Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 3 – Le vrai Israël se reconnaît par la foi, non par la chair seulement

Le texte souligne que l’appartenance au peuple de Dieu ne dépend pas de l’hérédité, mais de la foi en Christ. Paul enseigne une distinction entre Israël selon la chair et Israël selon la promesse. Ce message, qui prône l’amour pour le peuple juif et l’unité de tous les croyants, est fondamental pour l’Église.

Lorsque nous parlons d’Israël, nous devons le faire avec sérieux, respect et précision biblique. Israël n’est pas un sujet secondaire dans l’Écriture. Dieu a appelé Abraham, il a formé un peuple, il a donné les alliances, la Loi, les promesses, le culte, les prophètes, et c’est d’Israël qu’est venu le Messie selon la chair (Romains 9.4-5). Un chrétien ne peut donc pas parler d’Israël avec mépris, ignorance ou légèreté.

Mais il faut aussi lire Israël comme les apôtres l’ont lu. Le Nouveau Testament ne définit pas le peuple de Dieu simplement par la descendance naturelle. Il montre que la promesse de Dieu n’a jamais été reçue automatiquement par la chair seule, mais par la foi. C’est pourquoi Paul peut écrire cette parole décisive : « Car ce ne sont pas tous ceux qui descendent du patriarche Israël qui constituent Israël » (Romains 9.6). Cette phrase est capitale. Elle ne vient pas d’un adversaire du peuple juif. Elle vient de l’apôtre Paul, Juif lui-même, circoncis le huitième jour, de la tribu de Benjamin, profondément attaché à son peuple, au point d’avoir une grande tristesse et une douleur continuelle dans son cœur pour ses frères selon la chair (Romains 9.1-3 ; Philippiens 3.4-6).

Paul n’enseigne donc pas une haine d’Israël. Il enseigne une distinction biblique : il y a Israël selon la chair, et il y a Israël selon la promesse. Il y a une appartenance extérieure, historique, nationale, et il y a une appartenance spirituelle fondée sur la foi en Dieu et accomplie en Jésus-Christ. Affirmer cela aujourd’hui peut être mal compris. Certains voudraient présenter cette vérité comme une forme de mépris envers les Juifs. Pourtant, il s’agit de l’enseignement clair du Nouveau Testament. Le vrai peuple de Dieu ne se définit pas ultimement par l’origine ethnique, mais par l’union avec Christ.

1. Paul aimait Israël, mais il ne confondait pas chair et promesse

Avant d’expliquer Romains 9.6, il faut regarder le cœur de Paul. Il écrit : « Je dis la vérité, en tant qu’homme uni à Christ, je ne mens pas ; ma conscience, en accord avec l’Esprit Saint, me rend ce témoignage : j’éprouve une profonde tristesse et un chagrin continuel dans mon cœur. Oui, je demanderais à Dieu d’être maudit et séparé de Christ pour mes frères, nés du même peuple que moi » (Romains 9.1-3). Ces paroles montrent clairement que Paul ne parle pas d’Israël avec froideur. Il ne se réjouit pas de l’incrédulité d’une partie de son peuple. Il ne méprise pas ses frères selon la chair. Il souffre pour eux. Il prie pour eux. Il désire leur salut.

Un peu plus loin, il dira encore : « je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Voilà le modèle chrétien. Nous devons aimer le peuple juif, non le mépriser. Nous devons prier pour son salut, non nous réjouir de son endurcissement. Nous devons parler avec larmes, non avec orgueil.

Cependant, l’amour de Paul ne l’empêche pas de dire la vérité. Il affirme que tous ceux qui appartiennent extérieurement à Israël ne sont pas nécessairement les enfants de la promesse. Cette distinction n’est pas une invention tardive. Elle est enracinée dans l’histoire même des patriarches.

2. « Ce ne sont pas tous ceux qui descendent du patriarche Israël qui constituent Israël »

Paul écrit : « Car ce ne sont pas tous ceux qui descendent du patriarche Israël qui constituent Israël » (Romains 9.6). Cette phrase répond à une grande question : si beaucoup de Juifs n’ont pas reconnu Jésus comme Messie, est-ce que la Parole de Dieu a échoué ? Est-ce que les promesses faites à Israël sont tombées ? Est-ce que Dieu a manqué à sa fidélité ? Paul répond : non. La Parole de Dieu n’a pas échoué, parce que la promesse n’a jamais fonctionné selon la chair seule.

Il poursuit : « ceux qui descendent d’Abraham ne sont pas tous ses enfants. Car Dieu dit à Abraham : C’est par Isaac que te sera suscitée une descendance. Cela veut dire que tous les enfants de la descendance naturelle d’Abraham ne sont pas enfants de Dieu. Seuls les enfants nés selon la promesse sont considérés comme sa descendance » (Romains 9.7-8). Paul montre que même dans la famille d’Abraham, la descendance de la promesse n’était pas définie par la simple biologie. Ismaël était fils d’Abraham selon la chair, mais la ligne de la promesse passait par Isaac. Plus tard, Ésaü et Jacob avaient le même père et la même mère, mais Dieu a choisi Jacob selon son dessein souverain (Romains 9.10-13). Cela signifie que la promesse a toujours été gouvernée par Dieu, non par la chair seule. L’appartenance au peuple de la promesse n’a jamais été un simple fait ethnique automatique.

Cette vérité prépare l’accomplissement en Christ. En Jésus, Dieu manifeste pleinement que son peuple est constitué de ceux qui reçoivent la promesse par la foi.

3. La vraie circoncision est celle du cœur

Cette distinction ne commence pas avec Paul. Elle était déjà présente dans l’Ancien Testament. Dieu avait déjà averti Israël que l’appartenance extérieure ne suffisait pas. La circoncision du corps devait correspondre à une réalité intérieure. Moïse avait dit : « Opérez donc aussi une circoncision dans votre cœur et ne vous rebellez plus contre l’Eternel » (Deutéronome 10.16). Plus tard, le prophète Jérémie reprendra le même appel : « Purifiez-vous pour l’Eternel, circoncisez vos cœurs » (Jérémie 4.4). Cela montre que Dieu n’a jamais voulu un peuple seulement marqué extérieurement, mais un peuple dont le cœur lui appartient. Les signes de l’alliance avaient leur importance, mais ils ne remplaçaient pas la foi, l’obéissance et la transformation intérieure.

Paul reprend exactement cette logique lorsqu’il écrit : « Car ce n’est pas ce qui est visible qui fait le Juif, ni la marque visible dans la chair qui fait la circoncision, mais ce qui fait le Juif c’est ce qui est intérieur, et la vraie circoncision est celle que l’Esprit opère dans le cœur et non celle que l’on pratique en obéissant à la lettre de la Loi » (Romains 2.28-29). Cette parole est forte. Elle ne nie pas l’existence historique du peuple juif. Elle ne méprise pas les marques de l’ancienne alliance. Mais elle affirme que la vraie appartenance au peuple de Dieu ne peut pas être réduite à l’extérieur.

Dieu cherche un peuple du cœur. Un peuple transformé par l’Esprit. Un peuple qui lui appartient réellement et sous la nouvelle alliance, cette réalité se trouve en Jésus-Christ.

4. Jésus lui-même a confronté une confiance charnelle dans la descendance d’Abraham

Dans l’Évangile de Jean, Jésus parle à des Juifs qui revendiquent Abraham comme père. Ils disent : « Notre père à nous […] c’est Abraham » (Jean 8.39). Puis, Jésus leur répond : « si vous étiez vraiment des enfants d’Abraham, vous agiriez comme lui » (Jean 8.39). Cette réponse est importante. Jésus ne nie pas leur descendance physique. Il sait qu’ils descendent d’Abraham selon la chair. Mais il leur dit que la vraie filiation spirituelle se reconnaît aux œuvres de foi. Abraham a cru Dieu. Abraham a reçu la promesse. Abraham a obéi à Dieu. Ceux qui rejettent le Fils envoyé par Dieu ne manifestent pas la foi d’Abraham.

Jésus dit encore : « Abraham votre père a exulté de joie à la pensée de voir mon jour. Il l’a vu et en a été transporté de joie » (Jean 8.56). Selon Jésus, Abraham regardait vers lui. La foi d’Abraham était orientée vers l’accomplissement que Dieu donnerait en Christ. Ainsi, être enfant d’Abraham au sens profond, ce n’est pas seulement descendre de lui selon la chair. C’est partager sa foi dans la promesse de Dieu, promesse qui trouve son accomplissement en Jésus.

Cela rejoint exactement l’enseignement de Paul : « Comprenez-le donc : seuls ceux qui placent leur confiance en Dieu sont les fils et les filles d’Abraham » (Galates 3.7). Cette affirmation n’est pas antisémite. Elle vient du cœur de l’Évangile. Elle montre que la promesse d’Abraham atteint son but lorsque des hommes et des femmes de toutes les nations croient en Christ.

5. La descendance d’Abraham est définie par l’union avec Christ

Paul va encore plus loin dans Galates 3. Il affirme que la descendance promise à Abraham trouve son accomplissement en Christ : « Or, c’est à Abraham et à sa descendance que Dieu a fait ses promesses. Il n’est pas dit : « et à ses descendances », comme s’il s’agissait de plusieurs lignées. A ta descendance ne désigne qu’une seule descendance, et c’est Christ » (Galates 3.16). Christ est donc la descendance promise. Il est l’héritier. Il est celui en qui les promesses se concentrent et s’accomplissent.

Puis Paul ajoute : « Si vous lui (Christ) appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Galates 3.29). Le raisonnement est clair. Christ est la descendance d’Abraham. Ceux qui appartiennent à Christ participent donc à cette descendance. Ils deviennent héritiers, non par leur origine ethnique, mais par leur union avec le Messie. Cela signifie que le peuple de la promesse est christologique avant d’être ethnique. Il est défini par Christ. Il est rassemblé en Christ. Il hérite en Christ.

Dire cela ne retire rien à la fidélité de Dieu. Au contraire, cela montre comment Dieu accomplit sa promesse : en bénissant toutes les nations par la descendance d’Abraham, c’est-à-dire par Jésus-Christ (Genèse 12.3 ; Galates 3.8-9).

6. Le vrai Israël n’est pas une idée politique, mais une réalité spirituelle en Christ

Il faut être très clair ici. Le Nouveau Testament ne nous appelle pas à définir le peuple de Dieu selon les catégories politiques modernes. Il nous appelle à regarder à Christ.

L’Israël de Dieu ne peut pas être réduit à une nation contemporaine, à une frontière terrestre, à une identité ethnique ou à un projet géopolitique. Le peuple de Dieu est formé de ceux qui appartiennent au Messie.

Paul écrit à la fin de l’épître aux Galates : « Que la paix et la compassion de Dieu soient accordées à tous ceux qui suivent cette règle de vie, et à l’Israël de Dieu » (Galates 6.16). L’expression « l’Israël de Dieu » doit être lue dans le contexte de toute l’épître. Paul vient d’expliquer que ni la circoncision ni l’incirconcision ne sont décisives, mais la nouvelle création (Galates 6.15). Il a déjà affirmé que tous ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham (Galates 3.29). Il a insisté sur le fait que les croyants, Juifs et non-Juifs, sont un en Jésus-Christ (Galates 3.28).

Ainsi, le vrai peuple de Dieu est le peuple de la nouvelle création en Christ.

Ce n’est pas un message de haine. C’est un message d’espérance. Cela signifie que personne n’est exclu à cause de son origine. Le Juif qui croit en Jésus est pleinement membre du peuple de Dieu. Le non-Juif qui croit en Jésus est pleinement membre du peuple de Dieu. Ils ne forment pas deux catégories spirituelles séparées. Ils sont un en Christ.

7. Le point de vigilance actuel

Dans le contexte actuel, il devient de plus en plus difficile pour certains chrétiens d’affirmer publiquement ces vérités sans être soupçonnés de mépris ou accusé d’antisémitisme envers les Juifs. Pourtant, il faut distinguer soigneusement deux choses.

  1. Mépriser les Juifs, les haïr, les caricaturer, les accuser collectivement ou nier leur dignité est un péché.
  2. Cependant, dire que l’appartenance au peuple de Dieu se définit désormais par la foi en Christ n’est pas un péché. C’est l’enseignement apostolique.

Le danger est que certaines initiatives interreligieuses ou certains discours publics cherchent à imposer aux pasteurs une manière de parler d’Israël qui ne laisse plus toute sa place à l’enseignement du Nouveau Testament. On encourage les leaders chrétiens à mobiliser leurs assemblées contre l’antisémitisme, ce qui peut être juste lorsqu’il s’agit de combattre la haine. Toutefois, si cette mobilisation devient aussi une pression pour adopter une lecture théologique où Israël selon la chair conserve un statut spirituel séparé de Christ, alors l’Église doit exercer le discernement.

Un pasteur ne doit pas permettre que la peur d’être mal compris le conduise à taire Romains 9.6, Romains 2.28-29, Galates 3.28-29 ou Éphésiens 2.14-16.

L’Église doit parler avec douceur, mais elle doit parler. Elle doit aimer, mais elle ne doit pas abandonner la vérité. Elle doit rejeter la haine, mais elle ne doit pas céder à la pression idéologique.

Notre question ne doit jamais être : « Quelle formulation sera la mieux acceptée par les groupes de pression ? »

Notre question doit être : « Quelle formulation est fidèle à la Parole de Dieu ? »

8. Pourquoi cette vérité est précieuse pour les Juifs et pour les non-Juifs

L’enseignement biblique selon lequel le peuple de Dieu est défini par la foi en Christ n’est pas une mauvaise nouvelle pour les Juifs. C’est une invitation au salut en leur Messie. Paul ne disait pas cela pour éloigner les Juifs de Dieu. Il le disait pour les appeler à reconnaître Jésus comme l’accomplissement des promesses. Il priait pour leur salut (Romains 10.1). Il désirait qu’ils soient greffés de nouveau par la foi (Romains 11.23).

De même, cette vérité est une bonne nouvelle pour les non-Juifs. Ceux qui étaient autrefois étrangers aux alliances de la promesse ont été rapprochés par le sang de Christ (Éphésiens 2.12-13). Ils ne sont plus des étrangers ni des gens de passage, mais des concitoyens des membres du peuple saint et des membres de la famille de Dieu (Éphésiens 2.19). Voilà la beauté de l’Évangile : il humilie tout orgueil charnel, autant juif que non juif, et il rassemble tous les croyants au pied de la croix.

Personne ne peut se glorifier de son origine. Personne ne peut se glorifier de sa culture. Personne ne peut se glorifier de son appartenance nationale. Celui qui se glorifie doit se glorifier dans le Seigneur (1 Corinthiens 1.31).

Le Juif croyant n’est pas sauvé parce qu’il est Juif, mais parce qu’il appartient à Christ.

Le non-Juif croyant n’est pas sauvé parce qu’il remplace quelqu’un, mais parce qu’il est uni à Christ.

Tous sont sauvés par la grâce, au moyen de la foi (Éphésiens 2.8-9).

9. Une vérité qui protège l’Église contre deux erreurs

Cette doctrine protège l’Église contre deux erreurs graves.

La première erreur est l’antisémitisme. Si nous comprenons bien l’Écriture, nous ne pouvons pas mépriser les Juifs. Dieu a agi dans l’histoire d’Israël. Le Messie est venu d’Israël selon la chair. Les apôtres étaient Juifs. Les premières communautés chrétiennes étaient enracinées dans ce contexte. Paul lui-même rappelle les privilèges historiques d’Israël (Romains 9.4-5). Il n’y a donc aucune place pour la haine ou le mépris.

La deuxième erreur est la séparation permanente du peuple de Dieu en deux peuples parallèles. Si nous comprenons bien l’Écriture, nous ne pouvons pas dire que Dieu aurait un peuple terrestre défini par la chair et un autre peuple céleste défini par Christ. Le Nouveau Testament proclame un seul corps, un seul Esprit, une seule espérance, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous (Éphésiens 4.4-6).

Cette double protection est importante. Nous devons refuser la haine, mais aussi refuser la division artificielle du peuple de Dieu.

Le Christ n’a pas versé son sang pour maintenir deux peuples séparés. Il a versé son sang pour réconcilier Juifs et non-Juifs en un seul corps (Éphésiens 2.16).

10. Rester attachés à la Parole de Dieu

Dans les temps où la pression augmente, l’Église doit revenir à la Parole de Dieu. Non à l’émotion. Non à la peur. Non aux slogans. Non aux accusations rapides. Non aux systèmes théologiques imposés de l’extérieur.

La Parole de Dieu nous donne l’équilibre.

  • Elle nous interdit la haine.
  • Elle nous commande l’amour.
  • Elle nous appelle à prier pour le salut d’Israël.
  • Elle nous montre que Jésus est le Messie.
  • Elle nous enseigne que la vraie descendance d’Abraham est en Christ.
  • Elle nous révèle que le mur de séparation a été détruit par la croix.
  • Elle nous annonce qu’il n’y a qu’un seul peuple de Dieu, racheté par le même sang, conduit par le même Esprit, héritier de la même promesse.

Voilà pourquoi nous devons demeurer fermes. Non par esprit de confrontation, mais par fidélité.

L’Église ne doit pas recevoir sa doctrine d’un climat médiatique, d’une organisation politique, d’une déclaration interreligieuse ou d’une peur sociale. Elle doit recevoir sa doctrine des Écritures inspirées par Dieu (2 Timothée 3.16-17).

Conclusion

Le vrai Israël se reconnaît par la foi, non par la chair seulement. Cette affirmation n’est pas une attaque contre les Juifs. Elle est la lecture apostolique des promesses de Dieu.

Paul aimait Israël selon la chair, mais il savait que tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël (Romains 9.6). Jésus reconnaissait la descendance physique d’Abraham, mais il enseignait que les vrais enfants d’Abraham agissent selon la foi d’Abraham (Jean 8.39). Paul affirmait que ceux qui ont la foi sont les enfants d’Abraham (Galates 3.7), et que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et les héritiers selon la promesse (Galates 3.29).

Nous devons donc rejeter toute haine envers les Juifs. Nous devons parler avec respect, amour et humilité. Mais nous devons aussi refuser de taire ce que le Nouveau Testament enseigne clairement.

Le peuple de Dieu n’est pas défini ultimement par le sang, la terre, la circoncision ou l’ethnicité. Il est défini par Christ.

En Jésus, le Juif croyant et le non-Juif croyant sont réconciliés. En Jésus, ils deviennent membres d’un seul corps. En Jésus, ils héritent de la même promesse. En Jésus, Dieu accomplit son dessein éternel.

L’Église ne doit donc ni haïr, ni céder. Elle doit aimer, prier, témoigner et demeurer fidèle.

Car la vérité biblique ne doit jamais être sacrifiée sur l’autel de la pression humaine. Le Seigneur nous appelle à tenir ferme dans sa Parole, avec un cœur pur, une bouche remplie de grâce, et une foi enracinée dans Jésus-Christ, le Messie promis et le Sauveur du monde.

Série : Un seul peuple en Jésus-Christ – Article 1 – L’antisémitisme est un péché, mais l’accomplissement en Christ est une vérité biblique.

Ce texte aborde la nécessité de combattre l’antisémitisme tout en affirmant que l’amour chrétien ne signifie pas renoncer à la vérité biblique. Il insiste sur l’incompatibilité de la haine envers les Juifs avec l’Évangile et souligne que le salut ne se trouve qu’en Jésus-Christ, sans diminuer la dignité du peuple juif.

Il est nécessaire aujourd’hui de parler avec clarté, avec amour, mais aussi avec courage. Nous vivons une époque où certains mots sont chargés d’émotion, de douleur et parfois de confusion. Le mot « antisémitisme » en fait partie. Il désigne une réalité grave : la haine, le mépris, la violence, la discrimination ou la déshumanisation envers les Juifs. Une telle attitude est incompatible avec l’Évangile de Jésus-Christ.

Un chrétien ne peut pas haïr les Juifs. Il ne peut pas mépriser un peuple. Il ne peut pas se réjouir de la souffrance d’une communauté. Il ne peut pas justifier l’injustice, les menaces, les insultes ou les attaques contre des personnes créées à l’image de Dieu (Genèse 1.27). Le Seigneur Jésus nous appelle à aimer notre prochain, non à le haïr (Matthieu 22.39). L’apôtre Paul lui-même, qui a pourtant annoncé que le salut est en Jésus seul, portait une douleur profonde dans son cœur pour Israël selon la chair (Romains 9.1-5 ; Romains 10.1).

Mais il faut aussi dire une autre chose avec la même clarté : affirmer que Jésus-Christ est l’accomplissement des promesses de Dieu n’est pas de l’antisémitisme. Dire que Juifs et non-Juifs croyants forment un seul peuple en Christ n’est pas de la haine. Enseigner que le salut ne se trouve qu’en Jésus-Christ n’est pas une attaque contre les Juifs. C’est le cœur même de la foi chrétienne (Jean 14.6 ; Actes 4.12 ; Éphésiens 2.14-16).

Le danger actuel est celui-ci : sous le couvert d’une lutte légitime contre l’antisémitisme, certaines voix voudraient faire croire que toute théologie de l’accomplissement en Christ serait suspecte, dangereuse ou hostile au peuple juif. Il faut refuser cette confusion.

Nous rejetons l’antisémitisme parce que nous suivons Jésus-Christ. Mais nous refusons aussi de renoncer à la vérité biblique parce que nous suivons Jésus-Christ.

1. L’antisémitisme est un péché devant Dieu

La Bible ne permet jamais au croyant de haïr un peuple. Dès les premières pages de l’Écriture, l’être humain est présenté comme créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27). Cette vérité fonde la dignité de toute personne humaine. Avant toute appartenance ethnique, culturelle, nationale ou religieuse, il y a cette réalité fondamentale : chaque être humain porte la marque du Créateur.

C’est pourquoi toute haine ethnique est un péché. Toute déshumanisation est un péché. Toute violence dirigée contre des personnes parce qu’elles sont juives est un péché. Toute généralisation accusatrice contre un peuple entier est un péché.

Jésus a résumé la loi en deux grands commandements : aimer Dieu et aimer son prochain (Matthieu 22.37-39). Le prochain n’est pas seulement celui qui pense comme moi, qui croit comme moi, qui appartient à mon groupe ou qui partage ma lecture théologique. Le prochain est celui que Dieu place devant moi et que je suis appelé à aimer dans la vérité.

L’Église doit donc refuser sans hésitation l’antisémitisme réel. Elle doit le dénoncer non par pression sociale, non par stratégie politique, mais par fidélité au Seigneur. Il faut le dire fortement : un chrétien ne peut pas utiliser la Bible pour nourrir la haine des Juifs. Une telle utilisation de l’Écriture serait une trahison de l’Évangile.

2. Aimer les Juifs ne signifie pas renoncer à Jésus-Christ

Il existe toutefois une confusion dangereuse. Certains semblent vouloir faire croire que, pour aimer les Juifs, les chrétiens devraient atténuer ou mettre de côté certaines affirmations centrales de leur foi. Mais l’amour chrétien n’est jamais séparé de la vérité.

Aimer le peuple juif ne signifie pas cesser d’annoncer que Jésus est le Messie. Aimer le peuple juif ne signifie pas affirmer qu’il y aurait un chemin de salut séparé pour Israël selon la chair. Aimer le peuple juif ne signifie pas abandonner l’enseignement apostolique selon lequel toutes les promesses de Dieu trouvent leur accomplissement en Christ (2 Corinthiens 1.20).

L’apôtre Paul aimait profondément son peuple. Il écrivait : « Frères et sœurs, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c’est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières. » (Romains 10.1). Paul ne haïssait pas Israël. Il priait pour Israël. Mais justement parce qu’il aimait son peuple, il ne lui annonçait pas un salut séparé de Christ. Il disait clairement que Christ est l’aboutissement de la loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes (Romains 10.4).

Voilà la position biblique : amour sans haine, mais vérité sans compromis.

3. Jésus-Christ est l’accomplissement, non l’effacement, des promesses

Le Nouveau Testament ne présente pas Jésus comme une parenthèse dans le plan de Dieu. Il le présente comme l’accomplissement des Écritures. Jésus lui-même a déclaré : « Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. » (Matthieu 5.17). Le mot est essentiel : accomplir. Jésus n’abolit pas les promesses de Dieu. Il ne les détruit pas. Il ne les rend pas inutiles. Il les accomplit. Cela signifie que les promesses doivent être comprises à la lumière de sa personne, de son œuvre, de sa mort, de sa résurrection et de son règne.

Après sa résurrection, Jésus a ouvert l’intelligence de ses disciples pour qu’ils comprennent les Écritures. Il leur a montré que la Loi de Moïse, les prophètes et les psaumes parlaient de lui (Luc 24.44-47). Le centre de l’Ancien Testament n’est donc pas un programme géopolitique moderne. Le centre de l’Ancien Testament, c’est Christ. C’est pourquoi l’apôtre Paul disait que c’est en lui que Dieu a dit oui à tout ce qu’il avait promis (2 Corinthiens 1.20).

Dire cela n’est pas antisémite. C’est apostolique.

4. Le peuple de Dieu est uni en Christ

L’un des textes les plus importants sur ce sujet se trouve dans Éphésiens 2. Paul y parle de la séparation entre Juifs et non-Juifs. Il reconnaît qu’il existait une distance, une hostilité, un mur de séparation. Mais il affirme que Christ a détruit ce mur par sa croix. « Il a, en effet, instauré l’unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait : en livrant son corps à la mort, il a annulé les effets de ce qui faisait d’eux des ennemis, c’est-à-dire de la Loi de Moïse, dans ses commandements et ses règles. Il voulait ainsi créer une seule et nouvelle humanité à partir des Juifs et des non-Juifs qu’il a unis à lui-même, en établissant la paix. Il voulait aussi les réconcilier les uns et les autres avec Dieu et les unir en un seul corps, en supprimant, par sa mort sur la croix, ce qui faisait d’eux des ennemis. » (Éphésiens 2.14-16). Dans ce passage, Paul ne dit pas que Dieu maintient deux peuples séparés avec deux destinées séparées. Il dit que Christ crée « une seule et nouvelle humanité ». Ce langage est puissant. Il ne s’agit pas d’un remplacement charnel. Il s’agit d’une nouvelle création en Christ.

Le peuple de Dieu n’est donc pas défini ultimement par l’origine ethnique, mais par l’union avec Christ. C’est pourquoi Paul écrit aussi : « Il n’y a plus ni Juifs ni non-Juifs, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un. Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham. » (Galates 3.28-29).

Ce texte ne méprise pas les Juifs. Il exalte Christ. Il ne nie pas l’histoire d’Israël. Il montre son accomplissement dans le Messie.

5. Le danger actuel : quand la lutte contre l’antisémitisme devient pression doctrinale

Il faut ici faire preuve de discernement. La lutte contre l’antisémitisme est juste lorsqu’elle protège des personnes contre la haine, la violence et la discrimination. Les Juifs du Canada, et dans le monde, doivent pouvoir vivre en sécurité, pratiquer leur religion librement et être traités avec dignité comme tous les citoyens. Cependant, une difficulté apparaît lorsque cette lutte dépasse la protection des personnes et devient une pression sur les responsables chrétiens pour adopter certaines formulations théologiques ou politiques.

Au Canada, la Simeon Initiative a été présentée comme une initiative nationale visant à renforcer les relations entre responsables juifs et chrétiens et à bâtir un front commun contre l’antisémitisme. Selon Cardus et le CIJA, environ 100 responsables juifs et chrétiens se sont réunis à Toronto les 24 et 25 juin 2025. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la Canadian Christian Declaration on Antisemitism (Déclaration chrétienne canadienne contre l’antisémitisme), signée par plus de 700 membres du clergé chrétien (catholique et évangélique) au Canada.  

La déclaration chrétienne canadienne affirme plusieurs choses justes, notamment le rejet de la haine contre les Juifs et la reconnaissance de la dignité humaine. Mais elle contient aussi des formulations théologiques qui méritent un examen biblique sérieux. Elle affirme par exemple que les chrétiens sont « greffés sur l’arbre d’Israël pour toujours », que le peuple juif demeure le peuple choisi de Dieu, et que la loi et les alliances données au peuple juif, bien que vues comme accomplies en Christ, demeurent intactes. Elle affirme aussi que les leaders chrétiens inspireront les chrétiens de leurs congrégations à se joindre à cet effort.  

C’est ici que le discernement devient nécessaire. Un pasteur peut et doit dénoncer la haine contre les Juifs. Mais il ne doit pas laisser une déclaration extérieure définir pour l’Église la doctrine d’Israël, des alliances, de la loi, du peuple de Dieu ou de l’accomplissement en Christ. Ces vérités doivent être définies par l’Écriture, non par une pression institutionnelle.

L’Église appartient à Jésus-Christ (Matthieu 16.18). Elle n’appartient ni à un mouvement politique, ni à une organisation religieuse, ni à une initiative intercommunautaire, ni à un groupe de pression. Les pasteurs sont appelés à garder le dépôt de la foi, non à adapter leur enseignement pour plaire aux attentes d’une époque (2 Timothée 1.13-14 ; 2 Timothée 4.1-5).

6. Ce que nous devons refuser

Nous devons refuser l’antisémitisme sans hésitation. Mais nous devons aussi refuser que l’accusation d’antisémitisme soit utilisée pour faire taire l’enseignement biblique.

  • Nous devons refuser la haine contre les Juifs.
  • Nous devons refuser les généralisations contre un peuple entier.
  • Nous devons refuser les théories de soupçon qui attribuent à tous les Juifs une intention commune.
  • Mais nous devons aussi refuser de renoncer à Christ comme accomplissement des promesses.
  • Nous devons refuser de taire que le salut est en Jésus seul.
  • Nous devons refuser de présenter Israël selon la chair comme un chemin parallèle à Christ.
  • Nous devons refuser de laisser entendre que l’Église serait inférieure, secondaire ou étrangère au plan central de Dieu.
  • Nous devons refuser que des pasteurs soient poussés à enseigner à leurs assemblées une vision théologique qui n’a pas été examinée à la lumière des Écritures.

Un chrétien peut dire avec amour : « Je rejette l’antisémitisme ». Mais il doit aussi pouvoir dire avec fidélité : « Je crois que Jésus-Christ est l’accomplissement des promesses de Dieu » (Matthieu 5.17 ; Luc 24.44-47 ; 2 Corinthiens 1.20).

7. Ce que nous devons affirmer selon la Parole de Dieu

  • Nous devons affirmer que les Juifs sont des personnes créées à l’image de Dieu et doivent être aimés comme notre prochain (Genèse 1.27 ; Matthieu 22.39).
  • Nous devons affirmer que Jésus est Juif selon la chair, né dans le peuple d’Israël, selon les promesses de Dieu (Romains 9.4-5).
  • Nous devons affirmer que les apôtres étaient Juifs et que l’Évangile est d’abord allé aux Juifs, puis aux non-Juifs (Romains 1.16).
  • Nous devons affirmer que Jésus est le Messie promis, le Fils de Dieu, le seul Sauveur du monde (Jean 14.6 ; Actes 4.12).
  • Nous devons affirmer que Juifs et non-Juifs croyants sont réconciliés en un seul corps par la croix (Éphésiens 2.16).
  • Nous devons affirmer que ceux qui appartiennent à Christ sont la descendance d’Abraham et héritiers selon la promesse (Galates 3.29).
  • Nous devons affirmer que la nouvelle alliance est scellée par le sang de Jésus-Christ et qu’elle rassemble tous ceux qui croient en lui (Luc 22.20 ; Hébreux 8.6-13).

Voilà la foi chrétienne. Ce n’est pas une haine du peuple juif. C’est la proclamation du Christ.

8. La vraie fidélité pastorale

Le rôle d’un pasteur n’est pas de suivre les pressions de son époque. Le rôle d’un pasteur est de nourrir le troupeau de Dieu avec la vérité de la Parole de Dieu. Paul a donné cet avertissement solennel à Timothée : « C’est pourquoi, devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui va juger les vivants et les morts, et dans la perspective de sa venue et de son règne, je te le recommande solennellement : proclame la Parole, insiste, que l’occasion soit favorable ou non, convaincs, réprimande, encourage par ton enseignement, avec une patience inlassable. » (2 Timothée 4.1-2). Le pasteur ne doit pas être dur, arrogant ou méprisant. Mais il doit être fidèle. Il doit enseigner la Parole lorsque c’est populaire et lorsqu’elle ne l’est plus. Il doit aimer les personnes, mais il ne doit pas trahir la doctrine. Il doit rechercher la paix, mais jamais au prix de la vérité.

Si des organisations demandent aux responsables chrétiens de mobiliser leurs congrégations contre la haine, cela peut être légitime dans la mesure où il s’agit de protéger des personnes contre l’injustice. Mais si l’on demande à l’Église d’adopter des formulations doctrinales ambiguës ou de taire l’accomplissement en Christ, alors le pasteur doit répondre : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5.29).

Conclusion

L’antisémitisme est un péché. Il doit être rejeté clairement, publiquement et sans ambiguïté. Le chrétien ne doit jamais nourrir la haine contre les Juifs. Il doit les aimer, prier pour eux, témoigner de Christ avec humilité et reconnaître la place historique d’Israël dans le plan de Dieu.

Mais l’accomplissement en Christ est une vérité biblique. Elle ne doit pas être abandonnée. Elle ne doit pas être censurée. Elle ne doit pas être présentée comme une forme de haine.

Jésus-Christ est le centre des Écritures. Il est l’accomplissement des promesses. Il est le Messie d’Israël et le Sauveur des nations. En lui, Dieu rassemble un seul peuple, composé de Juifs et de non-Juifs, réconciliés par la croix, unis dans un seul corps, héritiers d’une même promesse (Éphésiens 2.14-16 ; Galates 3.28-29).

Nous rejetons donc deux erreurs.

  1. Nous rejetons la haine envers les Juifs.
  2. Nous rejetons toute pression qui voudrait nous faire taire au sujet de Jésus-Christ.

Car l’Église n’a pas reçu sa mission d’un groupe de pression, d’une déclaration publique ou d’une initiative interreligieuse. Elle l’a reçue de son Seigneur et son Seigneur lui a ordonné d’annoncer l’Évangile à toutes les nations, y compris aux Juifs et aux non-Juifs, jusqu’à son retour glorieux (Matthieu 28.18-20 ; Romains 1.16).