Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 10 – Pourquoi l’accusation d’antisémitisme ne doit pas devenir une arme contre l’Évangile

L’antisémitisme doit être clairement dénoncé, mais il est injuste d’utiliser cette accusation pour faire taire la vérité chrétienne sur Jésus-Christ comme le Messie. L’Église doit aimer les Juifs sans renoncer à sa mission d’annoncer l’Évangile, affirmant que tous, Juifs et non-Juifs, sont unis en Christ.

L’antisémitisme est une réalité grave. Il doit être dénoncé sans hésitation. Toute haine envers les Juifs, toute violence, toute menace, toute généralisation accusatrice, toute déshumanisation ou tout mépris envers ce peuple est contraire à l’esprit de Jésus-Christ. Le chrétien doit aimer son prochain, et cela inclut les Juifs, comme tout autre être humain créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27 ; Matthieu 22.39).

Mais il existe aujourd’hui une confusion de plus en plus préoccupante. Dans certains milieux, l’accusation d’antisémitisme semble parfois utilisée non seulement pour dénoncer la haine réelle, mais aussi pour rendre suspecte toute affirmation chrétienne selon laquelle Jésus-Christ est l’accomplissement des promesses faites à Israël. On en vient alors à présenter comme problématique, voire dangereuse, une vérité centrale du Nouveau Testament : Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ (Éphésiens 2.14-16 ; Galates 3.28-29).

Il faut donc faire une distinction essentielle. Dénoncer la haine contre les Juifs est nécessaire. Mais accuser d’antisémitisme ceux qui confessent l’accomplissement en Christ est injuste et dangereux. Une telle accusation, si elle est utilisée de manière abusive, devient une arme contre l’Évangile.

L’Église ne doit pas être intimidée. Elle doit parler avec amour, avec respect, avec humilité, mais aussi avec fidélité. Elle ne peut pas renoncer à proclamer que Jésus est le Messie promis, le seul Sauveur, le médiateur de la nouvelle alliance et celui en qui toutes les promesses de Dieu trouvent leur « oui » (2 Corinthiens 1.20).

1. L’antisémitisme réel doit être dénoncé clairement

Avant toute chose, il faut affirmer sans ambiguïté que l’antisémitisme est un péché. Le chrétien ne peut pas le minimiser. Il ne peut pas l’excuser. Il ne peut pas l’utiliser comme simple prétexte pour parler d’autre chose. La haine envers les Juifs est contraire à la Parole de Dieu.

Tout être humain est créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27). Cette vérité suffit à condamner toute forme de mépris ethnique. De plus, Jésus nous appelle à aimer notre prochain (Matthieu 22.39), à bénir ceux qui nous maudissent, à faire du bien, à prier, à refuser la vengeance et la haine (Matthieu 5.44 ; Romains 12.17-21).

Paul, lui-même Juif, n’a jamais parlé de son peuple avec mépris. Au contraire, il écrivait avec douleur : « j’éprouve une profonde tristesse et un chagrin continuel dans mon cœur » (Romains 9.2). Et encore : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Voilà le ton apostolique. Paul ne haïssait pas Israël. Il priait pour Israël. Il souffrait pour Israël. Mais il annonçait aussi que le salut est en Christ.

Ainsi, l’Église doit condamner l’antisémitisme réel. Elle doit refuser tout langage qui nourrit le mépris, toute théorie qui diabolise un peuple, toute parole qui attribue à tous les Juifs une intention commune, toute forme de haine déguisée en discours religieux.

Mais cette condamnation ne doit pas être utilisée pour faire taire la vérité de l’Évangile.

2. L’Évangile annonce Jésus comme seul Sauveur

Le cœur du christianisme est simple et non négociable : Jésus-Christ est le seul Sauveur. Jésus a déclaré : « Le chemin, répondit Jésus, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi » (Jean 14.6). De même, Pierre a annoncé devant les autorités religieuses de Jérusalem : « C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12). Paul a écrit également : « Ainsi, il n’y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui » (Romains 10.12).

Ces textes ne laissent aucune place à deux voies de salut. Il n’y a pas un chemin pour les Juifs et un autre pour les non-Juifs. Il n’y a pas une alliance salvatrice indépendante de Christ pour Israël selon la chair et une autre alliance pour les nations. Il y a un seul Seigneur, un seul Évangile, une seule grâce, une seule foi. Dire cela n’est pas de l’antisémitisme. C’est la confession chrétienne fondamentale.

Si l’Église cesse de dire que Jésus est le seul Sauveur, elle cesse d’être fidèle à son Seigneur. Elle peut alors devenir un organisme religieux respecté, une institution de dialogue, une présence morale dans la société, mais elle aura perdu le centre de sa mission.

L’Église n’a pas été envoyée pour rendre l’Évangile acceptable aux sensibilités de chaque époque. Elle a été envoyée pour annoncer Jésus-Christ crucifié et ressuscité (1 Corinthiens 2.2 ; Matthieu 28.18-20).

3. Dire que Jésus accomplit les promesses ce n’est pas haïr Israël

Le Nouveau Testament affirme que les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Christ. Jésus a dit : « Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5.17). Après sa résurrection, Jésus a expliqué aux disciples ce qui le concernait dans toutes les Écritures (Luc 24.27). Puis il leur a ouvert l’intelligence pour qu’ils comprennent que la Loi, les prophètes et les psaumes s’accomplissaient en lui (Luc 24.44-45). Paul résume cette vérité ainsi : « car c’est en lui que Dieu a dit « oui » à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1.20). Cela signifie que l’accomplissement en Christ n’est pas une théorie marginale. C’est le cœur de la lecture apostolique de l’Ancien Testament.

Or, certains discours contemporains semblent vouloir faire croire que cette affirmation serait une manière d’effacer Israël. Mais ce n’est pas le cas. L’accomplissement n’est pas l’effacement. L’accomplissement est l’arrivée au but. Une promesse n’est pas méprisée lorsqu’elle est accomplie. puis, une ombre n’est pas insultée lorsque la réalité apparaît. Finalement, une prophétie n’est pas niée lorsqu’elle trouve son accomplissement.

Dire que Jésus accomplit les promesses faites à Israël, ce n’est pas haïr Israël. C’est reconnaître que le Messie d’Israël est venu, qu’il a accompli l’œuvre du salut, et qu’en lui la bénédiction d’Abraham atteint toutes les nations (Galates 3.8-14).

4. L’accusation injuste peut devenir une forme d’intimidation

Une accusation grave doit être utilisée avec justice. L’antisémitisme est trop grave pour être transformé en étiquette servant à disqualifier toute parole chrétienne fidèle au Nouveau Testament. Si quelqu’un hait les Juifs, il faut le dénoncer. Également, si quelqu’un propage des clichés antisémites, il faut le corriger. De même, si quelqu’un appelle à la violence ou au mépris, il faut s’y opposer.

Mais si un chrétien affirme que Jésus est le Messie, que la nouvelle alliance est scellée par son sang, que les croyants Juifs et non-Juifs forment un seul peuple en Christ, il ne faut pas l’accuser d’antisémitisme. Il faut reconnaître qu’il exprime la foi apostolique.

Lorsqu’une accusation est utilisée injustement, elle devient une forme d’intimidation. Elle pousse les pasteurs à se taire. Elle les rend craintifs. Elle leur fait peser le soupçon. Elle les amène à éviter certains textes bibliques. Elle transforme des passages comme Galates 3, Éphésiens 2, Romains 9 à 11 ou Hébreux 8 à 10 en terrains dangereux.

Mais un pasteur ne peut pas éviter la Parole de Dieu pour préserver sa réputation. Paul disait à Timothée : « Proclame la Parole, insiste en toute occasion, favorable ou non » (2 Timothée 4.2). Cette parole est nécessaire aujourd’hui. Il y aura des moments où proclamer la Parole sera favorable. Et il y aura des moments où cela ne le sera pas. Mais le serviteur de Dieu ne reçoit pas sa mission de l’opinion publique. Il la reçoit de Christ.

5. La peur des accusations peut conduire au silence doctrinal

Le danger n’est pas seulement l’attaque extérieure. Le danger est aussi intérieur. Par peur d’être mal compris, les pasteurs peuvent commencer à éviter certains sujets.

  • Ils ne parleront plus de l’accomplissement des promesses en Christ (2 Corinthiens 1.20).
  • Ils ne parleront plus du fait que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham (Galates 3.29).
  • Ils ne parleront plus du mur de séparation détruit par la croix (Éphésiens 2.14-16).
  • Ils ne parleront plus de la nouvelle alliance scellée par le sang de Jésus (Luc 22.20).
  • Ils ne parleront plus de l’unique chemin vers le Père (Jean 14.6).
  • Ils ne parleront plus de l’appel adressé aux Juifs comme aux non-Juifs à croire au même Seigneur (Romains 10.12-13).

Ce silence peut paraître prudent au départ. Mais à long terme, il affaiblit l’Église. Il laisse les croyants sans discernement. Il ouvre la porte à des systèmes qui replacent au centre ce que le Nouveau Testament a subordonné à Christ. Il donne l’impression que l’Évangile doit s’excuser d’être exclusif.

Or, l’Évangile est exclusif parce que Christ est unique. Mais il est aussi universel parce qu’il s’adresse à tous. Il n’exclut aucun peuple. Il appelle tous les peuples à venir au même Sauveur.

6. L’Église doit refuser la haine sans renoncer à la vérité

L’équilibre biblique est clair.

  • Nous devons refuser la haine (1 Jean 2.9-11).
  • Nous devons refuser le mépris (Philippiens 2.3-5).
  • Nous devons refuser les généralisations (Jean 7.24).
  • Nous devons refuser les accusations collectives contre les Juifs (Ézéchiel 18.20).
  • Nous devons refuser toute forme de violence verbale, sociale ou physique (Éphésiens 4.31-32).
  • Mais nous devons aussi refuser de renoncer à la vérité (Galates 1.8-9).
  • Nous devons refuser de taire que Jésus est le seul chemin vers le Père (Jean 14.6).
  • Nous devons refuser de taire que la Loi, les prophètes et les psaumes trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ (Luc 24.44).
  • Nous devons refuser de taire que la nouvelle alliance est scellée par son sang (Luc 22.20).
  • Nous devons refuser de taire que ceux qui appartiennent à Christ sont héritiers de la promesse faite à Abraham (Galates 3.29).
  • Nous devons refuser de taire que les Juifs et les non-Juifs croyants sont un seul corps en Christ (Éphésiens 2.16).

Le chrétien ne doit choisir ni la haine ni la lâcheté. Il doit choisir l’amour dans la vérité.

7. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, plusieurs initiatives publiques encouragent les leaders chrétiens à lutter contre l’antisémitisme et à sensibiliser leurs assemblées. Lorsqu’il s’agit de dénoncer la haine réelle, les chrétiens peuvent répondre avec conviction. Il est juste de dire que les Juifs doivent être protégés contre la violence, les menaces et la discrimination.

Mais la vigilance devient nécessaire lorsque cette lutte glisse vers une pression doctrinale. Si l’on demande aux pasteurs de reprendre des formulations qui affaiblissent l’accomplissement en Christ, s’ils sont encouragés à enseigner à leurs assemblées une lecture particulière d’Israël et des alliances, ou s’ils sont placés devant l’idée que refuser cette lecture serait moralement suspect, alors l’Église doit discerner.

Un pasteur n’est pas un relais idéologique. Il est un serviteur de la Parole. Il peut dire non à l’antisémitisme. Il peut dire oui à l’amour du prochain. Mais il doit aussi dire non à toute tentative de transformer l’accusation d’antisémitisme en moyen de contrôler l’enseignement de l’Église.

La doctrine chrétienne ne se reçoit pas de groupes de pression, d’initiatives publiques ou d’alliances interreligieuses. Elle se reçoit de l’Écriture inspirée par Dieu (2 Timothée 3.16-17).

8. Les apôtres n’ont pas adapté leur message pour éviter l’opposition

Les apôtres ont annoncé Christ dans un contexte où leur message dérangeait profondément. Ils prêchaient Jésus comme Messie à des auditoires juifs. Ils prêchaient aussi Jésus comme Seigneur dans un monde païen où César revendiquait l’autorité suprême. Leur message était offensant pour plusieurs. Paul écrit: « Oui, tandis que, d’un côté, les Juifs réclament des signes miraculeux et que, de l’autre, les Grecs recherchent « la sagesse », 23 nous, nous prêchons Christ mis en croix, ce qui est une cause de rejet pour les Juifs et une folie pour les Grecs » (1 Corinthiens 1.22-23). Paul savait que le message de la croix pouvait être rejeté. Mais il ne l’a pas modifié pour le rendre moins offensant. Il l’a proclamé avec fidélité.

L’Église d’aujourd’hui doit retrouver ce courage. Non pas un courage agressif, brutal ou orgueilleux. Mais un courage humble et ferme. Un courage qui refuse la haine, mais qui refuse aussi le silence imposé. Lorsque les autorités ont interdit aux apôtres de parler au nom de Jésus, ils ont répondu :« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5.29).

Ce principe demeure. Lorsque les hommes nous demandent de taire Christ, d’atténuer Christ, de contourner Christ, de séparer les promesses de Christ, ou de présenter l’accomplissement en Christ comme une faute morale, nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

9. Le vrai amour annonce le vrai Sauveur

On pourrait croire que l’amour consiste à éviter toute parole qui dérange. Mais selon la Bible, l’amour véritable ne se sépare jamais de la vérité. Si Jésus est réellement le seul chemin vers le Père, alors aimer les Juifs signifie leur annoncer Jésus. Aimer les non-Juifs signifie aussi leur annoncer Jésus. Tous ont besoin du même salut.

Paul aimait Israël, et c’est pourquoi il priait pour son salut : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Il ne disait pas : « Ils n’ont pas besoin de Christ puisqu’ils sont Israël selon la chair. » Il disait que son désir profond était leur salut. Et il expliquait aussitôt que Christ est l’aboutissement de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).

  • Le véritable amour ne cache pas le Sauveur.
  • Le véritable amour ne promet pas une sécurité spirituelle en dehors de Christ.
  • Le véritable amour ne remplace pas l’Évangile par une sensibilité religieuse.
  • Le véritable amour parle avec respect, mais il parle.

10. La mission de l’Église ne peut pas être redéfinie

Jésus a confié une mission à son Église : « allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.19-20). Cette mission inclut tous les peuples. Elle n’exclut pas les Juifs. Elle n’exclut pas les nations. Elle annonce le même Christ à tous.

L’Église n’a pas été envoyée pour défendre un programme géopolitique. Elle n’a pas été envoyée pour devenir l’outil religieux d’une cause terrestre. Elle n’a pas été envoyée pour réviser son message selon les pressions du moment. Elle a été envoyée pour faire des disciples de Jésus-Christ. C’est pourquoi toute pression qui détourne l’Église de cette mission doit être discernée. Le pasteur peut participer à des démarches qui favorisent la paix sociale et protègent les personnes contre la haine. Mais il ne peut pas permettre que la mission de l’Église soit redéfinie.

L’Église appartient à Christ (Matthieu 16.18). Elle doit donc servir Christ et non pas la nation d’Israël.

11. Comment répondre aux accusations injustes

Lorsque des chrétiens sont injustement accusés d’antisémitisme parce qu’ils affirment l’accomplissement en Christ, ils ne doivent pas répondre par la colère. Ils doivent répondre avec clarté, douceur et fermeté. Pierre écrit : « si l’on vous demande de justifier votre espérance, soyez toujours prêts à la défendre, avec humilité et respect, et veillez à garder votre conscience pure. Ainsi, ceux qui disent du mal de votre bonne conduite, qui découle de votre union à Christ, auront à rougir de leurs calomnies » (1 Pierre 3.15-16).

Il faut donc répondre ainsi :

  • Nous rejetons toute haine envers les Juifs.
  • Nous reconnaissons la dignité de toute personne humaine.
  • Nous condamnons toute violence et toute discrimination.
  • Nous aimons les Juifs comme notre prochain.
  • Nous croyons que Jésus est le Messie promis.
  • Nous croyons que toutes les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Christ.
  • Nous croyons que le salut est en Jésus seul.
  • Nous croyons que Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ.
  • Nous croyons cela non par hostilité envers les Juifs, mais par fidélité à la Parole de Dieu.

Une telle réponse est claire, paisible et difficile à caricaturer. Elle refuse la haine, mais elle garde l’Évangile.

Conclusion

L’accusation d’antisémitisme ne doit jamais être prise à la légère. Lorsqu’il y a haine réelle, mépris, violence, intimidation ou discrimination envers les Juifs, l’Église doit le dénoncer clairement. Le chrétien doit aimer son prochain, et cela inclut le peuple juif. Toutefois cette accusation ne doit pas devenir une arme contre l’Évangile. Elle ne doit pas servir à faire taire la proclamation de Jésus-Christ comme Messie, Sauveur, médiateur de la nouvelle alliance et accomplissement des promesses.

  • Dire que Jésus est le seul chemin vers le Père n’est pas antisémite (Jean 14.6).
  • Dire que le salut ne se trouve qu’en Christ n’est pas antisémite (Actes 4.12).
  • Dire que toutes les promesses de Dieu trouvent leur « oui » en Christ n’est pas antisémite (2 Corinthiens 1.20).
  • Dire que Juifs et non-Juifs croyants sont réconciliés en un seul corps n’est pas antisémite (Éphésiens 2.16).
  • Dire que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham n’est pas antisémite (Galates 3.29).

C’est la foi chrétienne.

L’Église doit donc marcher dans l’amour, mais sans peur. Elle doit rejeter la haine, mais garder la vérité. Elle doit parler avec douceur, mais sans renoncer à Christ.

Car nous ne sommes pas appelés à choisir entre l’amour et la vérité. En Jésus-Christ, nous sommes appelés à vivre les deux. Nous aimerons donc les Juifs comme notre prochain. Nous rejetterons toute forme d’antisémitisme. Seulement, nous ne laisserons pas une accusation injuste nous empêcher de proclamer l’Évangile.

Jésus-Christ est le Messie promis, le Sauveur du monde, l’accomplissement des Écritures et le Seigneur de son Église et son Église doit lui rester fidèle, quelles que soient les pressions de son époque.

Série Jésus revient – Article 10 : Le dernier son de la trompette annonce-t-il l’accomplissement final ?

L’article 10 présente 1 Corinthiens 15.52 ou Paul évoque une transformation décisive des croyants, signalée par une trompette finale, marquant la résurrection, l’incorruptibilité et la victoire sur la mort. Ce passage souligne que cet événement est un accomplissement total et glorieux, sans étapes intermédiaires, centrant l’espérance sur Christ et sa puissance.

Une expression qui mérite toute notre attention

Dans 1 Corinthiens 15.52, Paul écrit que la transformation des croyants aura lieu « en un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette finale » (1 Corinthiens 15.52). Cette expression est très importante, car elle nous aide à comprendre la nature du moment décrit par l’apôtre.

Pour plusieurs, cette trompette serait simplement un signal parmi d’autres dans une chronologie plus vaste, comme s’il fallait encore plusieurs étapes distinctes après elle avant d’atteindre le plein accomplissement. Pourtant, lorsque nous lisons le texte avec attention, tout indique que Paul parle ici d’un moment décisif, solennel et terminal, lié à la transformation finale des croyants et à la victoire sur la mort.

La question est donc la suivante : quand Paul parle de la trompette finale, faut-il y voir le signal d’un accomplissement ultime, ou bien le commencement d’une autre séquence séparée par plusieurs années ?

Le contexte parle de résurrection et de victoire finale

Le premier point à souligner est le contexte immédiat. Paul ne traite pas ici d’abord d’un calendrier prophétique détaillé. Il parle de résurrection, d’incorruptibilité, d’immortalité et de victoire sur la mort (1 Corinthiens 15.42-57).

Il explique que notre corps actuel est corruptible, faible et mortel, mais qu’il sera relevé incorruptible, glorieux et puissant (1 Corinthiens 15.42-44). Puis il révèle ce mystère : tous ne mourront pas, mais tous seront changés (1 Corinthiens 15.51).

Et que se passe-t-il alors ? « La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Corinthiens 15.54). Cette phrase donne au passage une force immense. Paul ne nous place pas devant un événement secondaire. Il nous place devant le triomphe de Dieu sur le dernier ennemi.

Cela montre que la trompette finale doit être comprise dans ce cadre glorieux. Elle est liée non à une étape provisoire, mais à la victoire eschatologique.

Le mot « finale » a un poids réel

Quand Paul parle de la trompette finale, il emploie une expression qui évoque naturellement la conclusion, le terme, l’achèvement. Une trompette finale n’évoque pas spontanément le début d’une longue séquence supplémentaire. Elle évoque plutôt le moment où l’appel ultime retentit.

Il faut évidemment éviter de bâtir une doctrine entière sur un seul adjectif. Mais il faut aussi éviter l’erreur inverse, qui consiste à vider ce mot de sa force. Si Paul avait voulu seulement parler d’une trompette parmi plusieurs autres sans portée terminale particulière, il n’aurait pas choisi cette formulation.

Dans le mouvement du texte, cette trompette marque le moment où les morts ressuscitent, où les vivants sont changés, et où le peuple de Dieu entre dans l’incorruptibilité. Tout cela porte la marque de l’accomplissement.

La transformation annoncée est totale

Paul ne dit pas simplement que les croyants vivront une expérience spirituelle importante. Il dit que le corruptible doit revêtir l’incorruptibilité, et que le mortel doit revêtir l’immortalité (1 Corinthiens 15.53).

Autrement dit, ce qui est annoncé ici n’est pas partiel. Ce n’est pas une étape préparatoire. C’est une transformation totale, radicale, définitive. Le croyant passe de la condition mortelle à l’immortalité, de la corruptibilité à l’incorruptibilité.

Il est donc difficile de faire de ce moment une simple phase intermédiaire dans un scénario complexe. Le texte lui-même lui donne un caractère final et glorieux.

La trompette de 1 Corinthiens 15 s’accorde avec celle de 1 Thessaloniciens 4

Quand on compare 1 Corinthiens 15.52 et 1 Thessaloniciens 4.16-17, la cohérence est remarquable. Dans les deux passages, il y a la trompette, la résurrection des croyants morts, la transformation ou l’enlèvement des vivants, et la communion avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4.16-17 ; 1 Corinthiens 15.51-52).

Paul ne présente pas deux événements différents dans deux cadres opposés. Il donne plutôt deux angles sur une même espérance. Dans 1 Thessaloniciens 4, l’accent tombe sur la consolation des croyants et sur l’ordre des événements. Dans 1 Corinthiens 15, l’accent tombe sur la nature de la transformation et sur la victoire sur la mort.

Plus on laisse les textes se répondre, plus on voit une harmonie naturelle. Et plus cette harmonie apparaît, moins il devient nécessaire d’introduire plusieurs étapes séparées.

Le lien avec l’enseignement de Jésus

L’idée d’une trompette associée au rassemblement du peuple de Dieu apparaît aussi dans l’enseignement de Jésus. Dans Matthieu 24.31, le Seigneur dit qu’il enverra ses anges « avec une trompette retentissante » pour rassembler ses élus (Matthieu 24.31).

Là encore, nous retrouvons le même ensemble : la venue du Seigneur, la trompette, le rassemblement du peuple de Dieu. Et dans Matthieu 24, cela se situe au moment de la manifestation glorieuse du Fils de l’homme, après la détresse (Matthieu 24.29-31).

Il est donc bien plus simple de voir dans ces passages des descriptions complémentaires du même grand jour, plutôt que des événements entièrement distincts répartis sur plusieurs années.

La victoire sur la mort ne ressemble pas à une étape provisoire

Un autre élément majeur doit être souligné. Dans 1 Corinthiens 15, Paul conduit le lecteur jusqu’à cette proclamation triomphante : « Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15.55).

Ce n’est pas le langage d’une étape transitoire. Ce n’est pas le langage d’un événement important mais encore incomplet. C’est le langage du triomphe. C’est le langage de l’aboutissement. C’est le langage de la victoire définitive remportée par Jésus-Christ.

Quand l’apôtre arrive là, il ne donne pas l’impression qu’il reste encore une longue parenthèse à traverser avant que l’accomplissement ne soit réellement là. Il célèbre la victoire acquise et manifestée.

Le texte ne parle pas d’un intervalle de plusieurs années

Il faut le dire simplement. 1 Corinthiens 15.50-58 ne mentionne nulle part un intervalle de plusieurs années entre la trompette finale et le reste de l’accomplissement. Il ne parle pas d’un séjour céleste temporaire avant une autre phase terrestre. Il ne présente pas une première venue suivie plus tard d’une seconde venue différente.

Toutes ces idées viennent d’ailleurs. Elles ne viennent pas du texte lui-même.

Paul parle de transformation, de résurrection, d’immortalité, d’incorruptibilité et de victoire. Le poids du passage va vers l’accomplissement final, non vers une fragmentation des événements.

Pourquoi cela compte spirituellement

Cette vérité n’est pas seulement utile pour la doctrine. Elle est aussi précieuse pour la foi. Lorsque le croyant entend parler de la trompette finale, il n’a pas besoin d’entrer dans des constructions compliquées. Il peut comprendre ceci : le jour vient où Christ interviendra avec puissance, où les morts en lui ressusciteront, où les vivants seront changés, et où la mort sera définitivement vaincue.

Cette espérance fortifie l’âme. Elle rend le croyant ferme. C’est exactement ainsi que Paul conclut ce chapitre : « C’est pourquoi, mes chers frères et sœurs, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez au service du Seigneur n’est pas inutile. » (1 Corinthiens 15.58).

La doctrine de la résurrection n’est pas donnée pour nourrir la spéculation. Elle est donnée pour produire la fidélité.

Ce que ce passage nous enseigne vraiment

1 Corinthiens 15.52 nous enseigne que la transformation des croyants sera soudaine, glorieuse et totale. Il nous enseigne que cette transformation aura lieu au son de la trompette finale. Il nous enseigne que cette heure est liée à la résurrection des morts et à la victoire sur la mort.

Le texte ne nous pousse donc pas vers une série compliquée d’étapes séparées. Il nous conduit vers un grand accomplissement final centré sur Christ.

Conclusion

Le dernier son de la trompette annonce bien, dans 1 Corinthiens 15, un moment d’accomplissement final. Il marque la résurrection des croyants, la transformation des vivants et la proclamation triomphante de la victoire sur la mort (1 Corinthiens 15.52-57).

Rien, dans ce passage, n’oblige à y voir le début d’une nouvelle phase séparée par plusieurs années d’un autre retour de Christ. Au contraire, tout nous pousse à contempler la puissance glorieuse du Seigneur qui achève son œuvre et introduit son peuple dans l’immortalité.

Vers le prochain article

Dans le prochain article, nous verrons si l’idée d’un retour secret de Jésus peut réellement être soutenue par le Nouveau Testament, ou si l’Écriture présente au contraire une venue visible, glorieuse et universellement manifestée (Apocalypse 1.7).