit apprendre de Paul

Paul nous enseigne comment parler d’Israël avec un cœur juste.

  • Il nous enseigne à reconnaître les privilèges historiques d’Israël sans séparer Israël de Christ (Romains 9.4-5).
  • Il nous enseigne à porter une douleur réelle pour ceux qui ne reconnaissent pas encore Jésus comme Messie (Romains 9.1-3).
  • Il nous enseigne à prier pour leur salut (Romains 10.1).
  • Il nous enseigne à reconnaître leur zèle sans taire leur besoin de la justice de Dieu (Romains 10.2-3).
  • Il nous enseigne que Christ est l’aboutissement de la Loi (Romains 10.4).
  • Il nous enseigne que le même Seigneur sauve tous ceux qui font appel à lui (Romains 10.12-13).
  • Il nous enseigne à refuser l’orgueil des non-Juifs (Romains 11.17-20).
  • Il nous enseigne à espérer que des Juifs soient greffés de nouveau par la foi (Romains 11.23).

Voilà l’équilibre biblique. Ni haine. Ni orgueil. Ni silence. Ni compromis.

Conclusion

Paul aimait profondément Israël. Son cœur était rempli de tristesse et de douleur pour ses frères selon la chair. Il reconnaissait leurs privilèges historiques, leur zèle religieux et leur place dans l’histoire du salut. Il ne parlait pas d’eux avec mépris. Il priait pour leur salut.

Mais Paul annonçait aussi clairement que Jésus-Christ est la seule justice devant Dieu. Il affirmait que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4). Il proclamait qu’il n’y a aucune différence entre les Juifs et les non-Juifs, car tous ont le même Seigneur (Romains 10.12). Il enseignait que tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés (Romains 10.13).

C’est cette ligne que l’Église doit garder aujourd’hui.

  • Nous devons rejeter toute haine envers les Juifs.
  • Nous devons refuser toute parole méprisante.
  • Nous devons prier pour leur salut.
  • Nous devons parler avec respect et compassion.
  • Nous ne devons pas taire Jésus-Christ.

Car aimer Israël ne signifie pas lui annoncer une justice sans Christ. Aimer Israël signifie désirer, comme Paul, que ses membres reconnaissent en Jésus le Messie promis, le Sauveur du monde et l’aboutissement de la Loi.

L’Église ne doit donc pas choisir entre amour et vérité. Elle doit marcher dans les deux. Avec Paul, nous pouvons dire : « je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1).

Avec Paul, nous devons annoncer : « Car Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes » (Romains 10.4).

Voilà une parole fidèle. Voilà une parole d’amour. Voilà l’Évangile.

Série Jésus revient – Article 11 : Le Nouveau Testament enseigne-t-il un retour secret de Jésus ?

L’article 11 présente l’idée qu’un retour secret de Jésus, même très répandue dans certains milieux chrétiens, n’est pas supportée par le Nouveau Testament. Ce dernier décrit plutôt une venue glorieuse, visible et universelle, accompagnée de signes puissants, sans aucune trace de clandestinité, affirmant que tous le verront au moment du jugement.

Une idée très populaire, mais est-elle vraiment biblique ?

Dans plusieurs milieux chrétiens, on entend souvent parler d’un retour secret de Jésus. Selon cette idée, le Seigneur viendrait d’abord dans les airs, de manière discrète, invisible pour le monde, afin de prendre les siens, pour les amener au ciel et ainsi les soustraire de la grande détresse. Puis, il reviendrait plus tard publiquement en gloire. Cette manière de voir est devenue si répandue que plusieurs pensent qu’elle va de soi.

Pourtant, lorsqu’on lit attentivement le Nouveau Testament, une autre image se dégage. La venue de Jésus y est décrite comme glorieuse, visible, puissante et manifestée au dernier jour. Elle n’est pas présentée comme un événement caché au monde, mais comme une intervention éclatante du Fils de Dieu dans l’histoire.

La question n’est donc pas de savoir si Jésus revient. Sur ce point, la foi chrétienne est unanime : il va revenir. La vraie question est celle-ci : le Nouveau Testament parle-t-il réellement d’un retour secret de Jésus, ou présente-t-il au contraire une venue visible et universellement manifeste ?

Jésus compare sa venue à l’éclair

L’un des textes les plus clairs se trouve dans Matthieu 24.27. Jésus déclare : « En effet, quand le Fils de l’homme viendra, ce sera comme l’éclair qui jaillit du levant et illumine tout jusqu’au couchant » (Matthieu 24.27). Cette démonstration n’a rien de discret ou de secret.

Cette image est très forte. Un éclair n’est pas caché. Il ne passe pas inaperçu. Il se manifeste avec soudaineté, puissance et visibilité. Jésus choisit volontairement une image publique et frappante pour décrire sa venue.

Il est donc difficile d’utiliser les paroles mêmes du Seigneur pour soutenir l’idée d’un retour secret. L’image qu’il donne va dans la direction opposée. Elle souligne le caractère manifestement visible de sa venue.

Tout homme le verra

L’Apocalypse parle avec une clarté remarquable. Jean écrit : « Voici ! Il vient au milieu des nuées, et tout le monde le verra, même ceux qui l’ont transpercé, et toutes les familles de la terre se lamenteront à cause de lui . Oui, amen ! » (Apocalypse 1.7).

Ce verset est capital. Il ne dit pas qu’un petit groupe de croyants verra secrètement le Seigneur avant que le monde ne prenne conscience plus tard de ce qui s’est passé comme cela fut présenter dans les films à sensation. Il dit : « Tout le monde le verra ». Le retour de Christ est ici présenté comme un événement universellement constaté, solennel et bouleversant.

Le langage est public, non caché. Il est mondial, non limité. Il est glorieux, non discret.

La venue du Seigneur est accompagnée de signes éclatants

Dans 1 Thessaloniciens 4.16, Paul décrit la venue du Seigneur avec des termes impressionnants : « En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel » (1 Thessaloniciens 4.16).

  • Une voix d’archange,
  • une trompette de Dieu,
  • un signal solennel,
  • la descente du Seigneur lui-même.

Rien dans cette description ne ressemble à un événement silencieux ou imperceptible. Tout évoque au contraire une manifestation majestueuse et retentissante.

Le langage biblique ne soutient donc pas l’idée d’une venue secrète. Il annonce une venue glorieuse qui s’accompagne de signes puissants.

Paul parle de « l’apparition » de Jésus-Christ

Le vocabulaire du Nouveau Testament confirme cette lecture. Paul parle de « la révélation de la gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et Sauveur » (Tite 2.13). Le mot même « révélation » évoque une manifestation visible, une révélation ouverte, une présence qui se montre.

De même, dans 2 Thessaloniciens 2.8, Paul dit que le Seigneur Jésus fera périr l’impie « par le souffle de sa bouche, et le réduira à l’impuissance au moment même de sa venue » (2 Thessaloniciens 2.8). Là encore, il n’est pas question d’un retour caché, mais d’un avènement éclatant.

Le choix des mots est important. Le Nouveau Testament parle d’apparition, de révélation, de manifestation, d’avènement glorieux. Ce champ lexical ne correspond pas à l’idée d’un événement secret.

Le retour de Jésus est lié au jugement public

Un autre élément très important doit être souligné. Dans le Nouveau Testament, la venue de Jésus est régulièrement liée au jugement public du monde.

Dans 2 Thessaloniciens 1.7-10, Paul explique que les croyants persécutés recevront du repos « lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du haut du ciel avec les anges puissants ». Il ajoute qu’à ce moment-là, le Seigneur exercera sa justice contre ceux qui ne connaissent pas Dieu (2 Thessaloniciens 1.7-9).

Nous ne sommes donc pas devant deux tableaux séparés, l’un secret pour les croyants et l’autre public pour le jugement. Paul unit dans un même événement la révélation de Jésus, le soulagement des siens et la condamnation des impies.

Cela montre encore que la venue du Seigneur est publique, décisive et glorieuse.

Chacun des passages mentionnés jusqu’à maintenant sont utilisés par les dispensationalistes pour justifier un premier retour de Jésus. Comme nous pouvons le constater ça n’a rien de secret et ça ne tient pas la route pour le moins du monde.

Matthieu 24 ne laisse pas place à une venue cachée

Dans Matthieu 24.30-31, Jésus déclare : « C’est alors que le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel. Alors tous les peuples de la terre se lamenteront, et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire » (Matthieu 24.30-31).

Le texte est limpide. Toutes les peuples de la terre verront le Fils de l’homme venir. Sa venue est associée à la puissance, à la gloire, à la trompette et au rassemblement de ses élus. Il n’y a ici aucune trace d’un retour secret.

Au contraire, ce passage rejoint parfaitement Apocalypse 1.7 et 1 Thessaloniciens 4.16-17. Le retour du Seigneur est visible, audible, glorieux et déterminant.

Pourquoi certains parlent-ils malgré tout d’un retour secret ?

L’idée d’un retour secret ne vient pas d’un texte biblique qui l’enseigne clairement. Elle vient d’un système d’interprétation qui distingue fortement deux étapes dans la venue du Seigneur. À partir de là, certains textes sont attribués à une venue cachée, et d’autres à une venue visible.

Mais cette distinction n’apparaît pas naturellement dans les grands passages du Nouveau Testament. Au contraire, ces textes présentent ensemble la venue du Seigneur, la résurrection, la transformation des croyants, le rassemblement des élus et le jugement.

Autrement dit, le retour secret n’est pas le fruit d’une lecture simple et directe de l’Écriture. Il est le résultat d’une construction théologique ajoutée aux textes par le dispensationalisme.

L’espérance chrétienne est glorieuse, non clandestine

Il y a quelque chose de profondément beau dans la manière dont le Nouveau Testament présente le retour de Jésus. Le Christ qui a été rejeté sera manifesté. Celui que le monde n’a pas voulu reconnaître sera vu dans sa gloire. Celui qui a souffert comme Serviteur reviendra comme Roi.

L’espérance chrétienne n’est donc pas celle d’un événement clandestin. Elle est celle de la révélation glorieuse du Seigneur Jésus-Christ. Le croyant attend non une disparition mystérieuse, mais la manifestation victorieuse de son Sauveur.

Cette attente nourrit la persévérance, la sainteté et le courage. Elle pousse l’Église à veiller, à souffrir fidèlement s’il le faut, et à garder les yeux fixés sur le Roi qui vient.

Ce que l’Église doit retenir

L’Église doit retenir que le retour de Jésus sera glorieux. Elle doit retenir qu’il sera visible. Elle doit retenir qu’il s’accompagnera de puissance, d’être angélique, de trompette, de résurrection, de rassemblement et de jugement.

Elle ne doit pas fonder sa préparation spirituelle sur l’idée d’une échappée secrète, mais sur l’appel du Seigneur à veiller, à persévérer et à rester fidèle jusqu’à sa venue (Matthieu 24.42 ; Apocalypse 16.15).

Conclusion

Le Nouveau Testament n’enseigne pas un retour secret de Jésus. Il présente au contraire une venue visible, éclatante, glorieuse et universellement manifestée. Jésus parle d’un éclair (Matthieu 24.27). Jean affirme que tout homme le verra (Apocalypse 1.7). Paul parle de la voix de l’archange, de la trompette de Dieu et de l’apparition glorieuse du Seigneur (1 Thessaloniciens 4.16 ; Tite 2.13).

L’Écriture nous conduit donc à attendre non un événement caché, mais la révélation publique du Roi des rois. Voilà l’espérance bénie de l’Église.

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si l’expression « nous ne sommes pas destinés à la colère » (1 Thessaloniciens 5.9) signifie forcément que l’Église sera absente de toute détresse terrestre, ou si Paul parle avant tout de la délivrance du jugement final en Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5.9).